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19.3.25

Murs incertains (24) : salade-poêlée

"Dans la cuisine, tout en buvant le chablis à petites gorgées, j'ai préparé la salade et les spaghettis. Elle m'a regardé avec beaucoup d'intérêt. Pendant que l'eau des pâtes chauffait, j'ai finement émincé l'ail et fait sauter les calamars et les champignons dans la poêle. J'ai rapidement hâché menu dupersil. J'ai ensuite décortiqué les crevettes, tranché un pamplemousse, mélangé des herbes et de tendres feuilles de laitue à une vinaigrette à base d'huile d'olive, de citron et de moutarde. "

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 53


18.3.25

Murs incertains (23) : dîner improvisé

 "

"Si cela ne vous gêne pas, pourquoi ne pas aller chez moi ? Je pourrai vous cuisiner un petit quelque chose rapidement, si vous êtes d'accord."
Elle a pris quelque secondes pour considérer ma proposition et a demandé :
"Qu'est-ce que vous pourriez nous concocter ?"
Mentalement, j'ai rapidement listé les ingrédients que j'avais mis dans le réfrigérateur ce matin.
"Peut-être une salade de crevettes aux herbes et des spaghettis aux calamars et aux champignons ? J'ai aussi un chablis frais qui irait bien avec. C'est une bouteille que j'ai achetée ici, et ce vin n'est peut-être pas de la première classe."
"

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 53

17.3.19

Meurtre et commandeur (83) : courses

"Je jetai dans le caddie tout ce qui attira mes yeux : viande, poisson, légumes, lait, tofu... Puis je fis la queue à la caisse pour payer. Comme j'avais mon propre sac, je refusai celui en plastique qu'on me proposa à la caisse, économisant ainsi cinq yens. J'allais aensuite chez un marchand de vin discount et achetai un carton de vingt-quatre canettes de bière Sapporo. De retour à la maison, je rangeais mes achats, les déposais dans le réfrigérateur. Ceux qui devaient être surgelés, je les enveloppai d'un film et les mis dans le compartiment congélateur. pour les bières, j'en plaçais six au frais. Je mis ensuite à chauffer une grande casserole d'eau et fis cuire les asperges et le brocoli pour pouvoir les utiliser comme ingrédients dans une salade. Je préparai aussi quelques œufs durs"
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.58, L'histoire d'un joli canal qui coule paisiblement sur Mars, ed.Belfond

13.3.19

Meurtre et Commandeur (80) : quatre œufs

"Menshiki sortit quatre œufs, les cassa dans un bol, les battit rapidement avec des baguettes, ajouta du lait, du sel et du poivre. Et de nouveau remua le tout. Avec les manières d'un expert. puis il alluma le gaz, fit chauffer une petite poêle, y fit fondre un peu de beurre. Il trouva dans un tiroir une spatule, et il finit ainsi de cuire l'omelette avec maestria.
Comme on pouvait s'y attendre, la méthode de Menshiki pour concocter une omelette était parfaite. Elle aurait pu passer telle quelle dans une émission culinaire à la télévision. A voir sa façon de faire, les ménagères de tout le pays en auraient soupiré d'admiration, à coup sûr. Qu'il prépare une omelette ou n'importe quoi d'autre, il était incroyablement élégant, n'oubliait rien, sans compter qu'il était très efficace et délicat. Je ne pouvais que regarder le spectacle avec admiration. L'omelette fut bientôt transférée sur une assiette, posée devant moi avec du ketchup.
C'était une omelette d'une telle beauté que spontanément j'en aurais presque fait un croquis sur le vif. Mais je n'hésitais pas cependant à la couper en morceaux que j'enfournai en hâte. L'omelette n'était pas seulement belle, elle était délicieuse.

