15.5.13

Marché du samedi : des touristes et des fraises


La période du marché pénible commence : envahi de touristes en troupeaux, la progression y est difficile. Une "niçoise" à l'accent du Nord ne peut laisser empêcher sa mauvaise humeur de se manifester : "Qu'est-ce que c'est que tout ce monde qui n'a jamais rien vu ? Que font-ils au marché ? Ils ne peuvent pas les emmener dans un musée  ?"
Dans un musée, lors de ma recherche de fraises, j'avais bien l'impression d'y être : version MAMAC, du conceptuel 100%, avec de grosses fraises très design, aussi grosses que sans aucune saveur, à 2,90€ la barquette; et version Musée des Beaux-Arts pour les autres, variétés anciennes, protégées, sauvegardées à 5€90 la demie-portion.

29.4.13

Mon quartier (62) : printemps sur les façades (suite)

Quittons la Buffa et ces glycines pour se glisser dans Maréchal Joffre :



des fruits, des fleurs, que du bonheur ...











28.4.13

Mes notes de chevet (105) : danses

Dans la "danse de la tête tirée" les acteurs ont les cheveux épars et font des yeux effrayants; mais la musique ne lasse pas d'être fort belle.
Sei Shônagon, Notes de chevet

Mes notes de chevet : prémonition du Sacre du Printemps ?

26.4.13

Printemps sur les façades (1)

Puisque l'hiver est interminable, et que l'on détruit même les glycines du lycée Masséna




cherchons les fleurs  parmi l'architecture !




22.4.13

Cent vues (77) : cul par dessus tête

Fuzei omoshiroki Fuji, Hokusai


Lancer par dessus la montagne, à en perdre ses socques ...



20.4.13

De l'art de la conversation

"- Le départ est donc décidé ? demanda Karénine.
 - Oui, il va à Paris, il a entendu une voix, répondit Lydie Ivanovna en regardant Oblonski.
- Une vois, vraiment ! répéta celui-ci, sentant qu'il fallait user d'une grande prudence dans une société où se passaient des mystères dont il n'avait point la clé."
Anna Karénine, septième partie, ch. XXI

19.4.13

Test d'antidépresseur de la belle saison : le café gourmand (2) : Di Yar



n°2 au catalogue
lieu :  Di Yar, rue de la préfecture
genre : libanais 
présentation : agréable, j'adore le design de la soucoupe de la tasse !
café : excellent
pâtisserie : deux mini-pâtisseries orientales changeant chaque jour;
 ce jour là, le gâteau à droite classique oriental bon sans plus, le gâteau au fromage de gauche à la crème de lait est une petite merveille absolument délicieuse !
accueil : excellent
rapport qualité-prix : très bon
prix : 5 € 
le plus : terrasse fraîche l'été, la gentillesse du personnel.

17.4.13

Test d'antidépresseur de la belle saison : le café gourmand (1) : Palais de la Méditerranée

Une nouvelle rubrique avec le retour du soleil.


n°1 au catalogue
lieu :  Palais de la Méditerranée, terrasse 3e étage
genre : chic
présentation : très belle, original, design : plateau en ardoise, belle composition des différents éléments
café : très bon
pâtisserie : nombreux petites choses à déguster, le choix varie selon les moments, goûts et textures variés, présence de fruits frais
accueil : excellent
rapport qualité-prix : excellent (moins cher que Columbus Café et son gobelet en carton !)
prix : 7 € 
le plus : terrasse extrêmement agréable et très calme, vue sur mer et ponton (sauf par vent fort)
conclusion : excellent

13.4.13

Bruits de mariage

"Parents et invités suivirent le jeune couple dans un murmure de voix et un froufrou de robes. Quelqu'un se baissa pour arranger la traîne de la mariée, puis un silence si profond régna dans l'église qu'on entendait les gouttes de cire tomber des cierges."
Léon Tolstoï, Anna Karénine, 5e partie, ch.IV

2.4.13

Fragments du quotidien (17) : passer la Mer Rouge


Chaque année, il faut recommencer à passer la Mer Rouge, et d'abord laisser l'Egypte.
Tout fut presque au rendez-vous : les grenouilles dans mon ventre, la vermine qui guette, la peste qui s'est abattue sur mes invités au seder, ulcère au singulier, absence du premier-né, l'obstination rituelle d'un pharaon prévisible. Mais la Mer, comme toujours, quand on n'y croit plus, s'est ouverte, et ce soir, l'on mangera le couscous au beurre, à l'elben et aux fèves ...


