La maîtresse avait dit : la marée monte à l’allure d’un
cheval au galop. Dans l’esprit de la petite fille de la Méditerranée que j’étais,
c’était une figure d’effroi. Depuis ce jour, quand on prononce le mot marée, je
vois un cheval blanc qui court vers moi sur le sable.
11.3.18
#challenge #créatif #id2mars : jour 9 : Marée
MAREE
9.3.18
#challenge #créatif #id2mars : jour 8 : Ampoule
-->
Ampoule
ma photo du 11 mars 1978
Tout d’abord je n’y ai pas cru. Ce devait être l’influence
des palikares à pompons, là devant moi en train de faire la relève de la garde.
J’étais très jeune, mon premier voyage en Grèce et je prenais des nouvelles du
monde, en discutant avec deux jeunes Français rencontrés à l’instant. Un monde sans
internet, sans téléphone portable, et où les journaux de chez nous quand on les trouvait dans Plaka
avaient deux jours de retard. Claude
François était mort en changeant une ampoule dans sa salle de bain. Non, ce
n’était pas possible : Claude François ne pouvait pas mourir.
#challenge #créatif #id2mars : jour 7 : Foin
Vieille je suis. J'ai vu les Portugaises couper le foin à la faucille. J'ai vu les meules basques enroulées autour de leur piquet de bois planté en terre. J'ai vu les paysans du Larzac faire les foins avec des chevaux. J'ai vu les ânes crétois plier sous les ballots de paille. Pourtant, les meules rondes sont les plus chères à mon cœur ; elles ont un charme fou, les meules rondes ...
8.3.18
#challenge #créatif #id2mars : jour 6 : Marelle
MARELLE
Apprendre à sauter, à enjamber d'une case à l'autre, à échapper au caillou, au trou, sur le chemin de la terre au ciel. Esquiver, s'échapper, se pencher, attraper le caillou, trébucher, tomber. Tenir l'équilibre, enfin, unijambiste, pour toujours. Atteindre le ciel, mais n'y pas rester, jamais.
Apprendre à sauter, à enjamber d'une case à l'autre, à échapper au caillou, au trou, sur le chemin de la terre au ciel. Esquiver, s'échapper, se pencher, attraper le caillou, trébucher, tomber. Tenir l'équilibre, enfin, unijambiste, pour toujours. Atteindre le ciel, mais n'y pas rester, jamais.
4.3.18
Mes notes de chevet (126) : Hauts dignitaires
Un vice-premier sous-secrétaire d'Etat
Un vice-deuxième sous secrétaire d'Etat
Notes de Chevet, Sei Shônagon
Mes Notes de Chevet: Quels titres impressionnants ! Elle en connaissait du beau monde, Sei.
Nous mourons tous par petits bouts : les jamais plus
Il y a les jamais plus. Ils se rajoutent au malheur de la perte. Ils se rajoutent à l'injustice des faits.
Même s'il y a les toujours, les encore, les surprises. Les nier serait pure perte, une faute même : un révisionnisme. Les bons souvenirs, les regarder comme ils sont et en sortir reconstruite, c'est cela sans doute la guérison.
10.2.18
Aharon Appelfeld (2) : des Juifs et des non-Juifs
"Et justement, ce qui m'a préoccupé, et continue de me perturber, c'est cet antisémitisme à usage interne,vieille plaie juive qui, à l'époque moderne, a pris des visages divers. J'ai grandi dans une famille juive assimilée, où l'allemand était considéré comme un trésor. Ce n'était pas seulement une langue, c'était une culture, une culture qu'on révérait pieusement. Nous étions entourés de Juifs qui parlaient yiddish, mais chez nous le yiddish était strictement proscrit. J'ai grandi dans l'idée que tout ce qui était juif était affecté d'une tare. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai eu l'œil sur la beauté des non-Juifs. Ils étaient blonds, ils étaient grands, ils avaient des manières naturelles. Ils étaient cultivés, et quand ils ne se conduisaient pas en hommes cultivés, du moins se conduisaient-ils avec naturel.
Notre bonne illustrait bien cette théorie. Elle était jolie, belle plante, et je lui étais très attaché. A mes yeux, mes yeux d'enfant, elle était la nature faite femme. Quand elle est partie avec les bijoux de ma mère, cela m'a semblé une peccadille.
