"
" Vous avez lu Oncle Vania ?
- Chaque jour, vous n'avez cessé de m'en faire entendre des tirades, et à très haute voix ! Alors j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur cette histoire. Moi aussi, je suis curieuse, voyez-vous ! répondit Misaki. "Ah, quel malheur de ne pas être séduisante ! Pourquoi suis-je née ainsi, aussi peu charmante , Pourquoi ce destin ?" C'est une pièce plutôt triste.
- Une histoire désespérée, fit Kafuku. "Ah ! Quel malheur ! J'ai déjà quarante-sept ans. Il se peut que je vive jusqu'à soixante. Une éternité ! Comment pourrais-je supporter de vivre ainsi encore treize années ? Que ferais-je ? Comment les occuperais-je chaque jour ?". A cette époque, les gens mourraient généralement vers soixante ans. Oncle Vania a peut-être eu de la chance de ne pas vivre aujourd'hui. "
Drive my car, Des hommes sans femmes, MURAKAMI Haruki, ed. Belfond
Affichage des articles dont le libellé est littérature russe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature russe. Afficher tous les articles
25.3.17
29.2.16
Ecoute le vent (32) : Karamazov, le retour
"Le Rat écrivait encore des romans. Il m'en envoie toujours des copies chaque année pour Noël. L'année dernière c'était sur un cuisinier dans la cafeteria d'un hôpital psychiatrique, celui de l'année d'avant c'était sur une comédie basée sur les frères Karamazov."
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 39
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 39
21.2.16
Ecoute le vent (24) : romans fleuves

Si Hatfield appréciait tant Jean-Christophe c'est d'abord, tout simplement, parce que ce roman retrace scrupuleusement la vie d'un homme, de sa naissance jusqu'à sa mort. La seconde raison, plus décisive encore, est qu'il s'agit d'un texte extrêmement long. Selon lui, les romans étaient en mesure de fournir des informations bien mieux que des plans ou des données chronologiques. Par ailleurs, il les tenait pour tout à fait véridiques.
Il s'était toujours montré critique vis à vis de Guerre et Paix de Tolstoï. " Bien entendu, notait-il, ce n'est pas sa longueur qui pose problème. Le problème c'est que l'espace n'est pas conceptualisé ; par conséquent, "ce roman laisse en moi un fatras d'impressions diverses." Dans l'expression "l'espace n'est pas conceptualisé", il fallait en fait entendre : "stérilité".
Le roman qu'il préférait était un chien des Flandres. Et il demandait : " Dis donc, est-ce que tu crois qu'un chien puisse mourir, juste pour une image ?"
Ecoute le chant du vent, MURAKAMI Haruki, ch. 32
20.4.13
De l'art de la conversation
"- Le départ est donc décidé ? demanda Karénine.
- Oui, il va à Paris, il a entendu une voix, répondit Lydie Ivanovna en regardant Oblonski.
- Une vois, vraiment ! répéta celui-ci, sentant qu'il fallait user d'une grande prudence dans une société où se passaient des mystères dont il n'avait point la clé."
Anna Karénine, septième partie, ch. XXI
- Oui, il va à Paris, il a entendu une voix, répondit Lydie Ivanovna en regardant Oblonski.
- Une vois, vraiment ! répéta celui-ci, sentant qu'il fallait user d'une grande prudence dans une société où se passaient des mystères dont il n'avait point la clé."
Anna Karénine, septième partie, ch. XXI
Libellés :
Anna Karenine,
littérature russe,
Tolstoï
13.4.13
Bruits de mariage
"Parents et invités suivirent le jeune couple dans un murmure de voix et un froufrou de robes. Quelqu'un se baissa pour arranger la traîne de la mariée, puis un silence si profond régna dans l'église qu'on entendait les gouttes de cire tomber des cierges."
Léon Tolstoï, Anna Karénine, 5e partie, ch.IV
Léon Tolstoï, Anna Karénine, 5e partie, ch.IV
28.3.13
Lectures : un touriste russe avant Depardieu ?
"... ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince; des soins hygiéniques minutieux joints à une gymnastique appropriée le maintenaient en si bel état qu'en dépit des excès auxquels il se livrait, il gardait la fraîcheur d'un concombre de Hollande, long, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, les facilités de communication modernes lui offrant l'avantage, qu'il prisait entre tous, de pouvoir goûter sur place les amusements à la mode dans tel et tel pays. En Espagne, il avait donné des sérénades et courtisé une joueuse de mandoline; en Suisse, il avait tué un chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié d'abattre deux cents faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur un éléphant; il tenait maintenant à savourer les plaisirs spécifiquement russes. "
Anna Karenine, quatrième partie, ch. 1, Léon Tostoï
12.1.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (37) : feu
"Après son départ, je passai l'aspirateur sur le plancher qui en avait bien besoin et remplis la machine à laver du linge sale accumulé. Puis je commençai à ouvrir les tiroirs de mon bureau, et à en vider le contenu dans une boîte en carton. J'avais l'intention de sélectionner là-dedans ce qui était indispensable, et de brûler tout le reste, mais, en réalité, il n'y avait rien d'indispensable ! Ce n'étaient pour la plupart que des choses inutiles : un vieux journal intime, des lettres auxquelles je n'avais pas touché depuis une éternité malgré mon intention d'y répondre, un vieux cahier rempli de notes sur des projets quelconques, un carnet d'adresses où s'alignaient des noms de gens qui avaient traversé ma vie, des coupures de journaux et de magazines toutes jaunies, une carte d'adhérent à la piscine périmée, le mode d'emploi et la garantie du magnétophone, une demi-douzaine de stylos et de crayons usagés, une feuille de mémo avec un numéro de téléphone (je ne savais plus du tout, à présent, de qui il s'agissait). Je décidai de brûler aussi l'ensemble des vieilles lettres conservées dans une boîte rangée dans un placard. Près de la moitié étaient de Kumiko. Nous en avions échangé beaucoup avant notre mariage. Les enveloppes portaient des lignes de caractères tracés de son écriture soignée et minutieuse. Elle n'avait pas changé en sept ans. Jusqu'à la couleur de l'encre qui était la même.
J'emportai la boîte en carton dans le jardin, l'arrosai copieusement d'huile de salade, avant d'y mettre le feu à l'aide d'une allumette. La boîte s'enflamma facilement, mais il fallut plus de temps que je ne l'imaginais pour que tout soit réduit en cendres. C'était un jour sans vent. La fumée blanche s'élevait directement dans le ciel d'été. On aurait dit qu'un arbre immense se dressait jusqu'au-dessus des nuages, comme dans le conte Jack et le Haricot. Si je grimpais au sommet de cet arbre, j'atteindrais peut-être le petit monde où s'était rassemblé tout mon passé qui vivait là-haut agréablement. Je regardai la direction prise par cette fumée, transpirant à grosses gouttes, assis sur une pierre du jardin. La teinte du ciel matinal promettait un après-midi plus chaud encore. Mon tee-shirt me collait à la peau. Dans les vieux romans russes, les lettres sont généralement brûlées dans une cheminée, un soir d'hiver. Et non pas à l'huile de salade dans un jardin, un matin d'été. Mais dans notre monde à nous, d'un méchant réalisme, il arrive que, couvert de sueur, on brûle des lettres un matin d'été. Sur Terre, on ne peut pas se montrer difficile sur le choix de la saison et du reste. Il est parfois impossible d'attendre jusqu'à l'hiver."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 2e partie l'oiseau prophète, ch. 15 : Le nom adéquat ; brûlées à l'huile de salade un matin d'été ; une métaphore incorrecte.
