18.9.10

Fuji, cent vues (2) : naissance d'un volcan

I,2 :
Il paraît que la légende bouddhiste fait remonter la naissance du Mont Fuji à l'an 286 avant J.C.  Avant, pas de Fuji. C'est peut-être pour cela que la scène que nous livre Hokusai m'apparaît pleine d'humour : pour observer une naissance aussi importante, il faut prendre le temps sans abîmer son kimono : c'est sans doute pourquoi les fonctionnaires de gauche ont porté leur pliant. Parmi les villageois, un prend des notes afin de ne rien oublier. Voilà qui devrait plaire à Petit Page...

30.8.10

Mes notes de chevet, 34. Recueils de poésies


lundi 30 août 2010, par Dvorah Massa-Adachihara
« Le recueil de dix mille feuilles.
Le Recueil ancien et moderne
Le Recueil choisi postérieur »
Sei Shônagon. Notes de Chevet.
photo Hatsuo Adachihara
Mes notes de chevet :
Lorsque je pense à un recueil de poèmes, c’est ma mère que je vois. Ou plutôt que j’entends. Quand j’étais enfant, elle aimait à me réciter, alors que nous étions toutes deux dans la cuisine, les poèmes qu’elle avait appris à l’école. Ma mère, 89 ans cette année, n’a aucun diplôme. Meilleure élève de sa classe, elle avait été mise au travail dès le CM2 fini, malgré l’intervention de son instituteur venu au logis familial plaider sa cause pour la maintenir jusqu’au certif. Mais elle se souvenait je crois d’à peu près tous les poèmes qu’elle avait appris : je me souviens du Lac de Lamartine, et de nombreux poèmes de Victor Hugo.
« Donne lui tout de même à boire, dit mon père »
Ça sonnait bien, dans la cuisine...

2 Messages de forum

  • Recueils de poésies31 août 2010 05:32, par Christian Jacomino
    Je me souviens d’une intervention à la maison de retraite de la fondation Pauliani, à Nice. C’était au tout début de l’existence de notre atelier. Nous étions allés lire quelques poèmes aux pensionnaires. Ceux-ci avaient été installés en cercle et ils regardaient, quelques-uns sans les voir, d’autres avec un air d’indulgence distante et amusée, les jolis enfants et les deux ou trois étudiantes qui leurs rendaient visites. Ce serait un moment un peu bruyant à passer avant le dîner. Mais aussitôt que le premier d’entre nous commença de dire son poème, au centre du cercle, il fut interrompu par une voix dans l’assemblée, à laquelle s’en ajouta presque aussitôt une autre. Les souvenirs se réveillaient, le sourire revenait sur les lèvres. Et ce qui avait été prévu comme une lecture récréative faite aux pensionnaires se transforma en une lecture faite avec eux.
    Certaines des personnes qui étaient là avaient tout perdu. Jusqu’au souvenir du conjoint défunt ou de l’enfant grandi qui venait les rejoindre, le soir, après son travail. Mais le souvenir d’une fable de La Fontaine ou d’un poème de Victor Hugo attendait d’être réveillé dans leur mémoire. Et, avec lui, le parfum de l’enfance. Toute une bouffée de vie.
    Ainsi, il en fallait si peu !...
    Merci, Dvorah, pour ce beau témoignage. Mais tu ne nous as pas dit le prénom de cette dame...
  • Recueils de poésies31 août 2010 07:12, par Dvorah Massa-Adachihara
    Ma mère s’appelle Antoinette, mais certains l’appellent Cathy, de son deuxième prénom Catherine substitué au premier qu’elle n’aime pas...

29.8.10

Marché de dimanche


Les vaches sont encore à l'estive, les figues sont gorgées de soleil, oui, c'est encore l'été !

25.8.10

Le son de chez moi, 36 : cigale


A Port-Cros, elle faisait sa star au bord du chemin.
La cinéaste a autant la tremblotte que son héroïne. Depuis qu'elle a revu Microcosmos, elle ne se sent plus...

Le son de chez moi, 35 : calanque et cigales

Pour un 24 Août, avec un bateau plein à craquer toutes les demi-heures, c'est plutôt tranquille non ? Bon, il faut marcher un peu...

22.8.10

grenouilles

Petites gelées de thé vert et ... chicorée ! L'alliance chicorée-lait de riz est très réussie...

Recette :
Faire bouillir pendant une minute 15cl de lait de riz avec 1 cuillerée à café de agar agar et 1 cuillerée à soupe de sucre roux. Mélanger ensuite une cuillerée à soupe de purée d'amande et deux cuillerées à café de chicorée. Mettre en moule puis au frigo.