30.3.13

Cent vues (76) : pile de couvre-chefs

Hakkai-meguri no Fuji, Hokusai

Mais au retour, comment feront-ils pour récupérer LEUR chapeau, sans pou ?

29.3.13

Fragments du quotidien (16) : deux vieux amis

Alors que je me débats entre l'épluchage de patates germées et mes douleurs cervicales (il faut bien se nourrir même en période de claustration), j'entends la voix de deux amis perdus de vue depuis longtemps : Marc-Alain Ouaknin citant Nietzsche : "L’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité".

28.3.13

Lectures : un touriste russe avant Depardieu ?


"... ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince; des soins hygiéniques minutieux joints à une gymnastique appropriée le maintenaient en si bel état qu'en dépit des excès auxquels il se livrait, il gardait la fraîcheur d'un concombre de Hollande, long, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, les facilités de communication modernes lui offrant l'avantage, qu'il prisait entre tous, de pouvoir goûter sur place les amusements à la mode dans tel et tel pays. En Espagne, il avait donné des sérénades et courtisé une joueuse de mandoline; en Suisse, il avait tué un chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié d'abattre deux cents faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur un éléphant; il tenait maintenant à savourer les plaisirs spécifiquement russes. "
Anna Karenine, quatrième partie, ch. 1, Léon Tostoï

27.3.13

Fragments du quotidien (15) : franchir la mer à pied sec

Le passage en Egypte cette année fut des plus mouvementés. Descendance aux abonnés absents, déficience du physique (alliance dos et estomac pour semer la panique), atteinte des colatéraux invités par une des dix plaies les rendant indisponibles. Nous avons cependant réussi à mener un seder de style romantique, en duo aux chandelles, 
avec un corban Pessah qui ne manquait pas d'allure ... juste ce qu'il fallait pour traverser la Mer et être prêts, tels Chaboudeau et Escarbille, à l'errance désertique. En espérant trouver une chaise, peu importe la couleur ...

18.3.13

Fragments du quotidien (14) : météo

Reflets de la folie du mois : le ciel est gris de gris, son reflet bleu de bleu

17.3.13

Fragments du quotidien (13) : it's beyond my control


Tant qu'il y aura des jonquilles au marché, je ne pourrai acheter rien d'autre. Je ne peux pas faire autrement, c'est plus fort que moi. Et c'est très bien, ces éclats de soleil parmi la grisaille de cet apocalyptique mois de mars

16.3.13

Fragments du quotidien (12) : mots d'enfant

Sur la Prom, sur une toute petite trottinette, et dessus une toute petite, si petite que je fus toute étonnée de l'entendre parler si distinctement. Elle jouait toute seule à la course, et se donnant le départ, cria :
"Un
Deux
Trois
Bye bye !"

15.3.13

Fragments du quotidien (11) : Truman show

 Les gardiens en uniforme m'avaient ouvert la barrière, j'avais longé le lac, le club house, le village et ses petits commerces. Dans mon rétroviseur qui tient avec une élastique, je voyais le véhicule garé derrière, une Porsche Cheyenne. Devant moi une énorme Audi jamais vue auparavant. J'étais calfeutrée dans ma voiture, attendant l'ouverture de l'école maternelle publique enclavée là, regardant tomber la neige à gros flocons. A l'horizon le cap d'Antibes.

14.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (24) : le mot de la fin



C'était un petit être si tranquille, si timide et silencieux. C'était un pauvre petit être mystérieux comme tout le monde.
Pelleas et Mélisande, Acte V, Debussy/Maeterlinck

13.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (22) : dialogue avec Arkel, celui qui est toujours à côté de la plaque



Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

-Je n'ai jamais été mieux portante. Il me semble cependant que je sais quelque chose.
- Que dis-tu ? Je ne te comprends pas.
- Je ne comprends pas non plus tout ce que je dis. Je ne sais pas ce que je sais. Je ne dis plus ce que je veux.
- Mais si, mais si ! Je suis tout heureux de t'entendre parler ainsi; tu as eu un peu de délire ces jours-ci, et l'on ne te comprenait plus. Mais maintenant, tout cela est bien loin.

Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

12.3.13

Fragments du quotidien (10) : gratitude infinie ...

... pour être entraînée à savourer des délices en retenant uniquement le bon côté des choses  ...

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (22) : ce n'est pas un bon signe






Regardez comme elle dort, lentement, lentement. On dirait que son âme a froid pour toujours.
Pelleas et Mélisande, Acte 5 scène 1. Debussy, Maeterlinck.

