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29.9.26

Le Club de Lecture


Une bibliothèque de quartier. Un quartier populaire, très populaire, un ancien quartier ouvrier devenu classé REP. 

Dans cette bibliothèque municipale, un Club de Lecture animé par la jeune bibliothécaire municipale aussi.

Une semaine de septembre. Une journée de grève des enseignants. Une journée de grève des lycéens. Une semaine de lutte contre l’illettrisme. Une journée d’atelier dans le cadre de cette semaine. Une journée d’atelier dans le cadre du Club de Lecture. Rien de plus normal. Rien de plus banal.

Un quart d’heure avant, la bibliothèque est fermée. En fait la bibliothèque est fermée au public ce matin. La semaine de l’illettrisme, pour un atelier sur l’illettrisme, l’activité semble réservée au Club de Lecture. Pourquoi pas ?

Pour attendre, un petit café dans un café. Un café de quartier. Un café qui semble dater du temps où le quartier était ouvrier. La patronne, un peu revêche au départ, s’attendrit et plaisante. Un petit attroupement devant la bibliothèque. Une dame à chapeau de paille. Une dame à tailleur. Le groupe s’agrandit. Dans les activités culturelles que je fréquente, à travers le temps, j’ai presque toujours été la plus jeune. Le problème est que j’ai à présent 66 ans, et que c’est toujours le cas.

Le groupe, accueilli par une charmante et jeune bibliothécaire, s’installe comme en terrain conquis. Installe la table, le café, les petits gâteaux. Il est évident que personne n’habite le quartier. Je vais pour m’asseoir mais une femme m’indique sèchement que ces chaises sont réservées aux animateurs. «Ça tombe bien » répondis-je, j’en suis un aujourd’hui », ce qui donne droit à un bredouillement. Autour de la table, personne ne nous « calcule ». 

Puis la bibliothécaire prend la parole, présente succinctement l’emploi du temps , notre intitulé d’atelier de lecture et d’écriture, et nous nomme.

Une femme, que je verrai très vite comme la femelle Alpha, aboie très sèchement au bout de la table. Avant de commencer, elle DOIT exprimer son profond mécontentement. Cet atelier que nous proposons, il leur est imposé, sans leur avis, sans leur information, ce qu’elle n’accepte pas. La jeune femme répond qu’il s’agit d’une activité officielle de la ville dans le cadre de la semaine officielle de l’illettrisme, qu’elle se tient sur inscription obligatoire, et que sur le formulaire d’inscription tout était clairement indiqué. Mais non, Alpha dit ne pas s’être inscrite, ne s’est jamais inscrite et n’a pas l’intention de le faire, donc elle n'est pas informée mais ce n’est pas normal, c’est inacceptable, et le groupe n’est pas du tout, du tout, content.


Ma première fois : C. on s’en va ?


C. prend la parole. « Pourrait-on essayer ? »Mais Alpha réattaque sous un flot de questions : vous êtes qui ? mais encore ? quelle activité ? prof de quoi ? dans quelle école ? combien de temps ? quelle association ? au nom de quoi ? Un auditeur propose d’aller chercher une lampe pour améliorer l’interrogatoire, ce sera le seul trait d’humour de la séance. Quand C. annonce qu’il est Docteur en Sciences du langage, les questions stoppent et, heureusement, on ne passe pas à moi …

C. tente d’introduire l’activité. Il parle de textes courts qui permettent mieux l’accès à la langue et parle de poésie comme support privilégié. Alpha entérine en donnant son titre, professeur de FLE, et que oui, pour les illettrés des textes courts c’est très bien, dans des collections dédiées, pour qu’ils puissent lire.( Elle confond tout, lecture et pratique de la langue …). Mais la poésie certainement pas. C’est bien trop difficile. Un grand professeur lui aussi docteur MAIS très connu, elle l’a vu à la télé, a fait un discours où il expliquait que la poésie à l’Ecole, dans l’enseignement en général, ça ne sert à rien, que du temps perdu.  

Une autre renchérit alors : surtout en maternelle. Pas de poésie à l’école élémentaire, les enfants ne sont pas prêts du tout, ça déforme leur esprit. Ils disent que le soleil est bleu alors qu’on devrait leur apprendre que le soleil est jaune, l’école est faite pour ça.

