"De l'autre côté du monde, avant de venir dans la Cité fortifiée, j'avais vu le dessin animé Yellow Submarine. Je me souvenais aussi de la musique. Mais j'avais complètement oublié le film en lui même. Nous vivons tous dans un sous-marin jaune... Cela signifiait à la fois quelque chose et rien. "
MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, troisième partie, chapitre 63
"Je l'ai imaginé franchissant la porte de la Cité fortifiée, je l'ai imaginé yvivre sa vie. Peut-être était-ce "son" Pepperland. Pepperland est l'utopie colorée qui apparaît dans le film Yellow Submarine. Plutôt que de continuer à vivre dans ce monde réel qui -apparemment- ne lui offrait pas de place, ce garçon de seize ans cherchait à entrer dans un autre monde- avec tout son cœur, tout son sérieux. "
MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50
"Mes recherches m'ont donné envie de revoir Yellow Submarine (plus de vingt ans s'étaient écoulés depuis que je l'avais vu et j'en avais à peu près tout oublié). Je suis donc allé à l'unique magasin de locations de vidéos, devant la gare, mais ce film n'était pas disponible. Les seuls des Beatles proposés sur les étagères étaient A Hard Day's Night et Help ! "
MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 47
"Lorsqu'il ne portait pas son sweat avec l'image du Yellow Submarine, il avait un autre sweat à capuche, marron, orné du personnage du film. C'était une étrange créature au visage bleu, aux oreilles roses et à la fourrure brune. J'avais vu le film mais je ne me souvenais plus du nom de ce personnage. C'était le Nowhere Man, qui vivait au Nowhere Land. La chanson que chantait John Lennon. Malgré mes efforts, impossible de me souvenir de son nom. A la maison, j'ai fait des recherches en ligne sur ces personnages et j'ai découvert que le nom de cette curieuse créature au visage bleu était "Dr Jeremy Hillary Boob". Boob est pianiste, botaniste, humaniste, dentiste, physicien, satiriste ... bref, un homme capable à la fois de tout et de rien ... "
MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 47
"Mon petit transistor Panasonic ne cessait de diffuser ces chansons pleines de vie et de joie. Pour la pop music, ce fut à n'en pas douter une année mémorable, vraiment époustouflante.
MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond
"J'avais l'impression qu'on entendait leur musique presque tout le temps. Elle était là partout autour de nous, comme du papier peint soigneusement collés sur les moindre recoins des murs. "
MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond
"Je ne me souviens plus si la chanson avait été composée par John Lennon ou par Paul MacCartney. Sans doute par Lennon."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur,Livre 1, ch.17, Comment avais-je pu laissé échapper une chose aussi importante? ed.Belfond
J'ai l'impression alors que tous ces événements se sont produits hier. La musique a le pouvoir de revivifier les souvenirs, avec une intensité et une clarté telles que l'on en est parfois blessé. Yesterday, Des Hommes sans femmes, MURAKAMI Haruki, ed. Belfond
"Il l'entonnait d'une voix tonitruante chaque fois qu'il était dans son bain. Hier, c'est deux jours avant demain et parce que c'est le lendemain d'avant-hier ...
Dans mes souvenirs, c'est ainsi que cela commençait, mais comme beaucoup de temps a passé, je n'en suis plus tout à fait certain." Yesterday, Des hommes sans femmes, MURAKAMI Haruki, ed. Belfond
Je repris seul le même chemin, et, de retour dans mon appartement empli de la lumière d'automne, j'écoutai Rubber Soul que m'avaient laissé les jumelles. Je bus du café. Je demeurai ensuite toute la journée à regarder par la fenêtre passer ce dimanche.
MURAKAMI Haruki, Flipper, 1973, ed. Belfond, ch. 25
"Dommage. On pensait que ça te ferait plaisir.
-Pardon"
Une des deux se leva, arrêta le disque et, après l'avoir épousseté, le remit soigneusement dans sa pochette.
MURAKAMI Haruki, Flipper, 1973,ch.7, ed. Belfond
"A peine sortie d'une école de commerce, elle avait de longues jambes, était très attentive et n'avait d'autre défaut que de fredonner au moins vingt fois par jour "Penny Lane" (bizarrement sans le refrain." Flipper, 1973. MURAKAMI Haruki, ed. Belfond, p.181
"Mes flocons de chapelure dorée sont prêts, j'y roule le poisson à peine enduit de blanc d'œuf et ça marche : au bout de quatre passages dans l'assiette emplie de pépites, il est parfaitement déguisé, parfaitement méconnaissable en tant que filet de lotte, et parfaitement reconnaissable en tant que poisson pané. Lorsque je le dépose dans l'assiette de Paul Mc Cartney, celui-ci pousse un hurlement de joie et, sans doute pour me remercier, se met à chanter Norwegian Wood. Tous chantent avec lui. Même Yoko Ono. Les guitares et les autres instruments jouent, quelque part en coulisse. C'est tellement beau. Je pleure. Je pleure parce que c'est la chanson que jouait le tourne-disque la première fois que j'ai fait l'amour. Je m'en souviens très bien : j'étais par terre, sur le dos. Cela faisait des mois et des mois que l'envie montait. Je riais, pas à cause de l'étrangeté pas à cause de la honte (je n'en ressantais aucune), pas à cause de la gêne. J'avais envie de rire à cause du bonheur de la découverte, de l'ivresse de ce que je croyais avoir inventé. J'ai pensé à Archimède et à Coernic. J'ai pensé à Newton et Einstein. J'ai pensé à Galilée. Au fond de moi, comme dans l'univers ce gisement, comme l'attraction universelle, en moi, comme dans la terre, ces ressources intarissables d'énergie. Pourquoi ne m'en avait-on pas parlé plus tôt ? Comment avais-je pu ne pas m'en douter ? Et c'était gratuit ? Et c'était pour tout le monde ? Et c'était facile, comme ça ? Si facile ? Je n'ai pas pensé que je ne prenais pas la pilule, que le garçon n'avait pas mis de préservatif, que je risquais de tomber enceinte ou d'attraper je ne sais quoi. J'ai pensé c'est dingue. Et pendant ce temps-là, les Beatles chantaient Norwegian Wood." Mangez-moi. Agnès Desarthe
"Je pensai de nouveau à la mer. Je m'imaginai pieds nus sur le sable, marchant le long du rivage où venaient se briser les vagues. Le sable était brûlant, une odeur forte de marée se mêlait au vent. Je respirai à fond et regardait le ciel. En tournant mes deux mains grandes ouvertes vers le soleil, je sentais la chaleur de l'été. Tout à coup une vague fraîche me trempa les pieds. "
Chroniques de l'oiseau à ressort, MURAKAMI Haruki, deuxième partie L'oiseau prophète, ch.1, Aussi concret que possible; l'appétit dans la littérature