11.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (21) : tout est perdu, tout est sauvé !



Ta voix voix ! Ta voix ! Elle est plus fraîche et plus franche que l'eau ! On dirait de l'eau pure sur lèvres... On dirait de l'eau pure sur mes mains ... Donne-moi tes mains. Oh ! tes mains sont si petites !

(...)
Où es-tu ? Je ne t'entends plus respirer?
- C'est que je te regarde.
- Pourquoi me regardes-tu si gravement ? Nous sommes déjà dans l'ombre. Il fait trop noir sous cet arbre. Viens dans la lumière. Nous ne pouvons pas voir combien nous sommes heureux. Viens, viens, il nous reste si peu de temps.
- Non, non, restons ici... Je suis plus près de toi dans l'obscurité.
- Où sont tes yeux ? Tu ne vas pas me fuir ? Tu ne songes pas à moi en ce moment.
- Mais si, je ne songe qu'à toi.
- Tu regardais ailleurs?
- Je te voyais ailleurs.


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

10.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (20) : dernier soir



"Je ferais mieux de m'en aller sans la revoir. Il faut que je la regarde bien cette fois-ci... Il y a des choses que je ne me rappelle plus... On dirait par moments qu'il y a cent ans que je ne l'ai plus vue... Et je n'ai pas encore regardé son regard. Il ne me reste rien si je m'en vais ainsi..."

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 3. Debussy, Maeterlinck

Fragments du quotidien (9) le cœur de la pluie

perdu, envolé d'une table d'anniversaire ...

9.3.13

Cent vues (75) :

Sumida no Fuji, Hokusai



Bientôt, bientôt ...

Fragments du quotidien (8) : la nourriture en concept (1)

Comment s'en sortir dans la crise économique quand on est boulanger et que l'on est coincé entre deux autres boulangeries dont les produits sont aussi classiques que délicieux ? Etre tendance ...
- Associer des parfums improbables : chocolat-crème brûlée- fruits de la passion. L'indiquer sur une adorable petite ardoise à la craie.
- Soigner le design : chocolaté évoquant les têtes de nègre de notre enfance. Intégrer un post-it imprimé sur une ostie trompe-l'œil en chocolat blanc.
- Emballer dans un joli carton design aussi .
- Etre aimable avec la clientèle, ce qui ne gâche rien.
... - surtout lorsque le prix est surtaxé façon boutique-branchée-de-luxe ...
Le concept what else est somme tout de même contraire à celui de la célèbre marque, qui, mis à part le prix des machines, vend un café délicieux pour un prix très raisonnable. Car le goût ici est ... désastreux : l'enveloppe façon rocher résiste à la cuillère pour partir en lambeaux mollassons, la crème pâteuse n'a de la légèreté de la crème brûlée que le nom, l'association des goûts est plus que douteuse.
Finalement, et c'est aussi dans l'air du temps, le concept repose sur l'apparence, et sombre dans un vulgaire "t'as que la gueule "

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (18) : violence


Ah ! Ah ! Ne tâchez-pas de fuir! Ici ! Donnez-moi cette main ! Ah ! vos mains sont trop chaudes...Allez-vous-en ! Votre chair me dégoûte !

(...)

(Il la saisit par les cheveux)
A genoux devant moi ! Ah ! Ah ! vos longs cheveux servent enfin à quelque chose. 

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck



8.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (17) : regard et innocence


"Pourquoi m'examinez-vous comme un pauvre ? Je ne viens pas vous demander l'aumône. Vous espérez voir quelque chose dans mes yeux sans que je vois quelque chose dans les vôtres ? Croyez-vous que je sache quelque chose ?
Voyez-vous ces grands yeux...On dirait qu'ils sont fiers d'être riches.
- Je n'y vois qu'une grande innocence.
- Une grande innocence ! Ils sont plus grands que l'innocence ! Ils sont plus purs que les yeux d'un agneau. Ils donneraient à Dieu des leçons d'innocence ! Une grande innocence ! Ecoutez; j'en suis si près que je sens la fraîcheur de leurs cils quand ils clignent, et cependant je suis moins loin des grands secrets de l'autre monde que du plus petit secret de ces yeux ! Une grande innocence ! Plus que de l'innocence ! On dirait que les anges du ciel y célèbrent sans cesse un baptême. Je les connais ces yeux. Je les ai vus à l'œuvre. Fermez-les ! Fermez-les ! ou je vais les fermer pour longtemps !
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

Fragments du quotidien (7) : villa bleue

Dans la catégorie "riche de temps en temps", je vous préviens, j'installerai ma chambre sous le toit de verre, les amis se contenteront du canapé du salon. (Quoi que si vous l'habitez vous, je me contenterai du pliant près de la piscine ...)

