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11.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (21) : tout est perdu, tout est sauvé !



Ta voix voix ! Ta voix ! Elle est plus fraîche et plus franche que l'eau ! On dirait de l'eau pure sur lèvres... On dirait de l'eau pure sur mes mains ... Donne-moi tes mains. Oh ! tes mains sont si petites !

(...)
Où es-tu ? Je ne t'entends plus respirer?
- C'est que je te regarde.
- Pourquoi me regardes-tu si gravement ? Nous sommes déjà dans l'ombre. Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans la lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens, il nous reste si peu de temps.
- Non, non, restons ici... Je suis plus près de toi dans l'obscurité.
- Où sont tes yeux ? Tu ne vas pas me fuir ? Tu ne songes pas à moi en ce moment.
- Mais si, je ne songe qu'à toi.
- Tu regardais ailleurs?
- Je te voyais ailleurs.


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

8.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (17) : regard et innocence


"Pourquoi m'examinez-vous comme un pauvre ? Je ne viens pas vous demander l'aumône. Vous espérez voir quelque chose dans mes yeux sans que je vois quelque chose dans les vôtres ? Croyez-vous que je sache quelque chose ?
Voyez-vous ces grands yeux...On dirait qu'ils sont fiers d'être riches.
- Je n'y vois qu'une grande innocence.
- Une grande innocence ! Ils sont plus grands que l'innocence ! Ils sont plus purs que les yeux d'un agneau. Ils donneraient à Dieu des leçons d'innocence ! Une grande innocence ! Ecoutez; j'en suis si près que je sens la fraîcheur de leurs cils quand ils clignent, et cependant je suis moins loin des grands secrets de l'autre monde que du plus petit secret de ces yeux ! Une grande innocence ! Plus que de l'innocence ! On dirait que les anges du ciel y célèbrent sans cesse un baptême. Je les connais ces yeux. Je les ai vus à l'œuvre. Fermez-les ! Fermez-les ! ou je vais les fermer pour longtemps !
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

7.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (16) : du baiser et du regard






"Je ne t'ai embrassé qu'une seule fois jusqu'ici, le jour de ta venue; et cependant les vieillards ont besoin, quelquefois, de toucher de leurs lèvres le front d'une femme ou la joue d'un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la et éloigner un moment les menaces de la mort. As-tu peur de mes vieilles lèvres ?"
(...)
"Laisse-moi te regarder ainsi, de tout près, un moment. On a tant besoin de beauté aux côtés de la mort."


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

5.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (14) : du regard





"- Ce sera le dernier soir; je vais voyager comme mon père l'a dit. Tu ne me verras plus.
- Ne dis pas cela, Pelléas... Je te verrai toujours; je te regarderai toujours.
- Tu auras beau regarder... je serai si loin que tu ne pourras plus me voir.
- Qu'est-il arrivé, Pelléas ? Je ne comprends plus ce que tu dis. "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



3.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (12) : la contagion des yeux fermés



"- Non, petit père, ils ne parlent pas.
- Mais que font-ils ?
- Ils regardent la lumière.
- Tous les deux ?
- Oui, petit père.
- Ils ne disent rien ?
- Non, petit père, ils ne ferment pas les yeux.
- Ils ne s'approchent pas l'un de l'autre ?
- Non, ils ne ferment jamais les yeux.

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 3. Debussy, Maeterlinck

20.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (1) : la couronne



-... Pourquoi me regardez-vous ainsi ?
- Je regarde vos yeux. Vous ne fermez jamais les yeux ?
- Si, si, je les ferme la nuit
"

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 1. Debussy, Maeterlinck