Tout jeune déjà, j'étais attiré par les non-Juifs. Leur étrangeté, leur stature, leurs airs distants me fascinaient. Pour autant, les Juifs aussi me semblaient étranges. Il m'a fallu des années pour comprendre à quel point mes parents avaient intériorisés tous les griefs faits aux Juifs, et moi de même, à travers eux. Un noyau dur de dégoût 'était planté en chacun de nous.
Le changement s'est opéré en moi quand nous avons été déracinés et emmenés dans les ghettos. Là, tout-à-coup, j'ai vu se fermer toutes les portes et toutes les fenêtres de nos voisins non-juifs, nous nous sommes retrouvés seuls dans la rue : aucun de nos voisins avec qui nous entretenions des relations ne s'est mis à la fenêtre le jour où nous sommes partis en traînant nos valises. Je dis "changement", et pourtant ce n'est pas tout-à-fait vrai. J'avais huit ans alors, et le monde entier tournait au cauchemar pour moi. Par la suite, lorsque j'ai été séparés de mes parents, je n'ai pas non plus compris pourquoi. Pendant toute la guerre, j'ai erré en Ukraine, de village en village, en gardant enfoui le secret de ma judéité. heureusement pour moi, j'étais blond, je n'éveillais pas les soupçons.
Il m'a fallu des années pour m'approcher du Juif qui vivait en moi, me défaire de bien des préjugés, rencontrer bien des Juifs pour me retrouver en eux. L'antisémitisme à usage interne était une création juive originale. Je ne sache pas qu'il existe une autre nation aussi portée à l'autocritique. Même après l'Holocauste, les Juifs n'ont pas réussi à se voir comme irréprochables. Au contraire, on entendait des Juifs de premier plan se livrer à des commentaires sévères sur les victimes, qui n'avaient pas su se protéger, contre-attaquer. La faculté qu'on les Juifs d'intérioriser toute critique, toute condamnation pour se flageller fait partie des merveilles de la nature.
Ce sentiment de culpabilité a pris ancrage et refuge chez tous les Juifs qui veulent réformer le monde, les socialistes et les anarchistes de tout poil, mais aussi et surtout les artistes. Jour et nuit, la flamme de cette culpabilité produit de la terreur, une sensibilité écorchée, de l'autocritique qui va parfois jusqu'à la destruction. Bref, ce n'est pas un sentiment particulièrement glorieux. La seule chose qu'on puisse dire en sa faveur, c'est qu'il ne fait de tort qu'aux intéressés."
Aharon Appelfeld, in Philip Roth, Parlons travail.
Notre bonne illustrait bien cette théorie. Elle était jolie, belle plante, et je lui étais très attaché. A mes yeux, mes yeux d'enfant, elle était la nature faite femme. Quand elle est partie avec les bijoux de ma mère, cela m'a semblé une peccadille.
Tout jeune déjà, j'étais attiré par les non-Juifs. Leur étrangeté, leur stature, leurs airs distants me fascinaient. Pour autant, les Juifs aussi me semblaient étranges. Il m'a fallu des années pour comprendre à quel point mes parents avaient intériorisés tous les griefs faits aux Juifs, et moi de même, à travers eux. Un noyau dur de dégoût 'était planté en chacun de nous.
Le changement s'est opéré en moi quand nous avons été déracinés et emmenés dans les ghettos. Là, tout-à-coup, j'ai vu se fermer toutes les portes et toutes les fenêtres de nos voisins non-juifs, nous nous sommes retrouvés seuls dans la rue : aucun de nos voisins avec qui nous entretenions des relations ne s'est mis à la fenêtre le jour où nous sommes partis en traînant nos valises. Je dis "changement", et pourtant ce n'est pas tout-à-fait vrai. J'avais huit ans alors, et le monde entier tournait au cauchemar pour moi. Par la suite, lorsque j'ai été séparés de mes parents, je n'ai pas non plus compris pourquoi. Pendant toute la guerre, j'ai erré en Ukraine, de village en village, en gardant enfoui le secret de ma judéité. heureusement pour moi, j'étais blond, je n'éveillais pas les soupçons.
Il m'a fallu des années pour m'approcher du Juif qui vivait en moi, me défaire de bien des préjugés, rencontrer bien des Juifs pour me retrouver en eux. L'antisémitisme à usage interne était une création juive originale. Je ne sache pas qu'il existe une autre nation aussi portée à l'autocritique. Même après l'Holocauste, les Juifs n'ont pas réussi à se voir comme irréprochables. Au contraire, on entendait des Juifs de premier plan se livrer à des commentaires sévères sur les victimes, qui n'avaient pas su se protéger, contre-attaquer. La faculté qu'on les Juifs d'intérioriser toute critique, toute condamnation pour se flageller fait partie des merveilles de la nature.
