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20.4.20

Mes notes de chevet (133) : Choses que les gens ignorent le plus fréquemment !

"Le rossignol ne chante pas la nuit, et c'est grand dommage. Tout ce qui chante la nuit est ravissant. Il est vrai qu'il n'en est pas ainsi pour les enfants" Notes de chevet, Sei Shônagon

Rossignol et roses, Hokusai

Mes notes de chevet. Sei contrariant Shakespeare que c'est déconcertant ! Car pour moi, s'il ne fallait conserver qu'un extrait de Roméo et Juliette, ce serait bien celui-là :

"Scène XVI
La chambre à coucher de Juliette. Entrent Roméo et Juliette.

JULIETTE

Veux-tu donc partir ? le jour n’est pas proche encore : c’était le rossignol et non l’alouette dont la voix perçait ton oreille craintive. Toutes les nuits il chante sur le grenadier là-bas. Crois-moi, amour c’était le rossignol.

ROMÉO

C’était l’alouette, la messagère du matin, et non le rossignol. Regarde, amour, ces lueurs jalouses qui dentellent le bord des nuages à l’orient ! Les flambeaux de la nuit sont éteints, et le jour joyeux se dresse sur la pointe du pied au sommet brumeux de la montagne. Je dois partir et vivre, ou rester et mourir.

JULIETTE

Cette clarté là-bas n’est pas la clarté du jour, je le sais bien, moi ; c’est quelque météore que le soleil exhale pour te servir de torche cette nuit et éclairer ta marche vers Mantoue. Reste donc, tu n’as pas besoin de partir encore.

ROMÉO

Soit ! qu’on me prenne, qu’on me mette à mort ; je suis content, si tu le veux ainsi. Non, cette lueur grise n’est pas le regard du matin, elle n’est que le pâle reflet du front de Cynthia ; et ce n’est pas l’alouette qui frappe de notes si hautes la voûte du ciel au-dessus de nos têtes. J’ai plus le désir de rester que la volonté de partir. Vienne la mort, et elle sera bien venue !… Ainsi le veut Juliette… Comment êtes-vous, mon âme ? Causons, il n’est pas jour.

JULIETTE

C’est le jour, c’est le jour ! Fuis vite, va-t’en, pars : c’est l’alouette qui détonne ainsi, et qui lance ces notes rauques, ces strettes déplaisantes. On dit que l’alouette prolonge si doucement les accords ; cela n’est pas, car elle rompt le nôtre. On dit que l’alouette et le hideux crapaud ont changé d’yeux : oh ! que n’ont-ils aussi changé de voix, puisque cette voix nous arrache effarés l’un à l’autre et te chasse d’ici par son hourvari matinal ! Oh ! maintenant, pars. Le jour est de plus en plus clair.

ROMÉO

De plus en plus clair ?… De plus en plus sombre est notre malheur. "

N.B : je me suis lancée dans les recherches, et ce pourrait être une erreur des traducteurs. les anglais, d'ailleurs, préfère la fauvette au rossignol ...

12.4.20

Mes notes de chevet (132) : Choses qui ne font que passer

Et si je reprenais mes Notes de Chevet, abandonnées depuis presque deux ans ?

"Un bateau dont la voile est hissée.
L'âge des gens.
Le printemps, l'été, l'automne et l'hiver"
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Utagawa Hiroshige, la forêt près du sanctuaire Masaki au bord de la Sumigawa

Mes notes de Chevet : En cette quatrième semaine de confinement, tout texte prend une autre dimension : ainsi, je n'ai plus vu de bateaux depuis me semble-t-il des lustres, et l'âge des gens devient une sorte de glas sinistre. L'hiver est passé, et l'insolent printemps s'installe, alors que la journée a du mal à s'écouler ...

