20.5.17

Histoire de l'amour (4) : Georges Lebanc

"J'ignore depuis combien de temps je suis assis sur ce banc dans le parc. Il n'y a presque plus de lumière mais, tant qu'il y en avait, j'avais la possibilité d'admirer les statues. Un ours, un hippopotame, quelque chose avec des sabots fendus qui, à mon avis, est une chèvre. En venant, je suis passé devant une fontaine. Le bassin était à sec. j'ai jeté un coup d'œil pour voir s'il y avait des pièces de monnaie au fond. Mais il n'y avait que des feuilles mortes. Elles sont partout à présent, elles tombent, tombent, rendent le monde à la terre. Il m'arriver d'oublier que le monde ne suit pas le même rythme que moi. Que tout n'est pas sur le point de mourir, ou que, si cela doit mourir, c'est pour ensuite revenir à la vie, il suffit d'un peu de soleil et des encouragements habituels. parfois je pense : je suis plus vieux que cet arbre, plus vieux que ce banc, plus vieux que la pluie. Et pourtant. Je ne suis pas plus veiux que la pluie. Elle tombe depuis des années et après mon départ elle continuera à tomber. "
L'histoire de l'amour, Nicole Kraus

13.5.17

Histoire de l'amour (3) : cinéma

De temps en temps, quand j'avais fini, j'allais voir un film. C'est toujours, pour moi, un événement important. (...) J'aime bien m'asseoir tout  à fait devant, j'aime bien que l'écran emplisse tout mon champ de vision de sorte que rien ne me distraie du moment présent. Et alors j'aimerais que ce moment dure toujours. Je ne peux vous dire à quel point je suis heureux de le regarder la-haut, agrandi. Je dirais plus grand que nature, mais je n'ai jamais compris cette expression. Qu'est-ce qui est plus grand que la nature ? Etre assis au premier rang, lever les yeux vers un beau visage de femme grand comme un immeuble de deux étages et sentir les vibrations de sa voix vous masser les jambes, tout cela vous aide à vous rappeler les dimensions de sa vie."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre

12.5.17

Histoire de l'amour (2) : on n'y croyait pas ...

"Des rumeurs couraient sur des choses incompréhensibles et, comme nous ne pouvions pas les comprendre, nous n'avons pas réussi à les croire, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun choix et qu'il soit trop tard."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre

11.5.17

Une minute de silence

https://sadside-melissa.blogspot.fr/2007/05/une-minute-de-silence.html

Notre histoire, tu la verras défiler dans ta tête

Alors chut, pose doucement un doigt devant ta bouche
Et lutte, efface de ta mémoire ces mots qui nous touchent
Brûle, ces images qui nous plongent dans la solitude

Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence

Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence

Ecoute passer mes nuits blanches
Dans tes volutes de fumée bleue
Cette minute de silence
Est pour nous deux

Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence

Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence

Une minute de silence

Michel Berger

Histoire de l'amour (1) : langue maternelle

"Nous restons souvent assis à ma table de cuisiene. Tout un après-midi peut s'écouler sans que nous prononcions un seul mot. Quand nous parlons, ce n'est jamais en yiddish. Les mots de notre enfance nous sont devenus étrangers - nous ne pouvions plus les utiliser de la même façon, alors que nous avons choisi de ne pas les utiliser du tout. La vie exigeait une nouvelle langue."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre

1.5.17

Mes notes de chevet (125) : gens qui prennent des airs savants

"Une maîtresse de maison de la basse classe, prend aussi des airs savants. C'est déjà drôle quand son mari est stupide, mais elle trouverait le moyen de donner des leçons à un homme vraiment intelligent."
Notes de chevet, Sei Shônagon
Démon riant, Hokusai

Mes notes de chevet : vous voyez qui je veux dire ?


Cent vues (102) : tout est bien qui finit bien

Taibi ippitsu no Fuji

Un Fuji tout simple , une grosse tache d'encre ... Aujourd'hui, plus que jamais, je veux croire que c'est le Fuji qui chasse la tache ...


20.4.17

Des hommes sans femmes (11)


"Les branches du saule oscillaient sous la brise du début d'été. Dans une petite chambre sombre, quelque part à l'intérieur de Kino, quelqu'un allongeait la main pour la poser sur la sienne. Les yeux fermés, il sentit son poids, sa chaleur, sa douceur. C'était quelque chose qu'il avait oublié depuis très longtemps. Dont il avait été mis à l'écart."
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki

19.4.17

Des hommes sans femme (10) : le temps de trois brandys



"Elle était toute à la musique, buvant son brandy lentement sans dire un mot, complètement perdue dans ses pensées. Le silence ne semblait pas lui peser. Le brandy était le genre d'alcool qui s'accordait bien avec lui. En agitant son verre, elle prenait tout son temps pour humer les parfums, en admirer la couleur.

18.4.17

Des hommes sans femmes (9) : face B

? ???????
pas trouvé ! Help ! ;-)

"Tout deux l'écoutèrent en silence. Quand il fut terminé, elle lui dit : "Pourriez-vous mettre l'autre face ?" Et c'est ce qu'il fit.
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki

Des hommes sans femmes (8) : vieillerie


Ce soir-là, la femme entra seule dans le bar. Il n'y avait aucun autre client. La pluie tombait alors sans discontinuer. Quand elle ouvrit la port, l'air gorgé des parfums de la pluie et de la nuit s'engouffra à l'intérieur. Elle s'assit au comptoir, commanda un brandy, et demanda à Kino de mettre un disque de Billie Holiday. "Le plus ancien possible."
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki

17.4.17

Des hommes sans femmes (7) : la bataille de Jericho



Il était évident que le comportement de ces hommes déplaisait fortement à Kamita - dont Kino ne connaissait pas encore le nom. Son visage resta imperturbable mais, de la main gauche, il se mit à tapoter sur le comptoir, comme un pianiste qui teste les touches du clavier. Je dois intervenir, pensa Kino. Ici, c'est moi le responsable.
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki

29.3.17

Des hommes sans femmes (6) : souvenirs


J'ai l'impression alors que tous ces événements se sont produits hier. La musique a le pouvoir de revivifier les souvenirs, avec une intensité et une clarté telles que l'on en est parfois blessé.
YesterdayDes Hommes sans femmes, MURAKAMI Haruki, ed. Belfond

28.3.17

Des hommes sans femmes (5) : nous faisons tous des détours sans fin


Du regard, je fis lentement le tour de la salle. Ici où là, des hommes en costume élégant portaient un verre aux lèvres. L'une après l'autre, des bouteilles de prix étaient débouchées.
YesterdayDes Hommes sans femmes, MURAKAMI Haruki, ed. Belfond