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23.6.16

Asher Lev (3) : archanges et Mélisande


"Je récitai mon Krias Shema. Elle se pencha sur moi et m'embrassa au front.
- Au nom du Seigneur, le Dieu d'Israël, murmura-t-elle, reprenant une prière, que Michel se tienne à ma droite, Gabriel à ma gauche, Uriel devant moi, derrière moi Raphaël, et que la divine présence de Dieu couvre ma tête. Amen, Asher. Pour nous deux. Amen. Elle sortit lentement de ma chambre et suivit le couloir jusqu'au salon. Elle y resta longtemps. Puis je l'entendis longer le couloir et rejoindre sa chambre. Elle ferma doucement la porte. Je restai étendu dans l'obscurité. J'écoutai la neige tomber sur ma fenêtre."
Je m'appelle Asher Lev, ch.2, Chaïm Potok

extrait du Kriat Shema.
" Au nom du Seigneur, Dieu d'Israël, que (l'ange) Michaël soit à ma droite, Gabriel à ma gauche, Ouriel devant moi, derrière moi Raphaël, et sur ma tête la Majesté divine. Cette description de la position des anges entourant le trône divin est donnée dans le Midrach Nombre Rabba chap. 2. A sa droite Michaël, exécuteur des prodiges surnaturels, à sa gauche Gabriel, messager de Sa Toute­puissance; Ouriel, en face, portant la lumière divine; et enfin Raphaël, héraut des guérisons. L'homme cependant, au nom et avec la permission du Très­Haut, se place ici lui-même au centre de cette assemblée d'anges, sentant la divine présence au dessus de sa tête (R. Hirsch). Car le juste est toujours pénétré de la certitude "qu'un ange du Seigneur entoure ceux qui le craignent, et les fait échapper au danger" (Ps. XXXIV, 8).
Le monde des Prières, Elie Munk

14.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (24) : le mot de la fin



C'était un petit être si tranquille, si timide et silencieux. C'était un pauvre petit être mystérieux comme tout le monde.
Pelleas et Mélisande, Acte V, Debussy/Maeterlinck

13.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (22) : dialogue avec Arkel, celui qui est toujours à côté de la plaque



Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

-Je n'ai jamais été mieux portante. Il me semble cependant que je sais quelque chose.
- Que dis-tu ? Je ne te comprends pas.
- Je ne comprends pas non plus tout ce que je dis. Je ne sais pas ce que je sais. Je ne dis plus ce que je veux.
- Mais si, mais si ! Je suis tout heureux de t'entendre parler ainsi; tu as eu un peu de délire ces jours-ci, et l'on ne te comprenait plus. Mais maintenant, tout cela est bien loin.

Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

12.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (22) : ce n'est pas un bon signe






Regardez comme elle dort, lentement, lentement. On dirait que son âme a froid pour toujours.
Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

11.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (21) : tout est perdu, tout est sauvé !



Ta voix voix ! Ta voix ! Elle est plus fraîche et plus franche que l'eau ! On dirait de l'eau pure sur lèvres... On dirait de l'eau pure sur mes mains ... Donne-moi tes mains. Oh ! tes mains sont si petites !

(...)
Où es-tu ? Je ne t'entends plus respirer?
- C'est que je te regarde.
- Pourquoi me regardes-tu si gravement ? Nous sommes déjà dans l'ombre. Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans la lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens, il nous reste si peu de temps.
- Non, non, restons ici... Je suis plus près de toi dans l'obscurité.
- Où sont tes yeux ? Tu ne vas pas me fuir ? Tu ne songes pas à moi en ce moment.
- Mais si, je ne songe qu'à toi.
- Tu regardais ailleurs?
- Je te voyais ailleurs.


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

10.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (20) : dernier soir



"Je ferais mieux de m'en aller sans la revoir. Il faut que je la regarde bien cette fois-ci... Il y a des choses que je ne me rappelle plus... On dirait par moments qu'il y a cent ans que je ne l'ai plus vue... Et je n'ai pas encore regardé son regard. Il ne me reste rien si je m'en vais ainsi..."