"Cette omelette est parfaite, " déclarai-je.
Menshiki se mit à rire.
"Mais non, j'en ai réussi de bien meilleures auparavant."
A quoi pouvaient-elles donc ressembler alors ? Peut-être à une super omelette volante qui disposait d'ailes magnifiques et qui ferait Tokyo-Osaka en moins de deux heures."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.56, Il semble qu'il y ait des blancs à combler, ed.Belfond

12.3.19

Meurtre et Commandeur (79) : pommes

"Pendant que je buvais, il dénicha dans le réfrigérateur quelques pommes qu'il éplucha. Sa façon de manier son couteau était rapide et habile. Tout en l'admirant, j'observais vaguement ses gestes. Les pommes ainsi épluchées et disposées sur une assiette par ses  soins semblaient raffinées, on ne peu plus élégantes.
j'en engloutis trois ou quatre. les pommes étaient délicieuses, au point que ce fruit m'apparut sous un jour nouveau. l'impression de découvrir pour la première fois qu'une pomme était aussi savoureuse. J'étais empli d'une profonde gratitude envers le Créateur qui avait eu l'idée de nous octroyer un fruit tel que la pomme."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.56, Il semble qu'il y ait des blancs à combler, ed.Belfond

21.1.19

Meurtre et commandeur (56) : tout est bon dans la daurade

"Ce jour-là, il avait apporté tout spécialement son propre couteau de cuisine. Un outil à la lame acérée qui disait combien il en prenait soin. Et avec ce couteau, il débita la grande daurade toute fraîche qu'il venait d'acheter chez un poissonnier à Itô. Masahiko avait toujours eu de multiples talents et il était très adroit de ses mains. Il la fileta efficacement, sans perdre de chair, en prenant bien soin d'enlever toutes les petites arêtes. Il découpa ensuite les filets en fines tranches pour les transformer en une grande quantité de sashimi. Il prépara un bouillon clair avec la tête et les arêtes. Puis il fit griller la peau à la flamme pour en faire des amuse-gueules. Avec admiration, j'observai mon ami exécuter cette série d'opérations. Il aurait peut-être eu du succès comme cuisinier professionnel.
"Le poisson blanc, c'est meilleur si tu le laisses reposer un jour avant d'en faire du sashimi, car lachair devient plus tendre et le goût plus savoureux, mais tant pis."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed.Belfond

30.12.18

Meurtre et commandeur (48) : un repas de célibataire

"Quand il fit plus sombre, j'allai à la cuisine et me préparai à dîner tout en buvant une canette de bière. Je fis griller au four une tranche de sériole conservée dans la lie de saké, éminçai des légumes en saumure, fis mariner du concombre et des algues wakame au vinaigre, et préparai une soupe miso avec du radis blanc et du tofu frit. Et en célibataire, je mangeai le tout dans le silence environnant : personne à qui parler, et d'ailleurs, qu'aurais-je bien pu dire ?
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.34, Récemment, je n'avais pas mesuré la pression des pneus,  ed.Belfond

26.12.18

Meurtre et Commandeur (47) : sauce à la laitue

"j'allais de mon côté faire chauffer de l'eau à la cuisine, je mis le feu sur la casserole de sauce de laitue, tomates, oignons et poivrons. Quand l'eau bouillit, j'y plongeai les pâtes, et pendant qu'elles cuisaient, je hachai du persil.je sortis du thé glacé du réfrigérateur et le versai dans des verres. "
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.33, J'aime les choses que je vois. Et autant celles que je ne vois pas,  ed.Belfond

15.11.18

Commandeur et meurtre (26) : de la nouveauté

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Je déjeunai d'une salade de tomates et de tofu et d'un onigiri. Après quoi, je bus un thé vert corsé. Puis j'allais m'allonger sur le canapé, écoutai un quatuor à cordes de Schubert. C'était une blle composition. En lisant les explications qui figuraient sur la pochette du disque, j'appris que lorsque ce morceau avait été joué pour la première fois, beaucoup, dans le public, avaient éprouvé un sentiment de rejet, le jugeant "trop nouveau". Je ne voyais pas très bien en quoi il était "trop nouveau"
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.16, Une journée relativement bonne,  ed.Belfond

14.11.18

Commandeur et meurtre (25) : huile de Shodoshima ?