Mes notes de chevet, 33. Herbes

 


« La rose trémière me ravit. Il est vraiment merveilleux de songer que tous en ornent leurs cheveux, à l’occasion de la fête de Kamo, depuis le temps des dieux. La plante elle-même est très jolie.
La prêle d’hiver. Il est délicieux d’imaginer quel bruit le vent doit faire quand il souffle dans sa chevelure.
Les feuilles du lotus sont très élégantes. À la surface d’un étang calme et limpide, les grandes et les petites s’étalent et se déplacent à l’aventure. C’est charmant. Si on détache une de ces feuilles et si on la regarde après l’avoir laissée quelque temps pressée sous quelque objet, on trouve que c’est la chose la plus gracieuse du monde. »
Sei Shônagon. Notes de chevet
Mes notes de chevet
Je suis d’un pays chaud, sec par excellence. La première fois que j’ai vu un lotus sur un bassin, j’étais déjà adulte. Je n’ai oublié ni le lieu, ni la sensation. Sans doute est-ce pour cela que chaque fois que je rencontre une fleur d’eau, ce ne peut être anodin.
Herbe. Herble, c’est ainsi que disait Gwenaelle, 3 ans, dans la première classe où j’étais en responsabilité. S’en souvient-elle aujourd’hui, en conduisant ses enfants à la maternelle ?
J’ai failli mourir d’une mauvaise herbe. J’avais l’habitude de toujours en sucer. Au crépuscule, me promenant au pays de Gwenaelle, j’ai avalé un brin de folle avoine. Un léger gratouillis auquel succéda un gros mal de gorge. Visite chez le généraliste, puis à l’ORL que je trouvai chez lui déjà en pyjama. J’eus honte de le déranger à pareille heure, pour une brindille ; mais, tout en m’extirpant en trois secondes l’intruse avec de longues pinces, il m’annonça tout de go que si je n’étais pas venue, je serais morte, dans la nuit, étouffée...

Observatoire jospinien, 3 : the sound of water

Autrefois quand j'étais enfant, les cantonniers branchaient sur les bouches à incendie de grands tuyaux rugueux. Ils ouvraient dans la ville des rivières d'eau claire, véritables inondations qui balayaient tout sur leur passage en faisant un joli son de torrent de montagne. Avec le balai de bruyère, ils raclaient le bitume, produisant un étrange bruit de rame.
Ce dimanche matin, un quart d'heure après l'ouverture disco de la laverie, donc sept heures trente, le son d'un énorme moteur a couvert celui du bulletin d'information. Ca se voit que c'est les vacances, les horaires sont deux heures plus tard qu'à l'ordinaire. Le cantonnier a zébré la rue de son gros boudin relié au tanker  autotracté dont on entendait les halètements de pompage, une idée mignature du démazoutage en Louisiane. Le nettoyage a nécessité un bon quart d'heure.
Pourtant les bouches à incendie existent toujours, ainsi que le risque d'amende à y stationner sa voiture. mais l'installation pérenne est désormais désuète, ayant les défauts de ses qualités : quasi sans technologie, sans engin mécanique, sans pétrole, comme si toutes les technologies écologiques se devaient d'être hightech pour emporter les déchets anciens (graines de tournesol, débrits de frites, bouteilles de verre, mégots) et modernes (canettes et packs divers) engendrés par les apéros prolongés quotidiens de l'angle de ma rue, pour lesquels aucun rendez-vous facebook n'est nécessaire.

Fuji, cent vues (1) : déesse

En visitant l'exposition Kyoto-Tokyo où je me suis gorgée d'estampes, j'ai découvert dans son intégralité cet ouvrage d'Hokusai, et me voici avec la même envie de le feuilleter, ou plutôt de l'effeuiller avec vous au cours des semaines qui vont venir.
I,1 : 
Voici la déesse Konohana, déesse du mont Fuji. Princesse-fleur, symbole de la vie terrestre délicate, sur son nuage, déesse protectrice des éruptions du Fuji, portant un miroir, symbole de pureté, une branche de sakaki, pour la fertilité. Dans ses cheveux, un peigne-papillon, comme celui que ma fille portait lorsqu'elle était petite fille en guise de parure.

20.8.10

Observatoire jospinien, 2 : if music is the food of love

Voilà une demie-heure que je râle. Il est 7h00. Evidemment, vous allez me dire que je suis en vacances et habituellement je serais déjà levée depuis bien longtemps. Evidemment, cela ne m'a pas vraiment réveillée mais je n'ai pas pu me rendormir. Evidemment tout le monde n'aime pas France Culture mais avouez quand même que c'est plus pratique pour se rendormir. Evidemment, le patron se lève tôt pour ouvrir sa "beautiful laundrette", plus tôt que moi, tous les jours, et il ne prend pas de vacances, ce qui me permet entre autre d'avoir mon animation musicale gratuite. Evidemment, j'aurais pu me coucher plus tôt. Malgré la partie endiablée de foot commencée sur la chaussée à vint-trois-heure-quarante cinq par les clients du restaurant d'en face dont les spectateurs fumeurs avaient tiré leurs chaises sur le trottoir pour mieux voir.
Je ne suis qu'une rabat-joie : pas de violence ici : de la musique douce et nostalgique, des activités sportives saines et conviviales. En plus j'ai le confort bourgeois de mes  doubles-vitrages et de mon stilnox : ta gueule la vieille !