J'emportai la boîte en carton dans le jardin, l'arrosai copieusement d'huile de salade, avant d'y mettre le feu à l'aide d'une allumette. La boîte s'enflamma facilement, mais il fallut plus de temps que je ne l'imaginais pour que tout soit réduit en cendres. C'était un jour sans vent. La fumée blanche s'élevait directement dans le ciel d'été. On aurait dit qu'un arbre immense se dressait jusqu'au-dessus des nuages, comme dans le conte Jack et le Haricot. Si je grimpais au sommet de cet arbre, j'atteindrais peut-être le petit monde où s'était rassemblé tout mon passé qui vivait là-haut agréablement. Je regardai la direction prise par cette fumée, transpirant à grosses gouttes, assis sur une pierre du jardin. La teinte du ciel matinal promettait un après-midi plus chaud encore. Mon tee-shirt me collait à la peau. Dans les vieux romans russes, les lettres sont généralement brûlées dans une cheminée, un soir d'hiver. Et non pas à l'huile de salade dans un jardin, un matin d'été. Mais dans notre monde à nous, d'un méchant réalisme, il arrive que, couvert de sueur, on brûle des lettres un matin d'été. Sur Terre, on ne peut pas se montrer difficile sur le choix de la saison et du reste. Il est parfois impossible d'attendre jusqu'à l'hiver."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 2e partie l'oiseau prophète, ch. 15 : Le nom adéquat ; brûlées à l'huile de salade un matin d'été ; une métaphore incorrecte.
13.12.12
Chroniques de l'oiseau à ressort (7) : portrait-robot
"- Auriez-vous l'amabilité de me décrire vos caractéristiques physiques, monsieur Okada ? dit la femme.
Je réfléchis à "mes caractéristiques physiques". En avais-je seulement ?
- Trente ans, les cheveux courts, soixante-trois kilos, pas de lunettes, expliquai-je, tout en me disant qu'il y aurait au moins cinquante types correspondant à ce signalement dans le café du Pacific Hôtel.
J'y étais déjà allé une fois, c'était immense. Il fallait trouver quelque chose qui me distingue un peu plus des autres. J'eu beau réfléchir, je ne trouvai rien. Je ne veux pas dire que je n'ai aucune particularité : je suis au chômage, je connais les noms de tous les frères Karamazov. Mais, bien sûr, rien de tout cela n'est écrit sur ma figure."
Chroniques de l'oiseau à ressort, MURAKAMI Haruki, première partie La pie voleuse, ch3 Le chapeau de Malta Kano; tons sorbet; Allen Ginsberg et les Croisés
21.8.12
La course au mouton sauvage (7) : appel à témoin n°2
"Je ne comprenais pas. Il y a bien des choses que je ne comprenais pas. On ne pourra pas dire que l'âge m'ait rendu plus intelligent. Un écrivain russe disait que, si le caractère pouvait s'altérer quelque peu, la médiocrité demeurait identique pour l'éternité. Ils sont quelquefois très avisés ces Russes. C'est sans doute qu'ils ont tout l'hiver pour gamberger."
La course au mouton sauvage , MURAKAMI Haruki, ch.5,Lettres du rat et nouvelles péripéties, 4. Elle me raconte le bruit des vagues en buvant un salty dog.
La course au mouton sauvage , MURAKAMI Haruki, ch.5,Lettres du rat et nouvelles péripéties, 4. Elle me raconte le bruit des vagues en buvant un salty dog.
5.8.12
La fin des temps (83) : bénédiction
"-Comment conçois-tu ta propre vie ? demanda-t-elle ?
Sans toucher à sa bière, elle observait l'intérieur de la boîte à travers le trou du couvercle.
- Tu as déjà lu Les Frères Karamazov ?
- Oui, une fois, il y a longtemps.
- Tu devrais le relire. On trouve beaucoup de choses dans ce livre. Vers la fin du roman, Aliocha dit ceci à un jeune collégien du nom de Kolia Krassotkine. " Tu sais, Kolia, dans le futur tu seras sûrement très malheureux. Mais bénis la vie dans son ensemble."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
Sans toucher à sa bière, elle observait l'intérieur de la boîte à travers le trou du couvercle.
- Tu as déjà lu Les Frères Karamazov ?
- Oui, une fois, il y a longtemps.
- Tu devrais le relire. On trouve beaucoup de choses dans ce livre. Vers la fin du roman, Aliocha dit ceci à un jeune collégien du nom de Kolia Krassotkine. " Tu sais, Kolia, dans le futur tu seras sûrement très malheureux. Mais bénis la vie dans son ensemble."
La fin des temps, MURAKAMI Haruki, Pays des merveilles sans merci, ch.39 Pop corn- Lord Jim- Disparition.
Inscription à :
Articles (Atom)