"Je préparai de la sauce tomate en écoutant ces sonates depuis la cuisine. Il me restait une grande quantité de tomates et je voulais les utiliser pour faire de la sauce avant qu'elles ne s'abîment.
Je fis bouillir de l'eau dans un grand faitout, plongeai les tomates dedans, enlevai leur peau, les détaillai au couteau, ôtai leurs graines, écrasai les chairs, puis je versai un filet d'huile d'olive dans une grande sauteuse en acier, rajoutai de l'ail et les mis à cuire un bon moment. J'écumai fréquemment. Du temps où je vivais avec ma femme, c'était une sauce que j'avais souvent concoctée. Cela prenait du temps, il fallait de la patience, mais c'était une tâche, par principe, simple. Pendant que ma femme était au travail, seul à la ciusine, je m'y attelais en écoutant des CD."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.15, Ce n'est que le début, ed.Belfond,

10.11.18

Commandeur et Meurtre (21) : beurk 2

"Une fois par semaine, je cuisinais d'avance différents plats d'un seul coup. Puis je les mettais au réfrigérateur ou au freezer, et j'étais ainsi tranquille pour une semaine. Ce jour-là était un jour de cuisine. Pour le dîner , j'avais fait cuire du chou et des saucisses, que j'accompagnai de macaronis. Je mangeai aussi une salade de tomates, d'avocat et d'oignons. "


MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.12, Comme ce facteur inconnu,  ed.Belfond,

28.10.18

Commandeur et meurtre livre 1 (15) : beurk


"Au bout d'un moment, sentant un petit creux, je me rendis dans la cuisine et revins dans l'atelier avec une assiette garnie de crackers Ritz et une bouteille de ketchup. Puis je retournai à ma contemplation en grignotant les crackers agrémentés de sauce. Une combinaison loin d'être délicieuse, bien entendu. Et même tout à fait exécrable. Mais bonne ou mauvaise, à cet-instant-là, c'était pour moi sans importance. Du moment que ça me remplissait un peu l'estomac, je ne m'en souciais pas."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur livre 1, ch. 6. Un solliciteur sans visage, ed. Belfond

14.10.18

Commandeur et meurtre, livre 1 (01) : pâtes spéciales

"Elle portait un pull fin, violet pâle, largement échancré. Les bretelles souples de son caraco blanc étaient visibles tout près de ses clavicules saillantes. On aurait dit une sorte particulière de pâtes italiennes, qu'on utiliserait pour un plat spécial."
MURAKAMI Haruki, Le meurtre du commandeur livre 1, ch. 2 Tout le monde finira peut-être par aller sur la lune, ed. Belfond

23.2.16

Ecoute le vent (26) : inventaire

"Tout à côté du YWCA sale et lugubre se trouvait une construction neuve, mais c'était un bâtiment de piètre qualité, destiné à des locations, sur le toit duquel était planté un immense panneau publicitaire montrant un réfrigérateur. Une femme avec son petit tablier, la trentaine environ, l'allure anémique, se penchait en avant en maintenant ouverte la porte du frigo, ce qui me permettait de voir l'intérieur. 
Dans le freezer, des glaçons et un litre de glace à la vanille, un paquet de crevettes surgelées. Sur la deuxième tablette, des œufs, du beurre, du camembert, du jambon. Sur une autre, du poisson, des cuisse de poulet. Dans le compartiment en plastique du bas, des tomates, des concombres, des asperges, une laitue, des pamplemousses ; dans la porte,trois grandes bouteilles de cola et trois de bière, sans compter un pack de lait. 
Pendant que j'attendais, appuyé sur le volant, j'essayai d'imaginer dans quel ordre dans lequel je dégusterais le contenu de ce frigo, mais non, de toute façon, un litre de glace, c'était trop , et l'absence de sauce pour les légumes, rédhibitoire. "
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 33

15.10.14

Voyage avec un incolore (19) : en cuisine


" Le chef hait le serveur, et l'un et l'autre haïssent les clients, déclara Haida. Ce sont les mots d'Arnold Wesker, dans la pièce La Cuisine."

