"Je passai cet après-midi de dimanche dans une humeur confuse, à l'image du temps, terne. Ce fut une journée tranquille, faiblement nuageuse, sans vent. Je lus un peu, écoutai un peu de musique, fis un peu de cuisine, mais aucune de ces occupations ne réusiit à remédier à mon état d'esprit morose. J'eus le semntiment que rien n'aboutirait, que tout restait en suspens cet après-midi-là. Je renonçai alors, me fis couler un bain. Je restai longtemps dans l'eau chaude. Puis je tentai de me remémorer, un par un, les noms compliqués des personnages des Démons de Dostoïevski. J'y parvins pour sept d'entre eux, y compris Kirilov. Je ne sais pourquoi, mais depuis mes années de lycée, c'est ma spécialité que de me souvenir des noms des personnages des vieux classiques russes. D'ailleurs ce serait une bonne idée de relire bientôt Les Démons. J'étais libre, je disposais d'énormément de temps, je n'avais rien de spécial à faire. le cadre idéal pour lire ces longs romans russes."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.44, Les caractéistiques qui font qu'un homme est ce qu'il est, ed.Belfond
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11.2.19
10.2.19
Meurtre et commandeur (60) : obstruction
"Tiens, à propos de livre, dans les Démons de Dostoïevski, je me souviens qu'il y a un homme qui se suicide au pistolet pour prouver qu'il est un homme libre, mais comment s'appelle-t-il déjà ? Je te le demande car j'ai pensé que tu le saurais.
- Kirilov, dis-je.
- Ah oui, Kirilov. J'essaie depuis un moment de m'en souvenir , mais ça ne me revenait pas.
- Et qu'est-ce qu'il a, Kirilov ?
- Oh, rien de particulier, dit Masahiko en secouant la tête. Seulement ce personnage m'a traversé l'esprit par hasard et j'essayais de me souvenir de son nom, mais en vain. Et ça me démangeait un peu. Tu vois, comme une petite arête de poisson qui te reste coincée dans la gorge. Les Russes, franchement, ils ont de drôles d'idées, tu ne trouves pas ?
- Dans les romans de Dostoïevski, il y a de nombreux personnages qui font des trucs absurdes en voulant prouver qu'ils sont libres par rapport à Dieu ou à ce bas monde. Enfin bon, dans la Russie, d'alors, ce n'était peut-être pas si absurde que ça."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.43, Cela ne pouvait demeurer un simple rêve, ed.Belfond
- Kirilov, dis-je.
- Ah oui, Kirilov. J'essaie depuis un moment de m'en souvenir , mais ça ne me revenait pas.
- Et qu'est-ce qu'il a, Kirilov ?
- Oh, rien de particulier, dit Masahiko en secouant la tête. Seulement ce personnage m'a traversé l'esprit par hasard et j'essayais de me souvenir de son nom, mais en vain. Et ça me démangeait un peu. Tu vois, comme une petite arête de poisson qui te reste coincée dans la gorge. Les Russes, franchement, ils ont de drôles d'idées, tu ne trouves pas ?
- Dans les romans de Dostoïevski, il y a de nombreux personnages qui font des trucs absurdes en voulant prouver qu'ils sont libres par rapport à Dieu ou à ce bas monde. Enfin bon, dans la Russie, d'alors, ce n'était peut-être pas si absurde que ça."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.43, Cela ne pouvait demeurer un simple rêve, ed.Belfond
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29.2.16
Ecoute le vent (32) : Karamazov, le retour
"Le Rat écrivait encore des romans. Il m'en envoie toujours des copies chaque année pour Noël. L'année dernière c'était sur un cuisinier dans la cafeteria d'un hôpital psychiatrique, celui de l'année d'avant c'était sur une comédie basée sur les frères Karamazov."
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 39
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 39
25.8.15
Les partisans et les livres (3) : atmosphère
"Il est étrange de constater l'effet que peut produire une caisse de livres. Notre campement, dont le caractère provisoire est visible dans chaque bâche tendue, a changé d'aspect, comme si des scènes lointaines, tranquilles et tendres, étaient venues le peupler. Saisir un livre me ramène aussitôt à la maison, auprès de mes parents. Un lampadaire est allumé, le livre m'absorbe tout entier. Mon père, représentant entre autres de la célèbre marque Singer vient de recevoir un nouveau catalogue qu'il feuillette avec attention. Ma mère prépare une douceur en vue du goûter. Le roman de Dostoïevski est si prenant que je ne l'entends pas qui m'appelle pour me régaler. Quand je parviens enfin à me détacher des visions fascinantes produites par le texte, je me retiens de lui reprocher d'avoir brisé la magie, pour ne pas la peiner."
