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3.4.25

Murs incertains (36) : pizza


"
- Et après, nous allons chez moi manger quelque chose ? Je peux cuisiner un petit dîner rapide et simple . "
Elle a un peu penché la tête, plissé les paupières et réfléchi.
" Si cela ne vous ennuie pas, pourrions-nous commander une pizza ici et prendre une bière avec ? C'est plutôt de ça que j'ai envie aujourd'hui.
- Bien sûr. Une pizza, ce n'est pas plus mal.
- Une margherita, ça vous va ?
- Ca m'est égal. Décidez vous-même. "
Elle a appuyé sur un numéro enregistré dans son portable et a commandé des pizzas, comme elle en avait l'habitude? Garnies de trois sortes de champignons. "

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 61


20.3.25

Murs incertains (25) : nutriments

"Je me suis installé au comptoir et, comme toujours, j'ai commandé un mug de café noir et un muffin aux myrtilles. Le muffin était encore tiède, très moelleux. Il était devenu ma chair, le café mon sang. Ils constituaient avant tout une préciese source de nutriments."

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 58


18.3.25

Murs incertains (23) : dîner improvisé

 "

"Si cela ne vous gêne pas, pourquoi ne pas aller chez moi ? Je pourrai vous cuisiner un petit quelque chose rapidement, si vous êtes d'accord."
Elle a pris quelque secondes pour considérer ma proposition et a demandé :
"Qu'est-ce que vous pourriez nous concocter ?"
Mentalement, j'ai rapidement listé les ingrédients que j'avais mis dans le réfrigérateur ce matin.
"Peut-être une salade de crevettes aux herbes et des spaghettis aux calamars et aux champignons ? J'ai aussi un chablis frais qui irait bien avec. C'est une bouteille que j'ai achetée ici, et ce vin n'est peut-être pas de la première classe."
"

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 53

16.3.25

Murs incertains (21) : muffin nature

"De retour du cimetière, je me suis arrêté comme d'habitude au café sans nom. J'avais l'impression d'être devenu le célibataire type d'un certain âge, qui suis ses habitudes à la manière d'un automate. Je me suis assis à ma place habituelle au comptoir. J'ai commandé le café noir habituel et un muffin nature (il n'y avait plus de muffin aux myrtilles, ce jour-là). La femme habituelle derrière son comptoir m'a souri comme d'habitude.
De doux sons de guitare jazz provenaient du haut-parleur mais je ne connaissais ni le titre du morceau, ni le guitariste. Tout en écoutant vaguement la musique, j'ai bu mon café bien chaud, dégusté le muffin que j'ai coupé en petites portions. Oui, les muffins simples avaient aussi leurs qualités. "

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 51

14.3.25

Murs incertains (19) : tea time

 "Discrètement, ne faisant entendre que de légers tintements, Mme Soeda a disposé les tasses, les assiettes et le sucrier sur mon bureau. L'ensemble a donné à cette pièce par ailleurs aride et sobre l'atmosphère élégante et raffinée d'un salon en début d'après-midi ; un quatuor de Mozart n'aurait pas dépareillé en ces instants. Sans leur sachet en papier, disposés sur des assiettes joliment décorées, accompagnés de fourchettes en argent, les muffins du café de la gare ressemblaient à de nobles et vénérables pâtisseries. Des serviettes en lin blanc pliées en triangle et un vase contenant une rose rouge auraient bien complété le tout, mais il ne fallait tout de même pas trop en demander.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

13.3.25

Murs incertains (18) : service à thé

Comme prévu, c'est Mme Soeda qui est entrée dans la pièce avec un plateau rond, sur lequel étaient posées deux tasses de thé noir, des rondelles de citron et deux assiettes garnies des muffins aux myrtilles. Sans oublier un petit sucrier. Tasses, assiettes et sucrier faisaient partie d'un joli service à thé à l'ancienne, peut-être en porcelaine de Wedgwood. Les petites cuillères et fourchettes avaient l'éclat noble et délicat de l'argent. J'ai subodoré que ces objets faisaient partie des biens personnels de M. Koyasu. En tout cas, ce n'étaient pas des ustensiles que l'on s'attendait à trouver dans une petite bibliothèque municpale. Tout cela  n'était sans doute sorti qu'à l'intention d'invités choisis.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

