Hier, j'ai profité du dernier jour de beau temps de la semaine pour programmer une "chasse aux asperges sauvages". J'ai pris la ligne 15 jusqu'à l'arrêt au nom qui fait rêver : "les escaliers de verre". Les escaliers ne sont pas en verre mais en béton, avec des rampes imitant des lianes. On y grimpe pour arriver sur les flancs du mont Boron qui regorgent de petites asperges printanières. Mais en ce moment, il y a aussi des tapis entiers de freesias sauvages, odorantes, petites étoiles blanches au milieu du vert prairie du au printemps si pluvieux. J'y ai découvert une terrasse aire de taichi avec vue sur la rade, toute embaumée du parfum des freesias.
Certain vilain ces temps-ci m'a rappelé le souvenir de ma mère, "et ses tentatives de suicide, sa chaise longue où elle s’était condamnée à perpétuité à l’immobilité". Ce n'est pourtant pas ainsi qu'elle reste dans mon cœur. Mais ici, au cœur du printemps. Si j'étais rédactrice du Talmud, j'y rajouterai que ma mère aura part au monde futur. Non pas parce qu'elle fut une fervente croyante. Mais parce qu'elle m'a appris à ramasser les asperges sauvages. Ce petit bonheur qu'elle m'a laissée pour toujours peut vous sembler dérisoire, il fait pourtant partie de ses mérites qui ont construit celle que je suis devenue. Dans mon enfance, nous allions chaque printemps ramasser les asperges dès qu'elles dressaient leur pointe. Je ne sais pas quel âge j'avais à mes débuts, mais je n'étais pas autonome, je ne savais pas les trouver (en cherchant par exemple un asparagus plante d'où la nouvelle pousse sortait); et comme toute enfant, en étais bien marrie; aussi ma mère avait mis en place un stratagème très efficace, elle "sentait l'odeur d'une asperge" tout près d'elle, et du coup, je pouvais la découvrir et la cueillir. J'étais transportée de bonheur. Et plus encore, je me souviens avoir prononcé les mots fièrement, quand avec l'expérience je les trouvais seules, "celle-là tu ne l'as pas sentie !". Je ne sais si c'est ce bonheur qui me saisit encore aujourd'hui quand je pars en chasse. Alors que dans la vie je suis très myope, il est très rare que j'en rate une lors de ma collecte. Certainement par le rayonnement de l'odorat de ma mère.
15.3.26
Le souvenir des belles choses: l'odeur des asperges sauvages
31.10.24
Lecture : Nuage et eau (2) : assaisonnement
Aji wo tsukeru, expression souvent traduite par "assaisonner" évoque également la capacité à capturer le goût du légume par une préparation. A rebours de la gastronomie française traditionnelle qui procède par addition de textures et de sauces, la cuisine japonaise tente de révéler le produit en enlevant tous les procédés inutiles pouvant l'altérer. Le dashi doit "trouver" l'essence naturelle du produit, le révéler, toucher sa vraie nature. Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose, de transformer le produit par des sauces ou des condiments permettant d'avoir un plat élaboré, amis d'utiliser les préparations comme des exhausteurs d'un goût originellement présent.
La logique est là aussi celle de la soustraction, du lâcher prise. Enlever, toujours enlever. S'il faut cuire un oignon, l'huile ou le sel ne sont pas nécessaires, l'oignon est seulement cuit à feu très doux dans une petite casserole fermée, enrobé dans sa peau pour l'attendrir, à l'image d'une cuisson vapeur. Il n'y a donc qu'un oignon, cuit dans sa propre peau (...) Une cuisine sans ego
Entre nuage et eau, de Tozan, chapitre 3, ed. Equateurs
30.10.24
Lecture : Nuage et Eau (1) : conventions
Une bonne réponse aux obsédés des symboles dans la religion
"Vu de l'extérieur le repas zen regorge de conventions totalement arbitraires. Pourquoi pser la sauce soja à droite du por qui contient les graines de sésame et non l'inverse ? Pourquoi utiliser des baguettes pour le riz et pour les pâtes ? Chercher le sens de tout cela est une pure perte de temps. C'est parce que le repas est codifié que nous pouvons fixer notre attention sur de minuscules détails. Les règles sont des repères, jamais des fins en soi, elles aident à calmer l'esprit, unifiant l'acte banal de manger et le caractère sacré apporté à la nourriture.
Entre nuage et eau, de Tozan, chapitre 3, ed. Equateurs
14.1.23
Mon journal de Hanouka : Jour 2.Beignets
Aujourd’hui pour l’allumage, j’ai acheté une autre sorte de beignets que ceux d’hier à la synagogue (des chichis comme sur la plage de mon enfance) : des merveilles. Le nom est aussi joli que le gâteau lui-même, une bande toute plate mais remplies de bulles de bonheur, croustillante et sucrée.
Il faudra demain des laktes, puis des donuts, des beignets arabes, des chouros, des beignets de courgettes, et le dernier, que faire ? Mais oui, des tempuras, je les demanderai en cadeau à Hatsuosan qui ne pourra rien me refuser en ce jour de Noël !
