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13.3.25

Murs incertains (18) : service à thé

Comme prévu, c'est Mme Soeda qui est entrée dans la pièce avec un plateau rond, sur lequel étaient posées deux tasses de thé noir, des rondelles de citron et deux assiettes garnies des muffins aux myrtilles. Sans oublier un petit sucrier. Tasses, assiettes et sucrier faisaient partie d'un joli service à thé à l'ancienne, peut-être en porcelaine de Wedgwood. Les petites cuillères et fourchettes avaient l'éclat noble et délicat de l'argent. J'ai subodoré que ces objets faisaient partie des biens personnels de M. Koyasu. En tout cas, ce n'étaient pas des ustensiles que l'on s'attendait à trouver dans une petite bibliothèque municpale. Tout cela  n'était sans doute sorti qu'à l'intention d'invités choisis.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

26.2.25

Murs incertains (07) : cérémonie du thé (03)

Nous n'avions besoin ni de sucre, ni de lait, ni de citron ou de quoi que ce soit d'autres pour ce thé. Tel qu'il était, il était parfait. La température était également idéale. Le thé lui-même était fort, parfumé, ardent et raffiné. Il contenait quelque chose qui calmait, apaisait et caressait les nerfs. Un ajout n'aurait fait qu'amoindrir sa perfection, tout comme la lumière du soleil dissout l'épais brouillard matinal. 

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

25.2.25

Murs incertains (06) : cérémonie du thé (02)


Concentré et grâce à une horloge interne spéciale, M. Koyasu semblait connaître le moment optimal pour que le thé soit prêt.  Pour cela, il n'avait nul besoin d'aiguilles sur sa montre.

Lorsque cet instant-là était arrivé, M. Koyasu, comme libéré d'un sortilège, a abandonné sa posture rigide et il est passé à l'action. Il a versé le thé dans les deux tasses préchauffées, il en a pris une, en a inhalé le parfum jusqu'à ce que les informations neuronales soient transmises à son cerveeau et, enfin, il a hoché la tête de satisfaction. Les différents étapes avaient été franchies avec succès. 

"Ah...oui, il m'a l'air bon. Je vous en prie, buvez", a t-il déclaré

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

18.1.25

Murs incertains (05) : cérémonie du thé (01)


 

"Voulez-vous une tasse de thé ?

- Oui, volontiers" ai-je répondu après un temps d'arrêt. Je me suis demandé si je pourrais me rendormir après avoir bu si tard une tasse de ce thé pissant. Mais j'en avais vraiment envie, et comme d'habitude je n'ai pas pu résister à la perspective de l'arôme du thé fraîchement infusé de M. Koyasu.
Celui-ci s'est levé et a empoigné la bouilloire, qui émettait des nuags de vapeur blanche. Il lui a imprimé un balancement habile avant de tempérer l'ébullition. Cette grosse bouilloire pleine devait être assez lourde mais les mouvements de Monsieur Koyasu n'en laissaient rien paraître. Il a soigneusement dosé les feuilles de thé avec une cuillère, les a placées dans la théière de porcelaine blanche préchauffée et y a versé avec précaution l'eau chaude. Il a posé le couvercle sur la théière, fermé les yeaux et adopté la posture raide d'un garde dixcipliné du palais. C'était la même série d'opérations de toujours. Ou peut-être plutôt le même cérémonial.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

4.11.18

Chroniques désordonnées au pays nippon de l'olive et autres délices (1) : thé hojicha

Pendant mon voyage au Japon, j'ai pris beaucoup de photos mais je n'ai eu ni le temps ni l'envie de faire une chronique. Mon ami Alain l'a fait tellement bien à ma place !
Maintenant que je suis rentrée, déjà nostalgique, ayant vidé une valise pleine de trouvailles, c'est le moment de me replonger dans mes souvenirs tout frais.
Ce matin, Hatsuo a décidé d'ouvrir le paquet de thé Hojicha que nous avons rapporté de Kurashiki.

