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24.3.25

Murs incertains (29) : pur ou avec de l'eau ?

"
" Pour le whisky, je prends seulement un peu d'eau, pas de glaçons. Et vous ?Si vous voulez, je peux vous en mettre .
- Je le boirai comme vous."
Elle nous a versé à chacun un double whisky, a ajouté une petite quantité d'eau minérale et, en douceur, elle a remué le tout avec un agitateur. Nous avons trinqué brièvement et chacun a bu une gorgée."Un goût très aromatique, ai-je observé.
-On dit que le whisky de l'îe d'Islay sent la tourbe et l'air marin.
- Peut-être, en effet. Mais je ne sais pas ce que sent la tourbe."
Elle a ri. "Moi non plus.
- Vous le buvez toujours comme ça ? Juste avec un peu d'eau ?
- Parfois je le bois pur ou avec des glaçons, mais la plupart du temps, comme ça. C'est un whisky de grand prix, et ainsi, on ne compromet pas son arôme.
-Et vous ne buvez qu'un verre ?
- Oui, un seul verre. Parfois, je m'en autorise un de plus avant de me coucher mais pas davantage, sinon, je risquerais de ne plus m'arrêter. Vivre seul est un risque. Et je suis encore une débutante. "
"

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 58


23.3.25

Murs incertains (28) : single malt

"

"- Est-ce que vous aimez le whisky ?
- Il m'arrive d'en boire, quand j'en ai envie.
- J'ai un bon single malt ici. Vous me tenez compagnie ?
- Bien volontiers. "
Elle est passée derrière le comptoir et attrapé sur l'étagère une bouteille de Bowmore de douze ans d'âge. A moitié vide.
"Un whisky de première classe ai-je commanté.
- C'est un cadeau. 
- Le whisky est-il comme un rite pour vous ?
- Oui, tout-à-fait, a-t-elle répondu. Ce sont mes petits rites secrets. Je fume une cigarette mentholée et bois un verre de single malt chaque jour."

 MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 58


20.3.25

Murs incertains (25) : nutriments

"Je me suis installé au comptoir et, comme toujours, j'ai commandé un mug de café noir et un muffin aux myrtilles. Le muffin était encore tiède, très moelleux. Il était devenu ma chair, le café mon sang. Ils constituaient avant tout une préciese source de nutriments."

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 58


18.3.25

Murs incertains (23) : dîner improvisé

 "

"Si cela ne vous gêne pas, pourquoi ne pas aller chez moi ? Je pourrai vous cuisiner un petit quelque chose rapidement, si vous êtes d'accord."
Elle a pris quelque secondes pour considérer ma proposition et a demandé :
"Qu'est-ce que vous pourriez nous concocter ?"
Mentalement, j'ai rapidement listé les ingrédients que j'avais mis dans le réfrigérateur ce matin.
"Peut-être une salade de crevettes aux herbes et des spaghettis aux calamars et aux champignons ? J'ai aussi un chablis frais qui irait bien avec. C'est une bouteille que j'ai achetée ici, et ce vin n'est peut-être pas de la première classe."
"

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 53

16.3.25

Murs incertains (21) : muffin nature

"De retour du cimetière, je me suis arrêté comme d'habitude au café sans nom. J'avais l'impression d'être devenu le célibataire type d'un certain âge, qui suis ses habitudes à la manière d'un automate. Je me suis assis à ma place habituelle au comptoir. J'ai commandé le café noir habituel et un muffin nature (il n'y avait plus de muffin aux myrtilles, ce jour-là). La femme habituelle derrière son comptoir m'a souri comme d'habitude.
De doux sons de guitare jazz provenaient du haut-parleur mais je ne connaissais ni le titre du morceau, ni le guitariste. Tout en écoutant vaguement la musique, j'ai bu mon café bien chaud, dégusté le muffin que j'ai coupé en petites portions. Oui, les muffins simples avaient aussi leurs qualités. "

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 51

14.3.25

Murs incertains (19) : tea time

 "Discrètement, ne faisant entendre que de légers tintements, Mme Soeda a disposé les tasses, les assiettes et le sucrier sur mon bureau. L'ensemble a donné à cette pièce par ailleurs aride et sobre l'atmosphère élégante et raffinée d'un salon en début d'après-midi ; un quatuor de Mozart n'aurait pas dépareillé en ces instants. Sans leur sachet en papier, disposés sur des assiettes joliment décorées, accompagnés de fourchettes en argent, les muffins du café de la gare ressemblaient à de nobles et vénérables pâtisseries. Des serviettes en lin blanc pliées en triangle et un vase contenant une rose rouge auraient bien complété le tout, mais il ne fallait tout de même pas trop en demander.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

