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3.3.22

Conjuguons avec Murakami (11) : The sound of music

 



"aborder certaines questions avec elle n'avait aucun sens, et je m'en abstins "

MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond



16.11.20

My favorite things (31) : Corona (3)

 1.J'ai trouvé un endroit pour me confiner :

"Le verbe grec kalyptein signifie "cacher". Calypso est donc littéralement "celle qui cache". Elle le cache au beau milieu de la mer, au milieu de nulle part. Et sur cette île perdue au milieu de nulle part, elle vit dans une caverne, et cette caverne est entourée d'arbres, des cyprès, des peupliers et des aulnes, avec des massifs de plantes aromatiques à l'arrière et des chouettes hululant dans les arbres (...) C'est un espace sombre, clos, fertile, dérobé. "

Une Odyssée, ch.Télémachie, Daniel Mendelsohn

2. J'aurais bien aimé aussi me confiner là, mais il semble qu'il y ait déjà beaucoup de monde

Hiroshige, Hakone

3. Cuisine : un air du pays sur la côte Est des Etats Unis : 

"D'ailleurs, elle m'a aussi appris bien des choses en matière culinaire : je me rappelle ce jour où je restai bouche bée devant une cassolette de linguinis recouverte d'un sauce qui - miraculeusement pour moi qui n'avait jamais mangé de pâtes qui ne sortent pas d'une boîte - n'était pas rouge mais verte, une sauce au nom italien qu'elle préparait avec des feuilles fraîchement cueillies dans son jardin, un petit carré à l'arrière de sa maison, dans lequel elle se promenait, coupant des herbes et chantonnant pour elle-même comme une sorcière surgie de quelque vieille légende."

Une Odyssée, ch.Télémachie, Daniel Mendelsohn


23.10.20

My favorite things (22) : automne (11)

 1. Lectures

"j'avais choisi une encre verte. Dans mon travail habituel, je n'ai pas vraiment l'occasion d'utiliser cette couleur. Pour ainsi dire jamais. Mais quand j'avais écouté Madame Bernard-l'ermite parler, ses mots m'étaient apparus dans des tons verts"

Le bonheur retrouvé, ch. Riz au mukago, OGAWA Ito

2. Un p'tit coin de paradis. Roquebrune (suite)

Un tout petit bas-relief 


3. Musiques
Ils ne sont plus là mais il reste la musique ...




19.10.20

My favorite things (21) : automne (09)

 

1.Cheerianou. Le retour des châtaignes. Celles-ci étaient parfaites : charnues, goûteuses. J'ai essayé au micro-ondes, ça marche bien. 
Le goût de l'enfance. Nous n'en achetions jamais à la guérite devant l'église Notre-Dame où le gros bidon de féraille m'intriguait. Nous n'allions pas non plus en chercher en forêt, je me demande bien pourquoi. Mais ma mère en achetait au marché. Pour l'inauguration de la saison, elle en faisait dans la grande poële à trous. Puis ensuite, pendant toute la saison, elle en disposait quelques unes sur la grande cuisinière à mazout de la cuisine, là où mijotait aussi la soupe, et c'était un délice. J'adore tout : le contact lisse de la chataîgne crue, le petit bruit et la vibration de la coque cuite qui craque sous les doigts, puis celle de la peau qui se fend. J'aime aussi les châtaignes crues, c'est plus long et plus douloureux pour les phalanges avec la peau poilue qui colle au doigt. J'aime aussi les châtaignes corses, pelées et très sèches que l'on trouvait dans le Vieux-Nice au temps d'avant, esquintant les dents mais au parfum bien particulier ...

