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8.10.25

Nous mourons tous par petits bouts : le frère que je n'ai jamais eu (1)

 Il pleut sur Nantes
Donne moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin


Voici comment avant-hier j'ai appris par un texto de ma belle-sœur que mon frère de Nantes a été malade, puis mourant, puis mort, puis enterré.
A tous les habitués de mon blog qui pourraient penser qu'il s'agit d'une nouvelle fiction ici des méandres de mon imagination, je leur affirme qu'il n'en est rien. C'est la  vérité vraie, la vérité toute nue.
A tous ceux qui pourraient penser que j'ai du bien mal agir pour mériter ce traitement, j'avoue sincèrement mon entière ignorance. 
Je n'avais pas de nouvelle de mon frère depuis plusieurs années, mais nous n'étions pas fâchés. Nous n'avions tout simplement plus rien à nous dire. Mais nous n'étions pas même vraiment en froid, puisque la dernière chose que je lui ai envoyée est un etegami de l'année du tigre.

Peut-être est-ce pour cela, lui qui a toujours eu le sens de l'humour, que l'idée lui est venue de filer à l'anglaise ...
J'ai pensé tout d'abord à un spam, une mauvaise blague vu le contenu. Quelqu'un qui ne me/le connaissais/t pas bien. En effet, je n'ai jamais eu de frère Jacques. Le seul frère Jacques que j'ai connu était celui de la comptine. Mon frère, aux yeux de toute la famille, était Jacky. 
Peut-être est-ce pour cela que le seul sentiment que j'arrive à ressentir est la colère. Jacques est peut-être mort, qu'en est-il de Jacky ?






13.12.24

Nous mourons tous par petits bouts : Service public

 Quand j'étais petite, on m'a transmis le plus grand respect pour le facteur. Ma mère me racontait que passer le concours était très difficile, notamment il fallait savoir par cœur tous les numéros des départements français, ceux que j'avais retenus moi-même en faisant, défaisant, refaisant, le grand puzzle de la carte de France que le père Noël m'avait apporté.

J'ai repensé à tout cela en ouvrant ma boîte aux lettres . J'ai trouvé un avis de passage. Pour une fois, c'était vrai, je n'étais vraiment pas là quand le facteur est passé et qu'il a rempli l'avis. Il a écrit ceci :


Quand s'est-il présenté ? Hier et l'avis a été déposé par le facteur des lettres ? aujourd'hui et c'est lui qui a glissé l'avis ?
Car la date de cet aujourd'hui dépend étroitement de celle du "demain" de l'avis. Demain est-il demain ? Demain est-il l'aujourd'hui du facteur des lettres et alors il est déjà trop tard ? Je suis perdue dans le temps ...



Je suis perdue dans l'espace aussi. J'avoue un peu de mesquinerie de ma part. Certains diront que je fais du racisme social. Mais bon, ce facteur est bien rattaché à cette poste qu'il ne sait pas écrire. Malausséna. L'adresse de son job. Celle qu'il va écrire des dizaines de fois aujourd'hui ? Ou bien qu'il a écrit hier ? Une des avenues les plus populaires de Nice, celle du marché, du tramway. 
Cet avis écrit à la première personne pour me rendre le service public plus proche me le rend en fait plus lointain , faille spatio-temporelle que rien ne pourra combler. Je me demande ce qu'en aurait pensé ma maman, qui n'a jamais eu son certificat d'études, ce qui pour elle était une grande blessure : meilleure élève de sa classe, mais fille, elle avait du aller travailler fissa, même après que son instit soit passé à la maison pour tenter de convaincre le père de la laisser à l'école encore une petite année ...



26.2.23

deuxième chance ?



