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3.9.26

"Et tu choisiras la vie"

https://www.akadem.org/nitsavim-vayeleh-des-ponts-entre-les-gouffres

Cette semaine, c'est la parasha Nitsavim, qui contient ce verset célèbre, et qui m'incite à écrire enfin ce qui est dans ma tête depuis des semaines, des mois même je puis le dire. Car chaque matin je prononce les versets du réveil 

Modé ani léfanekha melekh ‘haï vekayam, ché-hé-’hézarta bi nichmati be’hemla, raba émounatékha.

Je Te remercie, ô roi vivant et éternel, de m’avoir restitué mon âme avec miséricorde ; grande est Ta fidélité.

Chaque matin. Et chaque matin, je m'y efforce, car je ne suis pas sincère. Peut-on continuer à faire une prière si l'on n'est pas sincère. Bon sujet de discussion. Y compris avec moi-même, qui n'ai aucune envie de remercier. Aucune. J'ai appris que nombre d'hypertendus meurent tranquillement entre 6h et 8h du matin, à la reprise d'activité du corps après le repos nocturne. L'Ange de la Mort leur donne une fin tranquille, et dans sa générosité il permet de se défiler de la première prière du matin. 

7.5.21

En cheminant avec la parasha (33) : Behar : l'aide d'urgence en cas de crise

Picasso. Le vieux juif

 Je reprends ici mon travail sur la parasha, et en ce jour de la reprise de liberté de la circulation, les versets résonnent comme un rappel des temps, comme un rappel de la morale et de la place de l'homme, en particulier de l'homme aisé, dans la société.

L'assistance aux autres est absolument nécessaire, rappelée très fermement par Dieu  :"Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'il vive avec toi. N'accepte de sa part ni intérêt ni profit, mais crains ton Dieu, et que ton frère vive avec toi. Ne lui donne point ton argent à intérêt, ni tes aliments pour en tirer profit. Je suis l'Eternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays de Canaan, pour devenir votre Dieu." (25: 35-38)  Dieu nous a peut-être libérés de l'Egypte mais attention, Dieu va très loin dans son rappel ici : "Ils sont mes esclaves, à moi, qui les ai fait sortir d'Egypte" (25:42)

 Un rappel qui en suit un autre, le début de la parasha : Dieu va jusqu'à exprimer : "vous n'êtes que des étrangers domiciliés chez moi (25 : 23)". Dans quel contexte ? Celui de l'année sabbatique et de l'année du jubilé. "La septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l'honneur de l'Eternel. Tu n'ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne (...) ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation : à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l'étranger qui habitent avec toi ; ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits. "(25 : 4-7). Dans ces années, point n'est question de disette, mais de l'angoisse de disette née de cette situation de repos de la terre pouvant être vécu par l'homme comme un abandon. Apprendre à avoir confiance, apprendre à partager, ce sont des vertus dont nous avons rêvé en début de confinement, mais qui peu à peu sont délaissées. Ou peu à peu s'intallent, dans cette vie d'après, les intérêts catégoriels, les divisions catégorielles. Par manque d'anticipation, avons nous négligé de prendre conscience de la sixième année : "Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu'elle produira la récolte de trois années" (25 : 21). Installés sur la terre, nous avons oublié que nous y sommes seulement des locataires, que la possession n'est ni obligatoire de façon pérenne, ni éternelle, qu'elle doit donner lieu au partage, à l'empathie ... En ce moment, nous sommes durement rappelés à la réalité, mais voulons-nous être décillés ?

15.11.20

Tendances (12) : Corona (2)

 



Réjouissez-vous, les enfants des écoles peuvent continuer à la piscine, elles restent ouvertes juste pour eux. Extrait de la procédure (descriptif syndical) :

Pour rentrer dans le concret, les élèves doivent se déshabiller (et se rhabiller) avec le masque, garder le masque jusqu’à la douche en maillot de bain, bonnet et serviette, l’enlever pour la douche (sauf masque en K-way), le remettre après pour accéder au bassin puis l’enlever de nouveau pour l’activité puis le remettre à leur sortie de l’eau quand l’activité est terminée puis le réenlever sous la douche pour enlever le chlore.

