Dans la dernière parasha du Lévitique, nous assistons à la longue liste de ce qui nous attend si nous désobéissons à notre Dieu. La liste est longue est très dure, et en même temps, avec le recul du temps, Dieu n'a guère eu à intervenir, pour produire toutes ces catastrophes, l'homme s'est bien débrouillé tout seul ...
Un verset, le 36, a particulièrement attiré mon attention, avec une punition énoncée de façon particulièrement poétique : "(...) poursuivis par le bruit de la feuille qui tombe, ils fuiront comme on fuit devant l'épée, ils tomberont sans qu'on les poursuive. "
7.5.21
En cheminant avec la parasha (34) : Be'houkotaï : le bruit d'une feuille
En cheminant avec la parasha (33) : Behar : l'aide d'urgence en cas de crise
Je reprends ici mon travail sur la parasha, et en ce jour de la reprise de liberté de la circulation, les versets résonnent comme un rappel des temps, comme un rappel de la morale et de la place de l'homme, en particulier de l'homme aisé, dans la société.
L'assistance aux autres est absolument nécessaire, rappelée très fermement par Dieu :"Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'il vive avec toi. N'accepte de sa part ni intérêt ni profit, mais crains ton Dieu, et que ton frère vive avec toi. Ne lui donne point ton argent à intérêt, ni tes aliments pour en tirer profit. Je suis l'Eternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays de Canaan, pour devenir votre Dieu." (25: 35-38) Dieu nous a peut-être libérés de l'Egypte mais attention, Dieu va très loin dans son rappel ici : "Ils sont mes esclaves, à moi, qui les ai fait sortir d'Egypte" (25:42)
Un rappel qui en suit un autre, le début de la parasha : Dieu va jusqu'à exprimer : "vous n'êtes que des étrangers domiciliés chez moi (25 : 23)". Dans quel contexte ? Celui de l'année sabbatique et de l'année du jubilé. "La septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l'honneur de l'Eternel. Tu n'ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne (...) ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation : à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l'étranger qui habitent avec toi ; ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits. "(25 : 4-7). Dans ces années, point n'est question de disette, mais de l'angoisse de disette née de cette situation de repos de la terre pouvant être vécu par l'homme comme un abandon. Apprendre à avoir confiance, apprendre à partager, ce sont des vertus dont nous avons rêvé en début de confinement, mais qui peu à peu sont délaissées. Ou peu à peu s'intallent, dans cette vie d'après, les intérêts catégoriels, les divisions catégorielles. Par manque d'anticipation, avons nous négligé de prendre conscience de la sixième année : "Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu'elle produira la récolte de trois années" (25 : 21). Installés sur la terre, nous avons oublié que nous y sommes seulement des locataires, que la possession n'est ni obligatoire de façon pérenne, ni éternelle, qu'elle doit donner lieu au partage, à l'empathie ... En ce moment, nous sommes durement rappelés à la réalité, mais voulons-nous être décillés ?
30.4.21
En cheminant avec la parasha (32) : Emor : œil pour œil
C'est dans cette parasha que l'on lit une des phrases les plus citées et les plus interprétées de la Bible.
"fracture pour fracture, œil pour oeil, dent pour dent; selon la lésion qu'il aura faite à autrui, ainsi lui sera-t-il fait." (Lévitique, 24 : 20)
On note rarement qu'au sein de tout un tas de préceptes de saintetés propres aux prêtes, cette demande de Dieu est universelle. "Même législation vous, étrangers comme nationaux; car je suis l'Eternel votre Dieu à tous. " (Lévitique, 24 : 21). Homme l'on naît, homme l'on reste, dans la douleur comme dans le châtiment.
23.4.21
En cheminant avec la parasha (31) : Kedochim : des lois fondamentales , des lois éternelles ...
D'autres lois de justice sont énoncées ensuite. Je note celle-ci : Ne prévariquez point dans l'exercice de la justice : ne montre ni ménagement au faible ni faveur au puissant : juge ton semblable avec impartialité ( Lévitique: 19:15) une loi qui n'est toujours pas réellement au point en 2021, que ce soit pour les puissants comme pour les faibles ...
Loi spéciale coronavirus : "ne sois pas indifférent au danger de ton prochain (Lévitique 19 : 16)
Une loi très célèbre, médiatisée par un nazaréen connu, mais qui n'est qu'une reprise, un cover du Lévitique 19:18 : "Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même : je suis l'Eternel."
Quelques autres rappels qui me sont précieux :
Lévitique 19 :25 : " Ne vous livrez pas à la divination ni aux présages. " 19:28 : "ne vous imprimez point de tatouage: je suis l'Eternel" "19:31 : "N'ayez point recours aux évocations ni aux sortilèges; n'aspirez point à vous souiller par ces pratiques : je suis l'Eternel votre Dieu." 20:27 "Un homme ou une femme chez qui serait constatée une évocation ou un sortilège devront être mis à mort : on les lapidera : ils ont mérité leurs supplices."
En cheminant avec la parasha (30) : A'haré mot : on n'est pas carnivore comme on veut
Dans cette parasha, on comprend bien que, même si la Torah ne prône pas le végétarisme, manger de la viande est tout sauf anodin. Tout ne se mange pas, et même parmi les animaux autorisés, les lois sont extrêmement strictes. "Tout homme de la maison d'Israël qui égorgera une pièce de gros bétail, ou une bête à laine ou une chèvre , dans le camp, ou qui l'égorgera hors du camp, sans l'avoir amenée à l'entrée de la Tente d'assignation pour en faire une offrande à l'Eternel, devant son tabernacle, il sera réputé meurtrier, cet homme, il a répandu le sang ; et cet homme , il sera retranché du milieu de son peuple." (Lévitique, 17 : 3-5). Même si l'on n'est pas hébreu, et même si on ne le fait pas soi-même :"Quiconque aussi, dans la maison d'israël ou parmi les étrangers établis au milieu d'eux, mangera de quelque sang, je dirigerai mon regard sur la personne qui aura mangé ce sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple." (Lévitique 17 :10). les interdits couvrent également les oiseaux, et les bêtes mortes rendent impures.
