15.4.12
Marché entre deux orages
1Q84, le son (39) : fin du monde
"A fixer longuement ce paysage, Aomamé finissait parfois par avoir l'impression d'avoir été abandonnée sur une planète inhabitée. Comme dans ce film qui dépeignait le monde après une guerre nucléaire. C'était quoi le titre déjà ?"
1Q84 Livre 3, MURAKAMI Haruki, ch 2 Aomame Seule mais plus solitaire
14.4.12
1Q84, le retour : tome 3
Je ne me le pardonnerai pas : tome 3 paru depuis le 1er mars, et je ne le savais pas...
Su hier soir à 10h, acheté ce matin à l'ouverture, commencé à lire en sortant sous mon parapluie.
J'y ai trouvé la phrase exacte du moment, de mon moment :
"Simplement, moi, voyez-vous, je n'ai pas envie de parler au compte-gouttes. Sur un sujet pareil, je n'aime pas lâcher trois mots par-ci, et puis quatre par-là. Je veux d'abord arriver à comprendre l'ensemble des faits, saisir les liens entre tous les événements et obtenir des preuves. Des paroles irréfléchies, voilà qui peut causer bien des ennuis inutiles. Vous allez imaginer que je ne dis que ce qui m'arrange mais, monsieur Onda, c'est mon style personnel."
Murakami Haruki, 1Q84, tome 3, chapitre 1, p10
Su hier soir à 10h, acheté ce matin à l'ouverture, commencé à lire en sortant sous mon parapluie.
J'y ai trouvé la phrase exacte du moment, de mon moment :
"Simplement, moi, voyez-vous, je n'ai pas envie de parler au compte-gouttes. Sur un sujet pareil, je n'aime pas lâcher trois mots par-ci, et puis quatre par-là. Je veux d'abord arriver à comprendre l'ensemble des faits, saisir les liens entre tous les événements et obtenir des preuves. Des paroles irréfléchies, voilà qui peut causer bien des ennuis inutiles. Vous allez imaginer que je ne dis que ce qui m'arrange mais, monsieur Onda, c'est mon style personnel."
Murakami Haruki, 1Q84, tome 3, chapitre 1, p10
11.4.12
Mes notes de chevet : 85. Choses qui sont proches bien qu'éloignées
" Le Paradis.
La route d'un bateau.
Les relations entre un homme et une femme. "
Sei Shônagon, Notes de Chevet
Je sais si peu de celui qui partage ma vie, de ses premières amours, de son enfance, de sa famille. Je ne sais pas choisir un vêtement pour lui, un menu à sa place.
Avant, cette situation était pour moi impensable. Aujourd'hui, je ne veux pas qu'il en soit autrement, et l'intimité se rit de ces pécadilles.
La route d'un bateau.
Les relations entre un homme et une femme. "
Sei Shônagon, Notes de Chevet
Utamaro, Jeune samouraï et jeune femme
Avant, cette situation était pour moi impensable. Aujourd'hui, je ne veux pas qu'il en soit autrement, et l'intimité se rit de ces pécadilles.
Autour de Pessah (3)
Un camp.
Un interné.
Une créature sans nom,
Un homme sans visage,
Sans destinée.
C'est la nuit,
La première nuit de Pessah.
Le camp est endormi,
Lui seul est éveillé.
Il parle à lui-même
Sans bruit.
J'entends ses paroles,
Je capte son silence.
A moi, à lui,
Il dit :
Je n'ai pas pris part aux matsot
Ni au maror.
Je n'ai pas vidé les quatre coupes,
Symbole des quatre délivrances.
Je n'ai pas invité
Ceux qui ont faim
A partager mon repas -
Ou même ma faim.
Je n'ai plus de fils
Pour me poser
Les quatre questions -
Je n'ai plus la force de répondre...
La parabole de Had Gadya est trompeuse :
Dieu ne viendra pas
Tuer l'égorgeur.
Les innocentes victimes
Demeureront sans vengeance
Le vieux souhait
Leshana habaa bi-Yeroushalaïm
Ne sera pas exaucé.
Je ne serai pas à Jérusalem
L'année prochaine.
Je ne serai pas.
Aussi
Comment saurai-je
Que Jérusalem est là-bas,
Très loin,
Que Jérusalem n'est pas ici ?
Pourtant, je récite la Haggadah
Comme si j'y croyais.
Et j'attends le prophète Elie
Comme je le faisais jadis.
Je lui ouvre mon cœur
Et dis :
Bienvenue, prophète de la promesse,
Bienvenue, héros de la rédemption.
Viens, partage mon histoire,
Viens te réjouir avec les morts
Que nous sommes.
Vide la coupe
Qui porte ton nom.
Viens à nous,
Viens à nous en cette nuit de Pessah :
Nous sommes en Egypte
Et nous sommes ceux
Qui sont frappés par les plaies
Envoyées par Dieu.
Viens frère des malheureux,
Défenseur des opprimés,
Viens.
Je t'attendrai.
Et même si tu me déçois
Je continuerai d'attendre,
Ani Maamin.
Elie Wiesel, la Haggadah de Pâque, p103? texte issu de Ani Maanim, poème mis en musique par Darius Milhaud
Un interné.
Une créature sans nom,
Un homme sans visage,
Sans destinée.
C'est la nuit,
La première nuit de Pessah.
Le camp est endormi,
Lui seul est éveillé.
Il parle à lui-même
Sans bruit.
J'entends ses paroles,
Je capte son silence.
A moi, à lui,
Il dit :
Je n'ai pas pris part aux matsot
Ni au maror.
Je n'ai pas vidé les quatre coupes,
Symbole des quatre délivrances.