Je bous. J’interviens : « 44 ans d’enseignement en maternelle pour entendre que la poésie n’est pas faite pour les enfants, je ne croyais jamais entendre ça de ma vie » sans préciser ETdans une bibliothèque, sans préciser ET au sein d’un Club de Lecture.

Enfants, illettrés, même combat, trop débiles pour la pureté de notre langue. J’avais de plus en plus l’impression d’être dans une réunion de l’Action Française, allez savoir pourquoi … 


Ma deuxième fois : C. on s’en va ?


C’est ensuivi entre les membres du club un échange riche de démolition systématique de l’utilisation d’une langue riche et belle pour des catégories qui n’en sont pas capables. « Apollinaire, mais vous n’y pensez pas ? » (j’avais sur ma fiche à lire : le mai le joli mai en barque sur le Rhin Des dames regardaient du haut de la montagne)


Ma troisième fois : C. dit : « on s’en va ! »


Une invitation pour notre atelier prochain au même endroit mais pas pendant le club de lecture (hallelluia) est faite par la bibliothécaire. Je précise tout fort qu’il n’y aura pas d’interrogatoire, pas de curriculum vitae à donner, pas de titre à énumérer, il ne suffit que de venir et partager ensemble. Une femme exprime des excuses de nous avoir fait déplacer pour rien (ce sur quoi Alpha énonce que ces excuses ne sont valables que pour celle qui les a exprimées, et non pour le groupe).


Je pense qu’ils ont du échanger autour de leur pile de livres, empruntés à la Bibliothèque, commandés par la jeune bibliothécaire et payés avec mes impôts. Je me demande bien quels titres ils ont choisis. Je les vois s’occupant peut-être parfois des usagers ordinaires qui fréquentent cette bibliothèque quand elle est ouverte, et je pense à la chanson de Jacques Brel :

« Pour faire une bonne dame patronnesse

C´est qu´il faut faire très attention

A ne pas se laisser voler ses pauvresses

C´est qu´on serait sans situation

(…)Pour faire une bonne dame patronnesse, Mesdames

Tricotez tout en couleur caca d´oie

Ce qui permet le dimanche à la grand-messe

De reconnaître ses pauvres à soi »





11.8.24

De Luca, comme une évidence (8) : vide

"On me demande parfois ce qu'il en a été de ce temps-là, ce qu'il a laissé. Je réponds : le vide, celui du trou des parasols retirés à la fin de l'été, profond, même beau à voir, avant que le sable le recouvre sans laisser de trace. 

Une expression artistique, Erri de Luca, p.146, in Grandeur nature, ed. Gallimard NRF

9.8.24

De Luca, comme une évidence (6) : ignorance

"Tu es enfermé dans une ignorance volontaire, pire que celles des analphabètes sans moyen d'instruction. Tu as la possibilité de connaître et tu la refuses par stupidité. En cela tu es moderne. Aujourd'hui on pratique l'analphabétisme volontaire."

Le tort du soldat, Erri de Luca, p.115, in Grandeur nature, ed. Gallimard NRF

8.8.24

De Luca, comme une évidence (5) : pleurer

 "Je l'ai appris alors, il existe un degré si noir au bout des descentes où pleurer est un raffinement."

J'oubliais moi aussi, p.65, in Grandeur Nature, Erri de Luca, ed. Gallimard NRF

2.8.24

De Luca, comme une évidence (4) : Comment as-tu pu ?

 "Dans une synagogue, tu pleures quand c'est à toi de lire la page du père qui monte sur la montagne avec le couteau et le feu. Comment as-tu pu, Avram avinu, Abraham notre père ?

Grandeur Nature, Erri de Luca, Grandeur Nature, p.40, ed. Gallimard NRF

31.7.24

De Luca, comme une évidence (2) : péché originel


 

"La divinité a pourtant expliqué depuis le début qu'elle renonçait à l'omnipotence pour laisser sa liberté à la créature humaine. Elle consiste dans le choix entre obéir ou transgresser.

