21.7.15

Cent vues (89) : la fraîcheur des montagnes

Fukuroju de Hokusai


Chauves-souris, biche et montagne, un bon programme de rafraîchissement plutôt que de rester dans la moiteur tropicale du bord de mer !



7.5.15

Dix ans : cheveux courts et carnivore.



Il y a dix ans jour pour jour, le chaos faisait irruption dans mon existence.
Jusque là, je trouvais ma vie riche, bien remplie, globalement heureuse. Pas de tout repos, des hauts et des bas, mais je n’en aurais changé pour rien au monde. J’avais deux métiers que j’adorais, musicienne et enseignante, j’étais en couple depuis presque trente ans en situation de canard colvert, j’avais une petite fille de dix ans pleine de vie, un petit chien blanc adorable, bref une situation que tout le monde m’enviait, y compris moi. J’avais bien quelques soucis en tête, quelques angoisses et quelques doutes, mais je revenais d’un concert aux Antilles, premier d’une série prometteuse, ce n’était pas trop le moment d’avoir des états d’âme.
Ben voilà patatras. J’avais du sûrement être aveugle, stupide ou les deux pour ne l’avoir pas vu venir. Ce fut un scénario tristement classique, duquel je croyais dur comme fer que je serais préservée. Moi ça ? Impossible ! Jamais ! Classique, je vous dis, classique, et banalement résumable, d’une trivialité exemplaire  : à la découverte de sa double vie, l’autre fait la valise à l’étranger en emportant la caisse, et vous voilà à payer la moitié des frais d’avion pour les vacances de la pitchounette.
Dix ans atomisés et de cet amour là il ne reste rien qu’une impression de vie antérieure rêvée; dématérialisée par le révisionnisme, les procès, les mesquineries diverses et variées.
Je ne reviendrai pas sur les péripéties de cette rupture-tsunami, sur ces jours de mai de détresse où j’écoutais en boucle la chanson qui disait, je ne savais encore toute la valeur des mots : et ça continue encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord, et le pire est toujours devant.
Dix ans et pourtant… aujourd’hui, dix ans après, une vie fidèle à moi-même, une vie heureuse.
Une vie meilleure sans doute que ce qui m’attendait, au regard de ce que j’ai découvert, de ce qu’il est advenu ensuite. Rien à regretter.
Une belle vie avec de belles découvertes dont certaines inconcevables avant.
Dix ans, je n’ai plus les cheveux au vent : ma nouvelle coupe nécessite un bonnet l’hiver, mais me va comme un gant
Dix ans, et carnivore, toujours bio, mais j’ai renoué avec le carpaccio et le yakitori
Dix ans et en couple. Dix ans, et amoureuse : le plus grand cadeau de ma nouvelle vie, complètement inattendu, le retour de la confiance  et de la force de la vie, une belle histoire épistolaire des plus romantiques et des plus modernes,  des voyages, et la vraie vie ensemble
Dix ans, et presque japonaise, par la force des choses…
Dix ans, et j’ai appris à dire « je ».
Dix ans, avec  mes amis, certains les mêmes, fidèles, d’autres nouveaux, sur des chemins qui nous sont propres, comme la découverte délicieuse des sorties entre copines…
Dix ans, toujours heureuse de partir le matin pour l'école la tête pleine de projets et toujours musicienne avec projets en tête. 
Dix ans, maman d’une jeune femme splendide.
Dix ans, et le petit chien est parti juste là, comme un dernier témoin qui se retirerait sur la pointe des pattes.
Dix ans, et la vie me sourit.

5.5.15

Cent vues (88) : ma chaumière

Roen no Fuji, Hokusai
J'ai découvert mes premières chaumières au Japon. J'en rêve depuis, car je connaissais la chanson ...

4.5.15

Mes notes de chevet (114) : collines

"En ce qui concerne la colline de Tomooka, ce qui me charme, c'est qu'il y pousse de petits bambous."
Sei Shônagon. Notes de chevet.

Mes notes de chevet : j'aime entourer ma vie de colline. De ma terrasse, j'aperçois la cascade de la colline du Château d'un côté, et de l'autre la villa Bellevue sur la colline du Parc d'Estienne d'Orves, à quatre pas de ma maison. Je travaille tout en haut de la colline de Cimiez, d'où j'aperçois toutes les collines environnantes. Dans mon futur chez moi, je songe à revêtir ma salle de bains d'une glace sans teint, pour contempler celle de Valrose ...

10.4.15

Nous mourons tous par petits bouts : Tony

Mon petit toutounet semble tout perdu sur cette photo. Peut être l'est-il, comme nous le sommes, là où il est. Ces derniers temps, il semblait souvent l'être de ce qui lui arrivait. A présent, c'est moi qui le suis, sans lui, dans mes repères du quotidien. L'angoisse également de ne savoir, au sens propre, où il est. Etonnamment, je n'ai jamais eu cette crainte pour des humains, même des proches. Là, je perds toutes mes évidences, et mes doutes aussi. Il n'y a qu'un vide vertigineux.

4.4.15

Méridien en cinémascope (31) : dénouement

"En quittant, la salle à manger, Théo s'attarda sur les tableaux accrochés aux murs. La plupart représentaient des paysages, reproduits avec un souci excessif de réalisme. "
Le méridien de Greenwich, ch. 34, Jean Echenoz

3.4.15

Méridien en cinémascope (30) : the end


"Ouvrit monsieur Haas au minimum sa bouche, qui se fendit en un sourire émincé et expulsa un trait d'érudition.
- C'est la matière dont les rêves sont faits, dit monseur Haas."
Le méridien de Greenwich, ch.33, Jean Echenoz

2.4.15

Méridien en cinémascope (29) : bleu

"Son regard demeura posé sur un rectangle bleu fixé au mur, comme un oiseau sur un fil électrique."

