" Durant les cinq mois qui suivirent son retour à Tokyo, Tsukuru vécut aux portes de la mort. Il se fabriqua un minuscule refuge, relié à une fosse obscure et sans fond, dans lequel il mena une vie totalement solitaire. C'était un endroit dangereux où il risquait de tomber et de dégringoler dans les profondeurs du néant. Mais il n'en étit pas effrayé. Il pensait seulement. "Que ce serait facile de tomber. " "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2
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15.9.14
19.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (75) : petite main
"Tandis que nous marchions côte à côte dans le bois, May Kasahara enleva un de ses gants et glissa sa main dans la poche de mon duffle coat. Ca me fit penser à Kumiko : elle faisait souvent ce geste quand nous nous promenions ensemble en hiver. Je serrai la main de May Kasahara dans la mienne, au fond de ma poche : une petite main tiède, comme une âme emprisonnée."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
18.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (74) : et j'ai crié, crié
"Je ne sais pas comment te dire ça, mais, la famille canard qui vit dans les bois et moi, nous prions pour qu'un bonheur tout chaud t'enveloppe. S'il t'arrive quelque chose, n'hésite pas à crier mon nom bien fort."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
17.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (73) : l'ombre des larmes
"Mes larmes coulaient bruyamment par terre, aussitôt absorbées par les flaques de lune. Sous les rayons laiteux, je les voyais briller en tombant, comme de magnifiques cristaux. Tout d'un coup, je me suis rendue compte que mon ombre pleurait aussi : l'ombre de mes larmes se découpait nettement sur le mur. Oiseau-à-ressort, as-tu déjà regardé l'ombre de tes larmes ? Ce n'est pas une ombre ordinaire, ça n'a rien à voir. C'est une ombre venue exprès pour nos cœurs d'un autre monde lointain. En les voyant, je me suis demandé si, en réalité, ce n'était pas mon ombre qui pleurait de vraies larmes, dont les miennes n'étaient que le pâle reflet."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
16.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (72) : coin coin protecteurs
"Alors, disons que personne ne m'a vue. J'étais toute seule, me baignant dans le clair de lune. De temps en temps, je fermais les yeux, en pensant à la famille canard endormie près de l'étang. Et je pensais à ce sentiment de bonheur tout chaud qu'on avait bâti en commun dans la journée, la famille canard et moi. Les canards, tu vois, ce sont les talismans qui me protègent."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)
15.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (71) : mort
"Je fermai les yeux, tentai d'accueillir sereinement la mort qui s'approchait. Je m'efforçais de ne pas avoir peur. Au moins, je laisserais quelques petites choses derrière moi, c'était une consolation. Une bonne nouvelle. Les bonnes nouvelles s'annonçaient toujours à voix basse. J'essayai de sourire en me rappelant cette phrase, mais je n'y parvins pas. "J'ai quand même peur de mourir" dis-je à voix basse. Ce serait ça, mes derniers mots, finalement. Pas particulièrement mémorables, mais il était trop tard pour en changer. "
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 37 : Rien qu'un couteau réel; la fameuse prophétie
14.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (70) : Pas mieux pour la saint Valentin ...
"Le pont de Waterloo dans le brouillard, la lueur d'une luciole, Robert Taylor et Vivian Leigh"
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 36 : La lueur d'une luciole; rompre le sortilège; le monde des réveils qui sonnent le matin
13.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (69) : en entier ?
"Cet opéra, La Pie voleuse, contait-il réellement l'histoire d'un oiseau cleptomane ? Si je me sortais de ce mauvais pas, il faudrait que j'aille à la librairie consulter une encyclopédie musicale. Pourquoi pas aussi acheter le disque et écouter cet opéra en entier ? Enfin, je ne sais pas. Peut-être que, à ce moment-là, j'aurais perdu toute curiosité pour le sujet."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit
12.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (68) : souvenirs
"Quand j'étais enfant, nous avions un disque où figurait ce morceau"
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit
11.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (67) : certains juste d'autre faux
Je ne connaissais personne d'autre capable de siffler si juste, et si clairement, comme si de ren n'était, l'ouverture de la Pie voleuse de Rossini, un air pourtant pas facile à reproduire.