Dans le jardin d'Eden, après la transgression, la divinité discute avec les deyx indisciplinés. La théologie parle du péché originel, mais il ne co cerne pas seulement le couple débutant. Il comprend aussi leur artisan qui les a créés tels quels. Après la désobéissance, il ne les efface pas. Il ne les reprogramme pas. Il les garde comme ça. Le péché originel est sa marque de fabrique."

Préface, in Grandeur Nature, Erri de Luca,  ed. Gallimard NRF

9.7.24

De Luca, comme une évidence (1) : commettre

photo Ernest Mag

 

"On pose parfois cette question insoluble : quelle est la raison qui pousse à écrire ? Les possibilités de réponses forment un genre littéraire qui va de l'irrésistible impulsion créative à la justification moins exigeante. Je suis plus proche de la deuxième catégorie, je dois me justifier.

Je crois que le verbe qui convient le mieux à la narration n'est pas écrire un livre mais le commettre, comme un délit. Alors que j'écris ces mots, je suis en train de le commettre. "

Préface, in Grandeur Nature, Erri de Luca,  ed. Gallimard NRF

2.9.23

Fuir avec élégance

  "

"Fuir avec élégance" a murmuré Satô,

Avec élégance? ai-je encore répété.

"La jeune fille, tel un poisson, à epine croit-on l'avoir saisie, qu'elle s'échappe en voltige élégante, énonça lentement Satô.

-Qu'est-ce que c'est, ce ...

- C'est un poème qui a été composé à l'époque Meiji."

En effet. J'ai vaguement murmuré quelque chose. Quand je suis avec lui, l'un comme l'autre, nous n'arrêtons pas de donner notre assentiment.

"Ça ne veut pas dire autre chose que ce qui est dit, tout simplement qu'une fille après laquelle on court s'échappe avec autant de vivacité qu'un poisson !"

En effet. Cette fois sans ambiguïté.

" Je me demande si les filles étaient déjà comme ça à l'époque Meiji ?"

Comment savoir ? J'ai baissé la tête.

 "

Cette lumière qui vient de la mer, KAWAKAMI Hiromi, ch. La famille des poissons, ed. Picquier

1.9.23

Du rire et des draps

 "Rire avec quelqu'un a un effet rassurant. C'est un peu la même sensation que lorsqu'on tient un drap par les deux bouts et que les plis disparaissent comme par enchantement. Sûr que les plis vont se reformer, mais ça ne fait rien. Le drap est bien lisse, et c'est agréable. "

Cette lumière qui vient de la mer, KAWAKAMI Hiromi, ch. Quand vient le soir les saumons... ed. Picquier

28.4.23

rouge

 "Nous avons fait reprendre la Sunny blanche que nous avions depuis vingt-trois ans pour acheter une March rouge (pour ma part je ne voulais pas d'une voiture rouge mais mon mari a insisté tant et plus). Nous vivons ensemble depuis plus de trente ans mais je n'avais pas imaginé un seul instant qu'il pourrait avoir envie d'une voiture rouge. Décidément, la vie est jalonnée d'événements imprévisibles.

KAWAKAMI Hiromi, les dix amours de Nishino, ch. Marimo

27.4.23

demain

 "Le petit fragment du ciel qui se découpait à travers la porte avait imperceptiblement blanchi. Mes chevilles ont senti la fraîcheur de l'aube. Demain a commencé pour de bon, ai-je murmuré. En réalité, demain commence à minuit, zéro heure, mais j'avais toujours l'impression qu'hier durait jusqu'à l'aube. Et lorsque le jour se levait, c'en était fini. Avec le lever du jour, demain arrivait sans fioriture, ni plus, ni moins, net."

KAWAKAMI Hiromi, les dix amours de Nishino, ch. la tour d'Osaka

1.4.23

Le journal d'Anne(3) : vie et destin

  "Oui, je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort ! Et c'est pourquoi je suis reconnaissante à Dieu de m'avoir donné à la naissance une possibilité de me développer et d'écrire, et donc d'exprimer tout ce qu'il y a en moi !"