Le méridien de Greenwich, ch.33, Jean Echenoz

1.4.15

Méridien en cinémascope (28) : non-gag

"Et ce fut alors, c'en devenait lassant, que retentit encore une détonation, assortie de son projectile, lequel projectile, après être passé à seize centimètres du menton de Selmer, vint se loger dans un tronc d'arbre, lequel arbre, sous le choc, laissa choir son fruit, lequel fruit, dans ce contexte, ne tomba sur la tête de personne, car c'eût été ce qu'on appelle un gag. "

Le méridien de Greenwich, ch.32, Jean Echenoz

31.3.15

Méridien en cinémascope (27) : dénouement ?

"- Il me racontait des histoires. Avant de quitter Paris, il avait commencé celle des trois lanciers du Bengale, mais il est mort. Il est mort avant la fin de l'histoire.
Arbogast retint son souffle et compta dix pas avant de parler.
- Moi, je la connais, la fin, dit-il.
Vera faillit s'arrêter de marcher, mais ce n'était pas le moment. Allez, allez, faisait doucement selmer derrière eux. Elle baissa la tête.
- Alors, chuchota-t-elle, Mac Gregor ?
- A votre avis ? souffla Arbogast.
- Il s'en sort, dit Vera, il s'en tire."

Le méridien de Greenwich, ch.32, Jean Echenoz

30.3.15

Méridien en cinémascope (26) : introuvable

"- Ici Radio Switzerland, bafouilla le stagiaire. Comme chaque jour, voici deux heures de musique et de bonne humeur, avec tout de suite notre disque de la semaine, voici Coco Schmidt qui chante Pourquoi moi ?
Une nuisance mélodique envahit l'espace un instant, Tristano coupa le son.
-Ils nous laissent tomber, dit-il"
Le méridien de Greenwich, ch.29, Jean Echenoz

29.3.15

Méridien en cinémascope (25) : apéritif


"Ils s'en revinrent au blockhaus, où ils passèrent un peu de Brahms à l'épreuve du magnétophone. Au son, l'appareil semblait une poêle où l'on aurait mis Brahms à frire, et ce bruit d'aliment leur donna faim."
Le méridien de Greenwich, ch.27, Jean Echenoz

28.3.15

Méridien en cinémascope (24) : crépuscule

Selmer avait renversé sa tête sur le dossier ; il ne pensait à rien tout en considérant l'air. Bientôt l'envahit une impatience d'entracte, qui transformait les sièges du hors-bord en fauteuils de cinéma et le ciel pâlissant au dessus de l'archipel en écran vierge prêt à se peupler , à se meubler. Mais rien ne se produisit, rien ne vint ; seul l'ensoleillement se modifiait sensiblement, dans le sens du moins."
Le méridien de Greenwich, ch.27, Jean Echenoz

27.3.15

Méridien en cinémascope (23) : après-rasage

"Leurs visages se paraient maintenant de barbes, Arbogast ayant brisé par maladresse, quelques jours plus tôt, l'unique miroir dont ils disposaient pour se raser. Comme il se désolait, Selmer l'avait consolé en proposant, puisqu'ils étaient de tailles et de morphologies voisines, de se raser désormais l'un en face de l'autre en symétrisant bien leurs gestes, chacun tenant lieu de miroir à l'autre. Essayons, avait dit Arbogast. Ils tentèrent l'expérience, se coupèrent effroyablement. Peut-être ne se ressemblaient-ils pas assez. Renonçons, avait dit Selmer."
Le méridien de Greenwich, ch.27, Jean Echenoz

26.3.15

Méridien en cinémascope (22) : il faut le remplacer, maintenant.

"Caine s'était assis près de Paul, qui n'était plus que le cadavre de Paul. Il le regardait sans comprendre et avec une tristesse sincère, bien qu'il l'eût peu connu de leurs vivants communs. Une certaine confusion noircissait encore sa tristesse, car il se sentait obtus et gauche devant feu Paul, comme démuni. Il supposait l'existence d'une sorte de code de politesse nécrologique, d'un type particulier de conduite à tenir, de certains gestes précis, reconnus et consacrés, applicables sans risques à toute situation comportant un ou plusieurs cadavres, mais il ignorait malheureusement toutes ces choses. Lui vint à l'idée qu'il était d'usage, du moins au cinéma, de fermer les paupières des défunts. Paul gisait face contre terre. Caine dut le retourner, non sans des égards extrêmes que jamais il n'aurait accordés à un non-mort ; mais Paul avait fermé les yeux en expirant, et l'inventeur en éprouva un léger sentiment de frustration, suivi d'un long affect de culpabilité, celui-ci sanctionnant celui-là. "
Le méridien de Greenwich, ch.25, Jean Echenoz

25.3.15

Méridien en cinémascope (21) : coïncidence


"Il ressemblait à l'acteur Sidney Greenstreet incarnant, dans une autre histoire, le rôle d'un personnage également et coïncidemment nommé Kasper Gutman. Comme ce dernier, son allure était d'ailleurs empreinte d'un certain sens des apparences. "
Le méridien de Greenwich, ch.24, Jean Echenoz

24.3.15

Méridien en cinémascope (20) : Taxi

"- A l'aéroport de Roissy, fit-elle d'une voix précipitée, comme elle l'avait bien souvent vu faire au cinéma.
Le chauffeur mit son compteur à zéro, le feu passa au vert et le taxi démarra souplement, également tout comme au cinéma.
Le méridien de Greenwich, ch.23, Jean Echenoz

23.3.15

Méridien en cinémascope (19) : très beau, dit-il.


"Il se leva et se dirigea vers le puzzle achevé dont l'inventeur lissait amoureusement la surface du tranchant de la main. Les morceaux de carton assemblés reconstituaient un tableau figurant une vaste galerie aux murs de laquelle étaient suspendus une multitude de tableaux, dont certains représentaient encore d'autres tableaux ; la mise en abîme s'arrêtait là, le peintre ne s'étant pas aventuré plus loin dans l'emboîtement des représentations. "
Le méridien de Greenwich, ch.22 Jean Echenoz

22.3.15

Méridien en cinémascope (18) : le son n'est pas très bon, mais ça me suffit pour ce que j'en fais.


