1 Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Seigneur, le roi se réjouit de ta puissance; par ton secours, comme éclate son allégresse! 3 Tu lui as accordé le désir de son cœur; le souhait sorti de ses lèvres, tu ne l’as pas repoussé. 4 Oui, tu es venu à lui avec des bénédictions de bonheur, tu as posé sur sa tête une couronne d’or fin. 5 Il t’a demandé le don de la vie: tu le lui as octroyé; ce sont de longs jours se suivant sans fin. 6 Grande est sa gloire, grâce à ton appui; tu lui as prodigué splendeur et magnificence. 7 Oui, tu as fait de lui à jamais une source de bénédictions; par ta présence, tu l’as mis au comble de la joie. 8 C’est que le roi a confiance en l’Eternel, et, par la bienveillance du Très-Haut, il ne chancelle pas. 9 Ta main atteindra tous tes ennemis, ta droite atteindra ceux qui te haïssent. 10 A l’heure de ta colère, tu les traiteras tel un four ardent; l’Eternel les anéantira dans son courroux, et le feu les dévorera. 11 Tu feras disparaître leurs rejetons de la terre, et leur postérité du milieu des hommes. 12 Car ils ont machiné le mal contre toi, ils ont conçu des desseins perfides, mais ont été frappés d’impuissance. 13 Certes, tu les réduiras à tourner le dos: avec les cordes de ton arc tu viseras leur face. 14 Lève-toi, ô Seigneur, dans ta force; nous chanterons, nous célébrerons ta puissance.
1 Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Que l’Eternel t’exauce au jour de détresse, que le nom du Dieu de Jacob te protège! 3 Qu’il t’envoie son secours du Sanctuaire, que de Sion il soit ton appui! 4 Qu’il se souvienne de toutes tes offrandes, et fasse bon accueil à tes holocaustes! 5 Puisse-t-il t’accorder ce que ton cœur désire et accomplir tous tes desseins! 6 Nous allons célébrer ta victoire, arborer comme un drapeau le nom de notre Dieu. Que l’Eternel comble tous tes vœux! 7 A cette heure je sais que l’Eternel soutient son oint, qu’il lui répond des cieux, [siège] de sa sainteté, par l’aide puissante de sa droite. 8 Que les uns se fient aux chars, les autres aux chevaux, nous nous réclamons, nous, du nom de l’Eternel, notre Dieu. 9 Ceux-là plient et tombent, et nous demeurons debout, pleins de force. 10 Eternel, viens à notre secours! Que le Roi nous exauce le jour où nous l’invoquons!
1 Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains. 3 Le jour en fait le récit au jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. 4 Point de discours, point de paroles, leur voix ne se fait pas entendre. 5 Sur toute la terre [pourtant] s’étend leur harmonie, et leurs accents vont jusqu’aux confins du monde, là où Dieu a assigné une demeure au soleil. 6 Celui-ci, pareil au jeune époux sortant de sa chambre nuptiale, se fait une joie, tel un héros, de parcourir sa carrière. 7 Son point de départ est à l’extrémité des cieux, son orbite embrasse leur étendue: rien ne se dérobe à sa chaleur. 8 La doctrine de l’Eternel est parfaite: elle réconforte l’âme. Le témoignage de l’Eternel est véridique: il donne la sagesse au simple. 9 Les préceptes de l’Eternel sont droits: ils réjouissent le cœur. Le commandement de l’Eternel est lumineux; il éclaire les yeux. 10 La crainte de l’Eternel est pure: elle subsiste à jamais. Les jugements de l’Eternel sont vérité: ils sont parfaits tous ensemble; 11 plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel, que le suc des rayons. 12 Aussi ton serviteur les respecte-t-il avec soin: les observer est d’un haut prix. 13 Qui peut se rendre compte des faux pas? Laisse-moi indemne des [fautes] cachées! 14 Plus encore, préserve ton serviteur des fautes volontaires, qu’elles n’aient pas le dessus sur moi! Ainsi je me rendrai parfait et pur de grands péchés. 15 Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur soient agréables à tes yeux, Eternel, mon rocher et mon sauveur!