13.3.25

Murs incertains (18) : service à thé

Comme prévu, c'est Mme Soeda qui est entrée dans la pièce avec un plateau rond, sur lequel étaient posées deux tasses de thé noir, des rondelles de citron et deux assiettes garnies des muffins aux myrtilles. Sans oublier un petit sucrier. Tasses, assiettes et sucrier faisaient partie d'un joli service à thé à l'ancienne, peut-être en porcelaine de Wedgwood. Les petites cuillères et fourchettes avaient l'éclat noble et délicat de l'argent. J'ai subodoré que ces objets faisaient partie des biens personnels de M. Koyasu. En tout cas, ce n'étaient pas des ustensiles que l'on s'attendait à trouver dans une petite bibliothèque municpale. Tout cela  n'était sans doute sorti qu'à l'intention d'invités choisis.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 50

26.2.25

Murs incertains (07) : cérémonie du thé (03)

Nous n'avions besoin ni de sucre, ni de lait, ni de citron ou de quoi que ce soit d'autres pour ce thé. Tel qu'il était, il était parfait. La température était également idéale. Le thé lui-même était fort, parfumé, ardent et raffiné. Il contenait quelque chose qui calmait, apaisait et caressait les nerfs. Un ajout n'aurait fait qu'amoindrir sa perfection, tout comme la lumière du soleil dissout l'épais brouillard matinal. 

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

25.2.25

Murs incertains (06) : cérémonie du thé (02)


Concentré et grâce à une horloge interne spéciale, M. Koyasu semblait connaître le moment optimal pour que le thé soit prêt.  Pour cela, il n'avait nul besoin d'aiguilles sur sa montre.

Lorsque cet instant-là était arrivé, M. Koyasu, comme libéré d'un sortilège, a abandonné sa posture rigide et il est passé à l'action. Il a versé le thé dans les deux tasses préchauffées, il en a pris une, en a inhalé le parfum jusqu'à ce que les informations neuronales soient transmises à son cerveeau et, enfin, il a hoché la tête de satisfaction. Les différents étapes avaient été franchies avec succès. 

"Ah...oui, il m'a l'air bon. Je vous en prie, buvez", a t-il déclaré

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

18.1.25

Murs incertains (05) : cérémonie du thé (01)


 

"Voulez-vous une tasse de thé ?

- Oui, volontiers" ai-je répondu après un temps d'arrêt. Je me suis demandé si je pourrais me rendormir après avoir bu si tard une tasse de ce thé pissant. Mais j'en avais vraiment envie, et comme d'habitude je n'ai pas pu résister à la perspective de l'arôme du thé fraîchement infusé de M. Koyasu.
Celui-ci s'est levé et a empoigné la bouilloire, qui émettait des nuags de vapeur blanche. Il lui a imprimé un balancement habile avant de tempérer l'ébullition. Cette grosse bouilloire pleine devait être assez lourde mais les mouvements de Monsieur Koyasu n'en laissaient rien paraître. Il a soigneusement dosé les feuilles de thé avec une cuillère, les a placées dans la théière de porcelaine blanche préchauffée et y a versé avec précaution l'eau chaude. Il a posé le couvercle sur la théière, fermé les yeaux et adopté la posture raide d'un garde dixcipliné du palais. C'était la même série d'opérations de toujours. Ou peut-être plutôt le même cérémonial.

MURAKAMI Haruki, La cité aux murs incertains, ed. Belfond, deuxième partie, chapitre 36.

8.5.23

Murakami et les tee-shirts (3) : par quoi commencer ?


 

"_ Si une jeune fille ou un jeune homme d'une vingtaiane d'années était tenté de déguster un highball en écoutant du jazz, quel musicien lui conseillez-vous pour commencer ?

_A la maison, oui, le jazz, c'est ce qu'il y a de mieux. Mais quand vous buvez un verre dans un bar, vous n'avez pas vraiment le choix. Pour répondre à votre question, je dirais Billie Holiday, mais je ne sais pas du tout si les jeunes sont encore capables de s'identifier à cette interprète. 

T, MURAKAMI Haruki, Tokyo mars 2020 p 182


7.5.23

Murakami et les tee-shirts (2) : whisky préféré

 "J'adore les whiskys en général mais, depuis que je suis allé sur l'île d'Islay, j'aime beaucoup le Laphroaig."

T, MURAKAMI Haruki, Tokyo mars 2020 p 179

14.10.20

Murakami et Ozawa (5) : aide à la lecture : première conversation (4) : Serkin et Ozawa (2)

 "Ozawa : ... C'est amusant d'être chef invité. Comme je vous l'ai dit, je l'ai fait pendant trois ans. je me souviens en particulier d'un vermouth italien... Carpano... Punt e Mes Carpano. C'est Rubinstein qui me l'a fait découvrir."