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Il me pèse de plus en plus ce drôle de confinement new style. Il est temps de prendre des décisions qui feront que les Tendances puissent se fondre dans les Favorite Things. Des décisions que jusqu'ici je n'arrive pas à mettre en pratique :

1. Arrêter d'écouter les infos, même celles de France-Culture ; maintenant que l'on est débarrassé de Trump, il n'y aura plus guère de vraies nouvelles, et de bonnes : montée des cas de Corona, montée du nombre d'attentats partout dans le monde. Autant arrêter d'être maso en révisant tous les jours...

2. Arrêter aussi la lecture du fil des copains : sensée me faire du bien, la plupart du temps, elle m'énerve : moi la randonneuse qui me contente de mon kilomètre de rayons, je vois les copains qui se promènent sur le Promenade des Anglais, les autres qui likent, voire les félicitent comme de nouveaux héros du confinement. La plupart des vieux d'aujourd'hui sont des ex-soixante-huitards, et obéir à des consignes, ça les emmerde. Braver le confinement pour le supporter leur rappelle peut-être leur parade de jeunesse. Je n'ai pas envie d'être aveugle. Mais je n'ai pas envie non plus de me fâcher avec mes copains. La plupart sont retraités. Moi tous les jours je vais bosser au milieu de mes petits qui éternuent et postillonnent tous azimuts sans masques ; leurs parents, en grosse minorité, portent le masque sous le menton et pour adresser la parole se rapprochent en l'ôtant carrément pour que vous puissiez les comprendre mieux. 

3. Il me restera du temps pour faire tout ce que j'aime faire et pour lequel le temps me manque : de la lecture, des etegamis, de la vielle à roue et donner des nouvelles de mon kilomètre de rayon ...


8.11.20

En cheminant avec la parasha (5) : Vayera ou la déroute familiale

Je pensais qu'étudier attentivement toute la Parasha chaque semaine allait m'aider à traverser le nouveau confinement avec plus de sérénité. Mais pour celle là spécialement je commence à douter.

Pourtant, ça avait bien commencé avec un de mes épisodes préférés. C'est l'extrait où Abraham reçoit les trois hôtes en sa tente. Toute ma vie, je regretterai de ne pas avoir acheté l'icône chez ce marchand du vieux Jérusalem, que je n'ai jamais retrouvée  et qui est restée gravée dans ma mémoire. La délicatesse du tracé racontait parfaitement le récit de ce passage qui commence notre parasha.

Abraham, l'hospitalier, plaide pour Sodome. Abraham n'est pas Noé, Abraham ne veut pas que les Justes périssent. Abraham marchande, et ira jusqu'à dix. Peut-être qu'Abraham ne savait pas qu'il n'y avait pas dix justes à Sodome et il s'en retourna pensant qu'il avait bien plaidé.

Mais mon répit est de courte durée.


Il sera dit que neuf Justes dans une ville injuste n'ont pas le droit de vivre. Il sera dit aussi qu'il n'est pas bon y être un enfant.

Et c'est ainsi que tout dérape. Trop de récits fondamentaux sont enfermés dans cette parasha. Les épisodes s'enchaînent, plus glaçants les uns que les autres, du coup, l'attention se relâche, et on ne voit pas tout ce que cette parasha a d'insupportable, de terrifiant. Mais bon sang de bonsoir , comment ne m'en étais-je pas aperçu avant ? Abraham, avinou, notre père, mais quel père ? et  de quelle famille ? Revisitons un peu nos aïeux :