1 Au chef des chantres. Par le serviteur de l’Eternel, David, qui prononça en l’honneur du Seigneur les paroles de ce cantique, lorsque l’Eternel l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül. 2 Il dit: Je t’aime, ô Eternel, qui es ma force! 3 Seigneur, tu es mon rocher et ma forteresse, un libérateur pour moi; mon Dieu tutélaire en qui je m’abrite, mon bouclier, mon puissant sauveur, mon rempart! 4 Gloire, m’écrié-je, à l’Eternel, et je suis délivré de mes ennemis! 5 Déjà m’enveloppaient les liens de la mort, les torrents de la perdition me faisaient frémir; 6 j’étais enlacé dans les réseaux de la tombe, surpris dans les filets de la mort. 7 Dans ma détresse, j’invoque le Seigneur, je fais appel à mon Dieu; de son anctuaire il entend ma voix, mon cri est monté à ses oreilles. 8 Soudain la terre oscille et tremble, les fondements des montagnes sont ébranlés, secoués par la colère de Dieu. 9 Des vapeurs s’exhalent, signe de son courroux; de sa bouche sort un feu dévorant, jaillissent de brûlantes étincelles. 10 Il incline les cieux et descend; sous ses pieds une brume épaisse. 11 Porté sur les chérubins, il vole, il plane sur les ailes du vent. 12 Des ténèbres il se fait une mystérieuse retraite, il s’enveloppe, comme d’un pavillon, des eaux obscures, d’opaques nuages. 13 De l’éclat qui l’entoure s’élancent ses nuées, la grêle et des flammes ardentes. 14 Il tonne dans les cieux, l’Eternel, le Dieu suprême fait entendre sa voix, la grêle et les flammes ardentes. 15 Il décoche ses flèches et il les disperse, il lance des éclairs et les frappe de stupeur. 16 Le lit des fleuves s’est découvert, les fondements de la terre ont été mis à nu, à ta voix impérieuse, ô Eternel, au souffle du vent de ta colère. 17 Il étend d’en haut sa main, me saisit, me retire du sein des grandes eaux; 18 il me délivre de mon puissant ennemi, de mes adversaires trop forts pour moi. 19 Ils étaient à l’affût de mes malheurs, mais l’Eternel a été mon appui. 20 Il m’a mis au large, m’a sauvé parce qu’il m’aime. 21 Le Seigneur me traite selon ma droiture, il récompense la pureté de mes mains. 22 C’est que je suis fidèle aux voies du Seigneur, jamais je n’ai trahi mon Dieu. 23 Toutes ses lois me sont présentes, ses statuts, je ne m’en écarte point. 24 Attaché à lui sans réserve, je me suis tenu en garde contre mes fautes. 25 Oui, le Seigneur m’a rémunéré selon ma droiture, selon la pureté de mes mains, dont ses yeux sont témoins. 26 Tu te montres aimant pour qui t’aime, loyal envers l’homme loyal, 27 sincère avec les cœurs purs, mais artificieux avec les pervers! 28 Oui, tu viens en aide à un peuple humilié, et tu abaisses les yeux hautains. 29 Oui, tu fais briller ma lumière! L’Eternel, mon Dieu, illumine mes ténèbres. 30 Soutenu par lui, j’attaque un bataillon; grâce à mon Dieu, j’escalade un rempart. 31 Dieu puissant! parfaite est sa voie; la parole du Seigneur est infaillible, il est le bouclier de quiconque espère en lui. 32 Qui est Dieu, hormis l’Eternel? Qui un rocher tutélaire, si ce n’est notre Dieu? 33 Ce Dieu me ceint de force, et me fait suivre une voie parfaite. 34 Il rend mes pieds agiles comme ceux des biches, et m’installe sur mes hauteurs. 35 Il instruit mes mains aux combats, mes bras à manier l’arc d’airain. 36 Tu me prêtes le bouclier de ton secours, ta droite est mon appui, ta bienveillance fait ma supériorité. 37 Tu donnes de l’aisance à mes pas, et empêches mes talons de chanceler. 38 Je poursuis mes ennemis, je les atteins; point de relâche que je ne les aie détruits. 39 Je les abats, ils ne pourront plus se relever, ils gisent désormais à mes pieds. 40 C’est toi qui m’as armé de vaillance pour la guerre, qui fais plier sous moi mes agresseurs; 41 mes ennemis, tu les fais fuir devant moi, et mes adversaires, j’en fais justice. 42 Ils s’adressent, à bout de ressources, à l’Eternel…: point de réponse! 43 Je les écrase comme la poussière qu’emporte le vent, comme la fange des rues, je les pulvérise. 44 Tu me fais triompher des factions du peuple, tu me places à la tête des nations; des peuplades inconnues deviennent mes tributaires. 45 Au seul bruit de mon nom, ils se soumettent à moi, les fils d’un sol étranger me rendent hommage. 46 Les fils de l’étranger perdent courage, ils tremblent au fond de leurs retraites. 47 Vivant est le Seigneur, et béni mon rocher! Glorifié le Dieu qui me protège! 48 O Dieu, c’est toi qui me procures vengeance, qui fais tomber des peuples à mes pieds; 49 qui m’arraches à mes ennemis, me fais triompher de mes agresseurs, et échapper aux hommes de violence. 50 Je te rends donc grâce, Seigneur, à la face des peuples, et je chante ta gloire, 51 ô toi qui assures de grandes victoires à ton roi, qui combles de bienfaits ton oint David et sa postérité à jamais!
1 Prière de David. Ecoute, ô Seigneur, ma juste demande, exauce ma supplication, prête l’oreille à ma prière, sortant de lèvres non trompeuses. 2 C’est de toi qu’émanera mon bon droit: tes yeux discernent ce qui est équitable. 3 Tu sondes mon cœur, tu m’examines pendant la nuit, tu me mets à l’épreuve, sans trouver en moi aucune pensée qui ne doive passer par ma bouche. 4 Guidé par les paroles de tes lèvres, j’observe les actions des hommes, les voies des gens violents. 5 Affermis mes pas dans tes sentiers, pour que mes pieds ne glissent point. 6 Je t’appelle, car tu me réponds, ô Dieu! Prête-moi l’oreille, entends mes paroles. 7 Mets en relief tes bienfaits, ô Protecteur de ceux qui se confient à ta droite, malgré les adversaires. 8 Garde-moi comme la prunelle des yeux, abrite-moi à l’ombre de tes ailes, 9 contre les méchants qui me tyrannisent, contre mes ennemis qui me cernent avec passion. 10 De leur graisse ils ont bouché [leur cœur]; leurs lèvres s’expriment avec orgueil. 11 A chacun de nos pas, les voilà qui se pressent autour de nous; ils ont les yeux sur nous pour [nous] étendre à terre, 12 pareils au lion avide de déchirer, au lionceau qui se tient en embuscade. 13 Lève-toi, Seigneur, préviens ses desseins, fais-lui ployer le genou; par ton glaive, sauve ma vie du méchant. 14 Par ta main, ô Eternel, [sauve-moi] de ces gens, de ces gens esclaves du monde, qui jouissent largement de la vie, dont tu bourres le ventre de tes biens, dont les enfants ont tout en abondance et laissent leur superflu à leur progéniture. 15 Quant à moi, puissé-je, grâce à ma droiture, contempler ta face et, à mon réveil, me rassasier de ta vue!