7.3.13

Fragments du quotidien (6) : bulbes

J'ai gardé juste comme ça presque tous les pots de mini-jonquilles à 2€ achetés l'année dernière. Cette année, en en achetant un tout fleuri sur le marché aux fleurs, j'ai pensé qu'il était temps de les sortir de la caisse verte couverclée du balcon où ils étaient enfermés : mais ils ne m'avaient pas attendus pour se couvrir de feuilles !

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (16) : du baiser et du regard






"Je ne t'ai embrassé qu'une seule fois jusqu'ici, le jour de ta venue; et cependant les vieillards ont besoin, quelquefois, de toucher de leurs lèvres le front d'une femme ou la joue d'un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la et éloigner un moment les menaces de la mort. As-tu peur de mes vieilles lèvres ?"
(...)
"Laisse-moi te regarder ainsi, de tout près, un moment. On a tant besoin de beauté aux côtés de la mort."


Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

6.3.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (15) : au soleil dans un beau jardin




"Je t'observais, tu étais là, insouciante peut-être, mais avec l'air étrange et égaré de quelqu'un qui attendrait toujours un grand malheur, au soleil, dans un beau jardin."

Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 2. Debussy, Maeterlinck

Fragments du quotidien (5) : clin d'œil à Pelleas

Evidemment, je ne voyais pas Pelléas se déplaçant ainsi.


C'était avant de lire ceci :




5.3.13

Fragments du quotidien (4) : 20/20

Ma note professionnelle est maintenant de 20/20. Bien sûr, je m'en doutais un peu, vu l'appréciation. Bien sûr je suis ravie et je l'ai fêtée au chocolat/tarte au citron... 

Mais quand même... Je sens qu'une porte s'est fermée derrière moi. Même si j'en ai encore pour des années de travail , cela a une petit air de cercueil ...

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (14) : du regard





"- Ce sera le dernier soir; je vais voyager comme mon père l'a dit. Tu ne me verras plus.
- Ne dis pas cela, Pelléas... Je te verrai toujours; je te regarderai toujours.
- Tu auras beau regarder... je serai si loin que tu ne pourras plus me voir.
- Qu'est-il arrivé, Pelléas ? Je ne comprends plus ce que tu dis. "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



4.3.13

Fragments du quotidien (3) : Hina Matsuri



Hina Matsuri, c'est le trois mars. Comme chaque année, j'ai déballé précautionneusement mes petits chats de Kamakura reçus en cadeau de mariage, avec le plus grand bonheur du monde ...

Cent vues (74) : tout petit

Asumi mura no Fuji, Hokusai
Le Fuji est là, toujours, dans un coin de l'âme ...



Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (13) : prédiction




"Il m'a reconnu. Il m'a pris la main et il m'a dit de cet air étrange qu'il a depuis qu'il est malade :
"Est-ce toi, Pelléas ? Tien, je ne l'avais jamais remarqué, mais tu as le visage grave et amical de ceux qui ne vivront pas longtemps." "
Pelleas et Mélisande, Acte 4, scène 1. Debussy, Maeterlinck



3.3.13

Fragments du quotidien (2) : hiver/printemps

 Autour de Peillon, par un impromptu de balade, dans un impromptu de soleil, les traces de neige du début de semaine n'avaient pas totalement disparu de l'ombre. Mais dans la lumière, à l'abri des murs, sept petites asperges sauvages avaient percé la terre et évidemment, je n'ai pas résisté à les mettre au menu du soir. Goût du trop peu, mais tellement fort.

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (12) : la contagion des yeux fermés



"- Non, petit père, ils ne parlent pas.
- Mais que font-ils ?
- Ils regardent la lumière.
- Tous les deux ?
- Oui, petit père.
- Ils ne disent rien ?
- Non, petit père, ils ne ferment pas les yeux.
- Ils ne s'approchent pas l'un de l'autre ?
- Non, ils ne ferment jamais les yeux.

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 3. Debussy, Maeterlinck

2.3.13

Mes notes de chevet (104) : divertissements

"Le meilleur moment, pour un concert, c'est la nuit, quand on ne voit pas le visage des gens."
Sei Shônagon, Notes de chevet.



Mes notes de chevet.
Vu côté scène, il est bien plus facile de se lancer dans la nuit du parterre, plus encore quand on est loin de chez soi et que l'on est sûr que personne dans le public ne vous connaît.
Je n'oublierai jamais l'homme placé dans la première rangée, qui a scrupuleusement plié sa cravate pendant tout le dernier morceau ...

