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11.12.18

Meurtre et commandeur (40) : on the rocks


"J'allai à la cuisine, me servis du single malt qu'avait apporté Masahiko, un verre avec des glaçons, retournai au salon avec. Je mis sur la platine le quatuor à cordes de Schubert."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 1, ch.26, Impossible de trouver composition plus parfaite,  ed.Belfond

5.12.18

Meurtre et commandeur (36) : haute-fidélité

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Le son que produisaient ces hauts-parleurs était clair et élégant, chaque note distincte. En comparaison du son simple et sans artifice que diffusaient ceux de chez Tomohiko Amada, on aurait dit qu'il s'agissait d'un autre morceau."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 1, ch.23, Tous vivent vraiment dans ce monde,  ed.Belfond

15.11.18

Commandeur et meurtre (26) : de la nouveauté

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Je déjeunai d'une salade de tomates et de tofu et d'un onigiri. Après quoi, je bus un thé vert corsé. Puis j'allais m'allonger sur le canapé, écoutai un quatuor à cordes de Schubert. C'était une blle composition. En lisant les explications qui figuraient sur la pochette du disque, j'appris que lorsque ce morceau avait été joué pour la première fois, beaucoup, dans le public, avaient éprouvé un sentiment de rejet, le jugeant "trop nouveau". Je ne voyais pas très bien en quoi il était "trop nouveau"
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.16, Une journée relativement bonne,  ed.Belfond

11.11.18

Commandeur et meurtre (22) : politesse musicale

"Quant aux disques de Tchaïkovski, de Rachmaninov, de Sibelius, comme ceux de Vivaldi, de Debussy, de Ravel, les indispensables étaient certes là, mais on aurait dit qu'ils faisaient partie de sa discothèque par simple correction. "

MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.12, Comme ce facteur inconnu,  ed.Belfond,

22.3.15

Méridien en cinémascope (18) : le son n'est pas très bon, mais ça me suffit pour ce que j'en fais.


"Arbogast entra dans le blockhaus et ressortit avec un petit magnétophone et une boîte de bandes magnétiques.
- De la musique de chambre, dit-il, c'est ce qui va le mieux avec les couchers de soleil."
Le méridien de Greenwich, ch. 20, Jean Echenoz

6.11.12

Danse, danse, danse (61) : tout ce qu'il /ce que j'aime

Une des plus belle musique du monde :

"Ensuite, je fis bouillir des épinards, les mélangeai avec du poisson séché, saupoudrai de vinaigre et mangeai le tout accompagné d'une bière Kirin bien fraîche. Puis je relus des nouvelles de Haruo Satô, auteur que je n'avais pas lu depuis longtemps. C'était une agréable soirée printanière. Le bleu du crépuscule s'approfondissait d'instant en instant, se changeant peu à peu, à coups de pinceau invisibles, en bleu nuit. Quand je fus fatigué de lire, j'écoutais le trio numéro cent de Schubert sous la direction de Stan Jose Istomin. C'était une vieille habitude, j'écoutais toujours ce disque au printemps. Le ton de cette musique correspondait pour moi à la mélancolie de cette nuit printanière où les douces ténèbres bleues semblaient teindre jusqu'au fond de mon âme."
Danse, danse, danse, MURAKAMI Haruki, ch. 31

18.5.11

Mes notes de chevet, 54. Choses que l’on entend parfois avec plus d’émotion qu’à l’ordinaire




"Le chant des oiseaux. A l’aurore, le bruit d’une toux, et il va sans dire, le son des instruments"
Sei Shônagon, Notes de chevet


La récolte des pommes de terre, Jules Bastien-Lepage, musée des Beaux-Arts de Nice

Mes notes de chevet 
Je n’avais pas envie d’aller au musée des Beaux-Arts. Aller à un concert Schubert, pour une Nuit des Musées, je trouvais que cela manquait de fantaisie. Et puis, de passage ailleurs, constatant que la fantaisie peut aussi manquer d’envie, je me suis laissée convaincre.
Quand nous sommes arrivés, c’était déjà commencé. La dame de l’accueil, nous souriant gentiment, nous demanda d’une voix presque suppliante : "vous visiterez un peu le musée, après ? "Dans la galerie centrale, au toit vitré, il ne faisait pas encore tout à fait nuit, la lumière était magnifique et une jeune fille à quatre pattes ne s’était pas encore glissé sous le piano pour déclencher l’halogène. Le violoncelliste n’était pas encore chaud. Peu de personnes et toutes les chaises occupées, mais on y voyait encore très bien debout. Je reconnaissais les morceaux et les souvenirs revenaient. J’étais très jeune. Je ne connaissais que la musique symphonique. C’est mon professeur de psycho-pédagogie, nul en pschypo-pédagogie mais excellent homme de son état, qui m’en fit entendre la première fois, sur sa chaîne d’audiophile dédiée au vynil alors que le compact-disc était déjà de mise, de la musique de chambre en trio et quatuor. Je me souviens de mon saisissement d’alors.
Le concert se déroulait là, et en promenant son regard on voyait les tableaux que l’on dit désuet, grandes ou petites merveilles présentées pour nous à la nuit
C’était presque la fin, l’heure du dernier morceau, presque l’heure de la promesse de la visite, j’étais en train de me dire qu’en rentrant chez moi je mettrai l’andante du n°100, celui que j’aime tant, que j’avais découvert sous les images de Deneuve et de David Bowie en 1983. Et puis voilà les six accords au piano, c’est lui. Alors, je n’étais que les trois intruments à la fois, et je l’avoue, dans cette salle au milieu des tableaux, j’ai fermé les yeux, et ce n’était pas parce que je pleurais.

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