19.8.10

L'arbre ou comment faire le deuil










La bande annonce rend mal la beauté de ce film, sa sobriété, sa pudeur, la beauté de son rythme. Les acteurs, dont les enfants, sont époustouflants. Et l'arbre, quelle beauté, comme il devait être bon de vivre là.
Des émotions diverses m'ont traversée. M'est venu le sentiment qu'il est dur de faire son deuil, aussi, des personnes dont on sait qu'elles ne peuvent se réincarner dans un arbre parce qu'elles ne sont pas mortes. La petite fille du film est très sage : "dans la vie, on ne peut être que malheureux ou heureux. J'ai choisi d'être heureuse et je le suis".





Hier, je me suis trompée de blog, et publié ailleurs, j'ai eu un commentaire que je ne veux pas effacer. Pardon  Prépalipopette !





Prépalipopette a dit…
Cette bande-annonce est vraiment magnifique Dvorah et a réveillé beaucoup d'émotions en moi (qui ne l'étaient pas....endormies). Maintenant, je ne regarderai plus l'immense chêne au fond de mon jardin de la même manière.





Merci

16.8.10

Le son de chez moi, 34 : Pluie à la plage

Il y a deux jours, il pleuvait, la première fois depuis fort longtemps. Sur la plage, enfin quasi-déserte, ne restent que les vrais amateurs : baigneurs, joueurs de balle, tranquilles

15.8.10

Kyoto-Tokyo, un monde rêvé




C’est un voyage exaltant que j’effectue dans l’exposition Kyoto-Tokyo auGrimaldi Forum de Monaco. J’ai beau me dire que la plus grande partie de ce que j’ai sous les yeux résulte d’une histoire bien réelle, j’ai l’impression de parcourir un pays imaginaire : celui où les guerriers revêtent des casques-poissons, des casques-dragons ; celui où les belles revêtent douze kimonos de parure les uns sur les autres ; le peintre, sur un long rouleau, a peint chaque poil du cheval de chaque samourai de cette grande bataille ; les poupées costumées en personnages médiévaux ont tourné dans un film d’animation et c’est sur un écran géant que tourne en permanence une scène de bataille des Sept Samouraïs. Deux jeunes visiteurs ne se posent pas la question, ils font leurs courses : lorsque le plus jeune choisit le costume du général, son ainé, 8 ans au moins, rétorque : « non, c’est pour moi ! ». Ils feront de même dans la salle des casques de manga, où de vieux fans aussi fendus qu’eux ont imaginé des coiffures high-tech pour leur super-héros nippon.
Le livre n’est pas oublié : on le retrouve sous toutes ses formes : en rouleau, en planches, en encres, en aquarelles... dont Hokusai et Hiroshige, en accordéon et livres cousus, puis Mizuki Shigeru revisitant cet univers en le peuplant de monstres et de créatures étranges...Au Japon, l’Histoire est peuplée de merveilleux et le merveilleux peuple l’Histoire. C’est sans doute cela qui me le rend si attachant : un pays où le peuple garde la tradition et la peuple de rêves et de modernité.

Le son de chez moi, 33 : Observatoire jospinien, 1 : tempête et tourterelle

    Au quinze août dominical, tout est calme : seules la tourterelle et la harpe éolienne se disputent l'antenne à l'heure du thé

8.8.10

Observatoire jospinien, 0 : mon balcon



 Le titre, c’est une référence à un souvenir qui date d’une dizaine d’années, quand Jospin alors Premier Ministre consentait à se pencher sur les problèmes de la ville en créant un Observatoire ; dans la famille, on disait qu’on allait se porter volontaire pour le premier site : mon balcon.

Tous les jours depuis des années, je m’interroge sur ce que le monde devient à travers la vision de mon balcon. Je m’interroge en silence car il n’est pas de bon ton d’aborder ces sujets-là. On se prend à douter de soi-même : suis-je devenue « un vieux con », une raciste, pire encore une sarkozyste ? Certains sujets peuvent vous faire de sacrés ennemis, une « réput » comme dirait ma fille, et même perdre de bons amis.