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

9.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (18) : violence


Ah ! Ah ! Ne tâchez-pas de fuir! Ici ! Donnez-moi cette main ! Ah ! vos mains sont trop chaudes...Allez-vous-en ! Votre chair me dégoûte !

(...)

(Il la saisit par les cheveux)
A genoux devant moi ! Ah ! Ah ! vos longs cheveux servent enfin à quelque chose. 

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck



8.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (17) : regard et innocence


"Pourquoi m'examinez-vous comme un pauvre ? Je ne viens pas vous demander l'aumône. Vous espérez voir quelque chose dans mes yeux sans que je vois quelque chose dans les vôtres ? Croyez-vous que je sache quelque chose ?
Voyez-vous ces grands yeux...On dirait qu'ils sont fiers d'être riches.
- Je n'y vois qu'une grande innocence.
- Une grande innocence ! Ils sont plus grands que l'innocence ! Ils sont plus purs que les yeux d'un agneau. Ils donneraient à Dieu des leçons d'innocence ! Une grande innocence ! Ecoutez; j'en suis si près que je sens la fraîcheur de leurs cils quand ils clignent, et cependant je suis moins loin des grands secrets de l'autre monde que du plus petit secret de ces yeux ! Une grande innocence ! Plus que de l'innocence ! On dirait que les anges du ciel y célèbrent sans cesse un baptême. Je les connais ces yeux. Je les ai vus à l'œuvre. Fermez-les ! Fermez-les ! ou je vais les fermer pour longtemps !
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

7.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (16) : du baiser et du regard






"Je ne t'ai embrassé qu'une seule fois jusqu'ici, le jour de ta venue; et cependant les vieillards ont besoin, quelquefois, de toucher de leurs lèvres le front d'une femme ou la joue d'un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la et éloigner un moment les menaces de la mort. As-tu peur de mes vieilles lèvres ?"
(...)
"Laisse-moi te regarder ainsi, de tout près, un moment. On a tant besoin de beauté aux côtés de la mort."


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

6.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (15) : au soleil dans un beau jardin




"Je t'observais, tu étais là, insouciante peut-être, mais avec l'air étrange et égaré de quelqu'un qui attendrait toujours un grand malheur, au soleil, dans un beau jardin."

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

Fragments du quotidien (5) : clin d'œil à Pelleas

Evidemment, je ne voyais pas Pelléas se déplaçant ainsi.


C'était avant de lire ceci :




5.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (14) : du regard





"- Ce sera le dernier soir; je vais voyager comme mon père l'a dit. Tu ne me verras plus.
- Ne dis pas cela, Pelléas... Je te verrai toujours; je te regarderai toujours.
- Tu auras beau regarder... je serai si loin que tu ne pourras plus me voir.
- Qu'est-il arrivé, Pelléas ? Je ne comprends plus ce que tu dis. "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



4.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (13) : prédiction




"Il m'a reconnu. Il m'a pris la main et il m'a dit de cet air étrange qu'il a depuis qu'il est malade :
"Est-ce toi, Pelléas ? Tien, je ne l'avais jamais remarqué, mais tu as le visage grave et amical de ceux qui ne vivront pas longtemps." "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



3.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (12) : la contagion des yeux fermés



"- Non, petit père, ils ne parlent pas.
- Mais que font-ils ?
- Ils regardent la lumière.
- Tous les deux ?
- Oui, petit père.
- Ils ne disent rien ?
- Non, petit père, ils ne ferment pas les yeux.
- Ils ne s'approchent pas l'un de l'autre ?
- Non, ils ne ferment jamais les yeux.