"Arbogast entra dans le blockhaus et ressortit avec un petit magnétophone et une boîte de bandes magnétiques.
- De la musique de chambre, dit-il, c'est ce qui va le mieux avec les couchers de soleil."
Le méridien de Greenwich, ch. 20, Jean Echenoz

21.3.15

Méridien en cinémascope (17) : écologie pratique

"Ca n'a pas été trop dur pour s'adapter ? demanda Selmer en mangeant.
-Etant jeune, dit Arbogast, j'ai lu Walden et Le Robinson suisse. J'en avais gardé quelques souvenirs, ça m'a un peu aidé."
Le méridien de Greenwich, ch. 20, Jean Echenoz

20.3.15

Méridien en cinémascope (16) : J'appellerai demain pour savoir la suite

"Tu n'as pas envie de me voir, dit-elle ; ce n'est pas ça dit-il. Alors elle lui imposa de raconter la suite de l'histoire, et Paul, d'une voix inégale, lui raconta ce qui se passait depuis le moment ou Forsythe et mac Gregor, les ongles arrachés il faut voir comment par les sbires de Mohamed Khan, se remettent de leurs émotions en organisant dans leur cellule des courses de blattes."
Le méridien de Greenwich, ch. 18, Jean Echenoz

19.3.15

Méridien en cinémascope (15) : j'irai peut-être au cinéma


"- Il paraît que la copie est en mauvais état, dit rêveusement Carrier"
Le méridien de Greenwich, ch.10, Jean Echenoz

18.3.15

Méridien en cinémascope (14) : rangement


"Sous la scène, le pianiste martelait son clavier avec un regard inexpressif de dactylo. Un cylindre de cendre exceptionnellement long et légèrement incurvé adhérait encore au mégot coincé dans sa commissure, et un ruban de fumée montait le long de son visage, en épousant tous les reliefs, passant par dessus ses yeux presque clos pour se diluer ensuite sur son front, à l'orée de sa chevelure."

17.3.15

Méridien en cinémascope (13) : arrêtons-nous là pour aujourd'hui.

Paul raconta toute la sène du repas, en présence de l'espionne Tania, tout ce dialogue ambigu, jusqu'au moment ou Mohamed Kahn, après le dessert, démasque les valets de l'impérialisme britannique."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch.9

16.3.15

Méridien en cinémascope (12) : supériorité

"ses yeux étaient empreints d'une telle attention qu'on pouvait imaginer qu'il avait décidé de n'accorder son attention qu'aux objets situés à leur hauteur, ou bien que, voulant tirer partie de sa taille inhabituelle, il s'était consacré à l'étude des parties supérieures de tableaux."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch. 8

15.3.15

Méridien en cinémascope (11) : puzzle


"La vérité est qu'il ne s'inquiétait pas; il venait de découvrir une pièce-clef, qui lui permettait d'achever le candélabre de cuivre rouge qui pendait au plafond de la galerie ; il jubilait."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch. 7

14.3.15

Méridien en cinémascope (10) : soufflez, soufflez, c'est le moment ou jamais


"Allez-y, dit-il, jouez, jouez, c'est dans votre intérêt."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch. 6

13.3.15

Méridien en cinémascope (9) : ça suffira

"C'était la dernière, dit Pradon, nous n'avons pas d'autre photo de Caine."
Le méridien de Greenwich, ch.5, Jean Echenoz

12.3.15

Méridien en cinémascope (8) : l'objet d'une telle attention


"La seconde n'était occupée que par un seul individu, de taille anormalement haute, stationnant avec une immobilité remarquable devant l'un des tableaux, au fond, à droite."
Le méridien de Greenwich, ch.4, Jean Echenoz

11.3.15

Méridien en cinémascope (7) : fil conducteur



"D'abord, il s'intéressa au mode de fabrication de ces objets. On ne savait pas trop s'ils étaient achevés. Certaines zones de toile étaient recouvertes de strates superposées, chacune ne couvrant qu'en partie la strate au dessous d'elle et laissant voir ou deviner, selon le désir de Gustave, les motifs qu'elle avait à charge de masquer et d'amplifier à la fois."
Le méridien de Greenwich, ch.4, Jean Echenoz

Voyage avec un incolore (49) : Tokyo


Le paysage d'Hämeenlinna, près du lac, lui apparut. Les rideaux de dentelle blanche agités par le vent, le cliquetis du petit bateau balloté par les vagues.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.19

10.3.15

Méridien en cinémascope (6) : Palais-Royal

"La statue de Jeanne d'Arc, d'apparence luisante et dorée sous le soleil, était jaune et mate dans l'air gris sur son passage".
Le méridien de Greenwich, ch.4, Jean Echenoz

Voyage avec un incolore (48) : glaçon

"Chacun continuerait d'avancer sur son chemin, à la place qui lui a été assignée. Comme Rouge l'avait dit, on ne peut pas revenir en arrière. A cette pensée déferla sur lui, silencieusement, une grande tristesse, comme de l'eau venue d'on ne sait où. Une tristesse vaporeuse, sans forme. Une tristesse qui lui appartenait en propre et qui se situait aussi en un lieu inaccessible et lointain. Une douleur qui lui transperça la poitrine, qui le fit suffoquer.
Il arrêta la voiture sur le bord du chemin, coupa le moteur et, appuyé contre le volant, il ferma les yeux. Il fallait qu'il respire profondément, lentement, en prenant tout son temps, afin de régulariser le rythme de son cœur. Puis il prit conscience soudain de l'existence de quelque chose de dur et de froid, à peu près au milieu de son corps - quelque chose comme un noyau de terre glacée qui n'avait pas fondu après l'hiver. C'était de là que venait la douleur dans sa poitrine et la sensation d'étouffer. Il ignorait jusque là qu'il abritait cette chose en lui.
Mais la douleur dans la poitrine était juste, l'étouffement était juste. Il lui fallait les éprouver pleinement. Ce noyau froid, il devrait ensuite le faire fondre peu à peu. Cela prendrait sans doute du temps mais il devait le faire. Et il aurait besoin de la chaleur de quelqu'un pour que ce noyau de terre glacée fonde. La sienne n'y suffirait pas."
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.17

9.3.15

Méridien en cinémascope (6) : Mac Gregor, Forsythe et Stone


"
-Autre chose, maintenant, dit-elle.
-Une histoire, proposa Paul.
-Je veux bien."
Le méridien de Greenwich, ch.3

Voyage avec un incolore (47) : se débarrasser de l'ombre longue du démon


"Ce n'est pas seulement l'harmonie qui relie le cœur des hommes. Ce qui les lie bien plus profondément, c'est ce qui se transmet d'une blessure à une autre. D'une souffrance à une autre. D'une fragilité à une autre. "
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16

8.3.15

Méridien en cinémascope (5) : fratrie


"Elle ressemblait à Dorothy Gish, la sœur de Lilian"
Le méridien de Greenwich, ch.3, Jean Echenoz

Voyage avec un incolore (46) : beethovenien


"Celui-ci est tout-à-fait remarquable, mais il y met une sorte de noblesse proche des sonates de Beethoven.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16

7.3.15

méridien en cinémascope (4) : de l'excès du bleu.