1 Mikhtam de David. Protège-moi, ô Dieu, car je m’abrite en toi; 2 Je dis à l’Eternel: "Tu es mon Maître! Mon bonheur n’est pas en dehors de toi." 3 Aux saints qui sont sur la terre, aux nobles [cœurs] vont toutes mes aspirations. 4 Ceux qui multiplient leurs peines, courant après d’autres [biens], je ne prendrai aucune part à leurs libations mêlées de sang, leurs noms ne viendront pas sur mes lèvres. 5 L’Eternel est la portion de mon sort, mon calice; c’est toi, Seigneur, qui consolides mon lot, 6 un héritage m’est échu en des lieux de délices; oui, mon patrimoine me plaît tout à fait. 7 Je bénis l’Eternel, qui a été mon guide: même de nuit, mon cœur m’en avertit. 8 Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur; s’il est à ma droite, je ne chancellerai pas. 9 C’est pourquoi mon cœur se réjouit, mon âme jubile, mon corps même repose en sécurité. 10 Car tu n’abandonneras pas mon âme au Cheol, tu ne laisseras pas tes fidèles voir l’abîme. 11 Tu me feras connaître le chemin de la vie, la plénitude des joies qu’on goûte en ta présence, les délices éternelles [dont on se délecte] à ta droite.
1 Psaume de David. Eternel, qui séjournera sous ta tente? Qui habitera sur ta montagne sainte? 2 Celui qui marche intègre, pratique la justice et dit la vérité de tout son cœur; 3 qui n’a pas de calomnie sur la langue, ne fait aucun mal à son semblable, et ne profère point d’outrage contre son prochain; 4 qui tient pour méprisable quiconque mérite le mépris, mais honore ceux qui craignent l’Eternel; qui, ayant juré à son détriment, ne se rétracte point; 5 qui ne place pas son argent à intérêt, et n’accepte pas de présent aux dépens de l’innocent. Celui qui agit de la sorte ne chancellera jamais.
1 Au chef des chantres; de David. L’insensé a dit en son cœur: "Il n’est point de Dieu!" On est corrompu, on commet des actes odieux, personne ne fait le bien. 2 L’Eternel, du haut du ciel, regarde les hommes, pour voir s’il en est de bien inspirés, recherchant Dieu. 3 Tous ils ont dévié, ensemble ils sont pervertis; personne n’agit bien, pas même un seul. 4 Eh bien! Ils s’en ressentiront, tous ces ouvriers d’iniquité, qui dévorent mon peuple comme on mange du pain, et n’invoquent point l’Eternel. 5 Dès lors, ils seront saisis d’épouvante, car Dieu est avec la race des justes. 6 Pensez-vous confondre les desseins du pauvre, alors que l’Eternel est son abri? 7 Ah! puisse venir de Sion le salut d’Israël! Quand le Seigneur ramènera les captifs de son peuple, Jacob jubilera, Israël sera dans la joie.
1 Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Jusqu’à quand ô Seigneur, m’oublieras-tu avec persistance? Jusqu’à quand me déroberas-tu ta face? 3 Jusqu’à quand agiterai-je des projets en mon âme? La douleur étreindra-t-elle mon cœur chaque jour? Jusqu’à quand mon ennemi triomphera-t-il de moi? 4 Regarde de grâce, exauce-moi, Eternel, mon Dieu. Eclaire mes yeux, pour que je ne m’endorme pas dans la mort, 5 pour que mon ennemi ne puisse dire: "J’en suis venu à bout!" Et que mes adversaires ne se réjouissent en me voyant tomber! 6 Or moi, j’ai confiance en ta bonté, mon cœur est joyeux de ton secours: je veux chanter l’Eternel, car il me comble de bienfaits.
1 Cantique des degrés. Vers toi j’élève mes regards, ô toi qui résides dans les cieux! 2 Vois, de même que les yeux des esclaves sont tournés vers la main de leur maître, de même que les yeux de la servante se dirigent vers la main de sa maîtresse, ainsi mes yeux sont tournés vers l’Eternel, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il nous ait pris en pitié. 3 Sois-nous propice, Seigneur, sois-nous propice, car trop longtemps nous avons été rassasiés de mépris. 4 Trop longtemps notre âme a été rassasiée des moqueries de gens confiants dans leur prospérité, des dédains d’arrogants oppresseurs.
1 Au chef des chantres; de David. L’Eternel est mon abri: comment me dites-vous: "Fuis vers la montagne comme un oiseau? 2 Car voici que les méchants bandent leur arc, fixent leur flèche sur la corde, 3 pour la lancer, dans les ténèbres, contre les cœurs droits. Si les fondements sont renversés, que peut faire le juste?" 4 L’Eternel, dans son saint palais, l’Eternel, dont le trône est aux cieux, ses yeux regardent, ses paupières distinguent les fils d’Adam. 5 L’Eternel éprouve le juste, mais le méchant et le partisan de la violence, il les hait de toute son âme. 6 Il fait pleuvoir sur les impies des charbons ardents: le feu, le soufre et un vent brûlant sont le lot qui leur échoit en partage. 7 Car l’Eternel est juste, il aime ce qui est juste: quiconque est droit contemplera sa face.