Je n'ai pas invité
Ceux qui ont faim
A partager mon repas -
Ou même ma faim.
Je n'ai plus de fils
Pour me poser
Les quatre questions -
Je n'ai plus la force de répondre...
La parabole de Had Gadya est trompeuse :
Dieu ne viendra pas
Tuer l'égorgeur.
Les innocentes victimes
Demeureront sans vengeance
Le vieux souhait
Leshana habaa bi-Yeroushalaïm
Ne sera pas exaucé.
Je ne serai pas à Jérusalem
L'année prochaine.
Je ne serai pas.
Aussi
Comment saurai-je
Que Jérusalem est là-bas,
Très loin,
Que Jérusalem n'est pas ici ?
Pourtant, je récite la Haggadah
Comme si j'y croyais.
Et j'attends le prophète Elie
Comme je le faisais jadis.
Je lui ouvre mon cœur
Et dis :
Bienvenue, prophète de la promesse,
Bienvenue, héros de la rédemption.
Viens, partage mon histoire,
Viens te réjouir avec les morts
Que nous sommes.
Vide la coupe
Qui porte ton nom.
Viens à nous,
Viens à nous en cette nuit de Pessah :
Nous sommes en Egypte
Et nous sommes ceux
Qui sont frappés par les plaies
Envoyées par Dieu.
Viens frère des malheureux,
Défenseur des opprimés,
Viens.
Je t'attendrai.
Et même si tu me déçois
Je continuerai d'attendre,
Ani Maamin.
Elie Wiesel, la Haggadah de Pâque, p103? texte issu de Ani Maanim, poème mis en musique par Darius Milhaud
10.4.12
Autour de Pessah (2)
"... pourquoi relater ? Pour la nostalgie qui émane de l'évocation ? L'esclavage d'Egypte, même s'il s'est conclu en apothéose, n'a rien qui invite à la nostalgie. Alors où va-t-on ici ? L'histoire ne servirait à rien si son évocation ne nous invitait pas au questionnement; si elle ne nous fait pas prendre conscience de ce que nous sommes après elle et à travers elle. Une ancienne parole hassidique disait que, pour sortir d'Egypte, il faut au préalable avoir conscience de s'y trouver. Et nous dirons par la suite, par la voix de Rabbi Gamaliel, que l'homme doit se considérer en chaque génération comme lui-même sorti d'Egypte."
Elie Wiesel, la Haggadah de Pâque p28
Elie Wiesel, la Haggadah de Pâque p28
9.4.12
Autour de Pessah (1)
Et c'est ici que surgit ma propre angoisse : que pouvons-nous faire afin de ne pas oublier la question ? Que pouvons-nous faire pour vaincre l'oubli ? Quelle est la signification de Pessah, si ce n'est de maintenir en vie nos mémoires ? Être juif signifie assumer le poids du passé et le placer au cœur de nos préoccupations pour le présent et l'avenir."
Elie Wiesel, la Haggadah de Pâque, p6
8.4.12
Prenez-vos précautions : c'est pour demain !
"Quatorzième mermaine, deuxième mermaine de Javril. Il pleut toujours à droite, il fait beau toujours à gauche, et on sourit le matin, on pleure l'après-midi. Sauf si l'on a pris soin de passer tout le lundi à cloche-pied avec une lanterne bleue sur la tête."
Almanach Ouroulboulouck, Claude Ponti
Et c'est Pâques, la fête des poussins et des œufs ...
Almanach Ouroulboulouck, Claude Ponti
Et c'est Pâques, la fête des poussins et des œufs ...
6.4.12
Pour lutter contre la nostalgie nipponne (34) : Herbes folles
Chez moi, le shiso est devenu une plante suavage qui pousse sous les arbres
et même entre les carreaux du balcon !
et même entre les carreaux du balcon !
5.4.12
1.4.12
Mon quartier (58) : Rameaux au balcon : Rue Cronstadt
Juste en face du Negresco, citrons et fenouils :
et plus haut, au Castel Flamand, même genre d'ombellifère :
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23.3.12
Joyeux printemps
"Onzième mermaine. Le Grosoleille range ses habits d'hiver dans son coffre à habits d'hiver. Il sort ses habits de printemps de son coffre à habits de printemps, les essaie devant son miroir Kirentoubo, sourit, et leur sert le petit déjeuner."
Claude Ponti, l'almanach Ouroulboulouck.
21.3.12
Marché italien : à Mondovi d'en bas
Cette photo date un peu maintenant, il y a longtemps que tout a été mangé ! C'était très bon ! j'ai même oublié le nom de ces délicieuses pâtes fraîches que l'on ne trouve pas à Nice...
19.3.12
C'est la saison
"12e mermaine :
La plui et le beau temps se mélangent. C'est la mermaine des arcs-en-ciel, des bulettes de Grossoleille à essuie-glace, des parapluies solubles, des bottes nu-pieds, des manteaux rafraîchissants et des glaces chaudes."
La plui et le beau temps se mélangent. C'est la mermaine des arcs-en-ciel, des bulettes de Grossoleille à essuie-glace, des parapluies solubles, des bottes nu-pieds, des manteaux rafraîchissants et des glaces chaudes."
Almanach Ouroulboulouck, Claude Ponti
16.3.12
Fuji, cent vues (43) : un oiseau, encore, pour la fin de l'hiver
Sanpaku no Fuji, Hokusai
Ici, c'est la fin de cet hiver froid et tardif et la neige a fondu partout dans la montagne...
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mont Fuji
15.3.12
Mes notes de chevet : 84. Choses qui sont éloignées bien que proches
"... Les relations entre des frères et des sœurs, ou des parents, qui ne s'aiment pas.
Le chemin qui serpente dans la montagne de Kurama.