Le thé Hojicha, comme l'indique Wikipedia, c'est un thé au départ assez quelconque, mais torréfié, il a un goût très particulier que j'apprécie beaucoup. Comme de plus il a un taux de caféine très faible, on peut en boire à tout moment. Il parait qu'il s'allie parfaitement aux sushis. Mais dans les sushiyas du Japon, c'est du thé vert en poudre que l'on boit, et j'en ai rapporté aussi, et même une version délicieuse avec du lait ( ce doit être chimique au possible, c'est ça l'avantage de ne pas savoir lire les compositions en Japonais )
Mon thé Hojicha, c'est le joli sachet en papier kraft.  Nous l'avions repéré dans notre guide pour Kurashiki et nous cherchions la boutique. Les gens ont été adorables : tout le quartier s'est rassemblé pour nous trouver la boutique de thé, les gens s'interpelant de boutique en boutique et formant un mini-attroupement avec force discours dont je ne captais rien mais dont Hatsuo ne ratait pas un mot. La boutique est tenue par le fabriquant lui-même, que j'ai hésité à photographier et pourtant c'était un très beau vieux monsieur et sa boutique était très belle, comme toutes les boutiques de Kurashiki et quasi Kurashiki toute entière. Mais le monsieur est moderne, il a un beau site internet avec la photo de sa jolie boutique. Il vend son sac de thé avec le mode d'emploi, très joli lui aussi :

et pour les gaijins aussi, au verso :


Nous sommes arrivés à Kurashiki de nuit, et nous avons erré dans la ville endormie. C'était déjà très joli, le long du canal les très belles maisons. Finalement, certaines choses étaient familières : au restaurant, de la poutine, mais servie sur un lit de tofu; grâce au conseil d'Hatsuo, j'ai pu aussi consommer du poisson de saison, mais je ne connais pas son nom.


Le lendemain, l'atmosphère diurne était différente, très animée. 
Toutes les boutiques ouvertes, et en même temps une qualité de l'architecture et des productions que j'ai rarement rencontrée dans les autres petites villes que j'ai visités. 


Nous n'avons pas fait que les boutiques, mais visité aussi la très belle demeure d'un négociant en riz, la maison Ohashi, qui est presque un quartier en elle-même; 




il y avait un pavillon de thé donnant sur un jardin 

et une employée voyant notre intérêt n'a pas lésiné sur les moyens


Toute la ville est pleine de magasins d'artisans, d'authentiques créateurs en tout genre. A la boutique face au magasin de thé, tatami and co, j'ai failli craquer pour un service à soba tête à tête, avais aussi envie d'acheter tous les balais, mais finalement j'ai acquis un couvre-livre pour mon Murakami, avant de m'apercevoir que mon Murakami il est trop grand ;-)


Nous avons aussi été invités à visiter une exposition d'un professeur et de ses élèves en couture, où il y avait de véritables merveilles (vous remarquerez l'adorable franponais). 

J'ai été autorisée exceptionnellement à faire une photo.

Il y aussi une foule de créateurs de vêtements, car à Kurashiki on fabrique du denim, des jeans, et autres variations. Même le Point en parle. Il y avait de magnifiques pièces très originales, dans tous les genres. Je me suis contenté de craquer sur un petit sac très rigolo.

J'avoue avoir quitté Kurashiki à regret, sans avoir pu visiter à mon gré l'ensemble de la ville, car nous devions prendre train et bateau pour les îles. Je compte bien y retourner, ce qui sera sans doute possible puisqu'elle se trouve sur la ligne de Shinkansen entre Osaka et les grandes villes plus au sud ...





24.10.15

De mon balcon : inauguration

Service thé ouvert tous les après-midis, possibilité fumeurs modérés. L'inauguration s'est bien passée.
N.B. : les mini-beignets aux pommes viennent de Pains et Délices, 10 av. Malausséna, un régal !