Pourquoi, ô Eternel, te tiens-tu éloigné? Te dérobes-tu au temps de la détresse? 2 Dans son arrogance, le méchant persécute le pauvre: qu’il tombe victime des mauvais desseins qu’il médite! 3 car il se glorifie, le méchant, des passions de son âme; le spoliateur blasphème, outrage l’Eternel. 4 Avec son caractère hautain, le méchant ne s’inquiète de [rien]: "Il n’est point de Dieu!" Voilà le fond de sa pensée. 5 Ses voies sont prospères en tout temps, tes jugements passent au-dessus de sa tête; tous ses adversaires, il les renverse d’un souffle. 6 Il dit en son cœur: "Je ne chancellerai point; jamais, au grand jamais, je ne serai dans l’adversité." 7 Sa bouche est pleine de parjure, de perfidie et de violence; sa langue est au service du mal et de l’iniquité. 8 Il se met en embuscade dans les villages; à la dérobée, il fait périr l’innocent, ses yeux guettent le malheureux. 9 Comme le lion dans le fourré, il dresse de secrètes embûches; il les dresse pour s’emparer du pauvre, il s’empare du pauvre en l’attirant dans son filet. 10 Il s’accroupit, se tapit, et les malheureux tombent dans ses griffes. 11 Il dit en son cœur: "Dieu est sujet à l’oubli, il dérobe sa face; jamais il ne voit [rien]." 12 Ah! Seigneur, lève-toi! Dieu puissant, brandis ta main, n’oublie point les humbles. 13 Pourquoi l’impie outragerait-il Dieu, dirait-il en son cœur que tu ne demandes aucun compte? 14 Tu vois [tout]: tu regardes misères et chagrins, pour les protéger de ta main. A toi s’abandonne le malheureux, l’orphelin, tu lui prêtes assistance. 15 Brise le bras de l’impie, le méchant… châtie sa perversité, pour qu’il n’en soit plus trouvé trace. 16 L’Eternel est roi à tout jamais: les peuples disparaissent de son pays. 17 Tu entends le souhait des humbles, Eternel, tu affermis leur cœur, tu leur prêtes l’oreille, 18 en vue de rendre justice à l’orphelin, à l’opprimé, pour que nul mortel n’agisse plus tyranniquement sur terre.
1 Au chef des chantres. Sur Mout-Labbén. Psaume de David. 2 Je rends grâce à l’Eternel de tout mon cœur, je veux proclamer toutes tes merveilles, 3 je veux me réjouir et exulter en toi, chanter ton nom, Dieu suprême, 4 alors que mes ennemis lâchent pied et reculent, qu’ils trébuchent et périssent sous tes coups. 5 Oui, tu as fait triompher mon droit, ma cause, pris place sur ton trône en juge équitable. 6 Tu as réprimandé les peuples, perdu l’impie: leur nom, tu l’as effacé à tout jamais. 7 O l’ennemi! C’en est fini pour toujours des ruines; plus de villes démolies par toi! C’est leur souvenir à eux qui disparaît. 8 Mais le Seigneur demeure éternellement, il a établi son trône pour la justice. 9 Oui, c’est lui qui juge le monde avec équité, il prononce sur les nations avec droiture. 10 Que l’Eternel soit donc un abri pour l’opprimé, un abri dans les temps de détresse! 11 Ainsi se confient en toi ceux qui connaissent ton nom; car tu ne délaisses point, ô Seigneur, ceux qui te recherchent. 12 Célébrez l’Eternel qui siège à Sion; proclamez parmi les peuples ses hauts faits. 13 Car il demande compte du sang [versé], il en conserve le souvenir, il n’oublie point le cri des humbles. 14 Sois-moi propice, Seigneur! Vois quelle est ma misère du fait de mes ennemis, toi qui me retires des portes de la mort; 15 afin que je puisse proclamer tes louanges aux portes de la fille de Sion et me réjouir de ton secours. 16 Que les peuples s’enfoncent dans la fosse qu’ils ont creusée, que leur pied s’embarrasse dans le filet qu’ils ont dissimulé! 17 L’Eternel s’est manifesté, il a exercé la justice; le méchant est pris au piège par ses propres œuvres. Higayon, Sélah! 18 Qu’ils rentrent dans le Cheol, les impies! Tous les peuples oublieux de Dieu! 19 Car le pauvre n’est pas oublié sans retour, l’espoir des humbles n’est pas perdu à jamais. 20 Lève-toi, Seigneur! Que le mortel ne triomphe pas! Que les peuples soient appelés en jugement devant toi! 20 Lève-toi, Seigneur! Que le mortel ne triomphe pas! Que les peuples soient appelés en jugement devant toi! 21 Inspire-leur, ô Eternel, la terreur: que les peuples sachent qu’ils sont de [faibles] mortels! Sélah!
1 Au chef des chantres. Sur la Ghitit. Psaume de David. 2 Eternel, notre Seigneur! que ton nom est glorieux par toute la terre! car tu as répandu ta majesté sur les cieux. 3 Par la bouche des enfants et des nourrissons tu as fondé ta puissance. En dépit de tes détracteurs, tu réduis à l’impuissance ennemis et adversaires rancuniers. 4 Lorsque je contemple tes cieux, œuvre de ta main, la lune et les étoiles que tu as formées… 5 Qu’est donc l’homme, que tu penses à lui? Le fils d’Adam, que tu le protèges? 6 Pourtant tu l’as fait presque l’égal des êtres divins; tu l’as couronné de gloire et de magnificence! 7 tu lui as donné l’empire sur les œuvres de tes mains, et mis tout à ses pieds: 8 brebis et taureaux, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, 9 oiseaux du ciel et poissons de la mer, ce qui parcourt les routes des océans. 10 Eternel, notre Seigneur! que ton nom est glorieux par toute la terre!