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (11) : mains d'hommes



"Eh bien, voici l'eau stagnante dont je vous parlais. Sentez-vous l'odeur de la mort qui monte ? Allons jusqu'au bout de ce rocher qui surplombe et penchez-vous un peu; elle viendra vous frapper au visage. Penchez-vous, n'ayez pas peur, je vous tiendrai. Donnez-moi - non, non, pas la main, elle pourrait glisser, le bras. "
Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 2. Debussy, Maeterlinck

1.3.13

Fragments du quotidien (1) : presse féminine

Avant de passer le journal dans le sac de recyclage, j'ai repensé à l'article que j'y avais lu en décembre...


Marie-Claire n°Décembre

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (10) : Rapunzel



"- Oh ! Oh ! Qu'est-ce que c'est ? Tes cheveux, tes cheveux descendent vers moi ! Toute la chevelure, Mélisande, toute la chevelure est tombée de la tour !
Je les tiens dans les mains, je les tiens dans la bouche, je les tiens dans les bras, je les mets autour de mon cou. Je n'ouvrirai plus les mains cette nuit.
- Laisse-moi ! Laisse-moi ! Tu vas me faire tomber.
- Non, non, non ! Je n'ai jamais vu de cheveux comme les tiens, Mélisande. Vois, vois, vois, ils viennent de si haut et ils m'inondent encore jusqu'aux genoux ! Et ils sont doux, ils sont doux comme s'ils tombaient du ciel. Je ne vois plus le ciel à travers tes cheveux. Tu vois, tu vois ? Mes deux mains ne peuvent plus les tenir; il y en a jusque dans les branches du saule. Ils vivent comme des oiseaux dans mes mains, et ils m'aiment, ils m'aiment plus que toi.
- Laise-moi, laisse-moi ! Quelqu'un pourrait venir.
- Non, non, non. Je ne te délivre pas cette nuit. Tu es ma prisonnière cette nuit, toute la nuit, toute la nuit."


Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck

28.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (9) : plus bas, dans le vert sombre


"- Donne-moi du moins ta main ce soir, avant que je m'en aille. Je pars demain.
- Non, non, non !
- Si, si, je pars, je partirai demain.
Donne-moi ta main, ta main, ta petite main sur mes lèvres.
- Je ne te donne pas ma main si tu pars.
- Donne, donne, donne ...
- Tu ne partiras pas ?
- J'attendrai, j'attendrai.
- Je vois une rose dans les ténèbres.
- Où donc ? Je ne vois que les branches du saule qui dépasse le mur.
- Plus bas, plus bas, dans le vert sombre.
- Ce n'est pas une rose. J'irai voir tout-à-l'heure, mais donne-moi ta main d'abord, d'abord ta main.
- Voilà, voilà, je ne puis me pencher davantage.
- Mes lèvres ne peuvent pas atteindre ta main !
- Je ne puis me pencher davantage. Je suis sur le point de tomber."

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck

27.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (8) : perfection



Mes longs cheveux descendent jusqu'au seuil de la tour;
mes cheveux vous attendent tout le long de la tour,
et tout le long du jour,
et tout le long du jour,
Saint Daniel et Sait Michel,
Saint Michel et Saint Raphaël,
je suis née un dimanche,
un dimanche à midi.

Pelleas et Mélisande, Acte 3, scène 1. Debussy, Maeterlinck


26.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (7) : les ténèbres bleues



"Elle est très grande et très belle, elle est pleine de ténèbres bleues. Quand on y allume une petite lumière, on dirait que la voûte est couverte d'étoiles comme le ciel. Donnez-moi la main, ne tremblez pas ainsi. Il n'y a pas de danger; nous nous arrêterons au moment où nous n'apercevrons plus la clarté de la mer. Est-ce le bruit de la grotte qui vous effraie ? Entendez-vous la mer derrière nous ? Elle ne semble pas heureuse cette nuit.

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 3. Debussy, Maeterlinck

25.2.13

Cent vues (73) : espoir

Orankai no Fuji, Hokusai

Verrai-je moi aussi le mont Fuji depuis Okpo ?



Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (6) : du ciel et de son absence



"Il est vrai que ce château est très vieux et très sombre, il est très froid et très profond. Et tous ceux qui l'habitent sont déjà vieux."
(...)
C'est donc cela qui te fait pleurer, ma pauvre Mélisande ? Ce n'est donc que cela ? Tu pleures de ne pas voir le ciel ? Voyons tu n'es plus à l'âge où l'on peut pleurer pour ces choses. Et puis, l'été n'est-il pas là ? Tu vas voir le ciel tous les jours. Et puis l'année prochaine...
Voyons, donne-moi ta main; donne-moi tes deux petites mains. Oh, ces petites mains que je pourrais écraser comme des fleurs ...

Pelleas et Mélisande, Acte 2, scène 2. Debussy, Maeterlinck

24.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre par la main (5) : je n'en dis rien



"- Prenez garde de glisser. Je vais vous tenir par la main.
- Non, non, je voudrais y plonger les deux mains. On dirait que mes mains sont malades aujourd'hui."
(...)
" - Prenez garde ! prenez garde ! Vous allez tomber ! Avec quoi jouez-vous ?
- Avec l'anneau qu'il m'a donné.
- Ne jouez pas ainsi au dessus d'une eau si profonde.
- Mes mains ne tremblent pas.
- Comme il brille au soleil ! Ne le jetez pas si haut vers le ciel !
- Oh !
- Il est tombé !
- Il est tombé dans l'eau !
Où est-il ? Où est-il ?
- Je ne le vois pas descendre.
- Ma bague ?
- Oui, oui; là-bas.
- Oh! Oh ! Elle est si loin de nous !
 Non, non, ce n'est plus elle.
Elle est perdue, perdue ! Il n'y a plus qu'un grand cercle sur l'eau. Qu'allons-nous faire maintenant ?
- Il ne faut pas s'inquiéter ainsi pour une bague. Ce n'est rien. Nous la retrouverons peut-être. Ou bien nous en retrouverons une autre.
- Non, non, nous ne la retrouverons plus, nous n'en trouverons pas d'autres non plus. Je croyais l'avoir dans les mains cependant. J'avais déjà fermé les mains, et elle est tombée malgré tout. Je l'ai jetée trop haut du côté du soleil. "

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 2. Debussy, Maeterlinck

23.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (4) : on s'embarquerait sans le savoir et on ne reviendrait plus




"- Entendez-vous la mer ? C'est le vent qui s'élève. Descendons par ici. Voulez-vous me donner la main ?
- Voyez, voyez, j'ai les mains pleines de fleurs.
- Je vous soutiendrai par le bras; "

Pelleas et Mélisande, Claude Debussy et Maurice Maeterlinck,  Acte 1, scène 3


22.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (3) : je n'en dis rien



"Je n'en dis rien.
Cela peut nous paraître étrange, parce que nous ne voyons jamais que l'envers des destinées, l'envers même de la nôtre..."

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 2. Debussy, Maeterlinck



21.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (2) : départ



"-Venez,donnez-moi la main.
- Oh, ne me touchez pas.
.... La nuit sera très noire et très froide. Venez avec moi.
- Où allez vous ?
- Je ne sais pas. Je suis perdu aussi.
"

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 1. Debussy, Maeterlinck

20.2.13

Mélisande, celle qui laisse tout tomber dans l'eau et ne se laisse pas prendre la main (1) : la couronne



-... Pourquoi me regardez-vous ainsi ?
- Je regarde vos yeux. Vous ne fermez jamais les yeux ?
- Si, si, je les ferme la nuit
"

Pelleas et Mélisande, Acte 1, scène 1. Debussy, Maeterlinck


19.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (75) : petite main

"Tandis que nous marchions côte à côte dans le bois, May Kasahara enleva un de ses gants et glissa sa main dans la poche de mon duffle coat. Ca me fit penser à Kumiko : elle faisait souvent ce geste quand nous nous promenions ensemble en hiver. Je serrai la main de May Kasahara dans la mienne, au fond de ma poche : une petite main tiède, comme une âme emprisonnée."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)

18.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (74) : et j'ai crié, crié

"Je ne sais pas comment te dire ça, mais, la famille canard qui vit dans les bois et moi, nous prions pour qu'un bonheur tout chaud t'enveloppe. S'il t'arrive quelque chose, n'hésite pas à crier mon nom bien fort."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)

17.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (73) : l'ombre des larmes

"Mes larmes coulaient bruyamment par terre, aussitôt absorbées par les flaques de lune. Sous les rayons laiteux, je les voyais briller en tombant, comme de magnifiques cristaux. Tout d'un coup, je me suis rendue compte que mon ombre pleurait aussi : l'ombre de mes larmes se découpait nettement sur le mur. Oiseau-à-ressort, as-tu déjà regardé l'ombre de tes larmes ? Ce n'est pas une ombre ordinaire, ça n'a rien à voir. C'est une ombre venue exprès pour nos cœurs d'un autre monde lointain. En les voyant, je me suis demandé si, en réalité, ce n'était pas mon ombre qui pleurait de vraies larmes, dont les miennes n'étaient que le pâle reflet."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)