24.5.12

La fin des temps (10) : ragoût

"Elle amena une casserole de la petite cuisine au fond de la pièce et la fit réchauffer sur le poêle. C'était un ragoût de légumes aux pommes de terre et aux oignons, et, quand la casserole commença a émettre un agréable petit chuintement, elle en transvasa le contenu sur des assiettes, qu'elle amena sur la table avec du pain aux noix.
Assis l'un en face de l'autre, nous portions la nourriture à la bouche sans mot dire. La cuisine était frugale, l'assaisonnement composé de saveurs jusque-là inconnues de moi, mais c'était loin d'être mauvais et, après le repas, je me sentis réchauffé. Ensuite, elle apporta du thé bouillant, un breuvage vert et amer au goût d'herbes médicinales."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Fin du monde, ch.6, L'ombre

4.8.11

Irlande, Inde, Grèce, ou la combinaison des lieux et des sens


Au bout du bout du monde, au B&B Seamount Farm en Irlande, en lieu et place du traditionnel irish breakfast, j'ai commandé des naans au cottage cheese. Bien m'en a pris.
A mon retour, j'ai eu la forte envie de réitérer, et suis partie en quête de la recette des naans côté virtuel et du cottage cheese côté matériel. Et puis au petit matin, c'était parti.
 Je me suis dit que pour les accompagner, rien ne valait un bon tchai épicé, comme celui que concocte mon ami céramiste Didier en Grèce. 
Et la nostalgie m'a rattrapée, de ces tchais bus chez lui;  à l'aube quand on avait rangé les céramiques encore toutes chaudes sorties du four, ou simplement quand j'étais sa voisine à Iamia. L' odeur de la cannelle, du lait concentré dans sa petite boite grecque, la voix, l'intonation même de la question lors de la proposition gustative. Ces matins là font parti de mon précieux petit capital de vie, et pour cela je lui en serai éternellement reconnaissante.



22.8.10

grenouilles

Petites gelées de thé vert et ... chicorée ! L'alliance chicorée-lait de riz est très réussie...

Recette :
Faire bouillir pendant une minute 15cl de lait de riz avec 1 cuillerée à café de agar agar et 1 cuillerée à soupe de sucre roux. Mélanger ensuite une cuillerée à soupe de purée d'amande et deux cuillerées à café de chicorée. Mettre en moule puis au frigo.

14.3.10

Brunch du dimanche

Yaourt au thé vert, Pain au sésame, Verrines crème de mascarpone aux framboises et crumble

3.3.10

Pour lutter contre la nostalgie nippone, 16: Des tartelettes pour l'impératrice


Pour Hinamatsuri, la fête des filles, j'ai ressorti le joli cadeau de mariage de mon mari, mes poupées chats d'Enoshima. Et j'ai fait des tartelettes au yuzu mangées comme il se doit entre copines.
Un petit cliché pour faire râler celles qui étaient "empêchées"(il y avait aussi du cheesecake, ;-) Gladys ).

31.12.09

Bye bye 2009


Cette année s’achève sans regret. Année étrange et comment bien remplie. Nombreux furent les deuils propres et figurés.
Pour conclure, rendues au 31 Décembre les clés de la maison de mon enfance. Mes grands-parents vécurent là depuis 1930 en location, c’est sûr que la propriétaire n’y croyait plus, un peu comme les acheteurs en viager de Jeanne Calment. De ce lieu, j’ai du vider chaque mètre carré, et chaque centimètre comportait un souvenir ; un mauvais généralement, et je ne sais si j’en ai quelques là de bons, mais en quantité. Une enfance passée à attendre de grandir et partir, à guetter l’élément déclencheur de disputes avec des crêtes statistiques pour chaque fête ou anniversaire. Je ne me souviens guère de mes séjours adultes de la période aquitaine. C’est comme si, après mon départ, ma mère y avait toujours été veuve et vieille. Maintenant qu’elle est sdf dans sa colonie de vacances dont j’ai brodé le trousseau de galon tissé, une part de mes souvenirs vont s’éteindre d’eux-mêmes, et c’est sans doute mieux.

Pourtant, ce matin, dernier petit déjeuner de 2009, j’ai été émue comme presque tous les matins depuis la deuxième quinzaine de janvier : sur la table de la cuisine étaient, que je n’avais pas disposés, un bol et une théière à long manche, contenant une mesure de thé genmacha, mais pas l’eau, pour que je puisse boire mon thé chaud, comme je l’aime. Non, 2009 ne pourra jamais être une année mauvaise, et pas seulement à cause du thé.

19.4.09

Tea time

Pause gourmande pendant la visite des Jardins Ephrussi de Rothschild. Les jardins sont magnifiques en cette saison.

17.1.09

Tea for two


Cela paraît si simple.
Thé vert, café et panettone, petit déjeuner franco-japonais par le comité d'accueil...