L'intervalle entre le dernier jour du douzième mois et le premier jour de l'an."
Notes de chevet, Sei Shônagon
Mes notes de chevet : La famille recomposée, en vogue, masque ce qui prédomine et qui relève bien plutôt de la décomposition. Le système canard colvert ne s'est même pas muté en fourmilière où une certaine loyauté régit les membres. La législation n'a guère suivi, qui perpétue l'hérédité à travers les héritages, ou les obligations d'ayant-droits.
Les proches existent, autrement, loin du sang, près du cœur.
Le chemin qui serpente dans la montagne de Kurama.
L'intervalle entre le dernier jour du douzième mois et le premier jour de l'an."
Notes de chevet, Sei Shônagon
Utamaro, Mitate du chariot brisé
Mes notes de chevet : La famille recomposée, en vogue, masque ce qui prédomine et qui relève bien plutôt de la décomposition. Le système canard colvert ne s'est même pas muté en fourmilière où une certaine loyauté régit les membres. La législation n'a guère suivi, qui perpétue l'hérédité à travers les héritages, ou les obligations d'ayant-droits.
Les proches existent, autrement, loin du sang, près du cœur.
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Utamaro
14.3.12
Taichi ou l'être en équilibre
photo Hatsuo Adachihara
Se déployer dans l'espace, un tout petit espace immense. L'enchaînement n'est pas nouveau, et je peux laisser la mémoire de mon corps agir. Son poids passe d'un appui sur l'autre, et, bien que je sache où aller, cet appui me rend libre de prendre n'importe qu'elle direction si l'envie m'en prend d'en changer. Comprendre le déplacement de cet équilibre, là est la clé répète le maître sans cesse, mais il faut saisir ce concept intimement; alors tout change. Le corps se déplace dans le présent, libre. Toute pensée parasite le distrait et me faire perdre le fil, l'équilibre. Choisir le chemin fixé en toute liberté, s'y concentrer toute entière en chaque instant sans se laisser distraire, c'est un bon choix de vie en vérité. Et de partage, ce matin, quand tous nous évoluions ensemble, débutants comme confirmés, entraînés par le flux en un bref temps de havre.
7.3.12
Mes notes de chevet : 83. Choses auxquelles on ne peut guère se fier
Un bateau dont la voile est hissée, quand le vent souffle.
Sei Shônagon, Notes de chevet
Kazusa no kairo , Hokusai,in 36 vues du Mont Fuji
Mes notes de chevet. C'est indubitable, il existe un nombre vraiment infime de gens à qui l'on puisse se fier. Proches, famille, peu importe. Il faut savoir profiter de chaque instant, en sachant que tous sont faillibles. Ce n'est qu'une question de temps.
Certains diront que je suis une indécrottable défaitiste. Certains vont s'en trouver terriblement vexés. Pourtant, penser ainsi est salutaire et relève d'un optimisme heureux et raisonnable. Les gens sont fiables parfois très longtemps, ou se livrent seulement à de courtes interruptions qu'il peut être intéressant de supporter. La fiabilité dans le temps est pour moi source d'émerveillement. Je me dis "pas encore, et c'est bien". ... Infaillible jusqu'à la mort ? Si c'est jusqu'à la mienne, je ne saurais jamais...
Sei Shônagon, Notes de chevet
Kazusa no kairo , Hokusai,in 36 vues du Mont Fuji
Mes notes de chevet. C'est indubitable, il existe un nombre vraiment infime de gens à qui l'on puisse se fier. Proches, famille, peu importe. Il faut savoir profiter de chaque instant, en sachant que tous sont faillibles. Ce n'est qu'une question de temps.
Certains diront que je suis une indécrottable défaitiste. Certains vont s'en trouver terriblement vexés. Pourtant, penser ainsi est salutaire et relève d'un optimisme heureux et raisonnable. Les gens sont fiables parfois très longtemps, ou se livrent seulement à de courtes interruptions qu'il peut être intéressant de supporter. La fiabilité dans le temps est pour moi source d'émerveillement. Je me dis "pas encore, et c'est bien". ... Infaillible jusqu'à la mort ? Si c'est jusqu'à la mienne, je ne saurais jamais...
4.3.12
Fuji, cent vues (42) : noms d'oiseaux
Libellés :
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Hokusai,
Hokusai et le Mont Fuji,
mont Fuji
3.3.12
les Charlots d'un autre temps...
Je les aimais bien, ils me faisaient rire. Leur héros est mort, et j'en suis toute interloquée ...
1.3.12
Le Train des Merveilles (1) : acheter le billet
Une petite envie, comme ça, de partir à la neige en prenant un petit train, le genre de petit train dont la SNCF se débarasserait bien, et en attendant s'en sert pour les touristes. C'est le train des Merveilles.
Nous nous sommes décidés pour vendredi, et donc c'était hier, d'après le dépliant, qu'il fallait réserver dernier délai.
Mon premier réflexe : internet. Je tape Train des Merveilles. Hier, le site était en maintenance. Bon. Je téléphone au numéro indiqué. Je réserve les deux places auprès d'un gentil monsieur, qui me dit que pour les retirer je peux aller dans n'importe quel guichet de gare. Je demande si c'est possible par internet. Là, il me dit que oui, mais c'est une autre procédure, il faut qu'il annule la sienne, et que j'aie une imprimante, est-ce que je le désire ? J'avoue, je n'ai pas osé, il s'était donné du mal, je maintiens ma commande avec retrait au guichet.