De la musique. Conversations. MURAKAMI Haruki, OZAWA Seiji


27.2.19

Meurtre et commandeur (67) : devant l'âtre



Je songeai à lui proposer du whisky, mais je me ravisai. Cette nuit, mieux valait rester sobres. Peut-être que nous aurions besoin de prendre la voiture plus tard. Assis devant la cheminée, en contemplant les flammes vaciller tel un être vivant, nous écoutâmes de la musique. Menshiki avait choisi des sonates pour violon de Beethoven. Georg Kulenkampf au violon, Wilhem Kempff au piano. Une musique idéale à écouter au début de l'hiver en regardant une flambée.
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.47, Aujourd'hui c'était bien vendredi? ed.Belfond

14.2.19

Meurtre et Commandeur (64) : hésitation

"Le vendeur me tendit les disques dans un sac en papier, je le payai. Puis j'allai chez un caviste proche et me procurai du whisky. J'hésitai un peu sur la marque et, finalement, j'achetai du Chivas Regal. Il était un peu plus cher que les autres mais lorsque Masahiko viendrait à la maison, il serait sûrement content de mon choix."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.45, Quelque chose se prépare, ed.Belfond

23.1.19

Meurtre et Commandeur (58) : dîner

"Attablés à la salle à manger, nous étions prêts pour déguster les sashimi, accompagnés de Chivas. Pour commencer, il y eut quatre huîtres crues chacun, que Masahiko avait achetées en même temps que la daurade, et puis la daurade elle-même en sashimi. Le poisson qui venait d'être préparé ainsi était délicieux, d'une fraîcheur extrême. Sa chair était certes encore ferme et nous prîmes tout notre temps pour la savourer en buvant lentement le whisky. Et finalement, les sashimi furent épuisés à nous deux. Ces deux plats nous rassasièrent presque. En dehors des huîtres et de la daurade, nous avions des amuse-gueules : de la peau grillée, du wasabi haché et mariné dans de la lie de saké et du tofu. Et pour finir, du bouillon clair."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed. Belfond

22.1.19

Meurtre et Commandeur (57) : confidences

"Masahiko sortit la bouteille de Chivas Regal du sac en papier et la déboucha. j'apportai deux verres et pris des glaçons dans le réfrigérateur. Quand le whisky emplit les verres, ce la fit un bruit extrêmement agréable. Qui évoquait un proche qui vous ouvre son cœur. "
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed.Belfond

20.1.19

Meurtre et Commandeur (55) : gourmet

"Vendredi soir, Masahilo me téléphona. Pour m'annoncer qu'il viendrait ici le lendemain après-midi. Il me dit qu'il passerait d'abord prendre un poisson bien frais au port de pêche voisin et que je n'avais pas à me tracasser pour le dîner, que nous allions nous régaler.
"As-tu envie que j'apporte autre chose ? Puisque je viens, autant en profiter.
- Non, pas spécialement", dis-je. Puis je me souvins d'une chose. " Ah, en fait, je n'ai plus de whisky. la bouteille que tu m'avais offerte, je l'ai finie avec un visiteur. Si tu pouvais en acheter une autre, de n'importe quelle marque ?
- Moi, j'aime bien le Chivas. Ca t'irait ?
- Oui, très bien" répondis-je. Depuis toujours Masahiko était un fin gourmet. Moi, je ne porte guère d'intérêt à la nourriture. Je mange et je bois simplement ce qui se présente à moi.
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.42, Si ça se casse en tombant par terre, c'est un œuf, ed.Belfond

15.1.19

Meurtre et Commandeur (54) : autre single malt

"- Chez moi, j'ai un single malt qu'une de mes relations en Ecosse m'a envoyé récemment; Un single malt assez exceptionnel, qui provient de l'île d'Islay. Quand le Prince de Galles a visité la distillerie, il a lui même donné un coup de marteau pour enfoncer le bouchon dans le tonneau. Si cela vous dit, je vous l'apporterai un de ces jours."
Je lui répondis qu'il ne fallait pas, que c'était trop.
"A propos de l'île d'Islay, tout près, il y en a une autre, petite, qui s'appelle l'île de Jura. Vous voyez ?
- Non, je ne connais pas cette île, répondis-je.
- La population est très réduite, c'est vraiment un îlot de rien du tout. Il y a bien plus de cerfs que d'humains. Les lapins, les faisans et les phoques y prolifèrent également. Et puis, il y a une vieille distillerie. A côté, jaillit une eau de source très bonne, parfaitement adaptée à la fabrication du whisky. Quand on boit ce single malt de Jura coupé avec de l'eau bien fraîche qui vient juste d'être puisée à la source, c'est une expérience gustative extraordinaire. C'est vraiment un goût que l'on ne peut savourer que sur cette île."
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.36, Pas de discussion sur les règles de notre jeu,  ed.Belfond

14.1.19

Meurtre et Commandeur (53) : single malt


"Je rapportai la bouteille de whisky, un bol en faïence rempli de glaçons et deux verres. Pendant ce temps, Menshiki avait posé sur la platine le disque que j'avais écouté auparavant, Le Chevalier à la rose. Et nous bûmes notre whisky avec en arrière fond la musique de Richard Strauss alors à l'apogée de son art.
"Vous aimez le single malt ? demanda menshiki.
- Celui-ci, on me l'a offert.C'est un ami qui me l'a apporté. je crois qu'il n'est pas mal. "
MURAKAMI Haruki, Le Meurtre du Commandeur, Livre 2, ch.38, Un contenant maquillé, fabriqué dans un but spécifique  ed.Belfond