 

Plusieurs fois, nous nous croisons dans la rue. A la japonaise, nos silhouettes se dépassent sans se toucher, sans se regarder, sans la moindre émotion extérieure qui se dégage, comme si rien ne se passait, comme si rien ne s’était jamais passé jamais. Je choisis à chaque fois la même technique d’évitement. Pourtant, à chaque fois, quelques secondes après, je regrette.
 Je regrette les jours heureux, l’intimité, les petits bonheurs, des échanges comme je n’avais jamais connus, féminins, culturels, gustatifs, naturels, simples, sophistiqués, intimes, complices, délicats. 

Je regrette la catastrophe, que je n’ai jamais comprise, que je n’ai jamais expliquée. 

Et cette fois encore, je me dis : pourquoi ne pas recommencer ; pourquoi ne pas laisser sa chance à l’oubli total, à la deuxième chance ? 

“If we had the chance to do it all again
Tell me, would we?
Could we? » 

Should we ?

Il me semble souvent que nous pourrions essayer. Ce qu’en penseraient les autres, pour tout dire, je m’en fous,  pour ce qu’ils comprenaient de notre drôle d’amitié ... En serais-je capable, moi qui ai tant besoin d’avoir confiance ? Je ne saurais le dire. Mais j’en ai souvent tellement envie. Souvent mais pas toujours. J’essaie de me convaincre qu’elle en est incapable. Mais qu’en sais-je , après tout ?


25.12.20

Tendances (13) : chères disparues

 Hier, nous avons rendu visite à une vieille amie, dont nous avons fêté un certain anniversaire. Nous n'avons pas oublié, mais nous n'avions aussi pas intérêt je crois, car elle n'aurait pas été contente, notre amie, et se serait débrouillée pour le faire savoir. Mais ce n'était pas la peine, nous ne l'oublions pas. C'était bien joli, l'atmosphère de la réunion


C'est cette période qu'a choisie Rika Zaraï pour s'éclipser. France Inter lui a tiré un portrait glaçant : la chanteuse de "sans chemise sans pantalon" a écrit des livres contreversés de médecine naturelle prétendant guérir le sida ... Même si rien n'est faux, ce n'est pas pourtant l'image que j'en garderais. Enfant, je découvrais l'enchantement du Temps des fleurs, de Casatchok, et de Michaël :
J'ai découvert sa biographie , tout en finesse, loin des préjugés français, sur Akadem. C'est ici.




22.10.20

Tendances (09) : automne (10 )

 1. Mon ami Christian a rêvé cette nuit. Je me souviens, quand je me suis retrouvée seule, l'épreuve des nuits. Harassée de chagrin, je m'endormais sans somnifère. Et pourtant, les rêves me faisaient appréhender la nuit. Je ne faisais aucun cauchemar, pas de tourments sur les sentiments trahis, sur les douloureux règlements de la séparation. Des voyages, des visites, des randonnées, du comme avant. Au réveil, le comme avant est insupportable, insoutenable, il n'y a plus qu'à fondre dans les larmes, déjà, dès le réveil, en attendant les autres registres au fil de la journée. Encore maintenant, quinze ans se sont passés, pas une semaine ne passe où il est dans mes rêves; juste là, m'accompagnant, pas d'interférence, il est juste là comme une évidence. Au réveil, je peste ; pourquoi ? pourquoi ne rêvè-je pas de l'homme qui partage mes jours dans cette douce vie intime ?  Pourquoi suis-je encombrée de celui qui n'est plus que l'ombre de celui que j'ai tant aimé et l'ombre de lui-même, mais qui a laissé la place, inexistante dans le monde éveillé ? Il y a dans le rêve quelque chose d'injuste, et personne chez qui déposer de recours ...

2. Hier, cérémonie à la Sorbonne en la mémoire de Samuel Pati, retransmise sur la chaîne nationale. Des chroniqueurs sont invités, pour nous apprendre sans doute comment il faut penser. Des chroniqueurs, une femme imam. Et c'est reparti pour un tour.  Juste pendant le temps de la cérémonie, ç'aurait été bien qu'ils  n'aient pas en tête la seule idée de padamalgam. Juste le temps de la cérémonie, se mettre un peu dans la peau de l'autre assassiné et mettre son soi de côté. Juste un peu fermer sa gueule, même aller jusqu'à avoir honte, ça ne peut pas faire de mal pour qu'on y croie, à cette sincérité.