Ce silence, à force, me pèse. Alors, j’ai décidé la bonne vieille méthode Jospin. Je vais créer un observatoire. Sur mon balcon. Vous avez bien lu hein, j’ai dit observatoire. Je n’ai pas dit centre d’études, thèse, etc. Juste un endroit pour observer et tenter de décrire, ce qui va être déjà toute une aventure pour garder la neutralité nécessaire, le regard extérieur…

J’habite  dans un quartier populaire, c'est le quartier de mon enfance, centre-ville près de la gare où il y a un ED qui a remplacé le marché couvert d'autrefois, des immeubles petits-bourgeois de co-propriétaires de classe moyenne, de locataires tous azimuts et de meublés très modestes.  Pas de couvre-feu le soir, c’est la ville, et après le film tous les propriétaires sont dans la rue à promener leur chien. Dans mon immeuble, c’est la tour de Babel : deux niçoises veuves et retraitées, une ex-danseuse arméno-russe, une famille tunisienne mêlant trois générations, une princesse laotienne mariée à un pompier de l’arrière pays, un couple « mixte » comme on dit aujourd’hui avec de très jolis enfants,  des boulangers slovènes, un cabinet de profession libérale, un jeune couple avec un magnifique bébé tous blonds, et ma famille judéo-japonaise : locataires et propriétaires confondues, nous formons une communauté disparate qui s’entend bien, une vraie communauté avec ses joies et ses peines, ses tensions et ses soutiens, tout le monde connaît tout le monde et personne ne reste indifférent.

Mon appartement occupe tout l’angle de la rue, dix fenêtres. Dont deux sur balcon.

Le terrain est planté pour construire un observatoire bien crédible.

7.8.10

Mes notes de chevet, 32. Villages

 

« Le village de Tsumatori (traduction : la femme prise). Sa femme aurait-elle été prise par quelqu’un, ou bien aura-t-il pris lui-même celle d’un autre ? »
Sei Shônagon, Notes de chevetmes notes de chevet :J’aime le village de Bouyon, dans l’arrière-pays. Un village simple. La rue principale s’appelle Rue Principale. Elle mène à la place de la mairie, qui s’appelle Place de la Mairie.

5.8.10

Mes notes de chevet, 31. Ponts

 


« Le pont de bateaux, à Sano »
Sei Shônagon, Notes de Chevet

Mes notes de chevet :
Bien sûr, il y a les vrais ponts : suspendus, passerelles, mobiles, aqueducs, romains... Mais ma préférence va à celui de la rivière Kwai, ou bien au pont rouge sous lequel coule l’eau tiède...

4.8.10

Amours, délices et Europe

Hier, ma fille est rentrée de vacances. Petit échange d'attentions gourmandes glanées çà et là en vue de partage :
De gauche à droite : rousquilles du Roussillon, cigarettes roulées au chocolat grecques, apfelschorle munichois et chocolat belge. 

Douce dame jolie

En marchant vers l'Estéron, une jolie dame, j'ai envie de dire demoiselle tant elle est fraîche, veille sur les randonneurs :


1.8.10

Les vieux aussi ont des histoires...


 

LES SUPER-HÉROS ONT-ILS DROIT À LA RETRAITE ?
?

Les histoires de super-héros, ça n’a jamais vraiment été mon truc. Même si toute petite je piquais le Mandrake à mon frère, j’ai toujours trouvé Superman débile et ce que j’aimais dans Batman c’était la technologie de la Batmobile. Au cinéma, même Spiderman ne me convainquait pas complètement, et le seul film vraiment réussi était pour moi Batman begins de Christophe Nolan (bien meilleur que le pâle Inception qui reste tellement en deçà de ses si bonnes idées de trame). Et puis voilà, c’est l’été et le relâchement de l’intellect. Et pour me détendre, désœuvrée, j’ai choisi de regarder sur Canal plus à la demande : Watchmen, les gardiens.Scotchée, je suis restée scotchée... Nous sommes dans les années 85 (nostalgie de la musique, ahh) et de super-héros vieillissants n’arrivent même plus à se poser les questions de fond. Et puis, l’un d’eux est assassiné, et l’intrigue nous emmène vers une histoire tout à fait originale, à la fois décalée et réaliste, sortant complètement de la philosophie primaire habituelle de ces BD. Une histoire passionnante, insolite, inattendue, où l’on retrouve la sensibilité superhéroïque avec un petit plus qui change tout et beaucoup d’humour (ah, le personnage de Rorschach !)
Vous savez quoi ? Je serais prof au lycée, je ferai une petite projection... Le Bien, le Mal, à la sauce... Zack Snyder.
Et oui, bien sûr, c’est à la fin, au générique, que je me suis aperçu que c’est lui le réalisateur de 300, qui a fait ce film.La bonne nouvelle est qu’il va sortir deux autres films très vite : en octobre, un dessin animé pour enfants dont la bande annonce fait très envie Le royaume de Ga’Hoole et en mars Sucker Punch, l’histoire d’une jeune fille dans un asile psychiatrique s’invente un monde à elle... nouvelle Alice ? Je vous tiendrai au courant ici...

