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15.3.26

Le souvenir des belles choses: l'odeur des asperges sauvages

 Hier, j'ai profité du dernier jour de beau temps de la semaine pour programmer une "chasse aux asperges sauvages". J'ai pris la ligne 15 jusqu'à l'arrêt au nom qui fait rêver : "les escaliers de verre". Les escaliers ne sont pas en verre mais en béton, avec des rampes imitant des lianes. On y grimpe pour arriver sur les flancs du mont Boron qui regorgent de petites asperges printanières. Mais en ce moment, il y a aussi des tapis entiers de freesias sauvages, odorantes, petites étoiles blanches au milieu du vert prairie du au printemps si pluvieux. J'y ai découvert une terrasse aire de taichi avec vue sur la rade, toute embaumée du parfum des freesias.
Certain vilain ces temps-ci m'a rappelé le souvenir de ma mère, "et ses tentatives de suicide, sa chaise longue où elle s’était condamnée à perpétuité à l’immobilité". Ce n'est pourtant pas ainsi qu'elle reste dans mon cœur. Mais ici, au cœur du printemps. Si j'étais rédactrice du Talmud, j'y rajouterai que ma mère aura part au monde futur. Non pas parce qu'elle fut une fervente croyante. Mais parce qu'elle m'a appris à ramasser les asperges sauvages. Ce petit bonheur qu'elle m'a laissée pour toujours peut vous sembler dérisoire, il fait pourtant partie de ses mérites qui ont construit celle que je suis devenue. Dans mon enfance, nous allions chaque printemps ramasser les asperges dès qu'elles dressaient leur pointe. Je ne sais pas quel âge j'avais à mes débuts, mais je n'étais pas autonome, je ne savais pas les trouver (en cherchant par exemple un asparagus plante d'où la nouvelle pousse sortait); et comme toute enfant, en étais bien marrie; aussi ma mère avait mis en place un stratagème très efficace, elle "sentait l'odeur d'une asperge" tout près d'elle, et du coup, je pouvais la découvrir et la cueillir. J'étais transportée de bonheur. Et plus encore, je me souviens avoir prononcé les mots fièrement, quand avec l'expérience je les trouvais seules, "celle-là tu ne l'as pas sentie !". Je ne sais si c'est ce bonheur qui me saisit encore aujourd'hui quand je pars en chasse. Alors que dans la vie je suis très myope, il est très rare que j'en rate une lors de ma collecte. Certainement par le rayonnement de l'odorat de ma mère. 





31.10.24

Lecture : Nuage et eau (2) : assaisonnement

 Aji wo tsukeru, expression souvent traduite par "assaisonner" évoque également la capacité à capturer le goût du légume par une préparation. A rebours de la gastronomie française traditionnelle qui procède par addition de textures et de sauces, la cuisine japonaise tente de révéler le produit en enlevant tous les procédés inutiles pouvant l'altérer. Le dashi doit "trouver" l'essence naturelle du produit, le révéler, toucher sa vraie nature. Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose, de transformer le produit par des sauces ou des condiments permettant d'avoir un plat élaboré, amis d'utiliser les préparations comme des exhausteurs d'un goût originellement présent.

La logique est là aussi celle de la soustraction, du lâcher prise. Enlever, toujours enlever. S'il faut cuire un oignon, l'huile ou le sel ne sont pas nécessaires, l'oignon est seulement cuit à feu très doux dans une petite casserole fermée, enrobé dans sa peau pour l'attendrir, à l'image d'une cuisson vapeur. Il n'y a donc qu'un oignon, cuit dans sa propre peau (...) Une cuisine sans ego

Entre nuage et eau, de Tozan, chapitre 3, ed. Equateurs

30.10.24

Lecture : Nuage et Eau (1) : conventions

Une bonne réponse aux obsédés des symboles dans la religion

"Vu de l'extérieur le repas zen regorge de conventions totalement arbitraires. Pourquoi pser la sauce soja à droite du por qui contient les graines de sésame et non l'inverse ?  Pourquoi utiliser des baguettes pour le riz et pour les pâtes ? Chercher le sens de tout cela est une pure perte de temps. C'est parce que le repas est codifié que nous pouvons fixer notre attention sur de minuscules détails. Les règles sont des repères, jamais des fins en soi, elles aident à calmer l'esprit, unifiant l'acte banal de manger et le caractère sacré apporté à la nourriture.


Entre nuage et eau, de Tozan, chapitre 3, ed. Equateurs

14.1.23

Mon journal de Hanouka : Jour 2.Beignets


Aujourd’hui pour l’allumage, j’ai acheté une autre sorte de beignets que ceux d’hier à la synagogue (des chichis comme sur la plage de mon enfance) : des merveilles. Le nom est aussi joli que le gâteau lui-même, une bande toute plate mais remplies de bulles de bonheur, croustillante et sucrée.

Il faudra demain des laktes, puis des donuts, des beignets arabes, des chouros, des beignets de courgettes, et le dernier, que faire ? Mais oui, des tempuras, je les demanderai en cadeau à Hatsuosan qui ne pourra rien me refuser en ce jour de Noël !