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit
10.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (66) : sans réserve
"il lui arrivait, en rentrant de son travail, de se dire à la vue de sa femme et de sa fille qu'elles étaient des êtres humains tout à fait différents de lui avec qui, après tout, il n'avait aucun lien. Elles étaient des entités si séparées de lui qu'il ne pouvait pas même espérer les connaître vraiment, elles existaient à des années-lumière de lui. Et, chaque fois, la pensée le traversait qu'il n'avait pas choisi que ces deux êtres fissent partie de sa vie- ce qui ne l'empêchait pas de les aimer inconditionnellement, sans la moindre réserve."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit
9.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (65) : leurre
Il grillait toujours les toasts à la perfection, on aurait dit des échantillons en plastique représentant le "toast parfait"
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 25 : Alerte rouge ; une longue main tentaculaire
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 25 : Alerte rouge ; une longue main tentaculaire
8.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (64) : loop
(depuis trois jours, il n'écoutait que ça)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 24 : Compter les moutons ; ce qu'il y a au centre du cercle.
7.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (63) : contact
"Apparemment, il était temps d'entrer à nouveau en contact avec le monde extérieur. On a beau essayer de l'éviter, le monde revient toujours vous chercher quand le moment est venu."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 24 : Compter les moutons ; ce qu'il y a au centre du cercle.
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 24 : Compter les moutons ; ce qu'il y a au centre du cercle.
6.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (62) : jardin de mousse
"J'ai fait tout pour la convaincre, mais sa décision est ferme et inébranlable. Un vrai roc. Elle sera couverte de mousse avant de changer d'avis."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 20 : Labyrinthe souterrain ; les deux portes de Cannelle
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 20 : Labyrinthe souterrain ; les deux portes de Cannelle
5.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (61) : le point de vue des crapauds
"Peut-être qu'il existe deux sortes de gens, et que pour les uns le monde est logique façon flan, et pour les autres imprévisible façon gratin de macaronis ? J'imagine que mes crapauds sans cervelle de parents, s'ils mettent une préparation au four, et découvrent un plat de macaronis au gratin à la sortie, ils penseront s'être trompés et avoir mis eux-mêmes au four une préparation pour macaronis. Ou alors ils essaieront de se persuader : " Ce plat ressemble à des macaronis au gratin, mais en fait, c'est du flan.""
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)
4.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (60) : du flan et des macaronis
"La plupart des gens, à quelques exceptions près, traversent la vie persuadés que l'existence et le monde sont ou doivent être fondamentalement logiques et consistants. C'est l'impression que j'ai quand j'entends parler les gens qui m'entourent. Dès qu'il arrive quelque chose, dans la société ou sur le plan individuel, il y a toujours quelqu'un pour dire : "il s'est passé ceci, et par conséquent,il en a découlé cela" et les autres acquiescent en disant : "oui, bien sûr, c'est logique." Mais moi, je trouve que ça n'explique rien. C'est comme de mettre un mélange instantané pour flan dans un ramequin à couvercle et de le passer au micro-ondes. Quand la sonnerie retentit, on soulève le couvercle et on est sûr de trouver un flan dessous. Mais qui sait ce qui s'est passé entre-temps sous le couvercle ? Si ça se trouve, le flan s'est métamorphosé en macaronis au gratin avant de redevenir un flan au moment où retentit la sonnerie. Moi, je me sentirais plutôt soulagée si, au moins une fois, je découvrais des macaronis au gratin à la place du flan."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)
3.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (59) : génie
"Enfant, quand je lisais La Lampe d'Aladin, j'éprouvais toujours de la sympathie pour ce pauvre génie de la bonté duquel tout le monde abusait."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 17 : L'épuisement et le fardeau du monde; la lampe magique
2.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (58) : de la réincarnation
"Il arriva dix minutes plus tard, habillé exactement comme lors de sa précédente visite, trois jours plus tôt. Ou alors ce n'était qu'une impression de ma part et il portait un costume, une chemise, et une cravates différents, mais exactement du même style, c'est-à-dire : sales, fripés et distendus. Ces malheureux vêtements semblaient porter tout l'épuisement et le fardeau du monde. Si je devais être réincarné, la seule existence que je refuserais, ce serait celle de ces vêtements, même avec en échange la garantie d'une vie suivante pleine d'une gloire difficile à acquérir."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 17 : L'épuisement et le fardeau du monde; la lampe magique
1.2.13
Chroniques de l'oiseau à ressort (57) : le temps varie selon le type de produit
Chaque fois que j'en termine une, j'ai envie de signer et de mettre la date dessus, mais, évidemment, je me ferais sévèrement réprimander si je faisais une chose pareille.
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 16 : C'est peut-être ici que tout s'arrête (le point de vue de May Kashara, IV)
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