"...M. Menshiki, vous dites ... ?
- Mon nom s'écrit avec le men qui peut signifier "échapper à", "épargner" et le shiki dans le sens de "couleur".
-Ah, très bien", répondis-je en visualisant mentalement les deux idéogrammes qui composaient son patronyme. Une association plutôt étonnante, d'ailleurs.
" Epargné par les couleurs, ajouta l'homme. C'est un nom rare. En dehors des membres de ma famille, je ne l'ai quasiment jamais rencontré.
- Mais il est facile à retenir.
- Vous avez raison. C'est un nom dont on se souvient aisément. Que ce soit un bien ou un mal."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur livre 1, ch. 7. Un nom dont on se souvient aisément. Que ce soit un bien ou un mal, ed. Belfond
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29.10.18
11.3.15
Voyage avec un incolore (49) : Tokyo
Le paysage d'Hämeenlinna, près du lac, lui apparut. Les rideaux de dentelle blanche agités par le vent, le cliquetis du petit bateau balloté par les vagues.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.19
10.3.15
Voyage avec un incolore (48) : glaçon
"Chacun continuerait d'avancer sur son chemin, à la place qui lui a été assignée. Comme Rouge l'avait dit, on ne peut pas revenir en arrière. A cette pensée déferla sur lui, silencieusement, une grande tristesse, comme de l'eau venue d'on ne sait où. Une tristesse vaporeuse, sans forme. Une tristesse qui lui appartenait en propre et qui se situait aussi en un lieu inaccessible et lointain. Une douleur qui lui transperça la poitrine, qui le fit suffoquer.
Il arrêta la voiture sur le bord du chemin, coupa le moteur et, appuyé contre le volant, il ferma les yeux. Il fallait qu'il respire profondément, lentement, en prenant tout son temps, afin de régulariser le rythme de son cœur. Puis il prit conscience soudain de l'existence de quelque chose de dur et de froid, à peu près au milieu de son corps - quelque chose comme un noyau de terre glacée qui n'avait pas fondu après l'hiver. C'était de là que venait la douleur dans sa poitrine et la sensation d'étouffer. Il ignorait jusque là qu'il abritait cette chose en lui.
Mais la douleur dans la poitrine était juste, l'étouffement était juste. Il lui fallait les éprouver pleinement. Ce noyau froid, il devrait ensuite le faire fondre peu à peu. Cela prendrait sans doute du temps mais il devait le faire. Et il aurait besoin de la chaleur de quelqu'un pour que ce noyau de terre glacée fonde. La sienne n'y suffirait pas."
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.17
Il arrêta la voiture sur le bord du chemin, coupa le moteur et, appuyé contre le volant, il ferma les yeux. Il fallait qu'il respire profondément, lentement, en prenant tout son temps, afin de régulariser le rythme de son cœur. Puis il prit conscience soudain de l'existence de quelque chose de dur et de froid, à peu près au milieu de son corps - quelque chose comme un noyau de terre glacée qui n'avait pas fondu après l'hiver. C'était de là que venait la douleur dans sa poitrine et la sensation d'étouffer. Il ignorait jusque là qu'il abritait cette chose en lui.
Mais la douleur dans la poitrine était juste, l'étouffement était juste. Il lui fallait les éprouver pleinement. Ce noyau froid, il devrait ensuite le faire fondre peu à peu. Cela prendrait sans doute du temps mais il devait le faire. Et il aurait besoin de la chaleur de quelqu'un pour que ce noyau de terre glacée fonde. La sienne n'y suffirait pas."
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.17
9.3.15
Voyage avec un incolore (47) : se débarrasser de l'ombre longue du démon
"Ce n'est pas seulement l'harmonie qui relie le cœur des hommes. Ce qui les lie bien plus profondément, c'est ce qui se transmet d'une blessure à une autre. D'une souffrance à une autre. D'une fragilité à une autre. "
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16
8.3.15
Voyage avec un incolore (46) : beethovenien
"Celui-ci est tout-à-fait remarquable, mais il y met une sorte de noblesse proche des sonates de Beethoven.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16
7.3.15
Voyage avec un incolore (45) : un autre lac
Cette musique qui se jouait là, au bord d'un lac finlandais, se parait d'un charme particulier. Tsukuru la ressentait un peu différemment quand il l'écoutait dans son appartement de Tokyo.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16
6.3.15
Voyage avec un incolore (44) : vécu (2)
"Est-ce que quelqu'un m'avait précipité à la mer, ou bien avais-je sauté de mon propre chef ? Je ne saurais le dire. En tout cas, le bateau continuait sa route et moi, plongé dans l'eau noire et glacée, je regarder s'éloigner les lumières du pont. Personne sur le bateau, hommes d'équipage ou passagers, ne savait que j'étais tombé à la mer. Il n'y avait rien alentour à quoi j'aurais pu m'accrocher. Je garde encore aujourd'hui le sentiment de terreur que j'ai éprouvé à l'époque. L'angoisse d'être soudain nié dans mon être même. D'être jeté la nuit en pleine mer alors que je n'ai rien fait. "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.16
5.3.15
Voyage avec un incolore (43) : vécu
Tu as dit que j'avais terriblement changé, reprit Tsukuru. Je le pense moi aussi. Après avoir été chassé de notre groupe, il y a seize ans, j'ai vécu durant toute une période, environ cinq mois, à ne penser qu'à la mort. Oui, véritablement, sérieusement, je ne pensais qu'à la mort. Au bord de l'abîme, j'ai tenté de découvrir ce qui se trouvait là et j'ai fini par ne plus pouvoir en détourner le regard. Pourtant, j'ai réussi à revenir, tant bien que mal, dans le monde des vivants. Il n'y aurait rien d'étonnant cependant à ce que je sois réellement mort à cette époque. Quand j'y repense à présent, je devais sûrement avoir la tête à l'envers. Quel était le nom de ma maladie...? Névrose, ou dépression, je ne sais pas très bien. En tout cas, je n'étais pas dans mon état normal. C'est tout à fait certain. Pour autant, je n'étais pas non plus dans la confusion. Mon esprit est toujours resté clair."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.16
4.3.15
Voyage avec un incolore (42) : ça existe
""En avion, onze heures environ, répondit Tsukuru. J'ai eu le temps de prendre deux repas et de regarder un film.