Le sang est la vie, il ne doit pas couler en vain, il mérite respect, sanctification et rite.
16.4.21
En cheminant avec la parasha (28) : Tazria : double ration
A méditer :
Si une femme a accouché d'un garçon, elle sera impure sept jours, comme après ses règles. Ensuite, elle reste encore 33 jours dans un statut intermédiaire.
Si elle accouche d'une femme, elle sera impure quinze jours, comme pour la période de nida. Le statut intermédiaire dure 66 jours.
Ensuite, fille ou garçon, le sacrifice à effectuer au Temple est le même.
En cheminant avec la parasha (29) : Metsora'
Il est des oiseaux, miraculés, qui doivent cependant subir un traumatisme profond. Imaginez :
Devant vous, le pontife égorge votre compagnon de misère, oiseau comme vous, apportés ensemble comme offrandes : le sang coule et on y trempe de l'écarlate, du bois de cèdre, de l'hysope ... et vous. Tout dégoulinant, vous êtes secoué sept fois au dessus d'un individu couvert de pustules. Croyant venir le pire, vous recommandez votre petite âme d'oiseau à Dieu ... et bien non, on vous relâche, dans la campagne, sans indemnités, tout puant mais vivant ...
(lévitique , 14 : 5 à 8)
9.4.21
En cheminant avec la parasha (27) : Chemini : point trop n'en faut
"Les fils d'Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jettèrent de l'encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu'il le leur eût commandé. Et un feu s'élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur." (Lévitique 10 : 1 à 3)
Terrible punition, et aux père et frères restants il est interdit de prendre le deuil. Terrible leçon d'humilité, que les zélés dévots devraient bien méditer : Dieu a fixé des règles, suffisamment, et à vouloir en rajouter, on est dans l'extrême, dans l'excès, dans l'orgueil et le contentement de soi sans doute ...
26.3.21
En cheminant avec la parasha (26) : Tsav : le sang encore
Les prêtres n'échapperont pas au sang de l'holocauste. Le rite est très solennellement inauguré par Moïse lui-même :
Dans la parasha, Moïse lave et habille lui-même Aaron et ses fils, réalise les sacrifices comme décrit dans la parasha précédente, puis :
"L'ayant immolé (le second bélier), Moïse prit de son sang, qu'il appliqua sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron, sur le pouce de sa maon droite et sur l'orteil de son pied droit, et il répandit le sang sur le tour de l'autel. (...) Alors Moïse prit de l'huile d'onction et du sang (de la poitrine du bélier) qui était près de l'autel et en fit aspersion, sur Aaron, sur ses vêtements, puis sur ses fils et les vêtements de ses fils aussi ; il consacra ainsi Aaron, ses vêtements, et avec lui ses fils et les vêtements de ses fils."
19.3.21
En cheminant avec la parasha (25) : Vayikra : sacrifices mode d'emploi
Pour les carnivores, sans pudeur, genre film gore :
oblations :
" On immolera le taureau" ( le bouc, le bélier) "devant le Seigneur ; les fils d'Aaron, les pontifes, offriront le sang, dont ils aspergeront le tour de l'autel qui est à l'entrée de la Tente d'assignation. Alors on dépouillera la victime et on la dépècera par quartiers. Les fils d'Aaron le pontife mettront du feu sur l'autel, et disposeront du bois sur ce feu; puis les fils d'Aaron, les pontifes, arrangeront les membres, la tête et la graisse sur le bois, disposé sur le feu qui sera sur l'autel. On lavera dans l'eau les intestins et les jambes : alors le pontife fera fumer le tout sur l'autel comme holocauste, combustion d'un odeur agréable au Seigneur.
sacrifice rémunératoire :
"Il appuiera sa main sur la tête de sa victime, qu'on immolera à l'entrée de la Tente d'assignation ; puis les fils d'Aaron, les pontifes, arroseront de son sang le tour de l'autel. On présentera, de cette victime rémunératoire, comme combustion au Seigneur, la graisse qui recouvre les intestins, toute la graisse qui y adhère : les deux rognons avec la graisse qui y adhère du côté des flancs puis la membrane qui tient au foie et qu'on ôtera avec les rognons. Et les fils d'Aaron feront fumer ces graisses sur l'autel, près de l'holocauste déjà placé sur le bois du brasier : combustion d'un odeur agréable au Seigneur.
en cas d'erreur d'un pontife ou du peuple : on immolera le taureau devant l'Eternel. Puis le pontife-oint prendra du sang de ce taureau et l'apportera dans la Tente d'assignation : le pontife trempera son doigt dans le sang, et il fera aspersion sept fois devant l'Eternel, vers le voile du sanctuaire ; le pontife mettra aussi de ce sang sur les cornes de l'autel où l'on brûle les parfums devant le Seigneur, et qui est dans la Tente d'assignation (...) Alors il prélèvera toute la graisse du taureau expiatoire : la graisse qui s'étend sur les intestins, toute la graisse qui y adhère ; les deux rognons avec la graisse adjacente du côté des flancs et la membrane du foie qu'il détachera avec les rognons.
pour les végétarien, pour les oblations c'est beaucoup plus simple :
fleur de farine et huile, sans levain ni miel à brûler.
Reste à savoir s'ils peuvent se faire pardonner leur péché !