Ce sentiment de culpabilité a pris ancrage et refuge chez tous les Juifs qui veulent réformer le monde, les socialistes et les anarchistes de tout poil, mais aussi et surtout les artistes. Jour et nuit, la flamme de cette culpabilité produit de la terreur, une sensibilité écorchée, de l'autocritique qui va parfois jusqu'à la destruction. Bref, ce n'est pas un sentiment particulièrement glorieux. La seule chose qu'on puisse dire en sa faveur, c'est qu'il ne fait de tort qu'aux intéressés."
Aharon Appelfeld, in Philip Roth, Parlons travail.
8.2.18
Aharon Appelfeld (1) : Réalité et fiction
"Ecrire les choses comme elles se sont passées, c'est se faire l'esclave de la mémoire, qui n'est qu'un facteur secondaire du processus créateur. A mon sens, créer, c'est mettre en ordre, trier, choisir les mots et les rythmes qui conviennent à une œuvre. Certes, la matière vient bien du vécu, mais au bout du compte, la création est un phénomène autonome. (...)
La réalité, je ne vous l'apprends pas, est toujours plus forte que l'imagination humaine; et par dessus le marché, elle peut se permettre d'être incroyable, inexplicable, hors de proportions. la fiction, hélas, ne jouit pas d'une telle puissance.
La réalité de l'Holocauste a dépassé n'importe quelle imagination. Si je m'en étais tenu aux faits, personne ne m'aurait cru."
Aharon Appelfeld, in Parlons travail de Philip Roth
La réalité, je ne vous l'apprends pas, est toujours plus forte que l'imagination humaine; et par dessus le marché, elle peut se permettre d'être incroyable, inexplicable, hors de proportions. la fiction, hélas, ne jouit pas d'une telle puissance.
La réalité de l'Holocauste a dépassé n'importe quelle imagination. Si je m'en étais tenu aux faits, personne ne m'aurait cru."
Aharon Appelfeld, in Parlons travail de Philip Roth
29.12.17
lectures : enfance
"... après tout, qui n'est pas le survivant du naufrage de son enfance ? Je n'ai aucune envie de décrire la mienne, je veux simplement dire que pour pouvoir survivre à cette phase sombre et souvent terrifiante de ma vie, j'en vins à me convaincre de certaines choses me concernant. Je ne m'attribuais pas des pouvoirs magiques ni ne me croyais sous la protection de quelque force bienveillante -rien d'aussi tangible que ça - , je ne perdis jamais de vue, non plus, la réalité immuable de ma situation. Je fini simplement par croire que primo, les circonstances factuelles de ma vie, plus ou moins accidentelles, n'étaient pas nées de mon âme, secundo, que je possédais une qualité unique, une force particulière et une profondeur de jugement qui me permettraient de résister aux blessures et à l'injustice, sans en être brisée. Aux pires moments, il me suffisait de 'enfouir sous la surface, de plonger et de toucher l'endroit où vivait en moi cette mystérieuse faculté et, du moment que je le trouvais, je savais qu'un jour j'échapperais à leur monde et construirais ma vie dans un autre."
La grande maison, Nicole Krauss, ch. l'audience est ouverte
La grande maison, Nicole Krauss, ch. l'audience est ouverte
23.12.17
Sur les chemins de l'école (27) : aubes roses
En ce dernier jour d'école 2017, les belles couleurs de l'aurore aident à affronter la tendance grise ...
19.11.17
Ce que l'on aurait aimé ecrire (2): Douleur (2)
"Parfois, elle croyait qu'il l'appelait, qu'il lui revenait, mais ce n'était de toute façon plus lui, car le garçon qui avait été capable de la quitter aussi brutalement n'était pas l'Ethan qu'elle connaissait et qu'elle avait perdu à tout jamais, ne lui restait donc qu'à se coucher sur le dos, rétrécir de plus en plus, avalée par le matelas avalé par le lit avalé par le sol avalé par la terre, le plus important était de ne rien faire, c'est là que tôt ou tard elle arriverait, il ne faut que la patience pour disparaître totalement."