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

5.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (61) : le point de vue des crapauds


"Peut-être qu'il existe deux sortes de gens, et que pour les uns le monde est logique façon flan, et pour les autres imprévisible façon gratin de macaronis ? J'imagine que mes crapauds sans cervelle de parents, s'ils mettent une préparation au four, et découvrent un plat de macaronis au gratin à la sortie, ils penseront s'être trompés et avoir mis eux-mêmes au four une préparation pour macaronis. Ou alors ils essaieront de se persuader : " Ce plat ressemble à des macaronis au gratin, mais en fait, c'est du flan.""
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)

4.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (60) : du flan et des macaronis

"La plupart des gens, à quelques exceptions près, traversent la vie persuadés que l'existence et le monde sont ou doivent être fondamentalement logiques et consistants. C'est l'impression que j'ai quand j'entends parler les gens qui m'entourent. Dès qu'il arrive quelque chose, dans la société ou sur le plan individuel, il y a toujours quelqu'un pour dire : "il s'est passé ceci, et par conséquent,il en a découlé cela" et les autres acquiescent en disant : "oui, bien sûr, c'est logique." Mais moi, je trouve que ça n'explique rien. C'est comme de mettre un mélange instantané pour flan dans un ramequin à couvercle et de le passer au micro-ondes. Quand la sonnerie retentit, on soulève le couvercle et on est sûr de trouver un flan dessous. Mais qui sait ce qui s'est passé entre-temps sous le couvercle ? Si ça se trouve, le flan s'est métamorphosé en macaronis au gratin avant de redevenir un flan au moment où retentit la sonnerie. Moi, je me sentirais plutôt soulagée si, au moins une fois, je découvrais des macaronis au gratin à la place du flan."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)

28.12.12

Chroniques de l'oiseau à ressort (22) : récidive du mauvais temps de cuisson selon Shizuka


"Quand l'eau frissona, j'y jetai du sel et une poignée de spaghettis. Puis je réglai le timer à dix minutes, et lavai la vaisselle dans l'évier. Mais la vue de mon plat de pâtes préparé avec soin ne réussit même pas à me mettre l'eau à la bouche. C'est tout juste si j'en mangeai la moitié avant de jeter la fin de mon assiette. Je mis le reste de sauce dans un récipient que je rangeai au réfrigérateur. Bon, tant pis après tout, je n'avais pas d'appétit au départ."
Chroniques de l'oiseau à ressort, MURAKAMI Haruki, deuxième partie L'oiseau prophète, ch.1, Aussi cocret que possible; l'appétit dans la littérature

27.12.12

Chroniques de l'oiseau à ressort (21) : Bach et les spaghettis



"Je décidai de faire encore des spaghettis pour le déjeuner. Non pas que j'eusse spécialement faim. Je manquais même totalement d'appétit. Mais je ne pouvais pas rester assis éternellement sur le canapé à attendre la sonnerie du téléphone. Il fallait bien que je me donne un but, pour bouger mon corps. Je remplis une casserole d'eau, allumai le gaz, et, en attendant qu'elle bouille, confectionnai une sauce de tomate, la radio FM allumée. Elle diffusait une sonate de violon de Bach sans accompagnement. L'interprétation était excellente, pourtant quelque chose m'irritait dans cette version. Etait-ce à cause de l'interprète, ou de mon état psychologique du moment ? Impossible de le savoir, toujours est-il que je coupai la radio et continuai de cuisiner en silence. Je fis chauffer l'huile d'olive, y ajoutai de l'ail, des oignons coupés en petits morceaux, et, à l'instant où ils commençaient à se colorer, j'ajoutai une tomate lavée, égouttée et coupée en rondelles. Cela me faisait du bien de trancher et de faire frire des aliments. Accomplir ces gestes me procurait des sensations concrètes : j'entendais des sons, je sentais des odeurs."
Chroniques de l'oiseau à ressort, MURAKAMI Haruki, deuxième partie L'oiseau prophète, ch.1, Aussi cocret que possible; l'appétit dans la littérature

23.12.12

Chroniques de l'oiseau à ressort (17) : air fétiche


"je m'installai sur le canapé, avec les "Carnets de la ménagère", et réfléchis à ce que j'allais préparer pour dîner. Je marquai la page de la recette "salade d'algues hijiki et de tofu", fis une liste des ingrédients nécessaires. J'allumai la radio. Michael Jackson chantait Billie Jean. "
Chroniques de l'oiseau à ressort, MURAKAMI Haruki, première partie La pie voleuse, ch.7 Le pressing du bonheur; entrée en scène de Creta Kano.