...comme, Odilon Redon, encore lui, dans son cyclope exposé au musée d'Otterlo, avait échoué en réduisant la tête entière de Polyphème à un œil unique, à l'exclusion de tout autre organe, un gros œil occupant une énorme orbite crânienne, et, de surcroît, bleu ; autre excès.


Le méridien de Greenwich, ch2, Jean Echenoz

Voyage avec un incolore (45) : un autre lac


Cette musique qui se jouait là, au bord d'un lac finlandais, se parait d'un charme particulier. Tsukuru la ressentait un peu différemment quand il l'écoutait dans son appartement de Tokyo.
L'incolore Tsukuru Tasaki et ses années de pèlerinage. MURAKAMI Haruki, ch.16

6.3.15

méridien en cinémascope (3) : cyclope


"Il n'est pas facile de produire un monstre, pensa Haas."
Le méridien de Greenwich, ch2, Jean Echenoz

Voyage avec un incolore (44) : vécu (2)



"Est-ce que quelqu'un m'avait précipité à la mer, ou bien avais-je sauté de mon propre chef ? Je ne saurais le dire. En tout cas, le bateau continuait sa route et moi, plongé dans l'eau noire et glacée, je regarder s'éloigner les lumières du pont. Personne sur le bateau, hommes d'équipage ou passagers, ne savait que j'étais tombé à la mer. Il n'y avait rien alentour à quoi j'aurais pu m'accrocher. Je garde encore aujourd'hui le sentiment de terreur que j'ai éprouvé à l'époque. L'angoisse d'être soudain nié dans mon être même. D'être jeté la nuit en pleine mer alors que je n'ai rien fait. "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.16

5.3.15

méridien en cinémascope (2) : l'œil comme un ballon bizarre



"En attendant que fleurisse le monosyllabe, il jeta un regard circulaire sur l'espace quadrangulaire, tant bien que mal."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch.2

Voyage avec un incolore (43) : vécu



Tu as dit que j'avais terriblement changé, reprit Tsukuru. Je le pense moi aussi. Après avoir été chassé de notre groupe, il y a seize ans, j'ai vécu durant toute une période, environ cinq mois, à ne penser qu'à la mort. Oui, véritablement, sérieusement, je ne pensais qu'à la mort. Au bord de l'abîme, j'ai tenté de découvrir ce qui se trouvait là et j'ai fini par ne plus pouvoir en détourner le regard. Pourtant, j'ai réussi à revenir, tant bien que mal, dans le monde des vivants. Il n'y aurait rien d'étonnant cependant à ce que je sois réellement mort à cette époque. Quand j'y repense à présent, je devais sûrement avoir la tête à l'envers. Quel était le nom de ma maladie...? Névrose, ou dépression, je ne sais pas très bien. En tout cas, je n'étais pas dans mon état normal. C'est tout à fait certain. Pour autant, je n'étais pas non plus dans la confusion. Mon esprit est toujours resté clair."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.16

4.3.15

méridien en cinémascope (1) : marines


"C'était un grand voilier aux flancs hérissés de canons, comme on peut en voir aujourd'hui enfermés dans des bouteilles ou sur les tableaux de Joseph Vernet. Il approchait lentement de la côte, cap sur le récif rose.
- Ca ne passe pas inaperçu, observa Rachel.
-Justement, dit Byron, je suppose que c'est délibéré. On n'aura jamais l'idée de vous y chercher."
Le méridien de Greenwich, Jean Echenoz, ch.1

Voyage avec un incolore (42) : ça existe


""En avion, onze heures environ, répondit Tsukuru. J'ai eu le temps de prendre deux repas et de regarder un film.
-Quel film ?
-Die Hard 12."
Les fillettes parurent satisfaites.


L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.15

3.3.15

Voyage avec un incolore (41) : l'homme à l'accordéon






"Il y a dans la vie des choses trop dures à expliquer dans n'importe quelle langue."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14

2.3.15

Voyage avec un incolore (40) : pizza

"Comme il ne voulait pas se compliquer les idées à propos de nourriture, il entra dans une pizzeria, s'installa à une table en terrasse , et commanda unthé glacé et une pizza Margherita. Il eut l'impression d'entendre la voix rieuse de Sara à son oreille. Elle se moquait de lui. Comment ! Tu as pris l'avion exprès pour te rendre en Finlande et tu seras revenu en ayant mangé une Margherita ! Mais elle était excellente, bien au-delà de ses attentes. Elle avait dû être cuite dans un four au feu de bois car elle exhalait une odeur délicieuse et la pâte était légère et bien croustillante."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14

1.3.15

Voyage avec un incolore (39) : un endroit où il n'ira pas.