Les partisans, Aharon Appelfeld, ch.7
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12.8.12
La fin des temps (90) : bain de soleil
"Les rayons du soleil, pénétrant par le pare-brise avant, m'inondaient de lumière. En fermant les yeux, je les sentais réchauffer mes paupières. J'étais étrangement ému à la pensée que la lumière du soleil avait parcouru un si long chemin pour atteindre cette modeste petite planète et consacrait un peu de sa force à réchauffer mes paupières. Il me semblait comprendre un peu le sentiment d'Aliocha Karamazov. Certainement, une vie limitée doit recevoir des bénédictions limitées."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
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7.8.12
La fin des temps (85) : trio
"Je fermai les yeux et essayai de me rappeler les noms des trois frères Karamazov. Mitïa, Ivan, Aliocha et leur demi frère Smerdiakov. Combien y-a-til de types au monde capable de réciter les noms de tous les frères Karamazov, hein, je vous le demande."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
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Murakami
5.8.12
La fin des temps (83) : bénédiction
"-Comment conçois-tu ta propre vie ? demanda-t-elle ?
Sans toucher à sa bière, elle observait l'intérieur de la boîte à travers le trou du couvercle.
- Tu as déjà lu Les Frères Karamazov ?
- Oui, une fois, il y a longtemps.
- Tu devrais le relire. On trouve beaucoup de choses dans ce livre. Vers la fin du roman, Aliocha dit ceci à un jeune collégien du nom de Kolia Krassotkine. " Tu sais, Kolia, dans le futur tu seras sûrement très malheureux. Mais bénis la vie dans son ensemble."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
Sans toucher à sa bière, elle observait l'intérieur de la boîte à travers le trou du couvercle.
- Tu as déjà lu Les Frères Karamazov ?
- Oui, une fois, il y a longtemps.
- Tu devrais le relire. On trouve beaucoup de choses dans ce livre. Vers la fin du roman, Aliocha dit ceci à un jeune collégien du nom de Kolia Krassotkine. " Tu sais, Kolia, dans le futur tu seras sûrement très malheureux. Mais bénis la vie dans son ensemble."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
8.7.12
La fin des temps (55) : ego
Mais je finissais toujours par revenir au même point, comme un bateau au gouvernail tordu. C'était ça, moi-même. Ce "moi-même" n'allait nulle part. "Moi-même" était toujours là et attendait seulement que je revienne à lui.
Fallait-il appeler cela le désespoir ?
Je n'en savais rien. C'était peut-être du désespoir. Tourgueniev aurait peut-être appelé ça la désillusion. Dostoïevsky l'aurait appelé l'enfer, et Somerset Maugham la réalité. Mais quel que soit le nom qu'on lui donne, c'était "Moi-même".
Murakami Haruki, La fin des temps, pays des merveilles sans merci, ch.33, Lessive par un jour de pluie-Location de voiture-Bob Dylan
Fallait-il appeler cela le désespoir ?
Je n'en savais rien. C'était peut-être du désespoir. Tourgueniev aurait peut-être appelé ça la désillusion. Dostoïevsky l'aurait appelé l'enfer, et Somerset Maugham la réalité. Mais quel que soit le nom qu'on lui donne, c'était "Moi-même".
Murakami Haruki, La fin des temps, pays des merveilles sans merci, ch.33, Lessive par un jour de pluie-Location de voiture-Bob Dylan
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15.6.12
La fin des temps (32) : série et auteurs russes
" Le whisky aidant, je sympathisais de plus en plus avec Roudine. A la différence des personnages des romans de Dostoïevski, les héros de Tourgueniev attirent tout de suite ma sympathie. Moi je sympathise même avec le héros du feuilleton Commisariat 87. Sans doute parce que mon caractère n'est pas parfait non plus. Les gens qui ont beaucoup de défauts ont tendance à sympathiser avec ceux qui en ont autant qu'eux. Les défauts des personnages que Dostoïevski met en scène ne ressemblent pas toujours à des défauts, c'est pour ça que je ne peux pas éprouver cent pour cent de sympathie pour eux. Dans le cas de Tolstoï, les défauts de ses héros sont si énormes qu'ils ont tendance à rester statiques.
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.15 Whisky-Torture-Tourgueniev
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