C'est que ces temps-ci je sature des automates. Les péages d'autoroute sans aucun être humain me stresse épouvantablement, en particulier la petite phrase "veuillez payer le montant indiqué par carte ou par espèces" quand on est seul au volant et que l'on tarde à trouver sa monnaie
Vers seize heures, je me rends donc à la gare centrale. Les guichets locaux ont disparu, il n'y a plus que des machines. Les "vrais guichets" sont au fond de la gare, là où jadis étaient les réservations : dix guichets installés, trois guichets ouverts, cent mètres de queue dont une bonne cinquantaine de Japonais ... Bon, ce sera pour plus tard, je vais être en retard à mon rendez-vous (à vue de nez, une bonne heure de queue).
A la fin de mon rendez-vous, je me souviens qu'il existe une boutique SNCF près de la rue piétonne. Je m'y rends : fermée. Pourtant ce n'est que cinq heures. Une affichette : par suite d'un mouvement social votre boutique est fermée aujourd'hui, vous pouvez acheter votre billet aux guichets d'une gare. Oui, je sais...
Le soir, à 21h30, en promenant mon chien, je réessaie à la gare principale. Tous les guichets sont fermés. D'ailleurs un monsieur vient me dire qu'il n'y a plus de train au départ. Fichtre, 9h30 c'est tôt pour arrêter les trains. J'essaie sur la machine "retrait de dossiers" mais elle refuse mon code.
Ce matin, en promenant mon chien, à 9h, je retourne à la gare. Ce n'est plus la grève, mais il y a quand même seulement trois guichets ouverts, et une dizaine de personnes avant moi : deux vietnamiens qui ne savent pas s'ils ont droit à une carte, une réduction, etc., deux américains non francophones qui veulent un ticket simple pour Menton, une femme qui doit échanger son billet tarif spécial et a apporté son dossier, un handicapé en chaise roulante qui veut une place pour tout de suite et a apporté son dossier, un couple pépé-mémé allergique aux machines qui veut un aller-retour pour Menton, un Russe qui veut absolument passer devant tout le monde et qui croit que dire I don't understand lui suffira pour griller la queue (j'ai pris des risques : je lui ai tout expliqué en anglais, à ce grand gaillard de 150kg et de deux mètres de haut, et il a pris la queue finalement !). Deux personnes sont venues s'installer à deux autres guichets, mais ils n'ont pas ouverts. Pendant ce temps, la queue de cent mètres s'est reformée derrière moi le temps que je passe, sans aucun tri des passagers selon leur demande; après tout, on n'a qu'à savoir se servir d'un automate, ou savoir dire non aux gentils employés par téléphone qui vous disent que dès aujourd'hui il suffit simplement de retire sa réservation au guichet.
Vive internet !
Nous nous sommes décidés pour vendredi, et donc c'était hier, d'après le dépliant, qu'il fallait réserver dernier délai.
Mon premier réflexe : internet. Je tape Train des Merveilles. Hier, le site était en maintenance. Bon. Je téléphone au numéro indiqué. Je réserve les deux places auprès d'un gentil monsieur, qui me dit que pour les retirer je peux aller dans n'importe quel guichet de gare. Je demande si c'est possible par internet. Là, il me dit que oui, mais c'est une autre procédure, il faut qu'il annule la sienne, et que j'aie une imprimante, est-ce que je le désire ? J'avoue, je n'ai pas osé, il s'était donné du mal, je maintiens ma commande avec retrait au guichet.
C'est que ces temps-ci je sature des automates. Les péages d'autoroute sans aucun être humain me stresse épouvantablement, en particulier la petite phrase "veuillez payer le montant indiqué par carte ou par espèces" quand on est seul au volant et que l'on tarde à trouver sa monnaie
Vers seize heures, je me rends donc à la gare centrale. Les guichets locaux ont disparu, il n'y a plus que des machines. Les "vrais guichets" sont au fond de la gare, là où jadis étaient les réservations : dix guichets installés, trois guichets ouverts, cent mètres de queue dont une bonne cinquantaine de Japonais ... Bon, ce sera pour plus tard, je vais être en retard à mon rendez-vous (à vue de nez, une bonne heure de queue).
A la fin de mon rendez-vous, je me souviens qu'il existe une boutique SNCF près de la rue piétonne. Je m'y rends : fermée. Pourtant ce n'est que cinq heures. Une affichette : par suite d'un mouvement social votre boutique est fermée aujourd'hui, vous pouvez acheter votre billet aux guichets d'une gare. Oui, je sais...
Le soir, à 21h30, en promenant mon chien, je réessaie à la gare principale. Tous les guichets sont fermés. D'ailleurs un monsieur vient me dire qu'il n'y a plus de train au départ. Fichtre, 9h30 c'est tôt pour arrêter les trains. J'essaie sur la machine "retrait de dossiers" mais elle refuse mon code.
Ce matin, en promenant mon chien, à 9h, je retourne à la gare. Ce n'est plus la grève, mais il y a quand même seulement trois guichets ouverts, et une dizaine de personnes avant moi : deux vietnamiens qui ne savent pas s'ils ont droit à une carte, une réduction, etc., deux américains non francophones qui veulent un ticket simple pour Menton, une femme qui doit échanger son billet tarif spécial et a apporté son dossier, un handicapé en chaise roulante qui veut une place pour tout de suite et a apporté son dossier, un couple pépé-mémé allergique aux machines qui veut un aller-retour pour Menton, un Russe qui veut absolument passer devant tout le monde et qui croit que dire I don't understand lui suffira pour griller la queue (j'ai pris des risques : je lui ai tout expliqué en anglais, à ce grand gaillard de 150kg et de deux mètres de haut, et il a pris la queue finalement !). Deux personnes sont venues s'installer à deux autres guichets, mais ils n'ont pas ouverts. Pendant ce temps, la queue de cent mètres s'est reformée derrière moi le temps que je passe, sans aucun tri des passagers selon leur demande; après tout, on n'a qu'à savoir se servir d'un automate, ou savoir dire non aux gentils employés par téléphone qui vous disent que dès aujourd'hui il suffit simplement de retire sa réservation au guichet.