"A Hämeenlinna, il y a un château au bord d'un joli lac, et la maison où est né Sibelius, mais je suppose que vous avez des choses plus importantes à faire."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.14

28.2.15

Voyage avec un incolore (38) : fin de plage


"Les dernières notes du Sonnet 47 de Pétrarque s'évanouirent dans l'espace, le disque s'acheva, l'aiguille remonta, le bras se déplaça à l'horizontale et retourna sur son support. "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch. 13

27.2.15

Voyage avec un incolore (37) :

"Que la force soit avec toi, dit-elle. Sois l'égal des saumons."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch. 13

26.2.15

Voyage avec un incolore (36) : Finlande

""Mais que peut-il bien y avaoir en Finlande ?" demanda son supérieur.
Tsukuru énuméra ce qui lui venait en tête : "Sibelius,

le cinéaste Aki Kaurismaki,

Marimekko,

Nokia,
 les Moumines.
"
Le supérieur resta perplexe. Rien de tout cela ne semblait éveiller son intérêt."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.13

24.2.15

Voyage avec un incolore (35) : enfances

"Je me rappelle seulement la mélodie la plus connue des Scènes d'enfants de Schumann, Träumerei. Je me souviens qu'elle la jouait souvent."

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.11

Le son de chez moi (58) : divas en bazar

Divas haut perchées qui chantent : on remet ça dans l'édition 2015.

9.2.15

Mes notes de chevet (113) : relais

"Les relais de Nashiwara, de Higure, de Mochizuke, de Noguchi, de Yama. Je me rappelais avoir entendu raconter, au sujet de ce dernier, des faits intéressants, et, comme il s'en est produit d'autres, il est curieux d'en réunir les récits."
Sei Shônagon, Notes de Chevet

Mochizuke, Hiroshige
Mes notes de chevet :
Des relais, j'en connus, dans l'enfance, du temps sans autoroute, quand les voyages étaient longs, et qu'il fallait faire des pauses, se restaurer plutôt lentement que vite, toujours aux mêmes endroits pour ne pas déroger à la traduction. J'obéis à Sei et en réunit deux récits de petites bouches, dont un inédit.


Nationale 7.

Quand j'étais petite, l'autoroute n'existait que sur de brefs tronçons. Lorsqu'on partait pour un long voyage en voiture, il fallait se lever de bonne heure, tout endormi. Tout au long du chemin, on suivait des camions, on traversait des villages. Il y en avait un, loin de chez nous (au moins cent kilomètres) qui avait un nom très long : il s'appelait Saint Maximin la Sainte Baume. Quand on le traversait, on s'arrêtait sur la place du village, sur le parking, sous les platanes. Le bar était le long de la nationale 7, juste à côté. C'est là que nous prenions le petit déjeuner. Nous nous asseyions à une table recouverte par une toile cirée, sur de vieilles chaises en bois toutes rondes. Le café était très sombre, des coupes brillaient sur une étagère. Mon père commandait un thé, ma mère un café, mon frère un chocolat et moi un café au lait. Comme à la maison. Le patron sortait du café, traversait la rue, rentrait dans la boulangerie, et nous ramenait deux croissants tous chauds pour chacun, qu'il posait dans une petite corbeille en osier. Ils étaient très très bons, tout chauds, fondants sous la langue. J'attaquais le premier croissant par le milieu, là où il est le plus tendre, dans la carapace du crabe, et je le laissais fondre sous la langue. Je fourrai le deuxième avec du beurre tout ramolli dans une minuscule plaquette dorée. Il y avait aussi de la confiture, ce n'était pas un bocal qui tirait la langue mais une petite barquette en aluminium, et il n'y en avait qu'un tout petit peu.
Il y a toujours eu des croissants dans les boulangeries mais avant, c'était un produit de luxe. On n'en mangeait que dans les grandes occasions, pour un anniversaire, ou en vacances quand on prenait son petit déjeuner dans un café. Ils n'étaient chauds que le matin, car le boulanger se levait très tôt pour les fabriquer, et après il allait se coucher. Le croissant, c'était un aliment du matin, comme la soupe en est un du soir. Je n'en mangeais jamais à un autre moment de la journée, ça ne me serait même pas venu à l'idée !
Un jour, il y a eu de plus en plus d'autoroutes. On n'avait plus besoin de se lever très tôt, tout endormi. Sur la nôtre, un peu avant l'échangeur, il y avait un grand panneau : visitez Saint Maximin la Sainte Baume et son abbaye romane. Moi, je ne connaissais pas l'abbaye romane, mais je regrettais bien de ne pas en prendre la sortie vers la place et les platanes.
Une seule fois, j'ai dérogé à la règle matinale des croissants: dans un restaurant d'un petit village de l'Aveyron, j'en ai mangé fourré comme un croque-monsieur, passé au four avec du jambon et du gruyère; c'était étrange et délicieux. Mais c'était quand même beaucoup moins bon qu'au petit déjeuner dans un café tout sombre avec des coupes brillantes.

Nationale 7 (deux)

Sur la Nationale 7, plus loin, beaucoup plus loin, il est parfois midi. Et midi c'est l'heure du repas de midi. A cette époque, il y avait des restaurants au bord des routes avec de grands parkings, pour les routiers, et c'est ainsi que ces restaurants s'appelaient. Le nôtre, même si nous n'avions pas un 9 tonnes, était à Sénas. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de tables très serrées, du bruit, de l'agitation, et un seul plat, sans doute : du steak et des frites. Et c'est ce que l'on mangeait, bien avant MacDo, sans cadeau, mais dans ce monde étrange et fascinant d'hommes qui parlaient fort et dans toutes les langues. Je ne me souviens pas du steak, seulement du goût exceptionnel des frites, des frites longues et fondantes. Leur taille surtout faisait la différence avec celles de ma mère. A cause de Sénas et à cause de ma mère, je me sens totalement incapable de cuisiner des frites, je suis persuadée que je ne réussirai pas aussi bien. Aussi je les mange toujours dehors, au restaurant, chez moi jamais il ne me viendrait à l'idée d'en cuisiner. 

8.2.15

Cent vues (87) : toute la pluie tombe sur moi

Murasame no Fuji, Hokusai

Il n'y a pas à dire, les chapeaux japonais, quand il pleut des cordes, c'est la classe !

7.1.15

55

Lu hier.
Dédié à Anne et à moi-même.