19.2.21

En cheminant avec la parasha (20) : Térouma : du pain


 Dans Térouma, tous les détails de la construction de l'Arche Sainte sont minutieusement décrits. Toutes les matières sont des plus précieuses : or, bois précieux, étoffes précieuses, sculptures monumentales. La description en est presque lassante : tous ces détails ont-ils encore un sens pour nous, en intérêt pour ce monument si précieux, si chargé, totalement disparu et pas vraiment au programme de reconstruction. Pourtant, parmi tout cela, un petit détail, tout simple : sur une table en bois précieux, aux mesures exactes, recouverte d'or pur, bordée d'or, chassis bordé d'or, anneaux d'or pour les pieds, barres pour la porter en bois précieux recouvert d'or, toutes les pièces sont en or. Tout cela pour quel usage ? 

(25; 30) : "Et tu placeras sur cette table des pains de proposition, en permanence, devant moi" Du pain. Bien sûr, nous lirons plus loin que ces pains sont en fleur de farine. Mais tout de même. Du pain. En ce temps de manne céleste, le cœur du trésor de la table est le pain. L'irremplaçable pain que même non levé on se devait d'emporter en quittant l'Egypte. Le pain, absent d'aucunes fêtes. Le pain, la nourriture que l'on ne peut  refuser même à un pauvre. Le pain, cuit au four ou simplement à la chaleur du sable du désert. Le pain.

1.11.20

My favorite things (30) : automne (11)

 1. Lectures

"J'avais été un peu déçue par l'écriture de Kawabata. Les caractères étaient serrés sur la droite - comme le contenu d'un bento trop longtemps transporté de travers. "

La république du bonheur. OGAWA Ito

2. Statues de ma voisine

Sainte de salon (Canaux)



3. Fruits de saison
Les kakis si chers à mon cœur. Il y a 12 ans, ils furent mon plus joli cadeau de mariage dans le Kanagawa.

4. Il est certainement recouvert de neige aujourd'hui


5. Quand pourra-t-on retourner danser ?

25.10.20

My favorite things (23) : automne (12)

 1. Lectures 

"Maintenant que je le savais, je brûlais d'envie de lui écrire. Je n'avais pas le temps de choisir du papier et un crayon; j'ai attrapé un stylo Uni qui traînait pour vite livrer mes sentiments au papier. Si j'avais fait un brouillon, l'essence de ma pensée se serait évaporée, il me fallait écrire d'un jet. "

Le bonheur retrouvé, OGAWA Ito, ch. Riz au mukago

2. Statues de ma voisine

J'ai commencé une collection de statue de ma voisine. 
Celle d'Aups est d'une élégance raffinée, tout dans le détail ...


3. Association des Royaumes de Savoie et du Comté de Nice

Musiques et souvenirs

20.9.20

My favorite things (16) : automne (3)

1. Lectures
"Au milieu du disque, on entendit deux coups de feu claquer au loin.
- Un chien ou une évasion, dit Tarrou.
Un moment après, le disque s'acheva et l'appel d'une ambulance se précisa, grandit, passa sous les fenêtres de la chambre d'hôtel, diminua, puis s'éteignit enfin.
- Ce disque n'est pas drôle, dit Rambert. Et puis cela fait bien dix fois que je l'entends aujourd'hui.
- Vous l'aimez tant que cela ?
- Non, mais je n'ai que celui-là."

 Albert Camus, la peste, p149

2. La saison change, le soleil aussi

3. Enfin ne pas culpabiliser de passer son dimanche sur le canapé, écouter gronder l'orage, regarder une série musicale avec d'innombrables épisodes, et sortir boire un chocolat plein de chantilly




1.8.20

My favorite things (6) : vacances (6)

le Saint du jour : Bernard


Beaucoup de légendes autour de ces chiens : on m'a raconté qu'ils cherchaient les gens perdus dans la neige, mais mieux valait que le maître surveille, sinon il les bouffait. C'est tout-à-fait contredit par Wikipedia.

La fleur du jour : 
J'ai toujours été fascinée par les fleurs bicolores. Celle-ci poussait près des maisons, mais je ne connais pas son nom ...


Au col du Petit Saint-Bernard, on retrouve l'Italie comme on l'aime et dont nous a privé le confinement :
la toile ciré, l'accueil simple et chaleureux, qui après le capuccino 
nous incite à manger la polenta, qui même si elle n'est pas gastronomique, est présentée à la japonaise dans de tous petits plats savoureux...





L'Italie m'inspire



19.7.20

My favorite things (1) : vacances (1)

Le saint du jour : Notre-Dame des Vernettes.


A la montagne, on achète des masques sur les marchés que personne ne met.


Peut-être en France on pense que les écrivains japonais sont bons parce qu'ils sont différents. Donc ils peuvent être glauques, écrire des romans où il ne se passe rien, ou l'héroïne, inutile, totalement inoccupée, totalement incapable d'aimer rien ni de s'intéresser à rien  et ne fait rien qu'à picoler, c'est être sublime, délicat ou simplement ... japonais. Le top, donner un titre et une couverture qui n'a rien à voir avec l'intérieur. Pas la peine de tenir jusqu'au tiers du roman (et c'était dur), passez il n'y a rien à voir ...