Vous êtes une fille ? Vous n'avez pas de nom, filles anonymes. Voici Loth qui protège l'étranger, mais ce n'est pas l'amour paternel qui l'étouffe : en échange du salut de ses hôtes il propose aux Sodomiens de violer ses filles, vierges, de n'importe quelle façon (Génèse 19,8). Les Sodomites n'acceptent pas le marché, peut-être au fond ont-ils un peu de morale familiale si le reste ne suit pas ... En tout cas, les filles ont bien trempé dans la culture sodomite : après avoir échappé au viol par des inconnus, persuadées que le monde a disparu comme au temps de leur ancêtre Noé, elles ne veulent pas rester sans descendance et décident à leur tour de violer leur père ( qui apparemment se laisse tenter à noyer son chagrin dans l'alcool) à tour de rôle, après l' avoir enivré. Dieu refusait l'enfantement à Sarah, mais il le permettra pour les filles de Loth, permettant au Messie d'advenir (par l'intermédiaire de Ruth)

Vous êtes une épouse ? 

    -Vous n'avez pas de nom, comme la femme de Loth ; on ne sait pas quand Loth l'a épousée, si elle a eu de lui des fils, d'autres filles. On sait juste d'elle qu'elle s'est retournée mais on ne sait pas le motif : pleurait-elle sa maison ? sa famille ? Etait-elle simplement curieuse ? ou incrédule ? Jamais on ne saura. La femme de Loth, s'étant retournée, deviendra statue de sel (Genèse 19-26). 

    - Vous en avez un, vous venez juste de le changer : pour modifier votre destin ? Il semblerait que non car Abraham remet ça, et là c'est moins facile à avaler : il laisse encore partir sa femme avec le premier (donc le deuxième roi) venu, Abimelekh cette fois, et la fait encore passer pour sa sœur, (en plus il raconte des bobards, Genèse 20-13). 

    - Vous êtes une concubine mère porteuse : comme Agar, avec de l'eau et du pain, on vous renverra dans le désert, pour la deuxième fois.

Ne croyez pas que les garçons sont mieux lotis.   

 - Vous êtes un fils ...

    ... "illégitime "? Ca ne marche pas pour vous "avinou", notre père si vous vous appelez Ismaël.  On vous renvoie, en ayant protesté un peu quand même, sur de vagues promesses. Il vous reste votre mère ? si elle n'a pas le sens de l'orientation, comme Agar, elle vous perdra dans le désert. Puis elle vous abandonnera à une mort solitaire, sous le prétexte que c'est trop dur de vous voir périr (Genèse 21-16); de toute façon, elle est nulle : elle n'avait même pas vu la source qui vous aurait sauvée (Genèse 20-19). 

-Mais ne croyez pas que le fils "légitime" est mieux loti, et la parasha finit en apothéose : votre père , en directe communication avec Dieu, va partir en randonnée pédestre pour vous donner en holocauste, en vous obligeant à porter le bois de votre bûcher, à vous laisser attacher.  Lui qui voulait trouver dix justes, il ne marchandera pas pour vous ... Accablé par le chagrin, ou totalement lâche, aveugle (?), vous ne tenterez même pas de vous sauver ...

Soyez en convaincus, frères humains, on ne peut compter que sur les anges, qui seuls, secourront les deux frères : l'un viendra secouer Agar, l'autre stoppera le bras d'Abraham afin qu'il ne tue pas Isaac.

Est-il besoin d'en rajouter ? Je crois que j'ai besoin de faire un break jusqu'à la semaine prochaine ...

4.11.20

Tendances (11) : la France mais la République

 Mon ami Christian Jacomino a écrit un article qui parle de la France et de la République.

J'ai eu envie de lui répondre et de me souvenir de ces cours de Mme Richter, mon professeur d'Histoire de Terminale au lycée Calmette qui m'ont ouvert la voie vers mes études d'Histoire, et qui ont surtout, plus que l'Université, formé mon esprit critique et mon regard sur le monde. Sans doute aujourd'hui pourrait-elle être en danger de mort .

Quelle étrange idée pour moi que de vouloir dissocier  France et République, ces deux notions qui m'ont construite en tant que citoyenne...