-Quel film ?
-Die Hard 12."
Les fillettes parurent satisfaites.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.15
3.3.15
Voyage avec un incolore (41) : l'homme à l'accordéon
"Il y a dans la vie des choses trop dures à expliquer dans n'importe quelle langue."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14
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2.3.15
Voyage avec un incolore (40) : pizza
"Comme il ne voulait pas se compliquer les idées à propos de nourriture, il entra dans une pizzeria, s'installa à une table en terrasse , et commanda unthé glacé et une pizza Margherita. Il eut l'impression d'entendre la voix rieuse de Sara à son oreille. Elle se moquait de lui. Comment ! Tu as pris l'avion exprès pour te rendre en Finlande et tu seras revenu en ayant mangé une Margherita ! Mais elle était excellente, bien au-delà de ses attentes. Elle avait dû être cuite dans un four au feu de bois car elle exhalait une odeur délicieuse et la pâte était légère et bien croustillante."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14
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manger avec Murakami,
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1.3.15
Voyage avec un incolore (39) : un endroit où il n'ira pas.
"A Hämeenlinna, il y a un château au bord d'un joli lac, et la maison où est né Sibelius, mais je suppose que vous avez des choses plus importantes à faire."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14
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Murakami,
musique,
Sibelius,
Tsukuru Tazaki
28.2.15
Voyage avec un incolore (38) : fin de plage
"Les dernières notes du Sonnet 47 de Pétrarque s'évanouirent dans l'espace, le disque s'acheva, l'aiguille remonta, le bras se déplaça à l'horizontale et retourna sur son support. "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch. 13
27.2.15
Voyage avec un incolore (37) :
"Que la force soit avec toi, dit-elle. Sois l'égal des saumons."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch. 13
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch. 13
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26.2.15
Voyage avec un incolore (36) : Finlande
""Mais que peut-il bien y avaoir en Finlande ?" demanda son supérieur.
Tsukuru énuméra ce qui lui venait en tête : "Sibelius,
le cinéaste Aki Kaurismaki,
Marimekko,
Nokia,
les Moumines.
"
Le supérieur resta perplexe. Rien de tout cela ne semblait éveiller son intérêt."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.13
Tsukuru énuméra ce qui lui venait en tête : "Sibelius,
le cinéaste Aki Kaurismaki,
Marimekko,
Nokia,
les Moumines.
"
Le supérieur resta perplexe. Rien de tout cela ne semblait éveiller son intérêt."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.13
Libellés :
Finlande,
Murakami,
musique,
Sibelius,
Tsukuru Tazaki
24.2.15
Voyage avec un incolore (35) : enfances
"Je me rappelle seulement la mélodie la plus connue des Scènes d'enfants de Schumann, Träumerei. Je me souviens qu'elle la jouait souvent."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.11
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.11
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26.12.14
Voyage avec un incolore (34) : Cela lui revient
""Mais, dis-moi, est-ce que tu te souviens d'un air que Blanche jouait souvent au piano ? Le Mal du Pays, de Franz Liszt. Une mélodie très calme qui dure cinq ou six minutes."
Bleu réfléchit puis secoua la tête. "Si je l'entendais, peut-être. Mais juste avec le titre du morceau, je ne vois pas. Je ne suis pas très fort en musique classique. Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Pour rien, c'est juste que cela me revient."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch.10, MURAKAMI Haruki.
27.11.14
Voyage avec un incolore (33) : sur l'écran noir
"Tu as vu le film ?
-Il y a très longtemps à la télé, un soir tard. Mais pas jusqu'à la fin."
MURAKAMI Haruki, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch.10
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Voyage avec un incolore (32) : ça s'en va et ça revient
"Soudain, Tsukuru se souvint du titre de la chanson."
MURAKAMI Haruki, l'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch. 10
Libellés :
chansons,
Elvis Presley,
Murakami,
musique,
Tsukuru Tazaki
26.11.14
Voyage avec un incolore (31) : amnésie
"Tsukuru se rappelait cette mélodie. Une vieille chanson pop, peut-être déjà à la mode avant sa naissance. Il l'avait entendue bien des fois, mais il ne se souvenait pas de son titre"
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.10
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