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 3. Debussy, Maeterlinck

2.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (11) : mains d'hommes



"Eh bien, voici l'eau stagnante dont je vous parlais. Sentez-vous l'odeur de la mort qui monte ? Allons jusqu'au bout de ce rocher qui surplombe et penchez-vous un peu; elle viendra vous frapper au visage. Penchez-vous, n'ayez pas peur, je vous tiendrai. Donnez-moi - non, non, pas la main, elle pourrait glisser, le bras. "
Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 2. Debussy, Maeterlinck

1.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (10) : Rapunzel



"- Oh ! Oh ! Qu'est-ce que c'est ? Tes cheveux, tes cheveux descendent vers moi ! Toute la chevelure, Mélisande, toute la chevelure est tombée de la tour !
Je les tiens dans les mains, je les tiens dans la bouche, je les tiens dans les bras, je les mets autour de mon cou. Je n'ouvrirai plus les mains cette nuit.
- Laisse-moi ! Laisse-moi ! Tu vas me faire tomber.
- Non, non, non ! Je n'ai jamais vu de cheveux comme les tiens, Mélisande. Vois, vois, vois, ils viennent de si haut et ils m'inondent encore jusqu'aux genoux ! Et ils sont doux, ils sont doux comme s'ils tombaient du ciel. Je ne vois plus le ciel à travers tes cheveux. Tu vois, tu vois ? Mes deux mains ne peuvent plus les tenir; il y en a jusque dans les branches du saule. Ils vivent comme des oiseaux dans mes mains, et ils m'aiment, ils m'aiment plus que toi.
- Laise-moi, laisse-moi ! Quelqu'un pourrait venir.
- Non, non, non. Je ne te délivre pas cette nuit. Tu es ma prisonnière cette nuit, toute la nuit, toute la nuit."


Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck

28.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (9) : plus bas, dans le vert sombre


"- Donne-moi du moins ta main ce soir, avant que je m'en aille. Je pars demain.
- Non, non, non !
- Si, si, je pars, je partirai demain.
Donne-moi ta main, ta main, ta petite main sur mes lèvres.
- Je ne te donne pas ma main si tu pars.
- Donne, donne, donne ...
- Tu ne partiras pas ?
- J'attendrai, j'attendrai.
- Je vois une rose dans les ténèbres.
- Où donc ? Je ne vois que les branches du saule qui dépasse le mur.
- Plus bas, plus bas, dans le vert sombre.
- Ce n'est pas une rose. J'irai voir tout-à-l'heure, mais donne-moi ta main d'abord, d'abord ta main.
- Voilà, voilà, je ne puis me pencher davantage.
- Mes lèvres ne peuvent pas atteindre ta main !
- Je ne puis me pencher davantage. Je suis sur le point de tomber."

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck

27.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (8) : perfection



Mes longs cheveux descendent jusqu'au seuil de la tour;
mes cheveux vous attendent tout le long de la tour,
et tout le long du jour,
et tout le long du jour,
Saint Daniel et Sait Michel,
Saint Michel et Saint Raphaël,
je suis née un dimanche,
un dimanche à midi.

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck


26.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (7) : les ténèbres bleues



"Elle est très grande et très belle, elle est pleine de ténèbres bleues. Quand on y allume une petite lumière, on dirait que la voûte est couverte d'étoiles comme le ciel. Donnez-moi la main, ne tremblez pas ainsi. Il n'y a pas de danger; nous nous arrêterons au moment où nous n'apercevrons plus la clarté de la mer. Est-ce le bruit de la grotte qui vous effraie ? Entendez-vous la mer derrière nous ? Elle ne semble pas heureuse cette nuit.

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 3. Debussy, Maeterlinck

25.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (6) : du ciel et de son absence



"Il est vrai que ce château est très vieux et très sombre, il est très froid et très profond. Et tous ceux qui l'habitent sont déjà vieux."
(...)
C'est donc cela qui te fait pleurer, ma pauvre Mélisande ? Ce n'est donc que cela ? Tu pleures de ne pas voir le ciel ? Voyons tu n'es plus à l'âge où l'on peut pleurer pour ces choses. Et puis, l'été n'est-il pas là ? Tu vas voir le ciel tous les jours. Et puis l'année prochaine...
Voyons, donne-moi ta main; donne-moi tes deux petites mains. Oh, ces petites mains que je pourrais écraser comme des fleurs ...

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 2. Debussy, Maeterlinck