Journal d'Anne Franck, Mercredi 5 Avril 1944 

31.3.23

Le journal d'Anne (2) : la beauté du monde comme remède

 "Alors, je ne pense pas à toute la détresse, mais à la beauté qui subsiste encore. C'est là que réside pour une grande part la différence entre Maman et moi. Le conseil qu'elle donne contre la mélancolie est : "Pense à toute la détresse du monde et estime-toi heureuse de ne pas la connaître."

Mon conseil à moi, c'est : "Sors, va dans les champs, dans la nature et au soleil, sors et essaie de retrouver le bonheur en toi ; pense à toute la beauté qui croît en toi et autour de toi et sois heureuse !"

Journal d'Anne Franck, Mardi 7 Mars 1944 

30.3.23

Le journal d'Anne (1) : fausse prémonition

C'est une sensation très étrange, pour quelqu'un dans mon genre, d'écrire un journal. Non seulement je n'ai jamais écrit, mais il me semble que plus tard, ni moi ni personne ne s'intéressera aux confidences d'une écolière de treize ans. 

Journal d'Anne Franck, samedi 20 juin 1942.

16.8.21

Lectures : Vivre avec nos morts (2) : identité juive

 "J'ai souvent eu le sentiment que le judaïsme porte en ses langages, quelque chose qui résonne avec cette idée. L'identité juive repose elle aussi sur une vacance. Tout d'abord parce qu'elle n'est pas prosélyte et ne cherche pas à convaincre l'autre qu'elle détient l'unique vérité. Ensuite, parce qu'elle peine à formuler ce qui la fonde. Nul ne sait vraiment ce qui fait un juif et encore mot "bon juiif". est-ce une origine, une pque, une croyance, une tradition culinaire ? L'identité juive est toujours au-delà de ce qu'on pourrait en dire, et ne se laisse jamais enmurer dans une définition unique qui réduirait les possibles. 

Pour le dire autrement : "le" judaïsme est toujours plus grand que le "mien". Il préserve un espace libre pour une autre conception que la mienne, et donc une transcendance infinie : celle de la définition qu'en donnera un autre.

Le judaïsme garantit en soon sein la place d'Elsa et la mienne, celle d'une juive non croyante et celle d'un rabbin, sans qu'aucune de nous puisse se revendiquer plus légitime. Aucune ne peut affirmer "plus" ou"meilleure" juive que l'autre.

Dès lors, dans mon judaïsme, si je ne fais pas de place pour le sien, je le trahis. Le réduire à ma définition ou à la sienne reviendrait à le profaner. "

Delphine Horvilleur. Vivre avec nos morts , ch. Elsa

12.8.21

Lectures : Vivre avec nos morts (1) : laïcité

 "La laïcité française n'oppose pas la foi à l'incroyance. Elle ne sépare pas ceux qui croient que Dieu veille, et ceux qui croient aussi ferme qu'il est mort ou inventé. Elle n'a rien à voir avec cela. Elle n'est fondée ni sur la conviction que le ciel est vide ni sur celle qu'il est habité, mais sur la défense d'une terre jamais pleine, la conscience qu'il y reste toujours une place pour une croyance qui n'est pas la nôtre. La laïcité dit que l'espace de nos vies n'est jamais saturé de convictions, et elle garantit toujours une place laissée vide de certitudes. Elle empêche une foi ou une appartenance de saturer tout l'espace. En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance. Elle affirme qu'il existe toujours en elle un territoire plus grand que ma croyance, qui peut accueillir celle d'un autre venu y respirer."

Delphine Horvilleur. Vivre avec nos morts, ch. Elsa

1.11.20

My favorite things (30) : automne (11)

 1. Lectures

"J'avais été un peu déçue par l'écriture de Kawabata. Les caractères étaient serrés sur la droite - comme le contenu d'un bento trop longtemps transporté de travers. "

La république du bonheur. OGAWA Ito

2. Statues de ma voisine

Sainte de salon (Canaux)



3. Fruits de saison
Les kakis si chers à mon cœur. Il y a 12 ans, ils furent mon plus joli cadeau de mariage dans le Kanagawa.

