29.2.12

Le 29 Février, on se pose des questions stupides...

Lorsqu'un mois commence, comment être sûr que le mois précédent est terminé ?


"Le mois précédent est le mois d'avant. Le mois qui commence est le mois de maintenant. Le mois suivant est le mois d'après. Tous les mois d'après sont devenus des mois d'avant après avoir été des mois de maintenant.  De même, tous les mois d'avant ont été des mois d'après avant d'avoir été des mois de maintenant... Tout Ouroulboulouck avec son cerveau réveillé voit que cette question n'a pas de sens; ni à l'endroit ni à l'envers et pas plus qu'hier qu'aujourd'hui ou demain."
Claude Ponti,  Almanach ouroulboulouck 8e mermaine

25.2.12

Mes notes de chevet : 82. Choses qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé

"Une natte à fleurs, vieilles, et dont les bords usés sont en lambeaux.
Un paravent dont le papier, orné d'une peinture chinoise, est abîmé.
Un pin desséché, auquel s'accroche une glycine.
Une jupe d'apparat blanche, dont les dessins imprimés, bleu foncé, ont changé de couleur. "
Sei Shonagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : en voilà une liste bien assortie où l'on sourit quand même...
Paroles ici

19.2.12

Mon quartier (57) : encore des oiseaux

Sur un immeuble parmi mes préférés que je n'avais pas encore cité, j'ai découvert des oiseaux que je n'avais pas perçus


C'est ici

Mes notes de chevet : 81. Choses impatiemment attendues

" Enfiler une aiguille lorsqu'on doit se dépêcher de coudre et que le soir tombe. Mais moi, quand je vois que je vais avoir à faire une chose aussi agaçante, je me saisis d'une partie de l'ouvrage, déjà commencée, où doit se trouver fichée une aiguille enfilée; je laisse le soin d'en préparer une autre à quelqu'une de mes compagnes. Sans doute parce qu'elle se hâte aussi, elle n'y parvient pas rapidement, et je lui dis : "Allons ! Laissez donc cela pour le moment."Cependant, elle a l'air de penser : "Et pouquoi donc n'arriverais-je pas à enfiler cette aiguille ?" Elle ne peut abandonner les morceaux d'étoffe qu'elle a pris; à son ompatience, s'ajoute de l'aversion pour moi. "
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Utamaro
Mes notes de chevet : De fils en aiguilles et d'aiguilles en fils, aux quatre bouts du monde, le même geste, depuis les temps des temps, relient les filles coquettes. Et depuis toujours les fils se défilent et nous rendent folles.
aiguilles à chas préhistoriques

Fuji, cent vues (41) : accalmie : l'œil du cyclone ?

Susaki no Fuji
La mer s'est calmée. Les oiseaux sont noirs, le Fuji est noir, bientôt une nouvelle tempête?

5.2.12

Mes notes de chevet : 80. Choses impatiemment attendues

"La lettre d'une personne aimée"
Sei Shônagon, notes de chevet
œuvre d'Utamaro


Mes notes de chevet : s'il m'est un jour donné d'avoir une petite-fille et de lui raconter le temps d'avant, je conterai l'époque ancienne où il n'y avait pas de téléphone mobile, pas de réseaux sociaux, pas de courriel, et même pas de téléphone facilement accessible. Le temps où l'on se consumait d'amour en attendant le facteur, à une époque où les facteurs allaient partout, jusqu'au fin fond des maisons enneigées, des chemins boueux, des terres gelées, afin de remettre une lettre, une chose écrite avec de l'encre sur du papier, où il était de bon ton de dire le maximum de choses poétiques avec le minimum de fautes d'orthographe, un texte que les larmes effaçaient, que les mains froissaient à force d'être déplié, que l'on cachait au fond des poches ou des tiroirs secrets avec des pétales de roses.

Fuji, cent vues (40) : coulé

 Mais où est passé le bateau ?
Ca y est ya pu qu'les p'tits oiseaux !

30.1.12

Mes notes de chevet : 79. Choses enviables

"J'envie beaucoup les gens qui ont de bons enfants, que ces derniers soient des hommes, des femmes, ou des bonzes.
Les dames qui ont de superbes cheveux très longs, et des mèches qui descendent gracieusement sur le front."
Sei Shônagon, Notes de chevet
Mes notes de chevet : pour dévier l'attention vers du trop personnel, pourrait-on disserter sur le sexe des bonzes ?