27.7.10

Cinétoiles

Une excellente soirée passée au Théâtre de Verdure à revoir West Side Story.
1961. Le monde a t-il changé de puis ?
Pas du tout.
Listen :

26.7.10

Des plaisirs d'une plage bondée.


fête nationale
Mise en ligne par Melissa Likos
J'ai changé. J'apprends la simplicité, d'aucuns diront la facilité.
Cela faisait des années que je ne m'étais pas baignée sur la Promenade des Anglais, et encore plus longtemps un dimanche...
Chose faite, hier. Nous avons trouvé un petit coin au bord au milieu de la plage bondée. J'ai nagé dans la mer bicolore, jusqu'au large. Je me suis fait sécher sur les galets brûlants et inconfortables.
Bien sûr, ce n'était pas la Grèce. Sa plage déserte, le sable fin et l'eau transparentissime. Mais c'était ici et maintenant. Et c'était bien.
Bien sûr, c'était bourré de monde. De toutes races, langues, gabarits et occupations. Des gens comme moi, là au milieu des vagues, des embrunts, de la caresse du vent, à jouir des plaisirs simples de la plage, appréciant ce moment.
Bien sûr, j'ai déplacé un peu ma serviette lorsqu'un couple d'Anglais s'est dangereusement installé dans mon espace vital. Mais j'ai joui jusqu'au bout de mon séchage, avant d'aller chercher mes roses au marché.

25.7.10

Inauguration

Les roses, c'était pour l'inauguration de mon vase grec, réalisé par Didier...

Marché de dimanche

Par respect pour mes amies "japonaises", je n'ai pas photographié la tomme de montagne toute jaune de sainfoin...

Mes notes de chevet, 30. Rivières

 

“Qu’il est triste de penser combien, dans la rivière d’Asuka, les gouffres et les bancs de sable sont changeants et éphémères !”
Notes de chevet, Sei Shônagon
photo Wikipedia
Lorsqu’on nage dans l’Acheron de Grèce, dans des gorges cernées par les champs desséchés aux chardons redoutables, l’eau glacée courant en flot rapide n’est pas seule à donner ce sentiment étrange, même si aucune barque n’y circule plus...

2 Messages de forum

  • Rivières25 juillet 2010 10:19, par brigetoun
    pourtant il semble bien charmant là ce fleuve de l’enfer - oh s’y laisser flotter

    • Rivières26 juillet 2010 20:34, par Dvorah Massa-Adachihara
      S’y laisser flotter, c’est vraiment courageux...ou suicidaire (sic) ;-)
      Je me souviens y avoir nagé le plus rapidement possible afin de ne pas être saisie par la morsure de l’eau froide...

18.7.10

inventaire à la Sei Shônagon, 3 : Pylos



Ce qui n'a pas changé :
 Les tomates farcies, la platia de Pylos, la plage de Lambès déserte avec ses voyeurs venus du fin fond du bout, les galets de Loutsa, la melitsanosalata de Voula, la gentillesse de Giorgos au restaurant du platane et les prix dérisoires, l'accueil de Didier et le sourire de Cai. Chez Stavros, la piscine immense n'a pas changé la douceur de l'accueil, le souci du détail, chaque fleur grandie à l'amour, et il y travaille toujours du soir au matin.

Ce qui a changé :
Sous la platia, la café grec est accompagné d'un petit gâteau. Les commandes sont passées à la palette graphique; dans les bacs du petit kiosque, il n'y a plus de glace sanduitch mais des eskimos magictemptation, et on n'a pas perdu au change. Les appartements de Takis ont fermé mais le nouveau golf n'est pas terminé, même si les buldozers dessinent déjà les greens et que la route nationale a été déplacée en fonction. Giorgos a pris "quelques" kilos et a changé sa recette de tirokafteri et ce n'est plus si bon, mais le nouveau poulet à la broche compense... En dix jours, je n'a pas vu un seul âne. Mais je suis en Grèce avec H. et je sens que je vais revenir bientôt.

17.7.10

inventaire à la Sei Shônagon, 2 : Grèce

J'aime toujours :
le café grec, les tomates farcies, me baigner à Lambès, chercher des galets à Loutsa, la melitsanosalata de Voula, papoter avec Didier et Cai ou Stavros, manger sous le platane de Giorgos.

Je n'aime plus :
les tiropitas, la radio grecque

J'aime maintenant :
la moussaka, l'eskimo magictemptation, me baigner dans la piscine de chez Zoé, les Varieties sous les platanes, l'air conditionné.

16.7.10

Les pauvres !

Une pensée émue pour les gens qui s'agglutinent en ce moment sur la Prom !

Lambès : midi

15.7.10

inventaire à la Sei Shônagon, 1 : couchers de soleil

"J'aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil"
Le petit Prince, chapitre V

J'avais promis : un endroit différent chaque soir :
1. Gialova
2. Paleokastro
3. Chapelle du prophète Elie à Lambès






4.Pylos
5.Pyla
6. Chapelle du prophète Elie à Voldokilia


  En Grèce, on n'a pas de volcans, mais on a les chapelles du prophète Elie.

