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11.6.21

En cheminant avec la parasha (39) : Qora'h : sort des révoltés


 

Dans cette parasha, de nouveaux adversaires se lèvent contre Moïse et Aaron. Les explorateurs, les complotistes, ont semé la graine du mal, et elle germe, par deux fois encore, malgré les preuves données par l'Eternel. Et par deux fois sa colère frappe et déchire, même si tout fini par une verge qui donne fleurs et fruits. 

Car le mal est toujours là et toujours il guette.

J'ai pensé alors à mettre en parallèle la parasha avec le célèbre passage du puits dans le Talmud. Ici, les opposants à Dieu ne sont pas châtiés, bien au contraire, Dieu les félicite et rit. C'est que le Temps a passé, et surtout, l'Etude. Lorsqu'on étudie, on peut poser des questions à Dieu, et sans doute même le défier. Les Hébreux de la Bible ne se sentent élus que parce qu'ils "sont". Mais cela ne suffit pas, l'élection se mérite, et c'est par l'étude qu'elle s'acquiert.

4.6.21

En cheminant avec la parasha (38) : Chela'h-Lekha : les gavés de manne


 Dans cette parasha, le célèbre passage des explorateurs. Je n'ai pu m'empêcher de le restituer dans le contexte actuel :

D'après le compte-rendu des explorateurs , dans ce pays, il y coule bien le lait et le miel, les fruits sont magnifiques, mais mais mais mais ... les habitants, dont Amalek, est bien plus fort que nous.

Les Hébreux, toujours à regretter l'Egypte, gavés de manne, sont devenus des geignards mous. Renonçant à tout, capable d'accepter le mal absolu, Amalek, s'il se tient loin d'eux. 

Je comprends la colère divine. En cette époque était Moïse, prêt à tout pour sauver son peuple. C'est peut-être en cela que lui aussi sera puni de cette terre. Ce peuple méritait-il d'être sauvé ? C'est la question que je pose souvent , aujourd'hui, par les temps qui courent.

28.5.21

En cheminant avec la parasha (37) : Beha'alotekha : la femme est toujours coupable

 

Myriam, Anselm Feuerbach

Quel peuple de geigneurs ! Dans le désert, la manne offerte généreusement ne suffit pas aux Hébreux qui n'ont pas l'âme de vegans. Ils pleurent après la viande, après le poisson de leurs souvenirs. Moïse craque, il a bien raison, quel cadeau ce peuple ! Mais l'Eternel n'est guère patient non plus, et il se venge. Dans sa vengeance, il n'est guère juste : il en tue quelques uns après la chute des cailles, mais on ne dit pas quels sont ses critères; on ne sait pas non plus les critères pour punir Miriam de la lèpre, alors qu'Aaron aussi a péché avec elle : comme dit le proverbe populaire, les femmes savent toujours de quoi elles sont coupables ...

21.5.21

En cheminant avec la parasha (36) : Nasso : l'infidélité est un mot féminin

Le rituel de Sotah, Jan Luyken


Au milieu de cette parasha, entre la suite de la liste des tâches et celle des offrandes d'inauguration, deux lois.

Une à propos du nazirat, c'est-à-dire du retranchement du peuple par l'abstinence d'alcool , en fait de raisin, sous toute ses formes, et du nazir qui physiquement se laissera pousser les cheveux, se distinguant ainsi du reste du peuple. Ce qui me frappe, c'est que cette rupture, quel qu'en soit le motif, ne peut être éternelle : elle a un commencement, et une fin, marqués par des étapes visibles de tous. On ne peut donc, quand on est juif, être ermite ou anachorète pour toujours, et si l'on décide de l'être , on est étroitement surveillé par le reste de la communauté, qui veille, y compris s'il y a rupture accidentelle du statut.

La deuxième parle de la femme sotah, la femme supposée être infidèle. Le rituel parait étrange, injuste. Mais pourtant, il protège la femme du crime d'honneur, obligeant la famille à se plier au jugement de Dieu en l'absence de témoignage. Il oblige à la laver de toute faute, en cas de réussite, la gratifiant même de fertilité comme dédommagement de l'épreuve endurée. Mais, j'allais dire "bien sûr", on ne dit rien de ce que serait un homme "sotah"... voyons, il ne faudrait pas exagérer ...
 

14.5.21

En cheminant avec la parasha (35) : Bemidbar : multitude

Les Israëlites se regroupant autour de la manne, Nicolas Poussin
 

Le livre Bemidbar, "au désert" commence par la parasha du même nom par un paradoxe : dans ce nommé désert, il y a tant de monde, qu'il va falloir le recenser  Compter pour catégoriser : telle ou telle tribu dans un point géographique du campement, les Lévites ayant scrupuleusement leur tache respective pour montage et démontage de l'Arche, toute inattention pouvant être occasion de mort ... Bien sûr, il n'est question ici que d'hommes, jeunes. Cela peut être l'occasion d'un dictionnaire de prénoms masculins, aux consonances magnifiques : Issakhar, Amishadaï, Eliassaph