Affichage des articles dont le libellé est Cabrel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cabrel. Afficher tous les articles

12.6.16

Notes de table de nuit (1): chansons (1) : Cabrel

Les chansons, c'est toujours un peu traitre, ça vous prend par surprise, comme ça. Un lien sur facebook d'une amie d'enfance : joli, ça ! je partage, et hop, c'est parti , ça revient

Cette chanson, 1979. Je suis à Périgueux, je passe le concours d'entrée à l'Ecole Normale dans cette ville totalement étrangère, dont les maisons grises ont les toits couverts d'ardoise. Dans le snack près de la gare, économie maximum oblige, je découvre les œufs mimosa, et sur le juke box, cette chanson. Mon trip, à l'époque, c'était France Culture, et les chants médiévaux. Et là, dans ce snack, j'écoute et je suis touchée, je ne sais pas pourquoi.
Et comme j'ai réussi le concours, et qu'en quelque sorte Cabrel aussi, il va m'accompagner dans ma vie. Pas seulement parce qu'il est presque mon voisin à vol d'oiseau. Prémonitions ? J'ai aimé ses chansons avant de les vivre, et personne n'a parlé mieux de la rupture.

Quand je pense aux Landes, un de mes pays de cœur, toujours elle me vient aux lèvres. Jusqu'à présent, je n'en ai pas eu la force, mais peut-être un jour les gens reviendront ...






11.1.13

Mes notes de chevet (101) : Landes

"Naturellement, je citerai la lande de Saga"
Notes de Chevet, Sei Shônagon

mes notes de chevet :
Naturellement, je citerai mes Landes. Une biche qui traverse le jardin à l'aube. Un bébé émerveillé par les feuilles de platane dans le soleil. Le son lointain du cor à travers les arbres. L'immensité de la forêt sans aucune fantaisie de détail. L'horizon des dunes. La barge sur le canal d'eau salé. La maison longue et sombre au cœur de l'été. Le kayak qui glisse sur l'Eyre sans faire fuir le daim. Les fougères sortant du sable sous les pins. La rumeur dont on ne sait si elle est de vent ou d'océan.

25.4.06

Hors-saison



"C'est le silence
Qui se remarque le plus
Les volets roulants tous descendus
De l'herbe ancienne
Dans les bacs à fleurs
Sur les balcons
On doit être hors-saison

La mer quand même
Dans ses rouleaux continue
Son même thème
Sa chanson vide et têtue
Pour quelques ombres perdues
Sous des capuchons
On doit être hors-saison

Le vent transperce
Ces trop longues avenues
Quelqu'un cherche une adresse inconnue
Et le courrier déborde
Au seuil des pavillons
On doit être hors-saison

Une ville se fâne
Dans les brouillards salés
La colère océane est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s'éloigne du quai

On pourrait tout prendre
Les murs, les jardins, les rues
On pourrait mettre
Aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus
Ou bien peut-être un jour
Les gens reviendront
On doit être hors-saison

La mer quand même
Dans ses rouleaux continue
Son même thème
Sa chanson vide "où es-tu ?"
Tout mon courrier déborde
Au seuil de ton pavillon
On doit être hors-saison...

Une ville se fâne
Dans les brouillards salés
La colère océane est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s'éloigne du quai"

Francis Cabrel