La France, où la République est écrite jusque sur le fronton de certaines églises

église de Salernes (83)

 église de Aups (83)


Dans la Résistance, il n'y avait pas que des républicains, évidemment : des royalistes, des communistes. Mais ce n'est pas une raison pour vouloir sucrer la République. Dans la biographie de Charles De Gaulle qui passe en ce moment sur notre chaîne nationale, un passage fait écho de la complexité qui se joue : A la Libération, le président du Conseil National de la Résistance demande à De Gaulle de proclamer le retour de la République, mais De Gaulle refuse car pour lui la France Libre a toujours existé et Vichy n'était pas légitime. C'est la raison qu'évoquait Mitterand pour ne pas s'excuser de la déportation des juifs de France à la commémoration du Vel d'hiv. 

Il n'y qu'une France, mais il n'y a aussi qu'une République comme en France. Du moins c'est ce que j'espère et ce dont je désespère par ces temps de mauvais vent. Liberté, égalité, fraternité, va -t-on garder le cap ?

 La France est intimement mienne, mais à présent, sans la République, elle n'est rien. Si je devais y faire une liste, comme mon ami Christian, je n'y mettrai pas saint Louis sous un chêne, " Louis IX alias saint Louis" comme le titre une BD, le tueur de Cathares, le "pogrommeur" de Juifs. 

26.10.20

Tendances (10) : Corona (01)

1. Les nuits sont redevenues silencieuses ...

2.Ce soir à l'entrée de Monop', un homme s'énerve : "remettez votre masque correctement ! Le masque c'est sur le nez ! ". A l'adresse d'une mémé mal équipée qui parlemente pour rentrer alors qu'il faut un masque bien mis ET une carte de crédit pour payer qu'elle n'a pas. Je recroise l'homme au rayon du beurre marmonnant pour lui seul "je m'énerve, je m'énerve ...". Je lui adresse à haute voix toute ma compassion. D'une voix désespérée, il affirme "J'ai raison n'est-ce-pas ? C'est déjà le couvre-feu, on ne peut plus rien faire, qu'est-ce qui va arriver si les gens continuent ainsi  ?". Il a eu toute ma gratitude.

3. Une certaine Denise H. de 88 ans envahit les réseaux sociaux avec son droit de mourir libre sans masque, avec sa famille dans son Ehpad et d'assister au mariage de son petit-fils avec les cent invités. Ce n'est pas au rayon du beurre, mais elle a aussi ses fans et ses reconnaissants. Je repense à ma mère dans son Ehpad, avec son groupe assez semblable à mon groupe de Moyenne Section de l'école en pire. Les gens ont oublié que rentrer dans un Ehpad, c'est faire "le choix" de vivre, de devenir assisté de la collectivité parce que l'on ne peut plus être assisté chez soi. Il y a une solution pour vivre selon ses propres choix : sortir de l'Ehpad, retourner dans sa famille pour faire des bisous sans masque et assister aux mariages. Ca fera un heureux sur la liste d'attente des emprisonnables volontaires, qui doit être longue. A tous ces gens épris de liberté, on pourrait faire un contrat : tu vis ta vie, mais tu renonces à l'hospitalisation ; ça fera aussi des heureux dans la liste d'attente des candidats aux opérations non urgentes, comme ceux qui attendent qu'on leur pose des ressorts pour leurs artères ...

4. Vu sur la Promenade des Anglais, un masque à l'intitulé for sympathique : je vous déteste tous. Ca met l'ambiance; elle promenait son chien, un fox : bien choisi, la race du chien, assortie au masque ...

5. Antidote absolu :


A entendre aussi dans le premier épisode d'une série qui s'annonce époustouflante.

30.12.19

Les nouvelles tentations du Judaïsme : Modernité, syncrétisme, New Age ,ou détournement d'héritage ?

Dans la communauté, les techniques que d'aucuns appeleront new age et d'autres traditionnelles orientales ont le vent en poupe dans la com. Des livres, des publications internet.