12.3.25

Murs incertains (17) : muffin




"Et comme toujours, du vieux jazz était diffusé à faible volume. Paul Desmond faisait exploser son saxophone alto. Cela m'a rappelé que, lors de ma première visite ici, le Dave Brubeck Quartet avait joué avec Paul Desmond comme soliste.
"You go to my head " ai-je dit pour moi-même.La femme, qui réchauffait mon muffin au four, a levé les yeux et m'a regardé.
"Paul Desmond, ai-je dit.
- La musique ?
- Oui. Le guitariste est Jim Hall.
-Je ne connais pas grand-chose en jazz, s'est-elle excusée en désignant le haut-parleur. C'est juste une station de jazz branchée sur le câble."
Je pouvais le comprendre. Elle était trop jeune pour apprécier le son de Paul Desmond. J'ai savouré une bouchée du muffin tiède aux myrtilles qu'elle m'avait servi et bu une gorgée de café. Tout en regardant tomber la neige par la fenêtre, j'ai écouté Paul Desmond. Une très belle composition. "

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

9.10.20

Murakami et Ozawa (2) : aide à la lecture : première conversation (2) : Gould et Karayan, Gould et Bernstein

1.

2.

"Murakami : il fait preuve d'une telle liberté dans les changements de rythme. C'est son style - s'il avait été écrivain, on aurait pu dire que c'était sa manière d'enchaîner les phrases. L'accompagner devait être difficile.
Ozawa : Oui, bien sûr.
Murakami : ce qui signifie qu'en répétition il fallait comprendre sa respiration et tenter de s'y adapter ?
Ozawa : Eh bien oui. La difficulté tient à ce que des musiciens d'un tel calibre sont capables de le faire aussi en concert. Le chef et le soliste doivent donc calculer soigneusement leurs gestes, même s'il s'agit moins, en réalité, de calcul que de confiance."
(...)


"Avant que je retourne le disque pour passer le deuxième mouvement, nous nous accordons une courte pause pour boire un thé Hojicha chaud et manger des gâteaux de riz."


"Murakami : Il ne doit pas exister beaucoup de pianistes capables de jouer ce deuxième mouvement sans le rendre vraiment très ennuyeux.
Ozawa : C'est exact. "

De la musique. Conversations. MURAKAMI Haruki, OZAWA Seiji





 

14.3.19

Meurtre et Commandeur (81) : omelette

C'était une omelette d'une telle beauté que spontanément j'en aurais presque fait un croquis sur le vif. Mais je n'hésitais pas cependant à la couper en morceaux que j'enfournai en hâte. L'omelette n'était pas seulement belle, elle était délicieuse.
"Cette omelette est parfaite, " déclarai-je.
Menshiki se mit à rire.
"Mais non, j'en ai réussi de bien meilleures auparavant."
A quoi pouvaient-elles donc ressembler alors ? Peut-être à une super omelette volante qui disposait d'ailes magnifiques et qui ferait Tokyo-Osaka en moins de deux heures."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.56, Il semble qu'il y ait des blancs à combler, ed.Belfond