Vive internet !
29.2.12
Le 29 Février, on se pose des questions stupides...
Lorsqu'un mois commence, comment être sûr que le mois précédent est terminé ?
"Le mois précédent est le mois d'avant. Le mois qui commence est le mois de maintenant. Le mois suivant est le mois d'après. Tous les mois d'après sont devenus des mois d'avant après avoir été des mois de maintenant. De même, tous les mois d'avant ont été des mois d'après avant d'avoir été des mois de maintenant... Tout Ouroulboulouck avec son cerveau réveillé voit que cette question n'a pas de sens; ni à l'endroit ni à l'envers et pas plus qu'hier qu'aujourd'hui ou demain."
Claude Ponti, Almanach ouroulboulouck 8e mermaine
"Le mois précédent est le mois d'avant. Le mois qui commence est le mois de maintenant. Le mois suivant est le mois d'après. Tous les mois d'après sont devenus des mois d'avant après avoir été des mois de maintenant. De même, tous les mois d'avant ont été des mois d'après avant d'avoir été des mois de maintenant... Tout Ouroulboulouck avec son cerveau réveillé voit que cette question n'a pas de sens; ni à l'endroit ni à l'envers et pas plus qu'hier qu'aujourd'hui ou demain."
Claude Ponti, Almanach ouroulboulouck 8e mermaine
26.2.12
25.2.12
Mes notes de chevet : 82. Choses qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé
"Une natte à fleurs, vieilles, et dont les bords usés sont en lambeaux.
Un paravent dont le papier, orné d'une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s'accroche une glycine.
Une jupe d'apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur. "
Sei Shonagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : en voilà une liste bien assortie où l'on sourit quand même...
Paroles ici
Un paravent dont le papier, orné d'une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s'accroche une glycine.
Une jupe d'apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur. "
Sei Shonagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : en voilà une liste bien assortie où l'on sourit quand même...
Paroles ici
Libellés :
mes notes de chevet,
musique,
Sei Shônagon
19.2.12
Mon quartier (57) : encore des oiseaux
Sur un immeuble parmi mes préférés que je n'avais pas encore cité, j'ai découvert des oiseaux que je n'avais pas perçus
C'est ici
C'est ici
Mes notes de chevet : 81. Choses impatiemment attendues
" Enfiler une aiguille lorsqu'on doit se dépêcher de coudre et que le soir tombe. Mais moi, quand je vois que je vais avoir à faire une chose aussi agaçante, je me saisis d'une partie de l'ouvrage, déjà commencée, où doit se trouver fichée une aiguille enfilée; je laisse le soin d'en préparer une autre à quelqu'une de mes compagnes. Sans doute parce qu'elle se hâte aussi, elle n'y parvient pas rapidement, et je lui dis : "Allons ! Laissez donc cela pour le moment."Cependant, elle a l'air de penser : "Et pouquoi donc n'arriverais-je pas à enfiler cette aiguille ?" Elle ne peut abandonner les morceaux d'étoffe qu'elle a pris; à son ompatience, s'ajoute de l'aversion pour moi. "
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Utamaro
Mes notes de chevet : De fils en aiguilles et d'aiguilles en fils, aux quatre bouts du monde, le même geste, depuis les temps des temps, relient les filles coquettes. Et depuis toujours les fils se défilent et nous rendent folles.
aiguilles à chas préhistoriques
Fuji, cent vues (41) : accalmie : l'œil du cyclone ?
Susaki no Fuji
La mer s'est calmée. Les oiseaux sont noirs, le Fuji est noir, bientôt une nouvelle tempête?
Libellés :
cent vues,
Hokusai,
Hokusai et le Mont Fuji,
mont Fuji
5.2.12
Mes notes de chevet : 80. Choses impatiemment attendues
"La lettre d'une personne aimée"
Sei Shônagon, notes de chevet
Mes notes de chevet : s'il m'est un jour donné d'avoir une petite-fille et de lui raconter le temps d'avant, je conterai l'époque ancienne où il n'y avait pas de téléphone mobile, pas de réseaux sociaux, pas de courriel, et même pas de téléphone facilement accessible. Le temps où l'on se consumait d'amour en attendant le facteur, à une époque où les facteurs allaient partout, jusqu'au fin fond des maisons enneigées, des chemins boueux, des terres gelées, afin de remettre une lettre, une chose écrite avec de l'encre sur du papier, où il était de bon ton de dire le maximum de choses poétiques avec le minimum de fautes d'orthographe, un texte que les larmes effaçaient, que les mains froissaient à force d'être déplié, que l'on cachait au fond des poches ou des tiroirs secrets avec des pétales de roses.
Sei Shônagon, notes de chevet
œuvre d'Utamaro
Mes notes de chevet : s'il m'est un jour donné d'avoir une petite-fille et de lui raconter le temps d'avant, je conterai l'époque ancienne où il n'y avait pas de téléphone mobile, pas de réseaux sociaux, pas de courriel, et même pas de téléphone facilement accessible. Le temps où l'on se consumait d'amour en attendant le facteur, à une époque où les facteurs allaient partout, jusqu'au fin fond des maisons enneigées, des chemins boueux, des terres gelées, afin de remettre une lettre, une chose écrite avec de l'encre sur du papier, où il était de bon ton de dire le maximum de choses poétiques avec le minimum de fautes d'orthographe, un texte que les larmes effaçaient, que les mains froissaient à force d'être déplié, que l'on cachait au fond des poches ou des tiroirs secrets avec des pétales de roses.