1.5.18

Mes notes de chevet (131) : Gens à propos desquels on se demande si leur aspect aurait autant changé, supposés qu'ils fussent, après avoir quitté ce monde, revenus dans un autre corps

Un jour la neige avait déjà couvert le sol d'un épais manteau ; elle tombait encore, quand je vis passer des hommes du cinquième et du quatrième rang. Ils avaient de fraîches couleurs et un air juvénile. Comme ils étaient en costume de garde de nuit, ils avaient retroussé leur habit de dessus, très joli, sur lequel on apercevait la marque laissée par leur ceinture de cuir. Ils portaient des pantalons à lacets, d'une teinture violette que le contraste avec la blancheur de la neige faisait resplendir et paraître plus foncée. Ceux qui n'avaient pas de gilet écarlate en portait un qui était d'une couleur de kerrie très voyante, et qui dépassait un peu leur vêtement de dessus. Ces hommes avaient des parapluies qu'ils tenaient ouverts ; mais comme le vent soufflait très fort, les flocons les atteignaient obliquement, et ils venaient en courbant un peu le dos. La neige, toute blanche, couvrait jusqu'aux extrémités de leurs bottes ou de leurs chaussures basses. C'était un charmant spectacle !
Notes de Chevet, Sei Shônagon


Mes notes de Chevet :
Mon amie Sei est toujours très enthousiaste et optimiste. Combien de gens ai-je connu, qui, changeant de statut, se montrent différents, oui si différents ?

21.4.18

Mes notes de chevet (130) : Palais et maisons nobles où servent les dames

"J'aimerais servir la Princesse consacrée de Kamo, bien que ses péchés soient grands."
Notes de Chevet, Sei Shônagon


Bambous, Villa Ephrussi de Rotschild

Mes Notes de Chevet: 
Dans ma région, palais et demeures somptueuses voisinent partout au détour des chemins et des routes, en bordure de mer, perdues dans la campagne, en pleine ville. Ces restes d'une splendeur passée parlent d'un temps où les puissants avaient du goût, ou savaient le déléguer à ceux qui en avaient à leur place. Ces splendeurs, parfois à l'abandon, se visitent; souvent inhabitées elles restent pleines d'un souvenir de beautés disparues, lorsqu'on aimait à agrémenter les façades de pièces de faïences bleues, les plafonds de moulures, les escaliers de sculptures. J'avoue que le fait que quelques unes appartiennent encore à des populations appareillées me réjouissent : que les salles de bals ne soient pas des musées, que les pavillons de thé soient encore riches de leur bouilloire, tant mieux. Plutôt que de faire la fête au béton.

4.3.18

Mes notes de chevet (126) : Hauts dignitaires

Un vice-premier sous-secrétaire d'Etat
Un vice-deuxième sous secrétaire d'Etat
Notes de Chevet, Sei Shônagon

 
Mes Notes de Chevet: Quels titres impressionnants ! Elle en connaissait du beau monde, Sei. 

1.5.17

Mes notes de chevet (125) : gens qui prennent des airs savants

"Une maîtresse de maison de la basse classe, prend aussi des airs savants. C'est déjà drôle quand son mari est stupide, mais elle trouverait le moyen de donner des leçons à un homme vraiment intelligent."
Notes de chevet, Sei Shônagon
Démon riant, Hokusai

Mes notes de chevet : vous voyez qui je veux dire ?


9.3.17

Mes notes de chevet (124) : Gens qui s'expriment de façon inconvenante

"Les gardes du corps chargés de veiller lorsque le tonnerre gronde"
Notes de chevet, Sei Shônagon


Mes notes de chevet :
Février, Mars et bientôt Avril, en ces temps de Campagne, et nos gardes ne gardent rien, laissent le tonnerre gronder et engendrer de futures catastrophes

4.3.17

Mes notes de chevet (123) : choses négligées

"La tenue des dames dont les cheveux sont relevés."
Sei Shônagon, Notes de Chevet