12.3.19

Meurtre et Commandeur (79) : pommes

"Pendant que je buvais, il dénicha dans le réfrigérateur quelques pommes qu'il éplucha. Sa façon de manier son couteau était rapide et habile. Tout en l'admirant, j'observais vaguement ses gestes. Les pommes ainsi épluchées et disposées sur une assiette par ses  soins semblaient raffinées, on ne peu plus élégantes.
j'en engloutis trois ou quatre. les pommes étaient délicieuses, au point que ce fruit m'apparut sous un jour nouveau. l'impression de découvrir pour la première fois qu'une pomme était aussi savoureuse. J'étais empli d'une profonde gratitude envers le Créateur qui avait eu l'idée de nous octroyer un fruit tel que la pomme."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.56, Il semble qu'il y ait des blancs à combler, ed.Belfond

15.2.19

Meurtre et Commandeur (65) : tempura soba


"je sortis et me rendis dans un petit restaurant de soba tout proche, me régalai d'un bol de tempura soba. Ce choix aussi était une habitude. j'allai toujours dans le même restaurant, commandais toujours un tempura soba. C'était devenu l'un de mes modestes plaisirs. "
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.45, Quelque chose se prépare, ed.Belfond

23.1.19

Meurtre et Commandeur (58) : dîner

"Attablés à la salle à manger, nous étions prêts pour déguster les sashimi, accompagnés de Chivas. Pour commencer, il y eut quatre huîtres crues chacun, que Masahiko avait achetées en même temps que la daurade, et puis la daurade elle-même en sashimi. Le poisson qui venait d'être préparé ainsi était délicieux, d'une fraîcheur extrême. Sa chair était certes encore ferme et nous prîmes tout notre temps pour la savourer en buvant lentement le whisky. Et finalement, les sashimi furent épuisés à nous deux. Ces deux plats nous rassasièrent presque. En dehors des huîtres et de la daurade, nous avions des amuse-gueules : de la peau grillée, du wasabi haché et mariné dans de la lie de saké et du tofu. Et pour finir, du bouillon clair."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed. Belfond

20.1.19

Meurtre et Commandeur (55) : gourmet

"Vendredi soir, Masahilo me téléphona. Pour m'annoncer qu'il viendrait ici le lendemain après-midi. Il me dit qu'il passerait d'abord prendre un poisson bien frais au port de pêche voisin et que je n'avais pas à me tracasser pour le dîner, que nous allions nous régaler.
"As-tu envie que j'apporte autre chose ? Puisque je viens, autant en profiter.
- Non, pas spécialement", dis-je. Puis je me souvins d'une chose. " Ah, en fait, je n'ai plus de whisky. la bouteille que tu m'avais offerte, je l'ai finie avec un visiteur. Si tu pouvais en acheter une autre, de n'importe quelle marque ?
- Moi, j'aime bien le Chivas. Ca t'irait ?
- Oui, très bien" répondis-je. Depuis toujours Masahiko était un fin gourmet. Moi, je ne porte guère d'intérêt à la nourriture. Je mange et je bois simplement ce qui se présente à moi.
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed.Belfond

31.12.18

Meurtre et commandeur (49) : observation

"Je fis chauffer de l'eau dans la bouilloire. Je mis ensuite des feuilles de thé vert dans la théière. Après tout, moi aussi, j'avais envie d'en boire. Je me remis à manger. Les coudes sur la table, Marié suivit des yeux chacun de mes gestes entre l'assiette de sériole, le bol de soupe miso, le bol de riz et ma bouche. On aurait dit qu'elle assistait à une scène rare. Comme si, au cours d'une promenade dans la jungle, elle était tombée sur un énorme python  en train d'avaler un jeune blaireau et  qu'elle avait décidé de l'observer, assise sur une pierre non loin de là.
"C'est moi-même qui ai fait mariner cette sériole dans le lit de saké, expliquai-je pour meubler le silence qui devenait pesant. Une fois dans la lie, le poisson se garde longtemps."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.35, Vous auriez mieux fait de laisser cet endroit tel quel,  ed.Belfond