Où sommes nous, 7 ? Arabie (suite)

Port de Pylos, Grèce

De l'hôtellerie

"Ces hôtels ne sont pas des lieux de réconfort, loin de là. D’innombrables clients avaient accroché leur chapeau à ces patères. Même les mouches, si on y réfléchissait, s’étaient posées sur leur nez. Quant à la propreté qui lui avait sauté aux yeux, ce n’était pas tant de la propreté que de la nudité, de la froideur ; les choses étaient comme elles devaient être. Quelque sèche matrone faisait sa ronde à l’aube, reniflant, l’œil aux aguets, poussant des bonnes au nez bleu à récurer, exactement comme si le prochain client était un rôti qu’il fallait servir sur un plat parfaitement propre. Pour dormir, un lit ; pour s’asseoir, un fauteuil ; pour se laver les dents et se raser le menton, un gobelet, un miroir. Livres, lettres, robe de chambre, glissaient sur le crin anonyme, comme autant d’insolences incongrues."
                                                            Mrs Dalloway, Virginia Woolf, p176

14.7.10

Le goût de la Grèce, 2 : helliniko kafe metrio

La serveuse de la Platia utilise un stylet électronique pour passer les commandes, on sert le café avec un sablé, et le gros platane se porte bien. Stavros soigne ses fleurs et le promoteur du golf a fait détourner la route nationale. Au lagon viennent pondre les tortues, la melitsanosalata de Voula a gardé son goût de mystère. A Loutsa la taverne a fermé, mais on peut ramasser les étranges galets japonais sur le rivage. A Lambès je me suis baignée avec H. et le vent souffle sur la plage déserte.

8.7.10

Le goût de la Grèce, 1 : on y est !

Pita de souvlaki de poulet ... Je vous dis la saveur du poulet et celle de la tomate !

Bonjour la Grèce


Files doubles, de taxis et de clients (la queue fait un aller-retour) aujourd'hui à l'aéroport d'Athènes, jour de grève générale dont/donc des transports : finalement, c'était bien organisé, bien que nous fûmes dans la queue (cherchez bien Charlie-Hatsuo, il y est !), en une demie heure nous avons eu notre taxi !

Le son de chez moi, 33 : aérogare


A Nice, de petits moineaux nichent dans l'aérogare et viennent mendier des miettes aux consommateurs...

3.7.10

Nous mourons tous par petits bouts, 2


J'ai le timbre de sa voix dans mon oreille et l'angoisse de me dire que je pourrais l'oublier un jour. Lui que j'avais vu déjà mourir dans le Désert des Tartares.

PIVOT TERZIEFF RECITE RILKE
envoyé par POLLY44. - L'info video en direct.

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30.6.10

Pour lutter contre la nostalgie nippone, 25: marché de dimanche

Roses et sushis.
Nouveau resto de sushi, pas trop mal, le patron mignon est un peu dépassé, les sushis pas encore bien roulés mais originaux et frais...

28.6.10

Mes notes de chevet, 29. Cascades

 

« ... À propos de la cascade de Furu, on a vraiment du plaisir à penser qu’un empereur, après avoir abdiqué, serait allé la voir. »
« ... La cascade de Todoroki. Comme elle est bruyante et terrible ! »
Sei Shônagon, Notes de chevet

Mes notes de chevet :
L’hiver quand la laune est presque gelée et que la neige recouvre les rochers, l’été quand l’odeur des genêts est presque insoutenable. Sous la pluie, dans la brume, soleil au zenith. Mes cascades sont pour moi des endroits particuliers. Secrets. Je ne m’y rends jamais de façon anodine, et mes compagnons sont toujours triés sur le volet. C’est sans doute que j’y livre beaucoup de moi-même, sans le vouloir, mais indubitablement

20.6.10

Le son de chez moi, 32: 150 ans de France pour Nice



150e anniversaire du rattachement de Nice à la France.
J'ai raté la patrouille de France (ben quoi, je travaille !) mais pas le feu d'artifice !

18.6.10

Pour T.

Je descendais juste de l'école, et j'allais arriver chez moi, dernière rue avant de tourner. C'est là que je l'ai vu, sur le trottoir d'en face, en tee-shirt jaune couleur de soleil. En un réflexe, j'ai voulu traverser  et aussitôt je me suis souvenu : je suis indésirable, je le sais sans qu'il me l'ait dit. Alors, j'ai continué mon chemin, sur mon trottoir, en parallèle, comme seront nos vies désormais. Et je suis rentrée chez moi, tout près. Et j'ai pleuré.


.

Mes notes de chevet, 28. Choses qui ne s’accordent pas

 


« ...Une mauvaise écriture sur du papier rouge.
...
C’est très désagréable lorsqu’un jeune homme bien né appelle une personne d’un rang inférieur en disant le nom de cette femme comme une chose dont il a l’habitude. Même s’il connait ce nom, il convient qu’il le prononce comme s’il avait oublié, par mégarde, la moitié des syllabes. »
Sei Shônagon, Notes de chevet

Mes notes de chevet :
Un bel homme en costume cravate, une jolie poitrine dans un débardeur d’où dépassent des bretelles de soutien-gorge, et l’avocat servi avec de la mayonnaise...