Douleur, Zeruha Shalev, ed. Gallimard, ch.6
Douleur, Zeruha Shalev, ed. Gallimard, ch.6
18.11.17
Ce que l'on aurait aimé écrire (1) : Douleur (1)
"...oui, chez nous, pense-t-elle, la parole s'est mis à dérailler ces derniers temps, on s'en sert pour dissimuler et non pour révéler. Nous avons trahi les mots, ce qui est peut-être pire que de trahir l'autre, nous avons trahi les mots, quoi d'étonnant à ce qu'ils nous punissent."
Douleur, Zeruha Shalev, ed. Gallimard, ch.6
Douleur, Zeruha Shalev, ed. Gallimard, ch.6
12.9.17
Comme un air de Japon (2)
10.9.17
Comme un air de Japon (1)
19.7.17
A travers les livres de Géographie ...
Hier, en redescendant du lac Ste Anne, j'ai été prise par cette vision sur la vallée :
une vision à la fois familière, insignifiante, convenue et captivante.
Et puis, soudain, j'ai compris. J'étais à l'intérieur du livre de géographie de mon enfance : La Vallée.
questions : Trouvez la rivière, le village, l'étage alpin, les forêts, les pâturages, les rochers, les sommets ...
20.5.17
Histoire de l'amour (4) : Georges Lebanc
"J'ignore depuis combien de temps je suis assis sur ce banc dans le parc. Il n'y a presque plus de lumière mais, tant qu'il y en avait, j'avais la possibilité d'admirer les statues. Un ours, un hippopotame, quelque chose avec des sabots fendus qui, à mon avis, est une chèvre. En venant, je suis passé devant une fontaine. Le bassin était à sec. j'ai jeté un coup d'œil pour voir s'il y avait des pièces de monnaie au fond. Mais il n'y avait que des feuilles mortes. Elles sont partout à présent, elles tombent, tombent, rendent le monde à la terre. Il m'arriver d'oublier que le monde ne suit pas le même rythme que moi. Que tout n'est pas sur le point de mourir, ou que, si cela doit mourir, c'est pour ensuite revenir à la vie, il suffit d'un peu de soleil et des encouragements habituels. parfois je pense : je suis plus vieux que cet arbre, plus vieux que ce banc, plus vieux que la pluie. Et pourtant. Je ne suis pas plus veiux que la pluie. Elle tombe depuis des années et après mon départ elle continuera à tomber. "
L'histoire de l'amour, Nicole Kraus
L'histoire de l'amour, Nicole Kraus
13.5.17
Histoire de l'amour (3) : cinéma
De temps en temps, quand j'avais fini, j'allais voir un film. C'est toujours, pour moi, un événement important. (...) J'aime bien m'asseoir tout à fait devant, j'aime bien que l'écran emplisse tout mon champ de vision de sorte que rien ne me distraie du moment présent. Et alors j'aimerais que ce moment dure toujours. Je ne peux vous dire à quel point je suis heureux de le regarder la-haut, agrandi. Je dirais plus grand que nature, mais je n'ai jamais compris cette expression. Qu'est-ce qui est plus grand que la nature ? Etre assis au premier rang, lever les yeux vers un beau visage de femme grand comme un immeuble de deux étages et sentir les vibrations de sa voix vous masser les jambes, tout cela vous aide à vous rappeler les dimensions de sa vie."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
12.5.17
Histoire de l'amour (2) : on n'y croyait pas ...
"Des rumeurs couraient sur des choses incompréhensibles et, comme nous ne pouvions pas les comprendre, nous n'avons pas réussi à les croire, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun choix et qu'il soit trop tard."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
11.5.17
Une minute de silence
https://sadside-melissa.blogspot.fr/2007/05/une-minute-de-silence.html
Notre histoire, tu la verras défiler dans ta tête
Alors chut, pose doucement un doigt devant ta bouche
Et lutte, efface de ta mémoire ces mots qui nous touchent
Brûle, ces images qui nous plongent dans la solitude
Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence
Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence
Ecoute passer mes nuits blanches
Dans tes volutes de fumée bleue
Cette minute de silence
Est pour nous deux
Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence
Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence
Une minute de silence
Michel Berger
Notre histoire, tu la verras défiler dans ta tête
Alors chut, pose doucement un doigt devant ta bouche
Et lutte, efface de ta mémoire ces mots qui nous touchent
Brûle, ces images qui nous plongent dans la solitude
Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence
Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence
Ecoute passer mes nuits blanches
Dans tes volutes de fumée bleue
Cette minute de silence
Est pour nous deux
Ecoute, ce qu'il reste de nous
Immobile et debout
Une minute de silence
Ce qu'il reste, c'est tout
De ces deux cœurs immenses
Et de cet amour fou
Et fais quand tu y penses
En souvenir de nous
Une minute de silence
Une minute de silence
Michel Berger
Libellés :
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Michel Berger,
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Histoire de l'amour (1) : langue maternelle
"Nous restons souvent assis à ma table de cuisiene. Tout un après-midi peut s'écouler sans que nous prononcions un seul mot. Quand nous parlons, ce n'est jamais en yiddish. Les mots de notre enfance nous sont devenus étrangers - nous ne pouvions plus les utiliser de la même façon, alors que nous avons choisi de ne pas les utiliser du tout. La vie exigeait une nouvelle langue."