C'est là que peut-être, je me sens vieille. D'abord parce que ma première pensée, c'est de critiquer.
C'est vrai, l'empereur est nu. On réinvente l'eau qui bout.On lui donne d'autres parfums en parlant de kabbalistes, de petit coffret enterré. Peut-être est-ce vrai, peut-être est-ce faux ... Mythique, auréolé de mystère.
Vieille, j'ai peut-être trop d'expérience (s). J'ai gouté à d'autres saveurs en dehors de la communauté, dans un passé lointain ou plus près.
Pour tout dire, je ne comprends pas trop ce désir que tout soit "juif", y compris la méditation. Je n'ai pas besoin de déterrer les cendres d'Aboulafia. J'ai eu de la chance, mais aussi sans doute de la curiosité, tout simplement. J'ai rencontré des maîtres de yoga, de taichi, de zen. J'ai pratiqué. Si j'ai pris finalement la route du judaïsme, c'est que je ne trouvais pas mon compte dans l'exotisme sur le plan personnel, mais je n'ai jamais renié cet aspect de moi-même.
Pour moi, les pratiques spirituelles dans mon judaïsme, c'est un peu comme mon judaïsme dans la société civile : cela reste du domaine du privé, de l'intime, de la maison.
Bien sûr, je ne serais pas contre quelques petites applications cultuelles : choisir des airs plus intérieurs pour les grands tubes de la synagogue, revoir l'alimentation cashère à l'aune de cet aspect de la modernité ...
Mais pour ce qui est des pratiques authentiques, je préfère les originaux à la copie. Ne pas syncrétiser, ou pire singer en y rajoutant de la mystique pour vendre la guérison du corps ou de l'âme.
 Tout comme je n'irai pas étudier le talmud en Corée du Sud ...

Ecouter la voix/e de ceux qui ont choisi de pratiquer pour de vrai, longtemps, dans une sagesse avérée qui a fait ses preuves. Ce n'est pas plus simple ou plus compliqué que de trouver un rabbin dont on partage l'enseignement. Un vieil adage dit que quand le disciple est prêt, le maître apparaît ...


28.12.19

Nous mourons tous par petits bouts : surprise (2)


Comment avez-vous pu oublier que la voleuse de bible, c'est moi ! Mais moi, à bible, j'aurais mis un s.
(c'est marrant , quand on tape sur Google voleuse de bible, je ne suis pas si célèbre, on ne parle pas de moi, mais le premier sujet est : "l'adultère, qu'en dit la bible ?" Non, non, je ne suis pas de mauvaise foi, c'est vrai, essayez ;-)

Après un chapitre dans une autobiographie, j'avais aussi déjà fait en mars les honneurs de la presse à propos d'une expo photo et j'en avais parlé ici , nous voilà à présent dans la saison 2, nouvelle publication, un roman cette fois, et du coup une conférence à l'attaque des lieux de culte, ou plutôt mon lieu de culte.  Car, atttention, ce texte  est "especial", tirage de tête et sous-titre différents que pour les sites fnac.com et décitre,  mais ciblé pour les happy few qui ont l'honneur, ou plutôt le déshonneur, de me connaître ...
Depuis, serendipity oblige, je suis cernée par le sujet.
Ce matin, sur France Culture, mon philosophe radiophonique préféré, Fienky
puis la chronique facebook de Nas Daily d'aujourd'hui
et le film de mon cinéaste japonais préféré

Alors, je vous conseille :
d'écouter Finkie
d'aller voir La Vérité
de vous abonner à la chronique de Nas Daily
et pour le reste : Alex Beaupain est passé à France Culture juste avant Finkie, comme un clin d'œil réconfortant. Pour le remercier, je vous propose de  réécouter cette chanson si appropriée (et un clin d'œil à la théière)