1 Chigayon de David, qu’il chanta à l’Eternel à propos de Couchi, le Benjamite. 2 Eternel, mon Dieu, en toi je m’abrite; assiste-moi contre tous mes persécuteurs, délivre-moi. 3 Sans cela, on déchirerait, tel un lion, ma personne, on me mettrait en pièces, et nul ne me sauverait. 4 Eternel, mon Dieu, si j’ai agi de la sorte, s’il y a de l’iniquité en mes mains: 5 si j’ai rendu la pareille à qui m’a fait du mal, et dépouillé qui m’a pris en haine sans motif, 6 que l’ennemi se mette à ma poursuite et m’atteigne! qu’il broie ma vie sur le sol, et traîne mon honneur dans la poussière! Sélah! 7 Lève-toi, Seigneur, dans ta colère, oppose-toi à la fureur de mes adversaires, et, en ma faveur, exerce la justice que tu as proclamée. 8 Que l’assemblée des peuples se groupe autour de toi! [t’élevant] au-dessus d’elle, regagne ta sublime résidence. 9 Seigneur, qui juges les nations, rends-moi justice, selon ma vertu et ma droiture. 10 Que la méchanceté des impies ait donc un terme! Affermis le juste, ô toi qui sondes cœurs et reins, Dieu équitable! 11 Ma sauvegarde est en Dieu: il secourt les cœurs droits. 12 Dieu est un juge équitable, le Tout-Puissant fait sentir sa colère tous les jours: 13 si l’on ne s’amende pas, il aiguise son glaive, il bande son arc et l’ajuste. 14 Il s’arme d’engins meurtriers, de ses flèches il fait des brandons. 15 Voyez, [le méchant] ourdit l’iniquité, il conçoit le mal et enfante le mensonge; 16 il a creusé une fosse et l’a rendue profonde, mais il glisse dans le précipice qu’il a préparé. 17 Son injustice lui retombe sur la tête, et sur son crâne sa cruauté s’abat. 18 Je rendrai grâce à l’Eternel pour sa justice, et je chanterai le nom du Seigneur, du Très-Haut.
1 Au chef des chantres, avec les instruments à cordes, à l’octave. Psaume de David. 2 Seigneur, ne me réprimande pas dans ta colère, ne me châtie pas dans ton courroux. 3 Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis abattu; guéris-moi, Eternel, car mes membres sont en désarroi, 4 mon âme est bien troublée: et toi, ô Eternel, jusques à quand? 5 Daigne de nouveau, Seigneur, délivrer mon âme, viens à mon secours en raison de ta bonté; 6 car dans la mort ton souvenir est effacé; dans le Cheol, qui te rend hommage? 7 Je me suis exténué en gémissements; chaque nuit je baigne mon lit [de larmes]; de mes pleurs j’inonde ma couche. 8 Ma vue s’éteint de chagrin, elle vieillit à cause de tous mes ennemis. 9 Loin de moi, vous tous, artisans d’iniquité! Car l’Eternel entend le bruit de mes sanglots. 10 L’Eternel exauce ma supplication, l’Eternel accueille ma prière. 11 Qu’ils soient confus, effarés, tous mes ennemis! Qu’ils lâchent pied, couverts soudain de honte!
1 Au chef des chantres. Pour les flûtes. Psaume de David. 2 Prête l’oreille à mes paroles, ô Eternel, sois attentif à mes soupirs! 3 Ecoute mes cris suppliants, mon roi et mon Dieu, car c’est toi que j’invoque. 4 Seigneur, au matin entends ma voix, au matin je me présente à toi et suis dans l’attente. 5 Certes tu n’es point un Dieu qui prenne plaisir au mal, le méchant ne trouve point accès auprès de toi. 6 Les fanfarons ne peuvent se maintenir sous ton regard, tu détestes tous les artisans d’iniquité. 7 Tu perds ceux qui profèrent le mensonge. L’homme de sang et de fourberie, l’Eternel l’a en horreur. 8 Mais moi, grâce à ton immense bonté, j’entre dans ta maison, je me prosterne dans ton saint temple, pénétré de ta crainte. 9 Eternel, dirige-moi dans ta justice à cause de mes adversaires, rends ton chemin uni devant moi. 10 Car dans leur bouche il n’y a point de droiture; leur cœur ne rêve que ruines. Leur gosier est un sépulcre béant, ils rendent doucereuse leur langue. 11 Condamne-les, ô Dieu! qu’ils tombent du haut de leurs projets! repousse-les pour leurs nombreux péchés, car ils se sont insurgés contre toi. 12 Alors se réjouiront tous ceux qui s’abritent en toi, ils jubileront à jamais, car ils ont ta protection; et ils triompheront en toi, ceux qui aiment ton nom. 13 Car toi, ô Seigneur, tu bénis le juste, tu l’entoures de ta bienveillance comme d’un bouclier.