30.12.18

Meurtre et commandeur (48) : un repas de célibataire

"Quand il fit plus sombre, j'allai à la cuisine et me préparai à dîner tout en buvant une canette de bière. Je fis griller au four une tranche de sériole conservée dans la lie de saké, éminçai des légumes en saumure, fis mariner du concombre et des algues wakame au vinaigre, et préparai une soupe miso avec du radis blanc et du tofu frit. Et en célibataire, je mangeai le tout dans le silence environnant : personne à qui parler, et d'ailleurs, qu'aurais-je bien pu dire ?
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.34, Récemment, je n'avais pas mesuré la pression des pneus,  ed.Belfond

9.12.18

Meurtre et commandeur (38) : menu

"Le hors d'œuvre, c'était un très joli plat de légumes bio et de poisson isaki, une sorte de bar. Et pour l'accompagner, du vin blanc. Le jeune à queue-de-cheval ôta le bouchon d'une main adroite et prudente, tel un démineur désactivant une bombe sophistiquée. Je n'eus pas d'explication sur la provenance ou le type du vin dont il s'agissait, mais c'était un blanc au goût parfait. Menshiki ne pouvait servir qu'un vin parfait.
Ensuite, ce fut une salade de haricots blancs, de racines de lotus et de seiche. Puis une soupe de tortue de mer. Le plat de poisson,c'était de la baudroie.
"C'était un peu tôt dans la saison, amis le chef a fait cette jolie trouvaille ce matin à la criée, une belle baudroie", dit Menshiki. En effet, elle était très fraîche, délicieuse. Une chair d'une fermeté plaisante, teintée d'une note élégante eet sucrée, qui laissait une sensation de légèreté et de fraîcheur. Elle avait été rapidement cuite à la vapeur, puis arrosée de sauce à l'estragon (je pense).
On nous servit ensuite un steak épais de chevreuil, et nous eûmes aussi droit à des explications à propos de la sauce, mais il y avait trop de termes spécialisés, et je ne pus les retenir. C'était en tout cas une sauce très goûteuse, parfumée à la perfection."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 1, ch.24 Une récolte d'informations brutes, de première main,  ed.Belfond

30.11.18

Commandeur et meurtre (35) : festin

"Qu'en sera-t-il de ce Commandeur ? Faut-il lui préparer un repas ? Ou bien ne pourra-t-il pas goûter aux mets de ce bas monde ?
- Il n'est pas nécessaire de lui préparer un repas. Il ne peut prendre la moindre nourriture ni boire une gorgée de vin. Simplement, pourriez-vous prévoir une place pour lui ?"
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 1, ch.22, L'invitation tient toujours,  ed.Belfond

20.11.18

Commandeur et meurtre (29) : gaspillage

" "On y va," lança-t-elle soudain.
La dessus, elle but la moitié de son verre d'eau et elle se leva. Sur la table, son café restait presque intact, juste une gorgée bue. Même chose pour son cheese-cake, juste une bouchée grignotée. La scène m'évoqua le lieu d'un drame.
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.17, Comment avais-je pu laissé échapper une chose aussi importante?  ed.Belfond

15.11.18

Commandeur et meurtre (26) : de la nouveauté

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Je déjeunai d'une salade de tomates et de tofu et d'un onigiri. Après quoi, je bus un thé vert corsé. Puis j'allais m'allonger sur le canapé, écoutai un quatuor à cordes de Schubert. C'était une blle composition. En lisant les explications qui figuraient sur la pochette du disque, j'appris que lorsque ce morceau avait été joué pour la première fois, beaucoup, dans le public, avaient éprouvé un sentiment de rejet, le jugeant "trop nouveau". Je ne voyais pas très bien en quoi il était "trop nouveau"
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.16, Une journée relativement bonne,  ed.Belfond

12.11.18

Commandeur et meurtre (23) : sandwichs

"A la cuisine, je préparai des sandwichs avec du jambon, de la laitue, des cornichons, et nous sortîmes sur la terrasse pour les manger en contemplant la pluie."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.15, Ce n'est que le début,  ed.Belfond,