3. Lectures
"L'écriture n'est pas qu'une question superficielle de beauté ou de laideur, ce qui compte c'est le cœur qu'on y met. De la même façon que le sang coule dans les veines, si l'écriture exprime sincèrement nos intentions, le destinataire le sent. J'en suis convaincue."
Le bonheur retrouvé, OGAWA Ito, ch. Boulettes à l'armoise

4. A Flayosc, tu es prévenu

16.8.20

vacance(s) : SSPT ou les disparus des autres ...

 

Comme s'il ne suffisait pas d'aller à des enterrements, pour alimenter mon syndrome de stress post traumatique ou pour le shunter par overdose, j'ai entrepris cet été de lire les Disparus de Daniel Mendelsohn.   Ainsi, pendant la demie-conscience qui précède le sommeil, juste après avoir terminé un chapitre, je peux sans culpabilité laisser libre cours à mes pensées tordues. J'ose m'avouer que ces familles veuves m'énervent, elles qui ne connaissent pas leur chance. La chance de pleurer un être aimé dont on peut mettre pour un instant tous les démérites en standby, tout cela parce que la séparation est soudaine d'une vie dont la violence de l'épreuve a rapproché les liens et les sentiments. La chance d'avoir préparé les cérémonies d'au revoir jusque dans les détails des chansons désuètes et des arrangements floraux qui font que je suis rentrée chez moi avec mon bouquet non conforme (au fond c'est assez bien, il est joli chez moi comme autel provisoire et il résiste paradoxalement très bien à la chaleur caniculaire). Comme j'en suis à la partie du livre sur la Shoah par balles, je peux jouir complaisamment de parallèles faciles.
Mais qu'en ont-ils à faire les gens éplorés, de toutes les horreurs que ces lointains non-ancêtres ont vécues avant de mourir sans cérémonies ni plus personne pour les pleurer. 

C'est mon complexe de divorcée, ce terme affreux, qui toujours me ramène à la réalité du monde : personne ne plaint trop longtemps les Ariane ou les Didon. Il n'y a que dans la littérature qu'elles paraissent vaguement romantiques et pourront mourir d'amour sans être couvertes de ridicule, et pas seulement par celui bien vivant qui les a abandonnées sur le rivage. 

Les nouveaux veufs sont trop jeunes encore pour comprendre le luxe et la joie de pleurer l'être aimé sans arrière-pensée au milieu de la considération générale.

Moi aussi j'en ai des chansons


12.8.20

Nous mourons tous par petit bout : dressing code

 Une de mes occupations de l'été, c'est aller à des enterrements. Des enterrements e-speciaux de gens que je connais depuis longtemps et pas vraiment en âge de mourir, ou de moins on ne l'imaginait pas du tout pour eux avant très très longtemps, et c'est à qui partira le plus vite. Cet après-midi, un vrai casse-tête : comment s'habiller. En téléphonant au lieu de la cérémonie, j'ai confirmation d'une partie de mes choix, par une demande de la famille : aucune couleur sombre. Ce détail trivial n'en est pas un pourtant. Je connais C. depuis le CM1, et je sais d'elle que s'habiller est une question d'importance et de joie de vivre ; sur chaque photo de classe elle figure en jolie tenue, ma fille dirait "fashioned". Elégante mais d'une fraîcheur sans pareille, et sans doute inégalable sauf par Suzie Morgenstern. Dans ma cave, dans le coffre au trésor des souvenirs de ma fille, doit être soigneusement plié son cadeau pour la naissance, un des rares que j'ai gardés : une combinaison à rayures à collerette marguerite et pieds souris. C'est une idée, je m'en vais retourner au marché chercher un grand bouquet de marguerites, assorti à ma robe ...