7.12.19

Pré-retraite (1) :Spectacle de Noël


Le spectacle de Noël offert par la Mairie à toutes les écoles maternelles vient de se terminer dans la nôtre et les petits élèves s'apprêtent à partir. Les plus grands, ayant compris depuis bien plus longtemps en voyant le défilé final des artistes, se sont levés et ont enfilé leurs manteaux dans la quasi-indifférence générale des adultes, et personne n'a pensé que c'était le temps des applaudissements rythmés, des rappels, des bravos. Peut-être parce qu'un certain nombre discutent entre eux, ou en a profité pour faire une pause cigarette ou téléphone à l'extérieur.
Pourtant les acteurs n'ont pas démérité : ces jeunes animateurs du Centre de Loisirs ont bien progressé depuis qu'il y a trois ans, ils ont remplacé les intermittents engagés pour l'occasion. Ils ont monté un scénario simple et accessible aux enfants qui ont beaucoup ri(golé) et bien participé à la recherche du yéti. Le vocabulaire et les situations sont accessibles, très accessibles : on a droit, c'est bien répété, de "rigoler" et la Chine devient le pays du soleil levant, des détails me direz-vous... La jeune fille qui joue le rôle de la danseuse classique, est toute sérieuse et fière de danser devant les enfants qui scandent "tu es belle" grâce à son tutu émaillé de fluo qui tourne maladroitement dans une chorégraphie balbutiante. Quand le Robot est arrivé, pour que l'on voit ses guirlandes clignotantes, on a du éteindre la lumière des néons mais on ne l'a pas vu danser, lui, le pauvre, faute d'éclairage. Je n'arrive pas à être mauvais public, dans cette ambiance de kermesse de fin d'année où le cycle 3 aurait joué pour les petits avec tout son cœur. Personne n a expliqué aux acteurs, comme on peut le faire au premier stage d'un week-end de théâtre, que pour que les enfants y voient, on choisit un clown qui ne fasse pas 25 cm de haut et on ne laisse pas le coffre d'où il sort au ras-du-sol ... Je vois déjà ceux qui disent que je pinaille...
Pourquoi faut-il que je râle ? C'était un spectacle de Noël, et on a chanté L'as-tu-vu, et Vive le Vent, on a vu le Père-Noël, les enfants étaient contents, les enseignants, les animateurs ...
Je dois être trop vieille, et mon temps de retraite arrive. Je me souviens du temps où le spectacle était un vrai spectacle, avec des costumes rutilants sous les projecteurs installés, des jongleurs avec leurs quilles et leurs anneaux comme au cirque. Les enseignants écoutaient, les enfants écoutaient, on applaudissait, à la fin du spectacle, et on recadrait les enfants qui se seraient levés prématurément ou qui parleraient trop fort ... Les enfants avaient vu, pour la seule fois de leur vie peut-être une représentation théâtrale, des acteurs avec éclairage et sono professionnelle.
Bon, bien sûr que non, je divague, ils iront place Masséna voir Kendji Girac à la Fête de la Musique.

Il me reste une question qui me laisse perplexe mais que je vais devoir trancher en ces temps d'évaluation :  : dans la case du livret scolaire dans la rubrique culture, vais-je devoir cocher : a assisté à une représentation de spectacle vivant ?

22.7.19

Céline ou comment faire avec ...

Je profite des vacances pour écouter France Culture, et voici que l'émission Grandes Traversées a consacré une semaine à Louis-Ferdinand Céline.