Fuji, cent vues (40) : coulé
Mais où est passé le bateau ?
Ca y est ya pu qu'les p'tits oiseaux !
Ca y est ya pu qu'les p'tits oiseaux !
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Hokusai,
Hokusai et le Mont Fuji,
mont Fuji
30.1.12
Mes notes de chevet : 79. Choses enviables
"J'envie beaucoup les gens qui ont de bons enfants, que ces derniers soient des hommes, des femmes, ou des bonzes.
Les dames qui ont de superbes cheveux très longs, et des mèches qui descendent gracieusement sur le front."
Sei Shônagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : pour dévier l'attention vers du trop personnel, pourrait-on disserter sur le sexe des bonzes ?
Les dames qui ont de superbes cheveux très longs, et des mèches qui descendent gracieusement sur le front."
Sei Shônagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : pour dévier l'attention vers du trop personnel, pourrait-on disserter sur le sexe des bonzes ?
29.1.12
Fuji, cent vues (39) : miroir et robe de plumes
La robe de plumes que transporte ce pêcheur est-elle celle de Médée ? Mieux vaut alors voir le monde y compris le Fuji, dans un miroir, et s'enivrer d'alcool...
Libellés :
cent vues,
Hokusai,
Hokusai et le Mont Fuji,
mont Fuji
15.1.12
Le son de chez moi (57) : artisans
Les artisans de la crèche de l'Eglise Sainte Rita donnent la cadence ...
14.1.12
Marché de samedi, c'est l'hiver !
4.1.12
Tout se perd ma pauv'dame (2) : légumes
Ce soir, j'avais envie de soupe. Je me rends chez un marchand de légumes. Absolument, cela existe encore, un VRAI marchand de légumes (et de fruits). Une fois ma petite récolte faite, je me rends à la caisse pour que la jeune employée pèse et encaisse. Sur sa machine, pas de petits dessins comme à Casino, mais les mots écrits. Elle pèse les pommes de terre, les carottes, les poireaux. Arrivée au fenouil, elle me demande : pouvez-vous dire comment ça s'appelle ? Elle m'a fait la même demande, ensuite, pour le navet...
Fuji, cent vues (38) : Hokusai au FAPE ?
Hokusai, Le Fuji vu de chez les teinturiers
Sans le savoir, ma dernière action de 2011 pour l'école fut de tendre un rideau sur un bambou. Hokusai serait-il mon ange protecteur ? Il sera en tout cas mon saint patron du FAPE 2012
Sans le savoir, ma dernière action de 2011 pour l'école fut de tendre un rideau sur un bambou. Hokusai serait-il mon ange protecteur ? Il sera en tout cas mon saint patron du FAPE 2012
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3.1.12
Mes notes de chevet : 78. Choses qui paraissent affligeantes
"Un exorciste qui s'attaque à un démon récalcitrant. Tout irait bien si seulement les bons effets de ses incantations se manifestaient rapidement; mais s'il n'en est pas ainsi, le malheureux continue stoïquement à prier pour éviter d'être, quelque peine qu'il ait prise, la risée des gens."
Sei Shônagon, Notes de chevet.
Mes notes de chevet : Encore une fois, ma vieille amie japonaise me fait un clin d'œil en ce début d'année. La commencer ainsi, par des choses qui paraissent affligeantes ! Espérons qu'en cette année du dragon qui commence, cette citation ne soit prémonitoire, bien que vérifiée pour 2011, et que mes incantations soient efficaces !
Sei Shônagon, Notes de chevet.
Estampe d'Hiroshige, dragon dans un nuage
Mes notes de chevet : Encore une fois, ma vieille amie japonaise me fait un clin d'œil en ce début d'année. La commencer ainsi, par des choses qui paraissent affligeantes ! Espérons qu'en cette année du dragon qui commence, cette citation ne soit prémonitoire, bien que vérifiée pour 2011, et que mes incantations soient efficaces !
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2.1.12
2 Janvier : le jour des mauvais vœux
Et si on consacrait le 2 Janvier aux mauvais vœux ?
Ce ne serait pas très difficile pour 2012. L'année a toutes les chances d'être mauvaise, donc on n'a peu de chance de se tromper : crise, chômage, présidentielle, peut-être fin de l'euro...
Et puis quel plaisir de pouvoir passer de "à lui je ne lui souhaite pas mes meilleurs vœux" à "je te souhaite de tout mon cœur une mauvaise année".( Le tutoiement dans cette situation parait plus naturel.)
Tous ces mesquins, ceux rencontrés brièvement dans une administration, quotidiennement au travail, toute une vie dans une famille. Dans l'enthousiasme de l'année nouvelle, les bulles du champagne, des bonnes résolutions, on les avait oubliés. Et puis la journée du premier janvier n'est pas terminée que ça y est, certains se rappellent à nous, en avant-garde.
Bien sûr , souvent, ils n'ont guère besoin de nous pour la passer mauvaise : petit esprit, jalousies, petites magouilles, déceptions dérisoires, inaptitudes aux petits bonheurs.
Pourtant, leur souhaiter un dégât des eaux, un contrôle fiscal, un divorce, certaines plaies d'Egypte avant Pessah (pustules, ténèbres, vermine), ça ne mange pas de pain...
Le 2 janvier, le jour des mauvais vœux, ça vous dit ?
extrait de Mô-Namour de Claude Ponti
Ce ne serait pas très difficile pour 2012. L'année a toutes les chances d'être mauvaise, donc on n'a peu de chance de se tromper : crise, chômage, présidentielle, peut-être fin de l'euro...