2. Les anges chez les catholiques, c'est vraiment quelque chose qui m'étonnera toujours ...
cathédrale de Lorgues

3. Au temps d'Amazon, ce genre de boutique me rassure, tout n'est pas perdu ...

3. Nostalgie. Mon premier tube devant public, à Sorède (Pyrénées Orientales) le village de ma mère, j'avais 4 ans et je savais déjà les chansons par cœur, même sans connaître la langue ... Je me souviens l'avoir chanté dans la rue, devant ma copine Marie Louise et , sans doute l'oncle Gep, un très vieux monsieur assis sur un banc aussi vieux que lui et peut-être même plus vieux, devant chez lui, rue des Foumiguers 

11.10.20

My favorite things (20) : automne (08)

 1. Chapelles

Chapelle sainte Brigitte à Vidauban :


Elle a attiré notre regard depuis l'autoroute A8. Sa situation à la prophète Elie est magistrale. 



Le site, accessible en une longue spirale pédestre, est la quintessence de la Provence : oliviers en terrasses, chênes verts, grenadier, ânes gris. L'arrivée est délicieuse, la chapelle est toute couverte de mots d'amours gravés, et il ne manque rien, pas même deux tables d'orientation en granit (NB : ceux qui pensent que ce qui est gravé dans le granit est immuable, détrompez-vous) donnant sur les vignes du Rosé et les bâtiments cossus. Tout ceci rend d'autant plus décevant, presque déprimant, l'intérieur que l'on aperçoit à travers le portail vitré, du genre tout-ça-pour-ça : des murs blancs chaulés, deux images pieuses saint-sulpiciennes ou italiennes mère-fils délavées posées sur un autel médiocre. Les chapelles grecques les plus perdues rivalisent de mignonneries : canevas minutieusement brodés, exvotos, petits bouquets secs. Mais nous sommes en Provence, Sainte Brigitte n'a plus de fidèles, elle est désœuvrée. 

2. Cafés

A Lorgues, l'embarras du choix, et d'où l'on est on a le temps de regretter en observant les autres : à l'Embuscade, air plus chic, aurait-il été moins amer ? Mais les deux têtes de sangliers qui ornent l'entrée ne me font pas vraiment regretter.

3. Beaux mecs.
Il en jette le Romain
cathédrale de Lorgues

3.10.20

My favorite things (19) : automne (5)

 1. Il y a des articles rassurants, qui donnent du baume au cœur, et on sent bien la différence entre les Juifs et les Chrétiens. Ainsi, dans l'article d'Horvilleur cité hier :

"La pensée juive ne considère pas que nous puissions pardonner au nom de ceux qui ne sont plus là. Elle a si souvent dans son histoire croisé la mort et la tragédie, qu’elle a fini par admettre que personne n’a de mandat pour pardonner au nom des morts. Aucun de nous n’est en mesure d’effacer les fautes dont un autre a été victime, ou de pardonner l’impardonnable dont on n’a pas souffert soi-même."

2. lectures

"Je ne peux affirmer que l'art de la littérature soit tout-puissant, magique, un pur acte de foi, mais on ne peut lui contester une vertu : sa loyauté envers l'individu, sa vigilance à l'égard de sa souffrance et de ses peurs, et on ne peut lui contester le fragment de lumière, qui, de temps en temps, étincelle en lui."

Aharon Appelfeld, L'héritage nu, conférence 1 p50

3. Petit paradis (suite)


4. Et pour finir pure beauté 




28.9.20

My favorite things (17) : automne (4)

1. L'automne, c'est l'automne. Il est partout sur le net


 

2. Lectures."Car il savait que , pour une période dont il n'apercevait pas le terme, son rôle n'était plus de guérir. Son rôle était de diagnostiquer. Découvrir, voir, décrire, enregistrer, puis condamner, c'était sa tâche. "                           Albert Camus, La Peste, p176 ed. Folio

3.Petit paradis. Roquebrune (suite) : un olivier peut en cacher un autre




20.9.20

My favorite things (16) : automne (3)

1. Lectures
"Au milieu du disque, on entendit deux coups de feu claquer au loin.
- Un chien ou une évasion, dit Tarrou.
Un moment après, le disque s'acheva et l'appel d'une ambulance se précisa, grandit, passa sous les fenêtres de la chambre d'hôtel, diminua, puis s'éteignit enfin.
- Ce disque n'est pas drôle, dit Rambert. Et puis cela fait bien dix fois que je l'entends aujourd'hui.
- Vous l'aimez tant que cela ?
- Non, mais je n'ai que celui-là."

