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8.12.13

Mes notes de Chevet (110) : Choses qui sont bonnes quand elles sont grandes

"Les bonzes, les fruits, les maisons, les sacs à provisions, les bâtonnets d'encre qui garnissent l'écritoire.
Les yeux des hommes."
Sei Shônagon, Notes de chevet


Mes notes de chevet
Les yeux bien sûr mais... ma grande sœur a oublié les mains.

11.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (21) : tout est perdu, tout est sauvé !



Ta voix voix ! Ta voix ! Elle est plus fraîche et plus franche que l'eau ! On dirait de l'eau pure sur lèvres... On dirait de l'eau pure sur mes mains ... Donne-moi tes mains. Oh ! tes mains sont si petites !

(...)
Où es-tu ? Je ne t'entends plus respirer?
- C'est que je te regarde.
- Pourquoi me regardes-tu si gravement ? Nous sommes déjà dans l'ombre. Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans la lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens, il nous reste si peu de temps.
- Non, non, restons ici... Je suis plus près de toi dans l'obscurité.
- Où sont tes yeux ? Tu ne vas pas me fuir ? Tu ne songes pas à moi en ce moment.
- Mais si, je ne songe qu'à toi.
- Tu regardais ailleurs?
- Je te voyais ailleurs.


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

9.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (18) : violence


Ah ! Ah ! Ne tâchez-pas de fuir! Ici ! Donnez-moi cette main ! Ah ! vos mains sont trop chaudes...Allez-vous-en ! Votre chair me dégoûte !

(...)

(Il la saisit par les cheveux)
A genoux devant moi ! Ah ! Ah ! vos longs cheveux servent enfin à quelque chose. 

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck



4.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (13) : prédiction




"Il m'a reconnu. Il m'a pris la main et il m'a dit de cet air étrange qu'il a depuis qu'il est malade :
"Est-ce toi, Pelléas ? Tien, je ne l'avais jamais remarqué, mais tu as le visage grave et amical de ceux qui ne vivront pas longtemps." "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



2.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (11) : mains d'hommes



"Eh bien, voici l'eau stagnante dont je vous parlais. Sentez-vous l'odeur de la mort qui monte ? Allons jusqu'au bout de ce rocher qui surplombe et penchez-vous un peu; elle viendra vous frapper au visage. Penchez-vous, n'ayez pas peur, je vous tiendrai. Donnez-moi - non, non, pas la main, elle pourrait glisser, le bras. "
Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 2. Debussy, Maeterlinck

28.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (9) : plus bas, dans le vert sombre


"- Donne-moi du moins ta main ce soir, avant que je m'en aille. Je pars demain.
- Non, non, non !
- Si, si, je pars, je partirai demain.
Donne-moi ta main, ta main, ta petite main sur mes lèvres.
- Je ne te donne pas ma main si tu pars.
- Donne, donne, donne ...
- Tu ne partiras pas ?
- J'attendrai, j'attendrai.
- Je vois une rose dans les ténèbres.
- Où donc ? Je ne vois que les branches du saule qui dépasse le mur.
- Plus bas, plus bas, dans le vert sombre.
- Ce n'est pas une rose. J'irai voir tout-à-l'heure, mais donne-moi ta main d'abord, d'abord ta main.
- Voilà, voilà, je ne puis me pencher davantage.
- Mes lèvres ne peuvent pas atteindre ta main !
- Je ne puis me pencher davantage. Je suis sur le point de tomber."

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck

26.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (7) : les ténèbres bleues



"Elle est très grande et très belle, elle est pleine de ténèbres bleues. Quand on y allume une petite lumière, on dirait que la voûte est couverte d'étoiles comme le ciel. Donnez-moi la main, ne tremblez pas ainsi. Il n'y a pas de danger; nous nous arrêterons au moment où nous n'apercevrons plus la clarté de la mer. Est-ce le bruit de la grotte qui vous effraie ? Entendez-vous la mer derrière nous ? Elle ne semble pas heureuse cette nuit.

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 3. Debussy, Maeterlinck

25.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (6) : du ciel et de son absence



"Il est vrai que ce château est très vieux et très sombre, il est très froid et très profond. Et tous ceux qui l'habitent sont déjà vieux."
(...)
C'est donc cela qui te fait pleurer, ma pauvre Mélisande ? Ce n'est donc que cela ? Tu pleures de ne pas voir le ciel ? Voyons tu n'es plus à l'âge où l'on peut pleurer pour ces choses. Et puis, l'été n'est-il pas là ? Tu vas voir le ciel tous les jours. Et puis l'année prochaine...
Voyons, donne-moi ta main; donne-moi tes deux petites mains. Oh, ces petites mains que je pourrais écraser comme des fleurs ...

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 2. Debussy, Maeterlinck

24.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (5) : je n'en dis rien



"- Prenez garde de glisser. Je vais vous tenir par la main.
- Non, non, je voudrais y plonger les deux mains. On dirait que mes mains sont malades aujourd'hui."
(...)
" - Prenez garde ! prenez garde ! Vous allez tomber ! Avec quoi jouez-vous ?
- Avec l'anneau qu'il m'a donné.
- Ne jouez pas ainsi au dessus d'une eau si profonde.
- Mes mains ne tremblent pas.
- Comme il brille au soleil ! Ne le jetez pas si haut vers le ciel !
- Oh !
- Il est tombé !
- Il est tombé dans l'eau !
Où est-il ? Où est-il ?
- Je ne le vois pas descendre.
- Ma bague ?
- Oui, oui; là-bas.
- Oh! Oh ! Elle est si loin de nous !
 Non, non, ce n'est plus elle.
Elle est perdue, perdue ! Il n'y a plus qu'un grand cercle sur l'eau. Qu'allons-nous faire maintenant ?
- Il ne faut pas s'inquiéter ainsi pour une bague. Ce n'est rien. Nous la retrouverons peut-être. Ou bien nous en retrouverons une autre.
- Non, non, nous ne la retrouverons plus, nous n'en trouverons pas d'autres non plus. Je croyais l'avoir dans les mains cependant. J'avais déjà fermé les mains, et elle est tombée malgré tout. Je l'ai jetée trop haut du côté du soleil. "

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 2. Debussy, Maeterlinck

23.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (4) : on s'embarquerait sans le savoir et on ne reviendrait plus




"- Entendez-vous la mer ? C'est le vent qui s'élève. Descendons par ici. Voulez-vous me donner la main ?
- Voyez, voyez, j'ai les mains pleines de fleurs.
- Je vous soutiendrai par le bras; "

Pelleas et Mélisande, Claude Debussy et Maurice Maeterlinck,  Acte 1, scène 3


21.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (2) : départ



"-Venez,donnez-moi la main.
- Oh, ne me touchez pas.
.... La nuit sera très noire et très froide. Venez avec moi.
- Où allez vous ?
- Je ne sais pas. Je suis perdu aussi.
"

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 1. Debussy, Maeterlinck