"Avec tout ce qui est allé très vite dans toute sa vie, Grégor va sur ces cinquante-cinq ans. On ne se rend jamais compte à quel point c'est rapide alors que les journées traînent en longueur et que les après-midi sont interminables. On se retrouve dôté d'un certain âge sans avoir bien compris comment, même si comme Gregor on consulte sa montre tout le temps, même si celle-là ne donne qu'une idée imparfaite, tendancieuse et pour tout dire fausse de celui-ci."
Des éclairs, ch.21. Jean Echenoz

26.12.14

Voyage avec un incolore (34) : Cela lui revient


""Mais, dis-moi, est-ce que tu te souviens d'un air que Blanche jouait souvent au piano ? Le Mal du Pays, de Franz Liszt. Une mélodie très calme qui dure cinq ou six minutes."
Bleu réfléchit puis secoua la tête. "Si je l'entendais, peut-être. Mais juste avec le titre du morceau, je ne vois pas. Je ne suis pas très fort en musique classique. Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Pour rien, c'est juste que cela me revient."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch.10, MURAKAMI Haruki.

22.12.14

Cent vues (86) : reprise des travaux en cours

Ashiro no Fuji, Hokusai

Où là là ! Depuis mars j'avais laisser l'entreprise en échafaudage ! Il est temps de reprendre les travaux !

Mes notes de chevet (112 ter)

"Bien qu'une lettre n'ait rien que l'on puisse qualifier d'étrange, c'est pourtant une chose magnifique. Alors qu'on pense avec anxiété à une personne qui se trouve dans une province éloignée, en se demandant comment elle peut aller, on reçoit d'elle un billet ; à le lire, on éprouve la même impression que si l'on se voyait, tout à coup, en face de son amie. C'est merveilleux."
Notes de Chevet, Sei Shônagon

Utamaro

Mes notes de Chevet :
Aujourd'hui le monde s'est rétréci, et une lettre manuscrite dans une boîte aux lettres devient tout aussi étrange et magnifique que pour Sei ...

6.12.14

Mes notes de chevet (112bis) : urgence de la reprise

"On connaît le cœur d'une femme lorsqu'on a regardé son miroir ou son encrier ; il en est de même pour tous les objets dont elle se sert. Quand elle laisse s'accumuler la poussière dans l'écritoire, il n'est rien d'aussi déplaisant."
Notes de Chevet , Sei Shônagon


Mes notes de Chevet : 
 Pour mes deux fois cinq années, je me suis offert un livre tout juste sorti, tout juste fait pour moi, Sei Shônagon-Hokusai. Je l'ai laissé quinze jours dans son écrin de cellophane, attendant le moment propice et solennel de l'ouvrir. C'est aujourd'hui, par la pluie du dehors, que j'ai jugé qu'il en était assez, qu'il fallait desceller, et reprendre là où j'en étais. J'ouvre au 112, je trouve cette citation. Comme toujours, ma sœur Sei veille sur moi. Il est tant de dépoussiérer...


5.12.14

Ils roulent pour nous !

Vous êtes contre l'écotaxe, et leurs péages routiers  ?
Méditez ceci...
Dans ma commande de papeterie, il y avait eu un oubli qu'il fallait réparer.

 Voici le colis du matériel manquant :
 12 petits bâtons de colle !


27.11.14

Voyage avec un incolore (33) : sur l'écran noir


"Tu as vu le film ?
-Il y a très longtemps à la télé, un soir tard. Mais pas jusqu'à la fin."

MURAKAMI Haruki, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch.10

Voyage avec un incolore (32) : ça s'en va et ça revient


"Soudain, Tsukuru se souvint du titre de la chanson."
MURAKAMI Haruki, l'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch. 10

26.11.14

Voyage avec un incolore (31) : amnésie


"Tsukuru se rappelait cette mélodie. Une vieille chanson pop, peut-être déjà à la mode avant sa naissance. Il l'avait entendue bien des fois, mais il ne se souvenait pas de son titre"
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.10

25.11.14

Voyage avec un incolore (30) : l'aimez-vous ?

" Durant les quinze minutes environ que dura son attente, il mémorisa tous les modèles de Lexus proposés à la vente. Il nota qu'elles ne portaient pas un nom comme "Corolla" ou "Crown", mais qu'on les distinguait simplement par un numéro. Comme les Mercedes ou les BMW. Ou comme les symphonies de Brahms."
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.10

24.11.14

Voyage avec un incolore (29) : Brésil


Elle le guida jusqu'à un canapé en cuir noir qui avait l'air très coûteux. A côté se trouvait une énorme plante en pot. Un morceau d'Antônio Carlos Jobim était diffusé à faible volume."
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.10

23.11.14

Voyage avec un incolore (28) : gares



Le son du Japon, 7 : Parvis devant la Gare... par dvorahzehev
"Tsukuru était surtout impressionné par l'innombrable quantité d'humains qui peuplaient cette planète. Il lui semblait tout aussi miraculeux que , dans ce monde, circulent un si grand nombre de trains. Que tant de gens dans tant de wagons soient ainsi transportés aussi méthodiquement. Que tant de gens viennent de quelque part et se rendent autre part. "
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.9

22.11.14

Voyage avec un incolore (27) : immobilité


"Au fond, l'un comme l'autre n'ont jamais mis un pied hors de leur ville natale. Ils ont fait toute leur scolarité à Nagoya, et ils y travaillent. Cela fait un peu penser au Monde Perdu de Conan Doyle. Dis-moi, Nagoya est un endroit si agréable que ça ?"
MURAKAMI Hatsuo, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, ch.9

21.11.14

Voyage avec un incolore (26) : vie solitaire et paisible


"Le temps s'écoulait calmement autour de lui, sans presque laisser de traces. Parfois, il posait sur la platine le disque des Années de pèlerinage et il l'écoutait attentivement.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.7

20.11.14

Voyage avec un incolore (25) : aphasie


"Tsukuru cherchait ses mots au milieu des ténèbres. Ce n'étaient pas des mots qu'il aurait adressés à quelqu'un en particulier. Mais il lui fallait trouver les mots justes, ne serait-ce qu'un seul, pour combler l'espace anonyme du silence. Avant que Haida ne revienne de la salle de bains. Mais il ne les trouva pas. Tout ce temps durant, jouait dans sa tête une mélodie toute simple. C'est seulement plus tard qu'il s'en souvint."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, MURAKAMI Haruki, ch.7

10.11.14

Voyage avec un incolore (24) : transmission


"Voyons, qu'est-ce qu'il pourrait devenir ? Il se pourrait qu'il disparaisse avec moi. Ou peut-être subsisterait-il ensuite sous je ne sais quelle forme. Et continuerait-il à se transmettre d'un homme à un autre, qui sait ?"
Murakami Haruki, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, ch.5

9.11.14

Voyage avec un incolore (23) : Round Midnight


" Le jeune Haida, pour sa part, n'était pas en mesure de comprendre pleinement ce que cette nature signifiait pour Midorikawa.Etait-ce un bonheur ou bien un fardeau ? Une grâce ou une malédiction ? Ou encore, ce don contenait-il tout cela à la fois ?"