Ici, au cœur des montagnes, au milieu de rien que de la beauté,  il y a des animaux et des gens qui travaillent pour nous. Le résultat, beaufort de l'alpage, est inimaginable sans avoir goûté. Une vraie démonstration que le discours vegan insupportable d'abstinence de fromage est bullshit (sens propre).

13.11.19

Italia mia (2) : les délices sucrés de Naples

Ressenti des ruelles de Naples : une boutique sur deux est un café avec vitrine pâtissière ou une pâtisserie. Le café est toujours plein, difficile de trouver une table libre, et du monde au comptoir, qui discute joyeusement.
Le café napolitain est un délice, expresso serré, au goût tout à fait particulier.


Mais ma coutume inaugurale quotidienne, c'est le capuccino. A chaque café sa déco,



qui peut s'adapter au calendrier

Les tentations d'accompagner le café sont multiples. Dans les cafés, mais aussi les pâtisseries, des gâteaux, souvent traditionnels, avec ces deux formes typiques 

ma préférence


déclinés parfois sous des formes multiples ...

Dans le quartier Sanità, chez Poppella, un soir, un grand glouton avalait en une bouchée un petit gâteau à l'air inoffensif. Heureusement que ma curiosité a surmonté mon léger écœurement, car j'ai découvert le "flocon de neige"

Nous l'avons associé à un limoncello de Sorrento. Nous avons ensuite discuté avec son pâtissier, tellement amoureux de son gâteau qu'il l'avait tatoué sur l'avant-bras.

Je m'aperçois que je n'ai aucune photo des babas au rhum que l'on voit partout sous toutes sortes de formes ... n'ayant aucune sympathie pour ce gâteau, je l'ai cordialement zappé ...



24.10.15

De mon balcon : inauguration

Service thé ouvert tous les après-midis, possibilité fumeurs modérés. L'inauguration s'est bien passée.
N.B. : les mini-beignets aux pommes viennent de Pains et Délices, 10 av. Malausséna, un régal !

23.10.15

A quatre pas de ma maison (5) surprises gastronomiques : pizza familiale

Hier soir, nous avons découvert un restaurant tout près de chez nous, lou Pantail, avenue Saint-Lambert.
L'accueil y est très sympathique, petite pissaladière offerte, et également le limoncello avec l'addition.
Entre, le menu, nous avons choisi deux pizzas, la mienne calzone sans jambon, c'est la meilleure calzone que j'aie jamais mangée, et Hatsuo pizza parmegianno


Le dessert était fabuleux : coupe de glace au yaourt avec framboises, avec crème de spéculons et chantilly servie à part.

La nourriture est vraiment délicieuse et tous les ingrédients de qualité.
L'ambiance est simple et chaleureuse, ça nous change du quartier des Musiciens; beaucoup de familles viennent manger et à huit heures et demi le restaurant était plein. 
Il parait que le premier vendredi du mois, ils font le stockfisch, ça donne envie !
En tout cas, tout donne envie d'y retourner.

12.10.15

A quatre pas de ma maison (1) : où boire du chocolat

J'ai déménagé depuis peu et je découvre une toute nouvelle ambiance et de nouvelles merveilles.
Ici, le quartier a beaucoup changé avec le tram, il a périclité un peu, les magasins anciens ont presque disparus, et de nouveaux commerces sont apparus.
Parmi eux, un endroit tout mignon, sa propriétaire ne l'est pas moins, un univers baroque et doux, et une carte de thés et chocolats des plus heureuses. Pas encore goûté les pâtisseries, il n'y en avait plus !

Au goût thé d'Antan, entre arrêt Borriglionne et arrêt Valrose, à la hauteur de l'Eglise Jeanne d'Arc. J'adore la citation derrière la porte des toilettes : "la Terre est le seul endroit où l'on puisse trouver du chocolat, alors protégeons-là ! "

28.8.14

Elles nous font la déco (1) : marché d'été (suite)

Certaines personnes bienveillantes et appliquées nous font une jolie déco de saison ...
Qu'elles en soient remerciées.

10.8.14

Marché d'été

Rouvrons ce pauvre blog abandonné par quelques saveurs simples, nostalgiques de Charente mais certaines introuvables ailleurs qu'ici...

29.5.14

Marché férié : le goût de l'Italie

Acheté au marché annuel : les olives introuvables ailleurs et de la limonade au basilic...

10.11.13

Marché de Novembre

Des châtaignes (délicieuses), du fromage frais de brebis, une bonne salade frisée et quelques œillets de poète

10.8.13

26.7.13

Cent vues (79) : jeux de triangles, suite

Inage-Ryo Natsu no Fuji, de Hokusai
"- Vous reprendrez bien un peu de thé avec votre riz ?`
- Mais bien sûr Très Cher ! "