21.7.20

Nous mourons tous par petits bouts : mon truc en plume

Zizi Jeanmaire est morte. 
Me revient, en première, quand JG chantait en duo avec mon amoureux sa chanson célèbre dans les couloirs du lycée Calmette. Evaporée dans l'tourbillon de la vie ...

17.4.20

Nous mourons tous par petits bouts : les mots bleus

Cette chanson, je ne sais combien de fois je l'ai écoutée. Toujours pleuré. Parler me semble ridicule. Rien ne remplace l'originale, mais en voici une très belle. Parce qu'il faut transmettre ...

28.12.19

Nous mourons tous par petits bouts : surprise (2)


Comment avez-vous pu oublier que la voleuse de bible, c'est moi ! Mais moi, à bible, j'aurais mis un s.
(c'est marrant , quand on tape sur Google voleuse de bible, je ne suis pas si célèbre, on ne parle pas de moi, mais le premier sujet est : "l'adultère, qu'en dit la bible ?" Non, non, je ne suis pas de mauvaise foi, c'est vrai, essayez ;-)

Après un chapitre dans une autobiographie, j'avais aussi déjà fait en mars les honneurs de la presse à propos d'une expo photo et j'en avais parlé ici , nous voilà à présent dans la saison 2, nouvelle publication, un roman cette fois, et du coup une conférence à l'attaque des lieux de culte, ou plutôt mon lieu de culte.  Car, atttention, ce texte  est "especial", tirage de tête et sous-titre différents que pour les sites fnac.com et décitre,  mais ciblé pour les happy few qui ont l'honneur, ou plutôt le déshonneur, de me connaître ...
Depuis, serendipity oblige, je suis cernée par le sujet.
Ce matin, sur France Culture, mon philosophe radiophonique préféré, Fienky
puis la chronique facebook de Nas Daily d'aujourd'hui
et le film de mon cinéaste japonais préféré

Alors, je vous conseille :
d'écouter Finkie
d'aller voir La Vérité
de vous abonner à la chronique de Nas Daily
et pour le reste : Alex Beaupain est passé à France Culture juste avant Finkie, comme un clin d'œil réconfortant. Pour le remercier, je vous propose de  réécouter cette chanson si appropriée (et un clin d'œil à la théière)







4.7.19

Nous mourons tous par petits bouts : l'eau dans les yeux

Souvenirs ...
Celle qui interprétait cette chanson qui me revient souvent en tête, en particulier quand j'ai de l'eau dans les yeux,  est partie au pays des nuages ...

18.3.19

Nous mourons tous par petits bouts : SURPRISE !

Vient de paraître :
"Les milliers de photos prises pendant plus de trente ans ont toutes été volées et détruites par une personne qui voulait détruire mon âme en détruisant ces témoignages que sont les photographies. Elle oubliait que c'est la chasse qui est intéressante et pas la proie dans sa gibecière. Emportant les images de milliers de kilomètres traversés à pied. Emportant aussi l'image de mon visage de la vingtaine à la quarantaine. Je suis passé ainsi de l'analogique au numérique."
Si c'est pas du réchauffé ça !
Ben oui, oui oui oui oui, c'est de moi dont on parle !!!

