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21.2.16

Ecoute le vent (24) : romans fleuves


Si Hatfield appréciait tant Jean-Christophe c'est d'abord, tout simplement, parce que ce roman retrace scrupuleusement la vie d'un homme, de sa naissance jusqu'à sa mort. La seconde raison, plus décisive encore, est qu'il s'agit d'un texte extrêmement long. Selon lui, les romans étaient en mesure de fournir des informations bien mieux que des plans ou des données chronologiques. Par ailleurs, il les tenait pour tout à fait véridiques. 
Il s'était toujours montré critique vis à vis de Guerre et Paix de Tolstoï. " Bien entendu,  notait-il, ce n'est pas sa longueur qui pose problème. Le problème c'est que l'espace n'est pas conceptualisé ; par conséquent, "ce roman laisse en moi un fatras d'impressions diverses." Dans l'expression "l'espace n'est pas conceptualisé", il fallait en fait entendre : "stérilité".
 Le roman qu'il préférait était un chien des Flandres. Et il demandait : " Dis donc, est-ce que tu crois qu'un chien puisse mourir, juste pour une image ?"
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 32

20.4.13

De l'art de la conversation

"- Le départ est donc décidé ? demanda Karénine.
 - Oui, il va à Paris, il a entendu une voix, répondit Lydie Ivanovna en regardant Oblonski.
- Une vois, vraiment ! répéta celui-ci, sentant qu'il fallait user d'une grande prudence dans une société où se passaient des mystères dont il n'avait point la clé."
Anna Karénine, septième partie, ch. XXI

13.4.13

Bruits de mariage

"Parents et invités suivirent le jeune couple dans un murmure de voix et un froufrou de robes. Quelqu'un se baissa pour arranger la traîne de la mariée, puis un silence si profond régna dans l'église qu'on entendait les gouttes de cire tomber des cierges."
Léon Tolstoï, Anna Karénine, 5e partie, ch.IV

28.3.13

Lectures : un touriste russe avant Depardieu ?


"... ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince; des soins hygiéniques minutieux joints à une gymnastique appropriée le maintenaient en si bel état qu'en dépit des excès auxquels il se livrait, il gardait la fraîcheur d'un concombre de Hollande, long, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, les facilités de communication modernes lui offrant l'avantage, qu'il prisait entre tous, de pouvoir goûter sur place les amusements à la mode dans tel et tel pays. En Espagne, il avait donné des sérénades et courtisé une joueuse de mandoline; en Suisse, il avait tué un chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié d'abattre deux cents faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur un éléphant; il tenait maintenant à savourer les plaisirs spécifiquement russes. "
Anna Karenine, quatrième partie, ch. 1, Léon Tostoï

15.6.12

La fin des temps (32) : série et auteurs russes


" Le whisky aidant, je sympathisais de plus en plus avec Roudine. A la différence des personnages des romans de Dostoïevski, les héros de Tourgueniev attirent tout de suite ma sympathie. Moi je sympathise même avec le héros du feuilleton Commisariat 87. Sans doute parce que mon caractère n'est pas parfait non plus. Les gens qui ont beaucoup de défauts ont tendance à sympathiser avec ceux qui en ont autant qu'eux. Les défauts des personnages que Dostoïevski met en scène ne ressemblent pas toujours à des défauts, c'est pour ça que je ne peux pas éprouver cent pour cent de sympathie pour eux. Dans le cas de Tolstoï, les défauts de ses héros sont si énormes qu'ils ont tendance à rester statiques.


La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.15 Whisky-Torture-Tourgueniev