 Albert Camus, la peste, p149

2. La saison change, le soleil aussi

3. Enfin ne pas culpabiliser de passer son dimanche sur le canapé, écouter gronder l'orage, regarder une série musicale avec d'innombrables épisodes, et sortir boire un chocolat plein de chantilly




8.9.20

My favorite things (13) : week-end (01)

1.Petit paradis : Roquebrune (1)


2. Lecture 

"Là encore, cependant, la réaction du public ne fut pas immédiate. En effet, l'annonce que la troisième semaine de peste avait compté trois cent deux morts ne parlait pas à l'imagination. D'une part, tous peut-être n'étaient pas morts de la peste. Et, d'autre part, personne en ville ne savait combien, en temps ordinaire, il mourait de gens par semaine. "

Alber Camus, La peste, ed. Folio p77

3. Apprendre à la tombée de la nuit à dessiner avec Sylvie T. et à la fin du jour à peindre avec Valérie Eguchi

 



5.9.20

My favorite things (12) : Rentrée

1. J'ai découvert cette chanson. J'ai trouvé qu'elle était juste ce qu'il faut en hommage à mes amies mortes de l'été, et surtout pour leurs veufs. Pourtant, pour moi, je ne pense pas partager ce sentiment ; simplement parce que je n'ai pas de projection vers le futur. Pourtant les rides sur les mains, c'est quelque chose qui me frappe depuis l'enfance; c'est le seul souvenir que j'ai de ma grand-mère maternelle morte quand j'avais quatre ans : l'image de ses mains, sur lesquelles je passais un petit cactus en plastique et je riais ...

2. Cette semaine, c'était ma dernière rentrée des classes. Ca m'a fait bizarre, juste quelques instants. Ensuite, c'était comme d'habitude, la petite angoisse de la découverte de la nouvelle promo et la joie d'être là, à ma place, parmi toute cette toute petite jeunesse mignonnette Benetton ...

3. Miro aussi devait être juste heureux quand il avait fini sa toile. En tout cas, il me donne ce bonheur chaque fois que je découvre une nouvelle de ses œuvres.


4. J'ai découvert grâce aux statistiques que j'avais une vingtaine de lecteurs au moins, parfois plus, pour ces chroniques. Totalement invisibles et silencieux ils sont. Merci à eux en tout cas, "on" se sent moins seul ...



31.8.20

My favorite things (11) : vacances (11)

1. J'aime ce portrait. Ca pourrait être moi, finalement

2. Loin du Tour de France, un peu de silence des montagnes


3. Puisque nous sommes en zone rouge, je relis La Peste de Camus :
"-Sincèrement, dites-moi votre pensée, avez-vous la certitude qu'il s'agit de la peste ?
- Vous posez mal le problème. Ce ,'est pas une question de vocabulaire, c'est une question de temps."
(ed. Folio p51)

6.8.20

My favorite things (10) : vacances (10)

Le Saint du Jour : je l'aime bien ce petit Jésus de Macot, atypique; on dirait un écolier des années trente ...


Quand j'avais dix ans, j'ai passé des heures sur ce pont à regarder le torrent dévaler. Le Parc me paraissait plu grand, magique, avec les curistes et leur panier d'osier contenant le verre gradué. A présent, le verre existe toujours, mais le panier est une imitation en plastique made in China, la station n'est donc plus "chic", mais peut-être ne l'était-elle que pour mes yeux d'enfants.


Je me souviens de la robe (je ne sais pas si c'est l'humour qui a poussé mon père à faire cette photo juste là, avec l'Instamatic qu'il m'avait offert pour mon anniversaire), et aussi des sandales qui avaient un petit talon qu'on m'autorisait enfin à acheter ... on voit le pont en arrière-plan.
J'ai revu l'hôtel où nous séjournions, il a un charme tout à fait désuet qu'il devait avoir déjà à l'époque, avec sa salle à manger panoramique au premier étage.