Comme j'aime bien la précision, je tiens à signaler quelques inexactitudes. 
Les fautes d'orthographe ayant été sans doute corrigées par l'éditeur, il reste plusieurs erreurs d'opération : pas trente ans, mais 10731 jours, soit 29 ans, 4 mois et 18 jours de vie commune. C'est mathématiquement calculé par cet excellent outil. Ce qui ne peut faire évidemment de la vingtaine à la quarantaine. En ce qui me concerne, de16 ans à 45 ans et presque 6 mois.  Je ne pense pas avoir traversé des milliers de kilomètres à pied, quoique ...
Durant ce temps-là, ce n'était pas je mais tout le temps nous; nous avons parcouru l'existence, une belle existence, avec ses hauts, ses bas, tout de même beaucoup de hauts, tout de même une belle vie, de belles rencontres.
Mais en Mai 2005, un courriel qui traine et ...
Cocue, double-vie de l'autre depuis de longs mois. 
Ma pauv'dam, d'un banal !
Je n'ai pas eu besoin de photos pour me sentir l'âme sucée. 
Ben là j'avoue mon incompétence : quand après quinze jours on m'a demandé d'envoyer la moitié des CD et l'intégralité des DVD japonais en Belgique... j'avais des préoccupations plus ...
Ouais là, sûr, c'fut la guerre...

La prochaine fois, on fera comme ça quoi ...

Pour des références plus littéraires, je vous recommande :
2006 / Villa Amalia
2008 /Ales Beaupain 




11.3.19

Nous mourons tous par petits bouts : paysage


"En vieillissant il devient de plus en plus difficile de s'arracher à la splendeur du paysage qu'on traverse. La peau usée par le vent et par l'âge, distendue par la fatigue et les joies, les différents poils, larmes, gouttes, ongles et cheveux qui sont tombés par terre comme des feuilles ou des brindilles mortes, laisse passer l'âme qui s'égare de plus en plus souvent à l'extérieur du volume de la peau. le dernier envol n'est à la vérité qu'un éparpillement. plus je vieillis, plus je me sens bien partout. Je ne réside plus beaucoup dans mon corps. Je crains de mourir quelque jour. Je sens ma peau beaucoup trop fine et plus poreuse. Je me dis à moi-même : Un jour le paysage me traversera."
Pascal Quignard, Terrasse à Rome, ch.XXII, ed Folio.

3.1.19

Nous mourons tous par petits bouts : rencontre

Je ne l'avais pas vu depuis quinze ans au moins, mais je l'ai reconnue tout de suite. Et je l'ai apostrophée aussitôt de ce diminutif un peu ridicule dont tout le monde la nommait. Cela me faisait tant de plaisir de la revoir après tant d'années; elle avait accompagné mes débuts en pédagogie, puis mes débuts en musique, et je l'admirais autant pour ses grandes compétences professionnelles que pour sa grande bienveillance, qui à l'époque n'était pas à la mode. Là, sur ce seuil, était-ce ce morne film que nous avions apparemment subi ensemble qui nous avait contaminées... comment savoir ? sa réponse à mon salut fut un étonnement poli, une critique commune du film et des échanges de vœux, pas plus de deux minutes de son attention. Elle m'avait reconnue physiquement, c'était déjà cela, mais peut-être aurait-il mieux valu que non, plutôt que cette proximité distante. Ce n'était peut-être ni le jour ni l'heure, tout simplement, qui ne méritait peut-être pas le pincement à l'âme que j'ai ensuite ressenti.

29.3.18

#challenge #créatif #id2mars : jour 28 : danse

Une dernière danse, un jour de pluie : ballet des essuie-glaces, ballet des parapluies, défile et roule et danse. Une image reste en moi de cette danse de la mort : le cortège figé au milieu des jeunes,  seules les lumières bleutées clignotent entre les gouttes du silence.

4.3.18

Nous mourons tous par petits bouts : les jamais plus


Il y a les jamais plus. Ils se rajoutent au malheur de la perte. Ils se rajoutent à l'injustice des faits.
Même s'il y a les toujours, les encore, les surprises. Les nier serait pure perte, une faute même : un révisionnisme. Les bons souvenirs, les regarder comme ils sont et en sortir reconstruite, c'est cela sans doute la guérison.

8.10.16

Nous mourons tous par petits bouts : Pierre Tchernia

Toute mon enfance, j'attendais cette émission avec tant d'impatience, et j'ai tant appris ainsi du cinéma ...