Au chef des chantres, avec accompagnement d’instruments à cordes . Psaume de David. 2 Quand j’appelle, réponds-moi, Dieu de mon salut! Dans la détresse tu me mets au large; sois-moi favorable, écoute ma prière. 3 Fils des hommes, jusqu’à quand mon honneur sera-t-il avili? [Jusqu’à quand] aimerez-vous les choses vaines, rechercherez-vous le mensonge? Sélah! 4 Sachez bien que l’Eternel distingue celui qui lui est fidèle, il entend quand je l’invoque. 5 Tremblez et ne péchez point; rentrez en vous-mêmes sur votre couche, et gardez le silence! Sélah! 6 Immolez de pieux sacrifices, et mettez votre confiance en l’Eternel. 7 Beaucoup disent: "Qui nous fera voir le bonheur?" Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô seigneur! 8 Tu me mets plus de joie au cœur [qu’à eux], au temps où abondent leur blé et leur vin. 9 En paix, je me couche et m’endors aussitôt; car toi, ô Seigneur, même dans l’isolement, tu me fais demeurer en sécurité.
1 Psaume de David, quand il prit la fuite devant son fils Absalon. 2 Seigneur, que mes ennemis sont nombreux! Beaucoup se dressent contre moi. 3 Beaucoup disent à mon sujet: "Il n’a point de secours à attendre de Dieu." Sélah! 4 Mais toi, ô Eternel, tu es un bouclier qui me protège. Tu es mon honneur et me fais porter la tête haute. 5 A pleine voix, je crie vers l’Eternel: il me répond de sa sainte montagne. Sélah! 6 Je me couche et m’endors, puis je me réveille, car l’Eternel me soutient. 7 Je n’ai point peur des myriades de gens qui sont campés autour de moi. 8 Lève-toi, Eternel, viens à mon secours, ô mon Dieu! Oui, tu frappes à la joue tous mes ennemis, tu brises les dents des méchants. 9 A l’Eternel appartient le salut! que ta bénédiction descende sur ton peuple! Sélah!
1 Pourquoi se démènent les peuples, et les nations agitent-elles de vains projets? 2 Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l’Eternel et son oint. 3 "Brisons [disent-ils] leurs liens. Rejetons loin de nous leurs chaînes!" 4 Celui qui réside dans les cieux en rit, le Seigneur se raille d’eux. 5 Puis il les apostrophe dans sa colère et, dans son courroux, il les terrifie: 6 "C’est moi [dit-il] qui ai consacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte!" 7 Je veux proclamer ce qui est une loi immuable: "L’Eternel m’a dit: Tu es mon fils, c’est moi qui, aujourd’hui, t’ai engendré! 8 Demande-le-moi, et je te donnerai des peuples comme héritage, les confins de la terre pour domaine. 9 Tu les briseras avec un sceptre de fer, tu les broieras comme un vase de potier." 10 Et maintenant, ô rois, sachez comprendre, tenez-vous pour avertis, juges de la terre! 11 Adorez l’Eternel avec crainte, et réjouissez-vous [en Dieu] avec tremblement. 12 Rendez hommage au fils, de peur qu’il ne s’indigne, et que vous n’alliez a votre perte; car bien vite sa colère prend feu: heureux tous ceux qui s’abritent en lui!
1 Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs, 2 mais qui trouve son plaisir dans la Loi de l’Eternel, et médite cette Loi jour et nuit! 3 Il sera comme un arbre planté auprès des cours d’eau, qui donne ses fruits en leur saison, et dont les feuilles ne se flétrissent point: tout ce qu’il fera réussira. 4 Tels ne sont pas les méchants, mais plutôt comme le chaume que pourchasse le vent. 5 Aussi les méchants n’ont-ils pas le dessus dans le jugement, ni les pécheurs dans l’assemblée des justes. 6 Car l’Eternel protège la voie des justes, mais la voie des méchants conduit à la ruine.
"En tout cas, ce ut aussi l'année où je décidai que désormais je soutiendrais les Sankei Atoms. Etait-ce le destin qui me pilotait, les étoiles, mon groupe sanguin, une prophétie ou une malédiction ? Allez savoir. Mais si vous avez un calendrier sous la main, veuillez ajouter, je vous prie, dans un coin, en tout petits caractères : " en 1968, Haruki Murakami est devenu fan des Sankei Atoms. " "
MURAKAMI Haruki, Recueil de poèmes de Yakult Swallows, Première personne du singulier, ed. Belfond
"Mon petit transistor Panasonic ne cessait de diffuser ces chansons pleines de vie et de joie. Pour la pop music, ce fut à n'en pas douter une année mémorable, vraiment époustouflante.
MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond
"J'avais l'impression qu'on entendait leur musique presque tout le temps. Elle était là partout autour de nous, comme du papier peint soigneusement collés sur les moindre recoins des murs. "
MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond
Ce que je me rappelle, durant cet été de 1965, c'est sa robe blanche, le parfum citronné de son shampooing, la sensation de son très robuste soutien-gorge à armature
MURAKAMI Haruki, With the Beatles, Première personne du singulier, ed. Belfond
" Il semble étrange (ou peut-être après tout, non, cela n'a rien de curieux), mais il suffit d'un battement de paupières, et les hommes vieillissent. A chaque instant nos corps, sans espoir de retour, s'en vont vers l'anéantissement. A peine a-t-on fermé les yeux, puis les a-t-on rouverts, que bien des choses ont disparu (certaines avaient un nom, d'autres pas). Soufflées par les vents violents de la pleine nuit, elles ont été emportées quelque part sans laisser de trace. Il n'en subsiste qu'un frêle souvenir. Mais non, on ne peut pas compter sur les souvenirs non plus. Qui pourrait affirmer avec certitude ce qui nous est vraiment arrivé par le passé ?