16.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (72) : coin coin protecteurs

"Alors, disons que personne ne m'a vue. J'étais toute seule, me baignant dans le clair de lune. De temps en temps, je fermais les yeux, en pensant à la famille canard endormie près de l'étang. Et je pensais à ce sentiment de bonheur tout chaud qu'on avait bâti en commun dans la journée, la famille canard et moi. Les canards, tu vois, ce sont les talismans qui me protègent."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 38 : La famille canard; l'ombre des larmes (le point de vue de May Kasahara, VII)

15.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (71) : mort


"Je fermai les yeux, tentai d'accueillir sereinement la mort qui s'approchait. Je m'efforçais de ne pas avoir peur. Au moins, je laisserais quelques petites choses derrière moi, c'était une consolation. Une bonne nouvelle. Les bonnes nouvelles s'annonçaient toujours à voix basse. J'essayai de sourire en me rappelant cette phrase, mais je n'y parvins pas. "J'ai quand même peur de mourir" dis-je à voix basse. Ce serait ça,  mes derniers mots, finalement. Pas particulièrement mémorables, mais il était trop tard pour en changer. "
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 37 : Rien qu'un couteau réel; la fameuse prophétie

14.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (70) : Pas mieux pour la saint Valentin ...




"Le pont de Waterloo dans le brouillard, la lueur d'une luciole, Robert Taylor et Vivian Leigh"

MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 36 : La lueur d'une luciole; rompre le sortilège; le monde des réveils qui sonnent le matin


13.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (69) : en entier ?


"Cet opéra, La Pie voleuse, contait-il réellement l'histoire d'un oiseau cleptomane ? Si je me sortais de ce mauvais pas, il faudrait que j'aille à la librairie consulter une encyclopédie musicale. Pourquoi pas aussi acheter le disque et écouter cet opéra en entier ? Enfin, je ne sais pas. Peut-être que, à ce moment-là, j'aurais perdu toute curiosité pour le sujet."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit

12.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (68) : souvenirs


"Quand j'étais enfant, nous avions un disque où figurait ce morceau"
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit

11.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (67) : certains juste d'autre faux


Je ne connaissais personne d'autre capable de siffler si juste, et si clairement, comme si de ren n'était, l'ouverture de la Pie voleuse de Rossini, un air pourtant pas facile à reproduire.
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit

Mes notes de chevet (103) : la lecture des Saintes Ecritures

Celle que l'on fait le soir, au crépuscule.
Sei Shônagon. Notes de chevet



Mes notes de chevet
A l'heure où le soleil disparaît dans l'Eglise, au lieu d'être sur la plage déserte de cette île, me voici, pour ma  plus grande surprise moi qui déteste le culte marial, capturé par le Salve Regina de ces quinze voix célibataires.
Un peu plus tard dans la nuit, les mêmes entonneront le psaume, qui je sais, me protège aussi :
"1 Qui demeure à l'abri du Très-Haut
et loge à l'ombre du Puissant.
2 dit au Seigneur : mon rempart, mon refuge,
mon Dieu en qui je me fie!
3 Et lui te dérobe au filet 
de l'oiseleur qui cherche à détruire;
4 lui te couvre de ses ailes,
tu trouveras sous son pennage un refuge.
(Sa fidélité est une armure, un bouclier.)
5 Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit,
ni la flèche qui vole de jour,
6 ni la peste qui marche en la ténèbre,
ni le fléau qui dévaste à midi."
Psaume 91 (90)

10.2.13

Cent vues (72) : entre les pages

Hokusai, Ami ni hederaru Fuji
Les feuilles d'érable tissent la toile de mes souvenirs entre les pages de quelques uns de mes livres, qui me rappellent que là bas je les ai lus et là bas je les ai cueillies.