18.7.16

Nous mourons tous par petits bouts : Prom Party (2) : la boîte de Pandore

Drôle de période.
Rassemblement de soutien aux victimes de Nice, Selonnet (04) photo Hatsuo Adachihara

Il y a la douleur, le mal, la mort, la souffrance, la peur.
Et en plus, les terroristes ont ouvert la boîte de Pandore avec une vitrine Facebook.
Un exemple représentatif, sous mes yeux, sur un fil familier.Un fil, parlant d'une étrange "coïncidence" : quelqu'un avait prévu l'attentat de la Prom.
1. Qu'a dit ce quelqu’un interviewé sur youtube  ? "Je suis persuadé qu'il y aura un attentat très spectaculaire islamiste en France avant les Présidentielles, peut-être sur les plages cet été, peut-être pas au moment de l'Euro parce que ça engagerait trop de chose mais peut-être sur les plages, cet été".Si comme moi vous vous dites "ben quoi ?" voici que vous êtes placé dans le lot des incrédules idiots, de ceux qui ne veulent jamais rien voir car : 
2. selon l’auteur du fil, comment cette personne peut-elle être aussi affirmative ? Il faut absolument s'en questionner … donc les commentateurs de ce fil se questionnent et discourent : une l'avait prédit à une amie : « il allait se passer un événement terrible à Nice , l’on va accuser les terroristes », et le soir même cela s'est vérifié ; une autre pense que la personne interviewée peut détenir des informations, ou bien avoir un médium qui travaille pour lui, tout est possible, cette question vaut la peine d'être posée.Bien sûr, l'on peut tout simplement passer son chemin vers un autre fil ou sourire devant ce genre d'attitude. 
Cela vaut-il vraiment la peine d'en faire tout un plat sur son blog, de se plaindre qu’il rajoute aux malheurs du monde ? Sauf que, ce personnage interviewé, ce sage médium visionnaire, c'est Alain Soral, le triste sire. 
Et que, dans ma naïveté invétérée, j'ai cru au péché par ignorance de ce fil ; comment quelqu'un d'estimable, adepte de la paix, de la méditation et de l’amour universel, pouvait citer Soral en toute connaissance de cause, lui donner un statut de sage, et à son discours une considération, une publicité blanchissante. Tel le chevalier Ajax, je me lance dans l'éclairage pédagogique du bon peuple, source en lien à l’appui (négationnisme, homophobie..). 
Ce n'était pas une bonne idée. Contre l'appel des connaissances obscures, il n'y a rien à faire qu'à subir les sarcasmes. C’est là que se lève le déni comme une muraille protectrice autour du Maître du fil : Soral donne une occasion de réfléchir. Peu importe d’où vient l’information, il reste que sa clarté de vue est troublante et mérite l’interrogation. Dénoncer Soral et sa position ne sont que des clichés, qui empêchent de réfléchir sur l’essentiel, alors que ce questionnement est sain et simple à comprendre. Dénoncer Soral porte un discours de haine qui aveugle, qui discrimine celui qui a posté le lien, c’est favoriser l’engouement de la haine qui flotte dans l’air, se défouler sur une personne. 
Une solution m’est proposée par plusieurs : quitter ce fil, mon discours de haine, le trouble que je sème chez les méditants : les Pro ou Anti Soral n’ont aucun intérêt. Ici l’on est entre soi, dans le Tao, et la pensée manichéenne n’a pas lieu d’être. Soral est l’homme à abattre avec Dieudonné et personne n’est blanc ou noir, chacun porte en lui une part de lumière.
Voici le visage des "Purs", des au-dessus du Monde, de ceux qui méditent pour choisir le camp du Bien sans se mouiller l'âme, de ceux qui voient l'étincelle de lumière dans chaque individu même le pire, de ceux qui pensent que tout n'est que point de vue. 
Ainsi dans cet été meurtrier ai-je vécu une expérience surprenante mais finalement pas si inattendue. Quelle chose de la terreur de l'an mil sans doute...