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.5

8.11.14

Voyage avec un incolore (22) : enough


" L'endroit lui plaisait, car il offrait tout le nécessaire et aucun superflu."

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.5

7.11.14

Voyage avec un incolore (21) : affinités


" L'homme lui adressa la parole. Pour une raison ou pour une autre, il semblait avoir nourri dès le premier regard un intérêt considérable pour le jeune employé. Sa curiosité venait peut-être de ce qu'il l'avait aperçu, durant ses heures de pause, assis sur la véranda en train de feuilleter un recueil des œuvres de Georges Bataille."


L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.5

28.10.14

On s'est baladé : la Roche de l'Abisse

Personne n'a l'air de connaître en France ce fabuleux endroit. Nous avions prévu plusieurs fois cette randonnée et deux fois au moins avons du renoncer à cause du brouillard. Mardi, nous avions décidé de suivre ce circuit:
Partis de Nice très tôt, nous sommes arrivés au Col de Tende avec un temps épouvantable, et nous avons du renoncer, très déçu. Nous avons fait alors une randonnée en voiture en cherchant un temps plus clément vers le Fort Marguerite puis vers Casterino. Le temps est devenu magnifique, et un chasseur nous a indiqué un autre itinéraire possible pour la Roche de l'Abisse, au départ de la balise 376. C'était beaucoup plus long, mais magnifique. Le brouillard sur le col de Tende était somptueux, et cerise sur le gâteau, un petit troupeau de chamois nous a rejoint au sommet !
Les photos 

24.10.14

On s'est baladé : Lac Vert et Fontanalbe


A la poursuite de l'automne des mélèzes, nous sommes allés à Casterino prendre le départ pour le Lac Vert et Fontanalbe.
Nous avons suivi presque cette randonnée, avec un détour au Lac des Grenouilles, et surtout un retour par l'autre piste beaucoup moins joli que l'aller, plus long et qui fait ensuite marcher sur le goudron. L'aller retour ce sera très bien, la prochaine fois.
 

18.10.14

Voyage avec un incolore (20) : Article Imagination de l'Encyclopédie

"Voltaire le réaliste disait que l'originalité n'était rien d'autre qu'une imitation judicieuse".
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, chapitre 4

15.10.14

Voyage avec un incolore (19) : en cuisine


" Le chef hait le serveur, et l'un et l'autre haïssent les clients, déclara Haida. Ce sont les mots d'Arnold Wesker, dans la pièce La Cuisine."

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

30.9.14

Voyage avec un incolore (18) : par force

"Ce coffret de trois disques, à présent encore, se trouvait chez Tsukuru."




L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

28.9.14

Voyage avec un incolore (17) : Rome et le Chili


"Chez les pianistes contemporains, rares sont ceux qui peuvent jouer Listz avec toute l'exactitude requise et en même temps avec poésie."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

26.9.14

Voyage avec un incolore (16) : de la Suisse et de la Russie

"C'est un pianiste russe, il interprète Listz comme s'il décrivait un paysage mental très subtil."


L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

24.9.14

Voyage avec un incolore (15) : le temps qui court ...

Dans l'appartement de Tsukuru, il y avait une chaîne stéréo qui marchait tant bien que mal, mais comme sa sœur n'avait laissé que des albulms de Barry Manilow ou des Pet Shp Boys, Tsukuru ne s'en servait jamais.

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

23.9.14

Voyage avec un incolore (14) : le nom


" Quoi qu'il en soit, il avait acquis son individualité en s'appelant Tsukuru Tazaki". Son moi d'avant était un néant, un chaos primitif sans nom. Une masse de chair rose qui pesait trois kilo tout au plus, qui pleurait et respirait difficilement dans l'obscurité. Il avait reçu un nom, puis la conscience et la mémoire lui était advenues et, progressivement, son moi avait pris forme. Le nom était le point de départ de toutes choses."

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

22.9.14

Voyage avec un incolore (13) : poids

" "Si on lui donne le prénom le plus sophistiqué, peut-être que ses bagages dans la vie seront un peu trop lourds à porter, avait fait remarquer son père. (...) Tsukuru hésitait cependant à partager son opinion sur le fait que, grâce à ce prénom, sa vie avait été "allégée". Certes, la forme de ses bagages avait peut-être été légèrement différente. Mais quand était-il de leur poids ?"

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4



21.9.14

Voyage avec un incolore (12) : la barbe

"- Les pensées sont comme des barbes. Elles ne poussent que lorsqu'on est adulte. Je suis sûr que quelqu'un a dit ça..., dit Tsukuru. Mais qui ? Je ne m'en souviens pas.
- Voltaire", répliqua le jeune homme.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinages, MURAKAMI Haruki, ch.4

"En voilà trop sur les barbes."
Dictionnaire philosophique, Voltaire, article Barbe,


20.9.14

Voyage avec un incolore (11) : secret

"Quoi qu'il en soit, le jeune garçon désigné sous le nom de Tsukuru Tazaki était mort. Il avait poussé son dernier soupir, englouti dans les ténèbres sauvages, et avait été enseveli dans une petite clairière au milieu d'une forêt. En grand secret, silencieusement, avant l'aube, quand tout le monde était encore profondément endormi. Sans stèle ni épitaphe. celui qui se tenait là et qui respirait, c'était le nouveau "Tsukuru Tazaki", dont la composition interne avait été largement renouvelée. Mais il était le seul à le savoir. Et il n'avait pas l'intention de le dire à quiconque. "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.3