Et puis quel plaisir de pouvoir passer de "à lui je ne lui souhaite pas mes meilleurs vœux" à "je te souhaite de tout mon cœur une mauvaise année".( Le tutoiement dans cette situation parait plus naturel.)
Tous ces mesquins, ceux rencontrés brièvement dans une administration, quotidiennement au travail, toute une vie dans une famille. Dans l'enthousiasme de l'année nouvelle, les bulles du champagne, des bonnes résolutions, on les avait oubliés. Et puis la journée du premier janvier n'est pas terminée que ça y est, certains se rappellent à nous, en avant-garde.
Bien sûr , souvent, ils n'ont guère besoin de nous pour la passer mauvaise : petit esprit, jalousies, petites magouilles, déceptions dérisoires, inaptitudes aux petits bonheurs.
Pourtant, leur souhaiter un dégât des eaux, un contrôle fiscal, un divorce, certaines plaies d'Egypte avant Pessah (pustules, ténèbres, vermine), ça ne mange pas de pain...
Le 2 janvier, le jour des mauvais vœux, ça vous dit ?
1.1.12
le son de chez moi (56) : en attendant 2012
Avec le champagne, comme il se doit, et dans la foule des Italiens, comme d'habitude !
Bonne année du dragon
L'année 2011 fut une drôle d'année. Riche en surprises des plus diverses, parfois bonnes, souvent mauvaises. Elle m'aura appris à apprécier d'autant les plaisirs précieux, brefs mais répétés, que la vie nous permet de saisir juste en ouvrant les yeux si l'on sait se tenir prêt.
27.12.11
Mystères ordinaires : les santons
Quand j'étais petite, mon papa me chantait cette chanson. Il avait fait lui-même la crèche familiale : la grotte en rocher de papier, le moulin, le petit pont.
Olivier, toi aussi tes santons dorment dans leur boîte de carton depuis que tu es parti. Vous me manquez.
LE NOËL DES PETITS SANTONS (René Sarvil / Henri Ackermans) (1935) Tino Rossi
Dans une boite en carton
Sommeillent les petits santons
Le berger... le rémouleur
Et l'Enfant Jésus rédempteur
Le Ravi qui le suit
Est toujours ravi
Les moutons
En coton
Sont serrés au fond
Un soir alors
Parait l'étoile d'or
Et tous les petits santons
Quittent la boite de carton
{Refrain:} Naïvement
Dévotement
Ils vont à Dieu
Porter leurs vœux
Et leur chant
Est touchant
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence
Le berger comme autrefois
Montre le chemin aux trois Rois
Et ces Rois ont pour suivants
Des chameaux chargés de présents
Leurs manteaux
Sont très beaux
Dorés au pinceau
Et ils ont
Le menton
Noirci au charbon
De grand matin
J'ai vu passer leur train,
Ils traînaient leurs pauvres pieds
Sur les gros rochers de papiers
{au Refrain}
Dans l'étable de bois blanc
Il est là le divin Enfant
Entre le bœuf au poil roux
Et le petit âne à l'œil doux
Et l'enfant
Vagissant
Murmure en dormant :
"Les jaloux
Sont des fous
Humains, aimez-vous "
Mais, au matin
Joyeux Noël prend fin
Alors les petits santons
Regagnent la boite en carton
Naïvement
Dévotement
Ils dormiront
Dans du coton
En rêvant
Du doux chant
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence.
Dormez chers petit santons
Dans votre boite en carton
Noël, Noël, Noël.
26.12.11
Mes notes de chevet : 77. Occasions dans lesquelles les choses sans valeur prennent de l'importance
"Les dames qui escortent, à cheval, l'Empereur quand il sort de son palais."
Sei Shônagon, Notes de Chevet
Sei Shônagon, Notes de Chevet
Mes notes de chevet :
Il existe deux sortes de vélos bleus. Les vieux, avec leur changement de vitesse en métal, et les récents où la mollette, plus fiable, est en plastique. Depuis quelque temps, un homme a du faire un de ces paris stupides, ces paris stupides que l'on fait parfois à soi-même, pour se prouver quelque chose, une misère, et que la plupart du temps on abandonne tant les enjeux sont dérisoires. Mais celui-là n'abandonne pas, c'est un têtu. Et chaque jour il bat son propre record, et grignote, doucement mais sûrement, le parc vélocipédique : opère-t-il à coup de marteau, à coup de pied, je ne le sais, mais son geste est remarquablement efficace : disloquer la coque protectrice du levier de vitesse plastique des vélos bleus. Peu à peu, la proportion augmente, régulièrement. C'était un de temps en temps, puis de plus en plus souvent. Maintenant, on ne trouve quasiment aucun vélo récent en état, sauf les neufs, ou garés dans des lieux trop voyants.
Oui, vraiment, c'est peu de choses. Juste un petit retard de transport, qui fait changer pour un vieux modèle, changer de station, remettre une balade. Rien de vital pour moi. Je ne sais pourquoi, j'y vois pourtant le symbole de notre monde, le glissement du quotidien vers le côté obscur de la force, son grignotage.
Bien sûr, il n'y a aucune trace des gens qui comme moi, remontent un vélo tombé, qui téléphonent pour signaler un vélo égaré, qui garent un vélo errant. Il y en a certainement beaucoup, de ces usagers de ce véhicule dérisoire, un peu brinquebalant, dont l'usage limité est gratuit. Ainsi va le monde, les trains qui partent à l'heure n'intéressent personne. Et l'on contemple fasciné l'agonie des déraillements.
25.12.11
23.12.11
Crèches du Vieux Nice : tout se perd ma pauv'dame
Place Rossetti, deux crèches.
Dehors, la crèche municipale genre Carnaval
dedans, la crèche H&M antivol (c'est sûr que cette année on ne risque pas de la leur voler). Quelle crèche pour une cathédrale
:-(
Au Gesu, les Rois Mages sont déjà arrivés.