En face, il y a toujours le cinéma, où j'ai vu le soir , chose extraordinaire, avec mes deux parents ( c'était bien les vacances) le Docteur Jivago, j'ai beaucoup pleuré. Et un grand western, la Conquête de l'Ouest, dont je ne me souviens de rien sauf de la musique, Greensleeves, qui m'avait particulièrement frappée; je l'ai cherchée partout sans la trouver, avant des années, avant les années Google ce n'était pas facile de retrouver quelque chose; j'ai découvert avec effroi aujourd'hui en cherchant que ce n'était pas feuilles vertes mais manche verte qu'évoquait le titre; l'erreur n'est pas fatale mais me déroute étrangement ...

4.8.20

My favorite things (09) : vacances (09)

la fleur du jour, dans la suite des bicolores 

Le Saint du jour
Le Wiktionnaire en parle : il vaut mieux s'adresser au Bon Dieu qu'à ses saints. Le dico a oublié la Savoie : ici, pour mieux l'invoquer, on le représente, et il est partout :
Ici, parmi ses nombreux anges :

ou là, en clef de voûte :

ou bien avec Adam, pour créer Eve :




3.8.20

My favorite things (8) : vacances (8)

Le Saint du jour :
Saint Grat, protecteur des champs et des récoltes

La fleur du jour :
La fleur des rocailles, minuscule mais prolifique, rose fluo au cœur du vert, on ne voit qu'elle et pourtant on ne voit rien

Dans cette randonnée des cinq lacs, au pays de la silène acaule, une femme cherchait le Mont Blanc. Je me demandais bien pourquoi. Tout le monde connaît le Mont Blanc, 4807m, on a appris ça à l'école. Chacun sait qu'il est en Haute Savoie et moi je passe mes vacances en Savoie, pas en Haute Savoie.
Je n'avais pas encore vu cette lunette ridicule au village voisin, pour l'observer de près 
Cette lunette était faite pour les gens de mon espèce, ceux qui voient le Mont Blanc, le Mont Blanc en Haute-Savoie, de la fenêtre de leur balcon, qui le photographient chaque jour et qui ne le savent pas ...
Il faut dire que souvent, il se cache et disparait. Ni vu ni connu



2.8.20

My favorite things (7) : vacances (7)

Le Saint du jour : Saint Roch. Patron des animaux et des végétaux; il est bien mignon ... 
(église de Beaufort)

 La fleur du jour :
Anémones et leurs jolies feuilles.

Dans les locations de vacances, on rencontre de nouveaux objets que l'on n'aurait pas l'occasion de rencontrer par nous-mêmes. Ainsi, une pelle et sa balayette ont égayé pour longtemps mon esprit grâce à leur technologie d'emboîtement particulière ; j'aime à savoir que quelquepart quelqu'un que je ne rencontrerai jamais mais pour qui mon estime sera éternelle, réfléchit, puis trouve, un moyen judicieux et esthétique d'assembler deux outils inséparables, grâce à l'ingéniosité de son esprit


1.8.20

My favorite things (6) : vacances (6)

le Saint du jour : Bernard


Beaucoup de légendes autour de ces chiens : on m'a raconté qu'ils cherchaient les gens perdus dans la neige, mais mieux valait que le maître surveille, sinon il les bouffait. C'est tout-à-fait contredit par Wikipedia.

La fleur du jour : 
J'ai toujours été fascinée par les fleurs bicolores. Celle-ci poussait près des maisons, mais je ne connais pas son nom ...


Au col du Petit Saint-Bernard, on retrouve l'Italie comme on l'aime et dont nous a privé le confinement :
la toile ciré, l'accueil simple et chaleureux, qui après le capuccino 
nous incite à manger la polenta, qui même si elle n'est pas gastronomique, est présentée à la japonaise dans de tous petits plats savoureux...





L'Italie m'inspire