Hashiguchi Goyô (1918), Beauté se maquillant

Mes notes de chevet : je me souviens du temps où mes cheveux tombaient sur mes épaules et au delà. Un peintre, sournois, m'avait même dédicacé une œuvre : la femme aux cheveux dans le vent. Mais la plupart du temps, non, ils ne tombaient pas. Ils étaient relevés, attachés. A cette époque, mes fantaisies n'étaient pas faites de boucles d'oreille, mais de ma collection de barrettes, bijoux conçus à cet effet ; dans le but d'une fausse féminité, asservie à l'image masculine que les vraies femmes se doivent d'avoir les cheveux longs, et qui dissimulent leur grassitude par ces artefacts. Ce n'est sans doute pas sans raison si mon premier geste de femme libre fut de couper ces attributs "inutiles". Mes cheveux n'ont pas rallongé depuis, et la seule chose que je regrette, c'est ma collection de barrettes désormais inutiles.

25.2.17

Mes notes de chevet (122) : choses tumultueuses

Des corbeaux sur un toit de planches, mangent le riz qu'on a mis là, en offrande aux dieux, avant le repas des bonzes.
Notes de chevet, Sei Shônagon

 Mes notes de chevet. Pour moi les corbeaux ne sont pas synonymes de tumultes. Ou sinon comme un présage, juste avant la tempête. Winter is coming ...

17.6.16

Mes notes de chevet (121) : le brouillard

La brume sur la rivière
Notes de chevet, Sei Shônagon

photo Hatsuo Adachihara

Mes notes de chevet : que pourrai-je dire de mieux que ce que j'ai dit ce jour-là, il y a dix ans. Je relis ce texte oublié, aujourd'hui, et il me sied ...

9.5.16

Mes notes de chevet (120) : nuages

J'aime voir aussi, à la pointe du jour, les nuages sombres, qui peu à peu blanchissent.
Sei Shônagon, Notes de chevet

 Mes notes de chevet :
Peu importe où j'habite, pourvu que l'on y voit le ciel

6.4.16

Mes notes de chevet (119) : les étoiles

"Les Pléiades. L'étoile du Bouvier. L'étoile du matin. L'étoile du soir."
Sei Shônagon. Notes de chevet.

Mes notes de chevet : Mon ami, tu m'as appris à regarder les étoiles. Grâce à toi, je sais qu'elles ont toutes plusieurs noms, et quand tu regardais le ciel, c'était un dictionnaire étymologique qui tout d'un coup scintillait. Mais je n'ai pas voulu les apprendre, car, comme le Petit Prince, comme cela je ris en regardant le ciel.

28.2.16

Mes notes de chevet (117) : le soleil

"Sur la crête des monts, derrière lesquels il vient de disparaître, on voit encore une lueur rouge, et les nuages s'étendent en fines traînées teintées de jaune clair."
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Mes notes de chevet : Souvenirs. L'été passe, et, je redéfinis la succession des jours, leur rotation au coucher du soleil : chaque soir, parmi les oliviers du jardin, je regarde le disque descendre peu à peu pendant que monte une petite angoisse sourde, avec la pensée consolatrice que demain je serai là aussi. Mais le disque chaque jour se déplace un peu, sa progression lente sur la crête me rappelle qu'en certains lendemains je n'y serai plus.

12.2.16

Mes notes de chevet (116) : Choses qui tombent du ciel

"Lorsque la neige a déjà commencé à fondre, ou quand il n'en est pas tombé beaucoup, elle entre dans tous les interstices des tuiles, et on voit le toit, noir ici, et ailleurs tout blanc."
Notes de Chevet, Sei Shônagon


mes Notes de Chevet :
6 ans + 1 jour, par une fenêtre d'un autre chez moi ...

8.8.15

Mes notes de chevet (115) : sanctuaires shintoïstes

Le dieu du sanctuaire de Kotonomama mérite bien que l'on s'y fie ; mais il est curieux de penser qu'on ait pu dire, je crois, qu'il exauçait trop facilement les prières.
Sei Shônagon, Notes de Chevet 

Mes notes de chevet : En cas de besoin, je préfère le kami Uriel de Oia...