19.2.21
En cheminant avec la parasha (20) : Térouma : du pain
Dans Térouma, tous les détails de la construction de l'Arche Sainte sont minutieusement décrits. Toutes les matières sont des plus précieuses : or, bois précieux, étoffes précieuses, sculptures monumentales. La description en est presque lassante : tous ces détails ont-ils encore un sens pour nous, en intérêt pour ce monument si précieux, si chargé, totalement disparu et pas vraiment au programme de reconstruction. Pourtant, parmi tout cela, un petit détail, tout simple : sur une table en bois précieux, aux mesures exactes, recouverte d'or pur, bordée d'or, chassis bordé d'or, anneaux d'or pour les pieds, barres pour la porter en bois précieux recouvert d'or, toutes les pièces sont en or. Tout cela pour quel usage ?
(25; 30) : "Et tu placeras sur cette table des pains de proposition, en permanence, devant moi" Du pain. Bien sûr, nous lirons plus loin que ces pains sont en fleur de farine. Mais tout de même. Du pain. En ce temps de manne céleste, le cœur du trésor de la table est le pain. L'irremplaçable pain que même non levé on se devait d'emporter en quittant l'Egypte. Le pain, absent d'aucunes fêtes. Le pain, la nourriture que l'on ne peut refuser même à un pauvre. Le pain, cuit au four ou simplement à la chaleur du sable du désert. Le pain.
1.11.20
My favorite things (30) : automne (11)
1. Lectures
"J'avais été un peu déçue par l'écriture de Kawabata. Les caractères étaient serrés sur la droite - comme le contenu d'un bento trop longtemps transporté de travers. "
La république du bonheur. OGAWA Ito
2. Statues de ma voisine
Sainte de salon (Canaux)
25.10.20
My favorite things (23) : automne (12)
1. Lectures
"Maintenant que je le savais, je brûlais d'envie de lui écrire. Je n'avais pas le temps de choisir du papier et un crayon; j'ai attrapé un stylo Uni qui traînait pour vite livrer mes sentiments au papier. Si j'avais fait un brouillon, l'essence de ma pensée se serait évaporée, il me fallait écrire d'un jet. "
Le bonheur retrouvé, OGAWA Ito, ch. Riz au mukago
2. Statues de ma voisine
J'ai commencé une collection de statue de ma voisine.
Celle d'Aups est d'une élégance raffinée, tout dans le détail ...
20.9.20
My favorite things (16) : automne (3)
Albert Camus, la peste, p149
1.8.20
My favorite things (6) : vacances (6)
J'ai toujours été fascinée par les fleurs bicolores. Celle-ci poussait près des maisons, mais je ne connais pas son nom ...
19.7.20
My favorite things (1) : vacances (1)
A la montagne, on achète des masques sur les marchés que personne ne met.
Peut-être en France on pense que les écrivains japonais sont bons parce qu'ils sont différents. Donc ils peuvent être glauques, écrire des romans où il ne se passe rien, ou l'héroïne, inutile, totalement inoccupée, totalement incapable d'aimer rien ni de s'intéresser à rien et ne fait rien qu'à picoler, c'est être sublime, délicat ou simplement ... japonais. Le top, donner un titre et une couverture qui n'a rien à voir avec l'intérieur. Pas la peine de tenir jusqu'au tiers du roman (et c'était dur), passez il n'y a rien à voir ...
Ici, au cœur des montagnes, au milieu de rien que de la beauté, il y a des animaux et des gens qui travaillent pour nous. Le résultat, beaufort de l'alpage, est inimaginable sans avoir goûté. Une vraie démonstration que le discours vegan insupportable d'abstinence de fromage est bullshit (sens propre).
13.11.19
Italia mia (2) : les délices sucrés de Naples
Le café napolitain est un délice, expresso serré, au goût tout à fait particulier.
Mais ma coutume inaugurale quotidienne, c'est le capuccino. A chaque café sa déco,
qui peut s'adapter au calendrier
24.10.15
De mon balcon : inauguration
23.10.15
A quatre pas de ma maison (5) surprises gastronomiques : pizza familiale
L'accueil y est très sympathique, petite pissaladière offerte, et également le limoncello avec l'addition.
Entre, le menu, nous avons choisi deux pizzas, la mienne calzone sans jambon, c'est la meilleure calzone que j'aie jamais mangée, et Hatsuo pizza parmegianno
12.10.15
A quatre pas de ma maison (1) : où boire du chocolat
Ici, le quartier a beaucoup changé avec le tram, il a périclité un peu, les magasins anciens ont presque disparus, et de nouveaux commerces sont apparus.
Parmi eux, un endroit tout mignon, sa propriétaire ne l'est pas moins, un univers baroque et doux, et une carte de thés et chocolats des plus heureuses. Pas encore goûté les pâtisseries, il n'y en avait plus !
28.8.14
Elles nous font la déco (1) : marché d'été (suite)
Qu'elles en soient remerciées.
