La chute d'Icare. Albert Woda

On n'en finit pas de se disputer à propos de Céline. Certains refusent catégoriquement de le lire. D'autres l'excuserait presque de son ignominie. Dernière polémique en date : doit-on publier les Pamphlets ?
Cette série d'émission est remarquable. Chaque aspect de la vie, de l'œuvre de Céline, est disséquée par d'éminents spécialistes d'avis les plus divers concernant cet auteur. Le tout ponctué d'extraits de l'œuvre, de correspondances, d'interviews, de documents de l'époque.
Evidemment, ce n'est pas le style d'émission d'été les pieds dans la piscine. Certains passages sont quasi-insoutenables. Mais l'ensemble est absolument passionnant.
Et que cela m'a-t-il apporté, personnellement ?
Une bonne piqûre de rappel.
J'ai lu Céline jeune, dans ma vingtaine. J'en avais entendu parler avant mais n'étais pas tentée. J'ai été obligée d'acheter le Voyage pour mon dîplome d'enseignante, il était au programme de l'Université. Et là, j'ai découvert le génie littéraire, irremplaçable, incontournable. Ceux qui ne le liront pas n'en auront pas conscience, et, oui, il leur manquera quelque chose.
Et c'est bien là le problème. Comment concilier le Voyage et les Pamphlets ? Comment concilier le génie littéraire et l'abominable, ignominieux homme ?
C'est ce qui se dégage de l'émission, c'est ce qui me renforce dans ma position.
C'est impossible. On ne peut concilier. Et pourtant c'est le même homme.
Ce qui m'atteint dans mes croyances. Je dirai même dans ma spiritualité. Comment est-ce concevable ? C'était la paracha de la semaine dernière, celle de Balak: existe-t-il de vrais prophètes qui ne sont pas dans le camp du Bien ? Existe-t-il des artistes extraordinaires qui ne sont pas dans le camp du Bien ? A quoi leur don sert-il alors ? Peut-on admirer leur œuvre et les dissocier de leur vie, de leurs actions ?
Pourtant, ce n'est pas si dur à comprendre pour pouvoir vivre avec. Je l'ai vu tant de fois, en cotoyant de nombreux artistes souvent intimement : une œuvre magnifique , et de pauvres types : mesquins, ou/et orgueilleux, ou/et sans éthique ou/et pitoyables ou/et même stupides en dehors de leur art ...
Ce n'est d'ailleurs pas une spécificité artistique : j'ai connu des enseignants, des personnels soignants extrêmement dévoués inaptes à s'occuper de leur famille ... pourquoi cela serait-il différent pour les artistes ?
Reste à l'accepter, à l'avaler dirai-je. C'est pourquoi souvent à présent, quand j'admire infiniment une œuvre, je ne veux rien savoir de son auteur, je résiste à la volonté d'en connaître plus. Pourquoi souffrir pour rien, ne pas jouir de l'œuvre seule ?

5.12.14

Ils roulent pour nous !

Vous êtes contre l'écotaxe, et leurs péages routiers  ?
Méditez ceci...
Dans ma commande de papeterie, il y avait eu un oubli qu'il fallait réparer.

 Voici le colis du matériel manquant :
 12 petits bâtons de colle !


14.4.12

1Q84, le retour : tome 3

Je ne me le pardonnerai pas : tome 3 paru depuis le 1er mars, et je ne le savais pas...
Su hier soir à 10h, acheté ce matin à l'ouverture, commencé à lire en sortant sous mon parapluie.

J'y ai trouvé la phrase exacte du moment, de mon moment :
"Simplement, moi, voyez-vous, je n'ai pas envie de parler au compte-gouttes. Sur un sujet pareil, je n'aime pas lâcher trois mots par-ci, et puis quatre par-là. Je veux d'abord arriver à comprendre l'ensemble des faits, saisir les liens entre tous les événements et obtenir des preuves. Des paroles irréfléchies, voilà qui peut causer bien des ennuis inutiles. Vous allez imaginer que je ne dis que ce qui m'arrange mais, monsieur Onda, c'est mon style personnel."
Murakami Haruki, 1Q84, tome 3, chapitre 1, p10

14.3.12

Taichi ou l'être en équilibre

photo Hatsuo Adachihara

Se déployer dans l'espace, un tout petit espace immense. L'enchaînement n'est pas nouveau, et je peux laisser la mémoire de mon corps agir. Son poids passe d'un appui sur l'autre, et, bien que je sache où aller, cet appui me rend libre de prendre n'importe qu'elle direction si l'envie m'en prend d'en changer. Comprendre le déplacement de cet équilibre, là est la clé répète le maître sans cesse, mais il faut saisir ce concept intimement; alors tout change. Le corps se déplace dans le présent, libre. Toute pensée parasite le distrait et me faire perdre le fil, l'équilibre. Choisir le chemin fixé en toute liberté, s'y concentrer toute entière en chaque instant sans se laisser distraire, c'est un bon choix de vie en vérité. Et de partage, ce matin, quand tous nous évoluions ensemble, débutants comme confirmés, entraînés par le flux en un bref temps de havre.