4.5.15

Mes notes de chevet (114) : collines

"En ce qui concerne la colline de Tomooka, ce qui me charme, c'est qu'il y pousse de petits bambous."
Sei Shônagon. Notes de chevet.

Mes notes de chevet : j'aime entourer ma vie de colline. De ma terrasse, j'aperçois la cascade de la colline du Château d'un côté, et de l'autre la villa Bellevue sur la colline du Parc d'Estienne d'Orves, à quatre pas de ma maison. Je travaille tout en haut de la colline de Cimiez, d'où j'aperçois toutes les collines environnantes. Dans mon futur chez moi, je songe à revêtir ma salle de bains d'une glace sans teint, pour contempler celle de Valrose ...

9.2.15

Mes notes de chevet (113) : relais

"Les relais de Nashiwara, de Higure, de Mochizuke, de Noguchi, de Yama. Je me rappelais avoir entendu raconter, au sujet de ce dernier, des faits intéressants, et, comme il s'en est produit d'autres, il est curieux d'en réunir les récits."
Sei Shônagon, Notes de Chevet

Mochizuke, Hiroshige
Mes notes de chevet :
Des relais, j'en connus, dans l'enfance, du temps sans autoroute, quand les voyages étaient longs, et qu'il fallait faire des pauses, se restaurer plutôt lentement que vite, toujours aux mêmes endroits pour ne pas déroger à la traduction. J'obéis à Sei et en réunit deux récits de petites bouches, dont un inédit.


Nationale 7.

Quand j'étais petite, l'autoroute n'existait que sur de brefs tronçons. Lorsqu'on partait pour un long voyage en voiture, il fallait se lever de bonne heure, tout endormi. Tout au long du chemin, on suivait des camions, on traversait des villages. Il y en avait un, loin de chez nous (au moins cent kilomètres) qui avait un nom très long : il s'appelait Saint Maximin la Sainte Baume. Quand on le traversait, on s'arrêtait sur la place du village, sur le parking, sous les platanes. Le bar était le long de la nationale 7, juste à côté. C'est là que nous prenions le petit déjeuner. Nous nous asseyions à une table recouverte par une toile cirée, sur de vieilles chaises en bois toutes rondes. Le café était très sombre, des coupes brillaient sur une étagère. Mon père commandait un thé, ma mère un café, mon frère un chocolat et moi un café au lait. Comme à la maison. Le patron sortait du café, traversait la rue, rentrait dans la boulangerie, et nous ramenait deux croissants tous chauds pour chacun, qu'il posait dans une petite corbeille en osier. Ils étaient très très bons, tout chauds, fondants sous la langue. J'attaquais le premier croissant par le milieu, là où il est le plus tendre, dans la carapace du crabe, et je le laissais fondre sous la langue. Je fourrai le deuxième avec du beurre tout ramolli dans une minuscule plaquette dorée. Il y avait aussi de la confiture, ce n'était pas un bocal qui tirait la langue mais une petite barquette en aluminium, et il n'y en avait qu'un tout petit peu.
Il y a toujours eu des croissants dans les boulangeries mais avant, c'était un produit de luxe. On n'en mangeait que dans les grandes occasions, pour un anniversaire, ou en vacances quand on prenait son petit déjeuner dans un café. Ils n'étaient chauds que le matin, car le boulanger se levait très tôt pour les fabriquer, et après il allait se coucher. Le croissant, c'était un aliment du matin, comme la soupe en est un du soir. Je n'en mangeais jamais à un autre moment de la journée, ça ne me serait même pas venu à l'idée !
Un jour, il y a eu de plus en plus d'autoroutes. On n'avait plus besoin de se lever très tôt, tout endormi. Sur la nôtre, un peu avant l'échangeur, il y avait un grand panneau : visitez Saint Maximin la Sainte Baume et son abbaye romane. Moi, je ne connaissais pas l'abbaye romane, mais je regrettais bien de ne pas en prendre la sortie vers la place et les platanes.
Une seule fois, j'ai dérogé à la règle matinale des croissants: dans un restaurant d'un petit village de l'Aveyron, j'en ai mangé fourré comme un croque-monsieur, passé au four avec du jambon et du gruyère; c'était étrange et délicieux. Mais c'était quand même beaucoup moins bon qu'au petit déjeuner dans un café tout sombre avec des coupes brillantes.