Cependant, si nous avons de la chance, demeureront parfois quelques mots à nos côtés. Dans les profondeurs de la nuit, ils graviront la colline, se faufileront dans des cavités adaptées à leur morphologie et effaceront tout signe de leurs présences en laissant souffler bien loin les vents sauvages du temps. Et lorsque, à l'aube, la tempête aura enfin cessé, les mots survivants réapparaîtront secrètement à la surface de la terre. Généralement calmes, timides, ne disposant que de moyens d'expression ambigus, ils sont toutefois prêts à témoigner. En témoins honnêtes et impartiaux. Seulement, pour forger des mots aussi persévérants, ou les découvrir et les abandonner, il faut un dévouement inconditionnel, qui vous engage corps et âme. Et pour cela, poser le cou sur un oreiller de pierre glacé, illuminé par le clair de lune hivernal. "
MURAKAMI Haruki, Sur un oreiller de pierre, Première personne du singulier, ed. Belfond
"J'ai souvent eu le sentiment que le judaïsme porte en ses langages, quelque chose qui résonne avec cette idée. L'identité juive repose elle aussi sur une vacance. Tout d'abord parce qu'elle n'est pas prosélyte et ne cherche pas à convaincre l'autre qu'elle détient l'unique vérité. Ensuite, parce qu'elle peine à formuler ce qui la fonde. Nul ne sait vraiment ce qui fait un juif et encore mot "bon juiif". est-ce une origine, une pque, une croyance, une tradition culinaire ? L'identité juive est toujours au-delà de ce qu'on pourrait en dire, et ne se laisse jamais enmurer dans une définition unique qui réduirait les possibles.
Pour le dire autrement : "le" judaïsme est toujours plus grand que le "mien". Il préserve un espace libre pour une autre conception que la mienne, et donc une transcendance infinie : celle de la définition qu'en donnera un autre.
Le judaïsme garantit en soon sein la place d'Elsa et la mienne, celle d'une juive non croyante et celle d'un rabbin, sans qu'aucune de nous puisse se revendiquer plus légitime. Aucune ne peut affirmer "plus" ou"meilleure" juive que l'autre.
Dès lors, dans mon judaïsme, si je ne fais pas de place pour le sien, je le trahis. Le réduire à ma définition ou à la sienne reviendrait à le profaner. "
Delphine Horvilleur. Vivre avec nos morts , ch. Elsa
"La laïcité française n'oppose pas la foi à l'incroyance. Elle ne sépare pas ceux qui croient que Dieu veille, et ceux qui croient aussi ferme qu'il est mort ou inventé. Elle n'a rien à voir avec cela. Elle n'est fondée ni sur la conviction que le ciel est vide ni sur celle qu'il est habité, mais sur la défense d'une terre jamais pleine, la conscience qu'il y reste toujours une place pour une croyance qui n'est pas la nôtre. La laïcité dit que l'espace de nos vies n'est jamais saturé de convictions, et elle garantit toujours une place laissée vide de certitudes. Elle empêche une foi ou une appartenance de saturer tout l'espace. En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance. Elle affirme qu'il existe toujours en elle un territoire plus grand que ma croyance, qui peut accueillir celle d'un autre venu y respirer."
Delphine Horvilleur. Vivre avec nos morts, ch. Elsa
une vache rousse, totalement rousse, sans défaut, qui n'a jamais porté le joug. Bois de cèdre, hysope, écarlate
Immoler la vache. Prendre de son sang avec le doigt et asperger par sept fois en direction de la Tente d'assignation.
Brûler la vache avec sa peau, sa chair, son sang, sa fiente.
Brûler les autres ingrédients en les jetant dans le foyer où brûle la vache.
Il faudra ensuite vous purifier.
Demander à quelqu'un de pur de récolter les cendres et de les amener dans un dépôt hors du camp avant la transformation en eau lustrale à usage de purification.
Usage :
purification après avoir toucher un mort
Peut éventuellement dépanner une femme non adultère ...
Dans cette parasha, de nouveaux adversaires se lèvent contre Moïse et Aaron. Les explorateurs, les complotistes, ont semé la graine du mal, et elle germe, par deux fois encore, malgré les preuves données par l'Eternel. Et par deux fois sa colère frappe et déchire, même si tout fini par une verge qui donne fleurs et fruits.
Car le mal est toujours là et toujours il guette.
J'ai pensé alors à mettre en parallèle la parasha avec le célèbre passage du puits dans le Talmud. Ici, les opposants à Dieu ne sont pas châtiés, bien au contraire, Dieu les félicite et rit. C'est que le Temps a passé, et surtout, l'Etude. Lorsqu'on étudie, on peut poser des questions à Dieu, et sans doute même le défier. Les Hébreux de la Bible ne se sentent élus que parce qu'ils "sont". Mais cela ne suffit pas, l'élection se mérite, et c'est par l'étude qu'elle s'acquiert.
Dans cette parasha, le célèbre passage des explorateurs. Je n'ai pu m'empêcher de le restituer dans le contexte actuel :
D'après le compte-rendu des explorateurs , dans ce pays, il y coule bien le lait et le miel, les fruits sont magnifiques, mais mais mais mais ... les habitants, dont Amalek, est bien plus fort que nous.
Les Hébreux, toujours à regretter l'Egypte, gavés de manne, sont devenus des geignards mous. Renonçant à tout, capable d'accepter le mal absolu, Amalek, s'il se tient loin d'eux.