29.1.12

Fuji, cent vues (39) : miroir et robe de plumes


La robe de plumes que transporte ce pêcheur est-elle celle de Médée ? Mieux vaut alors voir le monde y compris le Fuji, dans un miroir, et s'enivrer d'alcool...

15.1.12

14.1.12

Marché de samedi, c'est l'hiver !

Le mimosa est en avance d'un mois. Il n'y en aura plus pour Carnaval et les Batailles de fleurs...

4.1.12

Tout se perd ma pauv'dame (2) : légumes




Ce soir, j'avais envie de soupe. Je me rends chez un marchand de légumes. Absolument, cela existe encore, un VRAI marchand de légumes (et de fruits). Une fois ma petite récolte faite, je me rends à la caisse pour que la jeune employée pèse et encaisse. Sur sa machine, pas de petits dessins comme à Casino, mais les mots écrits. Elle pèse les pommes de terre, les carottes, les poireaux. Arrivée au fenouil, elle me demande : pouvez-vous dire comment ça s'appelle ? Elle m'a fait la même demande, ensuite, pour le navet...

Fuji, cent vues (38) : Hokusai au FAPE ?

Hokusai, Le Fuji vu de chez les teinturiers

Sans le savoir, ma dernière action de 2011 pour l'école fut de tendre un rideau sur un bambou. Hokusai serait-il mon ange protecteur ? Il sera en tout cas mon saint patron du FAPE 2012

3.1.12

Mes notes de chevet : 78. Choses qui paraissent affligeantes

"Un exorciste qui s'attaque à un démon récalcitrant. Tout irait bien si seulement les bons effets de ses incantations se manifestaient rapidement; mais s'il n'en est pas ainsi, le malheureux continue stoïquement à prier pour éviter d'être, quelque peine qu'il ait prise, la risée des gens."
Sei Shônagon, Notes de chevet.
Estampe d'Hiroshige, dragon dans un nuage

Mes notes de chevet : Encore une fois, ma vieille amie japonaise me fait un clin d'œil en ce début d'année. La commencer ainsi, par des choses qui paraissent affligeantes ! Espérons qu'en cette année du dragon qui commence, cette citation ne soit prémonitoire, bien que vérifiée pour 2011, et que mes incantations soient efficaces !

2.1.12

2 Janvier : le jour des mauvais vœux

Et si on consacrait le 2 Janvier aux mauvais vœux ?
extrait de Mô-Namour de Claude Ponti

Ce ne serait pas très difficile pour 2012. L'année a toutes les chances d'être mauvaise, donc on n'a peu de chance de se tromper : crise, chômage, présidentielle, peut-être fin de l'euro...
Et puis quel plaisir de pouvoir passer de "à lui je ne lui souhaite pas mes meilleurs vœux" à "je te souhaite de tout mon cœur une mauvaise année".( Le tutoiement dans cette situation parait plus naturel.)
 Tous ces mesquins, ceux rencontrés brièvement dans une administration, quotidiennement au travail, toute une vie dans une famille. Dans l'enthousiasme de l'année nouvelle, les bulles du champagne, des bonnes résolutions, on les avait oubliés. Et puis la journée du premier janvier n'est pas terminée que ça y est, certains se rappellent à nous, en avant-garde.
Bien sûr , souvent, ils n'ont guère besoin de nous pour la passer mauvaise : petit esprit, jalousies, petites magouilles, déceptions dérisoires, inaptitudes aux petits bonheurs.
Pourtant, leur souhaiter un dégât des eaux, un contrôle fiscal, un divorce, certaines plaies d'Egypte avant Pessah (pustules, ténèbres, vermine), ça ne mange pas de pain...
Le 2 janvier, le jour des mauvais vœux, ça vous dit ?

1.1.12

le son de chez moi (56) : en attendant 2012

Avec le champagne, comme il se doit, et dans la foule des Italiens, comme d'habitude !

Bonne année du dragon

L'année 2011 fut une drôle d'année. Riche en surprises des plus diverses, parfois bonnes, souvent mauvaises. Elle m'aura appris à apprécier d'autant les plaisirs précieux, brefs mais répétés, que la vie nous permet de saisir juste en ouvrant les yeux si l'on sait se tenir prêt.