5.6.10

Marché italien

Petit tour au Jardin Albert 1er pour l'Italie à table :
"limoncello" d'agrumes, lambrusco spécial, fromage brebis-chèvre, et gressins aplatis au romarin : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

2.6.10

C'est bon pour les anges, les ailes

"C'est bon pour les anges, les ailes, pour un homme, elles sont lourdes. La prière doit suffire à un homme pour voler, elle monte au-dessus des nuages et des pluies, au-dessus des plafonds et des arbres. Notre manœuvre de vol, c'est la prière. Moi j'étais voûté, un clou rabattu, tourné vers la terre. Une autre volonté contre nature me retourne et me pousse vers le haut. Maintenant j'ai des ailes, mais pour voler il faut naître d'un œuf et non pas d'un ventre, couvé sur des branches, et non par terre."
Erri de Lucca, Montedidio, p171

31.5.10

Le son de chez moi, 30 : contre-sommet franco-africain


Juste derrière chez moi ! J'aurais pu du balcon mais je n'avais pas retrouvé l'appareil...

30.5.10

Jeunes silences

de Montedidio de Erri de Luca

p111 :
" Les grands sont pris par leurs soucis et nous, nous restons dans les maisons sourdes qui n'entendent plus un seul bruit. Nous n'entendons que le nôtre et il fait un peu peur. "


.

29.5.10

ils traînaient la mer à terre

de Montedidio de Erri de Luca

p88 :
"Sur la promenade du bord de mer le long de la villa communale, nous passions à l'heure où les pêcheurs tiraient à terre les deux bouts de câble du grand filet. Il y avait six hommes à chaque bout, ils tiraient d'un coup tous ensemble, le plus vieux leur donnait le signal. Le câble tournait sur leurs épaules, les pieds croisés, ils poussaient de tout leur corps, ils traînaient la mer à terre."


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28.5.10

Les derniers mots du soir

De Montedidio, de Erri De Luca

p81 :
"Je dis encore mes prières. Dans le débarras où je dors il n'y a pas de fenêtre et pendant que je pris mon Ange Gardien, il me semble être aux lavoirs, là-haut, avec tout un ciel bien dégagé pour plafond. Je ne crois pas que c'est de la foi, je le fais par habitude, pour ne pas effacer les derniers mots du soir. Rafaniello dit qu'à force d'insister,Dieu est contraint d'exister, à force de prières son oreille se forme, à force de larmes, ses yeux voient, à force de gaieté son sourire point. Et je pense : comme le boumeran. A force d'exercices le lancer se prépare, mais la foi peut-elle venir d'un entraînement ? Je répète ses mots en les mettant par écrit, plus tard peut-être je les comprendrai. "

27.5.10

Je suis là, moi

de Montedidio, de Erri De Luca

p64 :
"... maintenant elle ne veut plus parce que je suis là moi. Je suis là moi : en même temps, je deviens important. Jusqu'ici, présent ou pas, ça ne changeait rien. Maria dit que je suis bien là moi et voilà que je m'aperçois moi aussi que j'existe. Je me pose la question : je ne pouvais pas m'en apercevoir tout seul que j'existais ? Il semble que non. Il semble que ce doit être quelqu'un d'autre qui le signale. "


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Mes notes de chevet, 27. Bestioles

 


« Le criquet à sonnettes, le criquet des pins, la sauterellle tisserande, le grillon (...) la libellule, la luciole.
La fourmi est laide, mais elle est si légère qu’il est bien joli de la voir marcher, rapide, sur la surface de l’eau. »
Notes de Chevet, Sei Shônagon

Mes notes de chevet : L’été au Japon, j’ai découvert un nouveau brouhaha de cigales. Très différent de celui de Grèce, assourdissant mais fait d’un seul son répété à l’envi.
Non un niveau maximum, mais des stridulations différentes, allant des basses profondes aux sons les plus étranges. L’un notamment, genre corde métallique maléfique. Je déteste être seule au milieu de ce bruit : j’avoue, tout simplement, j’ai peur...

24.5.10

Changer d'ange ?

"Chacun de nous vit avec un ange(...) et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. "
Montedidio, Eri de Luca


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Alex Beaupain "A la mer" aux Trois Baudets (Paris)



Rapatrié de J'ai aimé, une découverte faite il y a quelque temps...

Echos de la vraie vie, grande mélancolie mais... j'adore...

Petite citation qui traînait ailleurs et qui va traîner maintenant ici...( 2)

autrefois aussi sur J'ai aimé
"J'aimerais pouvoir me relire. L'obscurité dévore les mots. Ma main poursuit cependant son mouvement, comme une danseuse un peu folle, ou un peu ivre, qui ne se rend pas compte que la musique s'est arrêtée. Si j'écrivais d'autres mots, un autre texte, le mouvement de ma main serait différent, elle exécuterait une autre danse. Ce sont les mots qui lui tiennent lieu de musique."
Avant, Vassilis Alexakis, p. 29.