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
Nicole Kraus, Histoire de l'amour, ch. les derniers mots sur terre
1.5.17
Mes notes de chevet (125) : gens qui prennent des airs savants
"Une maîtresse de maison de la basse classe, prend aussi des airs savants. C'est déjà drôle quand son mari est stupide, mais elle trouverait le moyen de donner des leçons à un homme vraiment intelligent."
Notes de chevet, Sei Shônagon
Mes notes de chevet : vous voyez qui je veux dire ?
Notes de chevet, Sei Shônagon
Démon riant, Hokusai
Mes notes de chevet : vous voyez qui je veux dire ?
Cent vues (102) : tout est bien qui finit bien
Taibi ippitsu no Fuji
Un Fuji tout simple , une grosse tache d'encre ... Aujourd'hui, plus que jamais, je veux croire que c'est le Fuji qui chasse la tache ...
Libellés :
cent vues,
Hokusai,
Hokusai et le Mont Fuji,
mont Fuji
20.4.17
Des hommes sans femmes (11)
"Les branches du saule oscillaient sous la brise du début d'été. Dans une petite chambre sombre, quelque part à l'intérieur de Kino, quelqu'un allongeait la main pour la poser sur la sienne. Les yeux fermés, il sentit son poids, sa chaleur, sa douceur. C'était quelque chose qu'il avait oublié depuis très longtemps. Dont il avait été mis à l'écart."
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki
Libellés :
Ben Webster,
Des hommes sans femmes,
jazz,
Murakami,
musique
19.4.17
Des hommes sans femme (10) : le temps de trois brandys
"Elle était toute à la musique, buvant son brandy lentement sans dire un mot, complètement perdue dans ses pensées. Le silence ne semblait pas lui peser. Le brandy était le genre d'alcool qui s'accordait bien avec lui. En agitant son verre, elle prenait tout son temps pour humer les parfums, en admirer la couleur.
Libellés :
Des hommes sans femmes,
jazz,
Murakami,
musique
18.4.17
Des hommes sans femmes (9) : face B
? ???????
pas trouvé ! Help ! ;-)
"Tout deux l'écoutèrent en silence. Quand il fut terminé, elle lui dit : "Pourriez-vous mettre l'autre face ?" Et c'est ce qu'il fit.
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki
pas trouvé ! Help ! ;-)
"Tout deux l'écoutèrent en silence. Quand il fut terminé, elle lui dit : "Pourriez-vous mettre l'autre face ?" Et c'est ce qu'il fit.
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki
Libellés :
Billie Holiday,
Des hommes sans femmes,
jazz,
Murakami
Des hommes sans femmes (8) : vieillerie
Ce soir-là, la femme entra seule dans le bar. Il n'y avait aucun autre client. La pluie tombait alors sans discontinuer. Quand elle ouvrit la port, l'air gorgé des parfums de la pluie et de la nuit s'engouffra à l'intérieur. Elle s'assit au comptoir, commanda un brandy, et demanda à Kino de mettre un disque de Billie Holiday. "Le plus ancien possible."
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki
Libellés :
Billie Holiday,
Des hommes sans femmes,
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Murakami,
musique
17.4.17
Des hommes sans femmes (7) : la bataille de Jericho
Il était évident que le comportement de ces hommes déplaisait fortement à Kamita - dont Kino ne connaissait pas encore le nom. Son visage resta imperturbable mais, de la main gauche, il se mit à tapoter sur le comptoir, comme un pianiste qui teste les touches du clavier. Je dois intervenir, pensa Kino. Ici, c'est moi le responsable.
Le bar de Kino, Des hommes sans femme, MURAKAMI Haruki
Libellés :
Coleman Hawkins,
Des hommes sans femmes,
jazz,
Murakami,
musique
12.4.17
11.4.17
4.4.17
2.4.17
Sur les chemins de l'école (23) :glycines
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