Je comprends la colère divine. En cette époque était Moïse, prêt à tout pour sauver son peuple. C'est peut-être en cela que lui aussi sera puni de cette terre. Ce peuple méritait-il d'être sauvé ? C'est la question que je pose souvent , aujourd'hui, par les temps qui courent.
Quel peuple de geigneurs ! Dans le désert, la manne offerte généreusement ne suffit pas aux Hébreux qui n'ont pas l'âme de vegans. Ils pleurent après la viande, après le poisson de leurs souvenirs. Moïse craque, il a bien raison, quel cadeau ce peuple ! Mais l'Eternel n'est guère patient non plus, et il se venge. Dans sa vengeance, il n'est guère juste : il en tue quelques uns après la chute des cailles, mais on ne dit pas quels sont ses critères; on ne sait pas non plus les critères pour punir Miriam de la lèpre, alors qu'Aaron aussi a péché avec elle : comme dit le proverbe populaire, les femmes savent toujours de quoi elles sont coupables ...
Au milieu de cette parasha, entre la suite de la liste des tâches et celle des offrandes d'inauguration, deux lois.
Une à propos du nazirat, c'est-à-dire du retranchement du peuple par l'abstinence d'alcool , en fait de raisin, sous toute ses formes, et du nazir qui physiquement se laissera pousser les cheveux, se distinguant ainsi du reste du peuple. Ce qui me frappe, c'est que cette rupture, quel qu'en soit le motif, ne peut être éternelle : elle a un commencement, et une fin, marqués par des étapes visibles de tous. On ne peut donc, quand on est juif, être ermite ou anachorète pour toujours, et si l'on décide de l'être , on est étroitement surveillé par le reste de la communauté, qui veille, y compris s'il y a rupture accidentelle du statut.
La deuxième parle de la femme sotah, la femme supposée être infidèle. Le rituel parait étrange, injuste. Mais pourtant, il protège la femme du crime d'honneur, obligeant la famille à se plier au jugement de Dieu en l'absence de témoignage. Il oblige à la laver de toute faute, en cas de réussite, la gratifiant même de fertilité comme dédommagement de l'épreuve endurée. Mais, j'allais dire "bien sûr", on ne dit rien de ce que serait un homme "sotah"... voyons, il ne faudrait pas exagérer ...
Les Israëlites se regroupant autour de la manne, Nicolas Poussin
Le livre Bemidbar, "au désert" commence par la parasha du même nom par un paradoxe : dans ce nommé désert, il y a tant de monde, qu'il va falloir le recenser Compter pour catégoriser : telle ou telle tribu dans un point géographique du campement, les Lévites ayant scrupuleusement leur tache respective pour montage et démontage de l'Arche, toute inattention pouvant être occasion de mort ... Bien sûr, il n'est question ici que d'hommes, jeunes. Cela peut être l'occasion d'un dictionnaire de prénoms masculins, aux consonances magnifiques : Issakhar, Amishadaï, Eliassaph
Dans la dernière parasha du Lévitique, nous assistons à la longue liste de ce qui nous attend si nous désobéissons à notre Dieu. La liste est longue est très dure, et en même temps, avec le recul du temps, Dieu n'a guère eu à intervenir, pour produire toutes ces catastrophes, l'homme s'est bien débrouillé tout seul ... Un verset, le 36, a particulièrement attiré mon attention, avec une punition énoncée de façon particulièrement poétique : "(...) poursuivis par le bruit de la feuille qui tombe, ils fuiront comme on fuit devant l'épée, ils tomberont sans qu'on les poursuive. "
Je reprends ici mon travail sur la parasha, et en ce jour de la reprise de liberté de la circulation, les versets résonnent comme un rappel des temps, comme un rappel de la morale et de la place de l'homme, en particulier de l'homme aisé, dans la société.
L'assistance aux autres est absolument nécessaire, rappelée très fermement par Dieu :"Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'il vive avec toi. N'accepte de sa part ni intérêt ni profit, mais crains ton Dieu, et que ton frère vive avec toi. Ne lui donne point ton argent à intérêt, ni tes aliments pour en tirer profit. Je suis l'Eternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays de Canaan, pour devenir votre Dieu." (25: 35-38) Dieu nous a peut-être libérés de l'Egypte mais attention, Dieu va très loin dans son rappel ici : "Ils sont mes esclaves, à moi, qui les ai fait sortir d'Egypte" (25:42)
Un rappel qui en suit un autre, le début de la parasha : Dieu va jusqu'à exprimer : "vous n'êtes que des étrangers domiciliés chez moi (25 : 23)". Dans quel contexte ? Celui de l'année sabbatique et de l'année du jubilé. "La septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l'honneur de l'Eternel. Tu n'ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne (...) ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation : à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l'étranger qui habitent avec toi ; ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits. "(25 : 4-7). Dans ces années, point n'est question de disette, mais de l'angoisse de disette née de cette situation de repos de la terre pouvant être vécu par l'homme comme un abandon. Apprendre à avoir confiance, apprendre à partager, ce sont des vertus dont nous avons rêvé en début de confinement, mais qui peu à peu sont délaissées. Ou peu à peu s'intallent, dans cette vie d'après, les intérêts catégoriels, les divisions catégorielles. Par manque d'anticipation, avons nous négligé de prendre conscience de la sixième année : "Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu'elle produira la récolte de trois années" (25 : 21). Installés sur la terre, nous avons oublié que nous y sommes seulement des locataires, que la possession n'est ni obligatoire de façon pérenne, ni éternelle, qu'elle doit donner lieu au partage, à l'empathie ... En ce moment, nous sommes durement rappelés à la réalité, mais voulons-nous être décillés ?