4. Il est certainement recouvert de neige aujourd'hui


5. Quand pourra-t-on retourner danser ?

23.10.20

My favorite things (22) : automne (11)

 1. Lectures

"j'avais choisi une encre verte. Dans mon travail habituel, je n'ai pas vraiment l'occasion d'utiliser cette couleur. Pour ainsi dire jamais. Mais quand j'avais écouté Madame Bernard-l'ermite parler, ses mots m'étaient apparus dans des tons verts"

Le bonheur retrouvé, ch. Riz au mukago, OGAWA Ito

2. Un p'tit coin de paradis. Roquebrune (suite)

Un tout petit bas-relief 


3. Musiques
Ils ne sont plus là mais il reste la musique ...




22.10.20

Tendances (09) : automne (10 )

 1. Mon ami Christian a rêvé cette nuit. Je me souviens, quand je me suis retrouvée seule, l'épreuve des nuits. Harassée de chagrin, je m'endormais sans somnifère. Et pourtant, les rêves me faisaient appréhender la nuit. Je ne faisais aucun cauchemar, pas de tourments sur les sentiments trahis, sur les douloureux règlements de la séparation. Des voyages, des visites, des randonnées, du comme avant. Au réveil, le comme avant est insupportable, insoutenable, il n'y a plus qu'à fondre dans les larmes, déjà, dès le réveil, en attendant les autres registres au fil de la journée. Encore maintenant, quinze ans se sont passés, pas une semaine ne passe où il est dans mes rêves; juste là, m'accompagnant, pas d'interférence, il est juste là comme une évidence. Au réveil, je peste ; pourquoi ? pourquoi ne rêvè-je pas de l'homme qui partage mes jours dans cette douce vie intime ?  Pourquoi suis-je encombrée de celui qui n'est plus que l'ombre de celui que j'ai tant aimé et l'ombre de lui-même, mais qui a laissé la place, inexistante dans le monde éveillé ? Il y a dans le rêve quelque chose d'injuste, et personne chez qui déposer de recours ...

2. Hier, cérémonie à la Sorbonne en la mémoire de Samuel Pati, retransmise sur la chaîne nationale. Des chroniqueurs sont invités, pour nous apprendre sans doute comment il faut penser. Des chroniqueurs, une femme imam. Et c'est reparti pour un tour.  Juste pendant le temps de la cérémonie, ç'aurait été bien qu'ils  n'aient pas en tête la seule idée de padamalgam. Juste le temps de la cérémonie, se mettre un peu dans la peau de l'autre assassiné et mettre son soi de côté. Juste un peu fermer sa gueule, même aller jusqu'à avoir honte, ça ne peut pas faire de mal pour qu'on y croie, à cette sincérité.

3. Lectures
"L'écriture n'est pas qu'une question superficielle de beauté ou de laideur, ce qui compte c'est le cœur qu'on y met. De la même façon que le sang coule dans les veines, si l'écriture exprime sincèrement nos intentions, le destinataire le sent. J'en suis convaincue."
Le bonheur retrouvé, OGAWA Ito, ch. Boulettes à l'armoise

4. A Flayosc, tu es prévenu

9.10.20

Tendances (08) : automne (07)

 1. Chanson (bis) 


Cela peut représenter un luxe que de mourir du coronavirus, trempé dans sa couche, sur le fauteuil roulant de son ehpad. Alors qu'on peut mourir emporté par la Vésubie, kalashnikové au Bataclan, écrasé à pied sur le trottoir de la Promenade des Anglais ou dans sa voiture au péage d'Antibes, d'un bon cancer du fumeur, d'une intoxication chez Mac Do, d'avoir confondu les couloumelles avec une amanite printanière, d'une hydrocution à la plage, veuf, d'une corniche effondrée d'un immeuble, en sautant du pont de l'Artuby,  d'une attaque devant sa télé ...

2. Lectures

" On a tendance à parler de la Shoah d'une façon mystique, à lier les événements à l'inexplicable, au mystérieux, à la folie, à l'insensé. Cette tendance est compréhensible. A tout point de vue, elle est dangereuse. L'assassinat, sa malignité intentionnelle, ne dovent pas être interprétés dans le langage de la mystique. Une main ignoble s'est levée contre la race humaine : il n'y a pas de mysticisme, mais un coup porté au pilier central des Dix Commandements. "

Aharon Appelfeld, L'héritage nu, 2e conférence, fin.