27.12.11

Mystères ordinaires : les santons


Quand j'étais petite, mon papa me chantait cette chanson. Il avait fait lui-même la crèche familiale : la grotte en rocher de papier, le moulin, le petit pont.
Olivier, toi aussi tes santons dorment dans leur boîte de carton depuis que tu es parti. Vous me manquez.



LE NOËL DES PETITS SANTONS (René Sarvil / Henri Ackermans) (1935) Tino Rossi  
Dans une boite en carton 
Sommeillent les petits santons
Le berger... le rémouleur 
Et l'Enfant Jésus rédempteur 
Le Ravi qui le suit 
Est toujours ravi 
Les moutons 
En coton 
Sont serrés au fond 


Un soir alors 
Parait l'étoile d'or 


Et tous les petits santons 
Quittent la boite de carton  


{Refrain:} Naïvement 
Dévotement 
Ils vont à Dieu 
Porter leurs vœux
Et leur chant 
Est touchant 
Noël, joyeux Noël, 
Noël joyeux de la Provence 
Le berger comme autrefois 
Montre le chemin aux trois Rois 
Et ces Rois ont pour suivants 
Des chameaux chargés de présents 
Leurs manteaux 
Sont très beaux 
Dorés au pinceau 
Et ils ont 
Le menton 
Noirci au charbon 
De grand matin 
J'ai vu passer leur train, 
Ils traînaient leurs pauvres pieds 
Sur les gros rochers de papiers


{au Refrain}  


Dans l'étable de bois blanc
Il est là le divin Enfant 
Entre le bœuf au poil roux 
Et le petit âne à l'œil doux 
Et l'enfant
Vagissant 
Murmure en dormant : 
"Les jaloux
Sont des fous
Humains, aimez-vous "
Mais, au matin
Joyeux Noël prend fin 
Alors les petits santons 
Regagnent la boite en carton  
Naïvement 
Dévotement 
Ils dormiront 
Dans du coton 
En rêvant 
Du doux chant 
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence. 


Dormez chers petit santons 
Dans votre boite en carton
Noël, Noël, Noël.

26.12.11

Mes notes de chevet : 77. Occasions dans lesquelles les choses sans valeur prennent de l'importance

"Les dames qui escortent, à cheval, l'Empereur quand il sort de son palais."
Sei Shônagon, Notes de Chevet
Mes notes de chevet :
Il existe deux sortes de vélos bleus. Les vieux, avec leur changement de vitesse en métal, et les récents où la mollette, plus fiable, est en plastique. Depuis quelque temps, un homme a du faire un de ces paris stupides, ces paris stupides que l'on fait parfois à soi-même, pour se prouver quelque chose, une misère, et que la plupart du temps on abandonne tant les enjeux sont dérisoires. Mais celui-là n'abandonne pas, c'est un têtu. Et chaque jour il bat son propre record, et grignote, doucement mais sûrement, le parc vélocipédique : opère-t-il à coup de marteau, à coup de pied, je ne le sais, mais son geste est remarquablement efficace : disloquer la coque protectrice du levier de vitesse plastique des vélos bleus. Peu à peu, la proportion augmente, régulièrement. C'était un de temps en temps, puis de plus en plus souvent. Maintenant, on ne trouve quasiment aucun vélo récent en état, sauf les neufs, ou garés dans des lieux trop voyants. 
Oui, vraiment, c'est peu de choses. Juste un petit retard de transport, qui fait changer pour un vieux modèle, changer de station, remettre une balade. Rien de vital pour moi. Je ne sais pourquoi, j'y vois pourtant le symbole de notre monde, le glissement du quotidien vers le côté obscur de la force, son grignotage.
Bien sûr, il n'y a aucune trace des gens qui comme moi, remontent un vélo tombé, qui  téléphonent pour signaler un vélo égaré,  qui garent un vélo errant. Il y en a certainement beaucoup, de ces usagers de ce véhicule dérisoire, un peu brinquebalant, dont l'usage limité est gratuit. Ainsi va le monde, les trains qui partent à l'heure n'intéressent personne. Et l'on contemple fasciné l'agonie des déraillements.