Nationale 7 (deux)

Sur la Nationale 7, plus loin, beaucoup plus loin, il est parfois midi. Et midi c'est l'heure du repas de midi. A cette époque, il y avait des restaurants au bord des routes avec de grands parkings, pour les routiers, et c'est ainsi que ces restaurants s'appelaient. Le nôtre, même si nous n'avions pas un 9 tonnes, était à Sénas. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de tables très serrées, du bruit, de l'agitation, et un seul plat, sans doute : du steak et des frites. Et c'est ce que l'on mangeait, bien avant MacDo, sans cadeau, mais dans ce monde étrange et fascinant d'hommes qui parlaient fort et dans toutes les langues. Je ne me souviens pas du steak, seulement du goût exceptionnel des frites, des frites longues et fondantes. Leur taille surtout faisait la différence avec celles de ma mère. A cause de Sénas et à cause de ma mère, je me sens totalement incapable de cuisiner des frites, je suis persuadée que je ne réussirai pas aussi bien. Aussi je les mange toujours dehors, au restaurant, chez moi jamais il ne me viendrait à l'idée d'en cuisiner. 

22.12.14

Mes notes de chevet (112 ter)

"Bien qu'une lettre n'ait rien que l'on puisse qualifier d'étrange, c'est pourtant une chose magnifique. Alors qu'on pense avec anxiété à une personne qui se trouve dans une province éloignée, en se demandant comment elle peut aller, on reçoit d'elle un billet ; à le lire, on éprouve la même impression que si l'on se voyait, tout à coup, en face de son amie. C'est merveilleux."
Notes de Chevet, Sei Shônagon

Utamaro

Mes notes de Chevet :
Aujourd'hui le monde s'est rétréci, et une lettre manuscrite dans une boîte aux lettres devient tout aussi étrange et magnifique que pour Sei ...

6.12.14

Mes notes de chevet (112bis) : urgence de la reprise

"On connaît le cœur d'une femme lorsqu'on a regardé son miroir ou son encrier ; il en est de même pour tous les objets dont elle se sert. Quand elle laisse s'accumuler la poussière dans l'écritoire, il n'est rien d'aussi déplaisant."
Notes de Chevet , Sei Shônagon


Mes notes de Chevet : 
 Pour mes deux fois cinq années, je me suis offert un livre tout juste sorti, tout juste fait pour moi, Sei Shônagon-Hokusai. Je l'ai laissé quinze jours dans son écrin de cellophane, attendant le moment propice et solennel de l'ouvrir. C'est aujourd'hui, par la pluie du dehors, que j'ai jugé qu'il en était assez, qu'il fallait desceller, et reprendre là où j'en étais. J'ouvre au 112, je trouve cette citation. Comme toujours, ma sœur Sei veille sur moi. Il est tant de dépoussiérer...


12.3.14

Mes notes de chevet (112) : Choses qui sont à propos dans une maison

Un balai neuf
Un sac à provision bien décoré
Sei Shônagon, Notes de chevet

sacs il me ressemble ici


Mes notes de chevet :
Le balai neuf est tombé de son manche et gît maintenant sur la fenêtre du premier étage d'un appartement vide depuis toujours.
J'essaie de ne pas craquer pour un sac il me ressemble.
Les sacs Nespresso envahissent le placard de l'entrée, et je ne peux me décider à vider ce bazar.
Je suis prête, mentalement, à vivre dans l'appartement plus petit que je compte acquérir, mais pas encore matériellement j'en ai bien peur...