19.9.14

Voyage avec un incolore (10) : tic tac

" Ce qui subsista ensuite, ce fut seulement une pensée paisible qui ressemblait à de l'acceptation. Elle n'avait pas de couleur. C'était une émotion neutre, qui rappelait une bonace. Il était assis dans une vieille salle vide, seul, et il écoutait avec beaucoup d'attention le bruit creux  de la grande et antique pendule murale qui égrenait le temps. Sans un mot, sans détourner le regard, il restait simplement les yeux fixés sur la progression des aiguilles. Ses émotions captives dans le vide de son cœur, enveloppé dans plusieurs couches d'une fine membrane, à chaque heure, il vieillissait inexorablement.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.3

18.9.14

Voyage avec un incolore (9) : jalousie

"La jalousie, du moins telle que Tsukuru l'avait conçue dans son rêve, est la prison la plus désespérée du monde. Parce que c'est une geôle dans laquelle le prisonnier s'enferme lui-même. Personne ne le force à y rentrer. Il y pénètre de son plein gré, verrouille la porte de l'intérieur puis jette la clé de l'autre côté de la grille. Personne ne sait qu'il s'est lui-même emprisonné. Bien entendu, si le captif décidait d'en sortir, il le pourrait. Parce que cette prison se situe dans son cœur. Mais il est incapable de prendre cette décision. Son cœur est aussi solide et dur qu'un mur de pierre. Telle est la véritable nature de la jalousie."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.3

17.9.14

Voyage avec un incolore (8) : double

" Lorsqu'il sentait que la souffrance devenait insupportable, il se séparait de son corps. Et, depuis un lieu sans souffrance situé légèrement à l'écart, il observait Tsukuru Tazaki en train de résister à la douleur."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2

16.9.14

Voyage avec un incolore (7) : alien

"La nature de cette nouvelle matière de substitution, Tsukuru ne pouvait la concevoir, pas plus qu'il ne pouvait l'accepter ou la refuser. Telle une nuée d'ombres, elle demeurait dans son corps et y donnait naissance à d'innombrables œufs d'ombres."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2

15.9.14

Voyage avec un incolore (6) : puits

" Durant les cinq mois qui suivirent son retour à Tokyo, Tsukuru vécut aux portes de la mort. Il se fabriqua un minuscule refuge, relié à une fosse obscure et sans fond, dans lequel il mena une vie totalement solitaire. C'était un endroit dangereux où il risquait de tomber et de dégringoler dans les profondeurs du néant. Mais il n'en étit pas effrayé. Il pensait seulement. "Que ce serait facile de tomber. "  "
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2

14.9.14

Voyage avec un incolore (5) : transformations


" Le Tsukuru qui revint à Tokyo cet été-là était sous l'emprise d'une sensation étrange : c'était comme si la composition de son corps avait été totalement renouvelée. Toutes les choses qui lui étaient familières jusqu'alors avaient pris des teintes différentes, comme s'il les voyait à travers un filtre spécial. Il se mettait à entendre des sons inconnus jusque là et il était incapable de percevoir ceux qu'il avait entendus auparavant. Lorsqu'il essayait de bouger son corps, il s'apercevait que ses mouvements étaient terriblement gauches. On aurait dit que la nature de la pesanteur environnante s'était modifiée."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2

5.9.14

Voyage avec un incolore (4) : ondulations


"Sara fit légèrement tournoyer son verre, et contempla un moment les ondulations du vin. Comme si elle y lisait l'avenir de quelqu'un"
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.2

Voyage avec un incolore (3) : alcools


"Son verre de mojito était vide. Elle fit signe au barman et commanda un verre de vin rouge. A l'issue d'une réflexion approfondie sur le large éventail de rouges qu'offrait la carte, elle choisit un cabernet-sauvignon de la Napa Valley. Le verre de whisky de Tsukuru était encore à moitié plein. La glace avait fondu, des gouttes d'eau s'accrochaient aux parois, le sous-verre en apier était tout gonflé d'humidité."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch.4

Voyage avec un incolore (2) : interrupteur


"Il y avait un endroit spécial sur le corps de Tsukuru, dont il n'avait en général pas conscience, une toute petite zone extrêmement sensible. Quelque part dans son dos. Une partie tendre et délicate, le plus souvent couverte, cachée, invisible de l'extérieur, que sa main n'arrivait pas à atteindre. Mais parfois, quand il s'y attendait le moins, cette petite zone se réveillait comme si quelqu'un exerçait dessus une pression du doigt. Et cela induisait chez lui une réaction interne. Une substance particulière était secrétée à l'intérieur de son corps, se mélangeait à son sang et se diffusait partout, jusque dans ses moindres extrémités. La stimulation qu'il ressentait alors était à la fois d'ordre physique et psychologique.
Lors de cette première rencontre, il avait eu la sensation qu'un doigt anonyme avait clairement appuyé sur l'interrupteur."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch1

Voyage avec un incolore (1) : Jonas


"Néanmoins, pourquoi avait-il fallu qu'il se tienne si près de la mort, à la frôler, durant toute cette période ? Tsukuru ne parvenait pas vraiment à le comprendre? Et même s'il y avait eu un point de départ concret, pourquoi cette aspiration à la mort avait-elle eu une puissance si impétueuse et l'avait-elle enveloppé presque six mois durant ? Enveloppé - oui, c'était bien l'expression exacte. Tel le héros biblique qui avait été avalé par une gigantesque baleine et qui survivait dans son ventre, Tsukuru était tombé dans l'estomac de la mort, un vide stagnant et obscur dans lequel il avait passé des jours sans date."
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage, Murakami Haruki, ch1

28.8.14

Elles nous font la déco (1) : marché d'été (suite)

Certaines personnes bienveillantes et appliquées nous font une jolie déco de saison ...
Qu'elles en soient remerciées.

10.8.14

Marché d'été

Rouvrons ce pauvre blog abandonné par quelques saveurs simples, nostalgiques de Charente mais certaines introuvables ailleurs qu'ici...