1.3.12

Le Train des Merveilles (1) : acheter le billet

Une petite envie, comme ça, de partir à la neige en prenant un petit train, le genre de petit train dont la SNCF se débarasserait bien, et en attendant s'en sert pour les touristes. C'est le train des Merveilles.


Nous nous sommes décidés pour vendredi, et donc c'était hier, d'après le dépliant, qu'il fallait réserver dernier délai.
Mon premier réflexe : internet. Je tape Train des Merveilles. Hier, le site était en maintenance. Bon. Je téléphone au numéro indiqué. Je réserve les deux places auprès d'un gentil monsieur, qui me dit que pour les retirer je peux aller dans n'importe quel guichet de gare. Je demande si c'est possible par internet. Là, il me dit que oui, mais c'est une autre procédure, il faut qu'il annule la sienne, et que j'aie une imprimante, est-ce que je le désire ? J'avoue, je n'ai pas osé, il s'était donné du mal, je maintiens ma commande avec retrait au guichet.
C'est que ces temps-ci je sature des automates. Les péages d'autoroute sans aucun être humain me stresse épouvantablement, en particulier la petite phrase "veuillez payer le montant indiqué par carte ou par espèces" quand on est seul au volant et que l'on tarde à trouver sa monnaie
Vers seize heures, je me rends donc à la gare centrale. Les guichets locaux ont disparu, il n'y a plus que des machines. Les "vrais guichets" sont au fond de la gare, là où jadis étaient les réservations : dix guichets installés, trois guichets ouverts, cent mètres de queue dont une bonne cinquantaine de Japonais ... Bon, ce sera pour plus tard, je vais être en retard à mon rendez-vous (à vue de nez, une bonne heure de queue).
A la fin de mon rendez-vous, je me souviens qu'il existe une boutique SNCF près de la rue piétonne. Je m'y rends : fermée. Pourtant ce n'est que cinq heures. Une affichette : par suite d'un mouvement social votre boutique est fermée aujourd'hui, vous pouvez acheter votre billet aux guichets d'une gare. Oui, je sais...
Le soir, à 21h30, en promenant mon chien, je réessaie à la gare principale. Tous les guichets sont fermés. D'ailleurs un monsieur vient me dire qu'il n'y a plus de train au départ. Fichtre, 9h30 c'est tôt pour arrêter les trains. J'essaie sur la machine "retrait de dossiers" mais elle refuse mon code.
Ce matin, en promenant mon chien, à 9h, je retourne à la gare. Ce n'est plus la grève, mais il y a quand même seulement trois guichets ouverts, et une dizaine de personnes avant moi : deux vietnamiens qui ne savent pas s'ils ont droit à une carte, une réduction, etc., deux américains non francophones qui veulent un ticket simple pour Menton, une femme qui doit échanger son billet tarif spécial et a apporté son dossier, un handicapé en chaise roulante qui veut une place pour tout de suite et a apporté son dossier, un couple pépé-mémé allergique aux machines qui veut un aller-retour pour Menton, un Russe qui veut absolument passer devant tout le monde et qui croit que dire I don't understand lui suffira pour griller la queue (j'ai pris des risques : je lui ai tout expliqué en anglais, à ce grand gaillard de 150kg et de deux mètres de haut, et il a pris la queue finalement !). Deux personnes sont venues s'installer à deux autres guichets, mais ils n'ont pas ouverts. Pendant ce temps, la queue de cent mètres s'est reformée derrière moi le temps que je passe, sans aucun tri des passagers selon leur demande; après tout, on n'a qu'à savoir se servir d'un automate, ou savoir dire non aux gentils employés par téléphone qui vous disent que dès aujourd'hui il suffit simplement de retire sa réservation au guichet.
Vive internet !