Petite citation qui traînait ailleurs et qui va traîner maintenant ici...

anciennement sur "J'ai aimé"

"Je ne sais trop comment dire, mais son sourire donne un sentiment de perfection. Il me fait penser à une petite flaque de soleil, qui apparaîtrait au fond d'un endroit secret. Une flaque de soleil avec une forme particulière."
Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, p53

13.5.10

Pause café

Où j'ai appris que je suis fan de cannellino liquide mais définitivement pas de cannellino solide

Tapis rouge

Plateau spécial pour l'inauguration du Festival de Cannes-Canal + par un grand cuisinier japonais. Clip Tim Burton parfait. Je déconseille absolument Robin des Bois, une vraie daube (indigeste avec la cuisine japonaise).

11.5.10

Senteurs

"Les Arabes ont un sens aigu de cette pureté qui naît de la raréfaction. Je m'en avisais pour la première fois, voici des années, un jour où nous avions chevauché très loin par les plaines mouvantes du Nord de la Syrie jusqu'à une ruine de la période romaine. C'étaient, dirent mes compagnons, les restes d'un palais bâti dans le désert pour une reine par son époux, seigneur de la région limitrophe. Ils ajoutèrent que l'argile de cette construction avait été, pour plus de richesse, pétrie non pas avec de l'eau, mais avec de précieuses essences de fleurs. Reniflant l'air comme des chiens, mes guides me conduisaient de salle croulante en salle croulante disant : "voici le jasmin, voici la violette, voici la rose."
A la fin Dahoum m'entraîna : "venez sentir le parfum le plus doux"; nous entrâmes dans le corps du logis, et là, dans l'embrasure des fenêtres béantes sur sa façade orientale, nous pûmes aspirer à pleine bouche le souffle sans effort ni tourbillon qui palpitait en frôlant les murailles. Il était né, ce souffle vide du désert, quelque part au delà du lointain Euphrate; et pendant des jours et des nuits, il s'était traîné sur une herbe morte : rencontrant son premier obstacle en ce palais ruiné élevé par la main des hommes, il paraissait s'attarder alentour avec de puérils murmures. "Voilà bien le meilleur parfum, dirent mes guides : il n'a pas de goût."
T.E. Lawrence, in Les sept piliers de la sagesse

Shaï-Hulud

"Il y a aussi dans le fleuve Indus un ver qui ressemble assez de forme au ver du figuier. Il a environ sept coudées de long. Il est si gros qu'un enfant de dix ans aurait peine à le prendre dans ses bras. Ce ver n'a que deux dents, mais tout ce qu'il parvient à saisir avec, il le dévore. Il passe ses journées dans la vase du fleuve, sort la nuit, et se jette sur tout ce qu'il rencontre : bœuf, chameau...Il le mord, l'entraîne dans le fleuve, et n'en fait qu'une bouchée. On l'attrape avec un grand hameçon auquel on accroche un agneau ou un chevreau. Une fois pris, le ver est suspendu pendant trente jours au dessus de récipients en terre, et il distille pendant ce temps une huile très visqueuse qui remplit au moins dix bonnes jarres. Après quoi, on jette l'animal, on scelle les jarres, et on les porte au roi. Personne d'autre que lui n'a le droit d'avoir cette huile. Elle enflamme tout ce qu'elle touche, bois ou chair."
Récits indien de Ctésias de Cnide, in En cheminant avec Hérodote, Jacques Lacarrière.

Mes notes de chevet, 26. Choses élégantes

 


« Sur un gilet violet clair, une veste blanche. Les oeufs des canards. Dans un bol de métal neuf, on a mis du sirop de liane. Un rosaire en cristal de roche. De la neige tombée sur les fleurs des glycines et des pruniers. Un très joli bébé qui mange des fraises »
Sei Shônagon, Notes de chevet.
Mes notes de chevet :
La robe déclinée de Maggie Cheung dans In the mood for love,
surtout celle avec la jonquille.
Un chocolat noir sur une tasse à expresso blanche.
Des pivoines dans un vase bleu
Des carpes koi dans un bassin
L’amant dans le film de Jean-Jacques Annaud
Mon homme dans un tee-shirt noir.

2.5.10

Mes notes de chevet, 25. Oiseaux

 


« De la grue, j’aurais trop à dire. Cependant, il est vraiment splendide que sa voix monte par delà les nuages, et cela, je ne puis le taire »
Sei Shônagon, Notes de chevet

Mes notes de chevet :Je n’ai jamais vu de grues sauvages. Mais je les ai entendues. En grand nombre.
C’était en Dordogne, une nuit de printemps. Nous avions attendu la nuit avec un télescope, mais la brume légère ne semblait pas vouloir se lever. Tout d’un coup, des cris par centaines, tout près, très bas, mais on ne voyait rien. Les grues en migration passaient tout près de nous, invisibles, inexorablement, pendant de longues minutes. Puis le silence de la nuit, de nouveau, mais pas comme avant.