A Sainte Rita, elle n'est pas encore installée.
Finalement le Privé sauve la mise : jolis petits santons et fontaine en chocolat chez le pâtissier Auer.
Peut-être est-ce pour cela que l'église voisine, St Vincent de Paule, a une jolie crèche, simple et fraîche.
Ouf !
Dehors, la crèche municipale genre Carnaval
dedans, la crèche H&M antivol (c'est sûr que cette année on ne risque pas de la leur voler). Quelle crèche pour une cathédrale
:-(
Au Gesu, les Rois Mages sont déjà arrivés.
A Sainte Rita, elle n'est pas encore installée.
Finalement le Privé sauve la mise : jolis petits santons et fontaine en chocolat chez le pâtissier Auer.
Peut-être est-ce pour cela que l'église voisine, St Vincent de Paule, a une jolie crèche, simple et fraîche.
Ouf !
22.12.11
Les petites lumières du monde
Dans les traditions juives, c'est la fête de Hanoucah que je préfère.
Fête liées à tant de petits souvenirs, tant de tous petits bonheurs nombreux : recherche des petits cadeaux pour ma fille, un chaque soir, distribution à la lueur des petites flammes, ou bien regroupée jour par jour dans de petits paquets numérotés, comme un calendrier de l'avent, quand nous étions séparées; soirées à entrées multiples, avec toutes sortes de gens, réunis autour des flammes qu'ils veulent voir croître.
Cette année ne faillit pas à la tradition. Les ténèbres paraissent plus épaisses, dans un monde où les petits cadeaux quotidiens ont disparu et où l'absence est véhémente. Les petites flammes éclairent un autre lieu. Mais la toute première lumière du premier soir ne fut pas plus faible, portée par des gens simples et bons qui perdent encore leur temps à l'étude de vieux textes désuets et d'une absurdité aussi complexe qu'apparente, et à chanter de vieux cantiques qui ont du bien surprendre mes voisins en une ferveur naïve mais bien réelle.. Chaque soir, une petite flamme de plus, brille pour de précieux invités se succédant comme les santons de la crèche, partageant avec moi la toute petite croissance de la lumière dans la grande nuit de l'hiver.
21.12.11
Fuji, cent vues (37) : mais où est passé le mont Fuji ?
Uneri Fuji, de Hokusai
Mais où est-il passé ? Lecteurs avisés de mon blog, vous devriez bien le trouver tous seuls...
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mont Fuji
17.12.11
Mystères ordinaires : cure de végétaux
En ce premier matin de vacances de Noël, en l'absence de tous ces mini-bisoux du matin, avec le retour imposé à la vie familiale à la veille des fêtes, la vacuité que crée le "pas d'école" céda sur le seuil de la cuisine : une étoile de Noël de l'année dernière, camouflée par ses non-feilles rouges, survivante à la canicule et au chauffage central, le pot de lentilles de l'école et celui de la maison s'élevant comme jamais vers la moindre lueur, me prouvent que, finalement, l'espoir peut être permis.
11.12.11
En attendant l'assaut adverse
"Le commandant convoqua ses hommes dans le bunker qui abritait le PC de commandement. Ilan s'assit par terre dans un coin(...)Les officiers et les soldats s'affalèrent le long des murs en évitant de se regarder. Maintenant que l'épaisse poussière avait été dispersée à grande eau, l'air charriait d'effroyables relents d'excréments, le sédiment tangible de la peur. Recroquevillé près d'Ilan, les yeux clos, un jeune homme aux joues lisses et veloutées, ne paraissant guère avoir plus de quinze ans, marmonnait dévotement, à toute vitesse, des paroles inintelligibles. Ilan lui effleura la jambe et lui demanda de prier pour lui. Il ne priait pas, il n'était absolument pas religieux, il récitait des équations chimiques, rétorqua le gamin sans ouvrir les yeux. Il avait trouvé ce moyen pour déstresser avant le bac, ça marchait à tous les coups. Pourrait-il alors dire des équations pour lui ? demanda Ilan."
Une femme fuyant l'annonce, David Grossman, p578-579
Une femme fuyant l'annonce, David Grossman, p578-579
Mes notes de chevet : 74. Choses dont le nom est effrayant
"La pluie soudaine. Le fraisier-serpent. L'âme d'une personne vivante qui vient vous tourmenter. L'igname du diable. La fougère du démon. La ronce.Le citronnier épineux."
Sei Shônagon. Notes de chevet
Mes notes de chevet :
acide chlorhydrique, ulcère variqueux, chimiothérapie, peste bubonique, séparation de corps, évaluation sommative ( et même formatrice a dit Anne) .
Sei Shônagon. Notes de chevet
estampe d'Hokusai
acide chlorhydrique, ulcère variqueux, chimiothérapie, peste bubonique, séparation de corps, évaluation sommative ( et même formatrice a dit Anne) .
6.12.11
Fuji, cent vues (36) : dragon
Toryu no Fuji, Hokusai
Dragon, joli dragon, viens monter la garde devant ma maison, y a du boulot en ce moment !
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5.12.11
Serendipity : elle est pas belle la vie ?
Il y a des jours, quand rien n'est simple ni ne va de soi, que l'humeur s'obscurcit, que la vue se rétrécit, où tout d'un coup le quotidien vous lance un grand clin d'œil : le hasard devient serendipity, et on sourit, émerveillé, devant l'harmonie des couleurs, entre une photo ô combien précieuse et des bijoux déposés là en vrac, faits de pacotille et de beaucoup d'amour enfantin ...
Mon quartier (56) : la saison des cadeaux
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