Chroniques de l'oiseau à ressort (66) : sans réserve

"il lui arrivait, en rentrant de son travail, de se dire à la vue de sa femme et de sa fille qu'elles étaient des êtres humains tout à fait différents de lui avec qui, après tout, il n'avait aucun lien. Elles étaient des entités si séparées de lui qu'il ne pouvait pas même espérer les connaître vraiment, elles existaient à des années-lumière de lui. Et, chaque fois, la pensée le traversait qu'il n'avait pas choisi que ces deux êtres fissent partie de sa vie- ce qui ne l'empêchait pas de les aimer inconditionnellement, sans la moindre réserve."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 28 : Chroniques de l'oiseau à ressort#8 ou le second massacre maladroit

9.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (65) : leurre

Il grillait toujours les toasts à la perfection, on aurait dit des échantillons en plastique représentant le "toast parfait"
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 25 : Alerte rouge ; une longue main tentaculaire

8.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (64) : loop


(depuis trois jours, il n'écoutait que ça)
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 24 : Compter les moutons ; ce qu'il y a au centre du cercle.

7.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (63) : contact

"Apparemment, il était temps d'entrer à nouveau en contact avec le monde extérieur. On a beau essayer de l'éviter, le monde revient toujours vous chercher quand le moment est venu."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 24 : Compter les moutons ; ce qu'il y a au centre du cercle.

6.2.13

Mes notes de chevet (102) : Formules magiques

Celle que l'on dit à l'aurore.
Notes de Chevet. Sei Shônagon

Mes notes de chevet :

Chroniques de l'oiseau à ressort (62) : jardin de mousse

"J'ai fait tout pour la convaincre, mais sa décision est ferme et inébranlable. Un vrai roc. Elle sera couverte de mousse avant de changer d'avis."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 20 : Labyrinthe souterrain ; les deux portes de Cannelle

5.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (61) : le point de vue des crapauds


"Peut-être qu'il existe deux sortes de gens, et que pour les uns le monde est logique façon flan, et pour les autres imprévisible façon gratin de macaronis ? J'imagine que mes crapauds sans cervelle de parents, s'ils mettent une préparation au four, et découvrent un plat de macaronis au gratin à la sortie, ils penseront s'être trompés et avoir mis eux-mêmes au four une préparation pour macaronis. Ou alors ils essaieront de se persuader : " Ce plat ressemble à des macaronis au gratin, mais en fait, c'est du flan.""
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)

4.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (60) : du flan et des macaronis

"La plupart des gens, à quelques exceptions près, traversent la vie persuadés que l'existence et le monde sont ou doivent être fondamentalement logiques et consistants. C'est l'impression que j'ai quand j'entends parler les gens qui m'entourent. Dès qu'il arrive quelque chose, dans la société ou sur le plan individuel, il y a toujours quelqu'un pour dire : "il s'est passé ceci, et par conséquent,il en a découlé cela" et les autres acquiescent en disant : "oui, bien sûr, c'est logique." Mais moi, je trouve que ça n'explique rien. C'est comme de mettre un mélange instantané pour flan dans un ramequin à couvercle et de le passer au micro-ondes. Quand la sonnerie retentit, on soulève le couvercle et on est sûr de trouver un flan dessous. Mais qui sait ce qui s'est passé entre-temps sous le couvercle ? Si ça se trouve, le flan s'est métamorphosé en macaronis au gratin avant de redevenir un flan au moment où retentit la sonnerie. Moi, je me sentirais plutôt soulagée si, au moins une fois, je découvrais des macaronis au gratin à la place du flan."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 19 : La fille des crapauds sans cervelle (le point de vue de May Kasahara, V)

3.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (59) : génie


"Enfant, quand je lisais La Lampe d'Aladin, j'éprouvais toujours de la sympathie pour ce pauvre génie de la bonté duquel tout le monde abusait."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 17 : L'épuisement et le fardeau du monde; la lampe magique

2.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (58) : de la réincarnation


"Il arriva dix minutes plus tard, habillé exactement comme lors de sa précédente visite, trois jours plus tôt. Ou alors ce n'était qu'une impression de ma part et il portait un costume, une chemise, et une cravates différents, mais exactement du même style, c'est-à-dire : sales, fripés et distendus. Ces malheureux vêtements semblaient porter tout l'épuisement et le fardeau du monde. Si je devais être réincarné, la seule existence que je refuserais, ce serait celle de ces vêtements, même avec en échange la garantie d'une vie suivante pleine d'une gloire difficile à acquérir."
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 17 : L'épuisement et le fardeau du monde; la lampe magique

1.2.13

Chroniques de l'oiseau à ressort (57) : le temps varie selon le type de produit



Chaque fois que j'en termine une, j'ai envie de signer et de mettre la date dessus, mais, évidemment, je me ferais sévèrement réprimander si je faisais une chose pareille.
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort, 3e partie l'oiseleur, ch. 16 : C'est peut-être ici que tout s'arrête (le point de vue de May Kashara, IV)