31.3.08

Du cornet de barbe à papa


Elle a été achevée, cette jolie fusée mousseuse rose et jaune qui vivait tranquillement en famille à Alexanderplatz. Après avoir été arrachée de ses soeurs au ciseau, puis compactée sauvagement dans les bagages, elle a été totalement dévorée hier par trois affamés incapables de s'en tenir à leur résolution de la consommer en plusieurs repas.

30.3.08

Tourner comme un fauve en cage

Zoo de Berlin, dimanche de Pâques


Ca me donne un mal au ventre d'enfer. Une envie de vomir, un malaise violent, un besoin d'être ailleurs. Une culpabilité immense. Car c'est à cause de moi qu'il est là. Parce que j'ai pris ce putain de billet d'entrée. Il tourne en rond. Peut-être des heures avant de se résigner. En fait, ce n'est pas juste. Je devrais ressentir cela pas seulement pour lui .
Je n'aime pas les zoos, par éthique. Mais pour lui, c'est plus fort que moi. Cela devient un malaise physique.

27.3.08

Hokusai et le mont Fuji, semaine 13

Cette semaine, c'est le retour du froid en Europe...

Sôshû Shichiri-ga-hama (la plage de Shichiri dans la province de Suruga)


Photo de lu.ciole
That photo was taken 4,5 kilometers from Shichirigahama in Zushi City east of Kamakura. So, the relative positions of Mt. Fuji and Enoshima are different from those in Hiroshige's picture. Shichirigahama or Shichiri Beach is next to Enoshima.


Photo de lu.ciole

23.3.08

Le lapin de Pâques est passé à Berlin



Il a travaillé sous la neige ! Libérez nos travailleurs de l'Est (c'est là que je loge à Berlin) !

22.3.08

Joyeuses Pâques



Sur un marché près de notre hôtel, et dans un grand chocolatier en ville, les Pâques ne sont pas les mêmes...

Les ailes du désir



Le premier monument que j’ai vu hier à minuit en arrivant à Berlin est le Siegessaüle. Cela m’a mis de très bonne humeur. Bonjour Uriel !

17.3.08

Rameaux


Pour la fête des Rameaux, le parvis des églises prend comme des airs d'abords de temple japonais. Des palmes tressées, que des femmes tissent sur le parvis. Quand j'étais enfant, ce mouvement me fascinait, et d'ailleurs il me fascine toujours. Dans la rue, hier, j'ai croisé de nombreux passants, la plupart avec de simples rameaux de buis ou d'olivier à la main. Ce côté païen des chrétiens, au lieu de me hérisser, me les rend sympathiques. Nous ne sommes encore que des enfants, croyant malgré tout à la magie des choses et faisant de simples rameaux des trésors domestiques.

12.3.08

Hokusai et le mont Fuji, semaine 11

tôto Asakusa Honganji (Le temple de Honganji d'Asakusa à Edo)

Vole vole cerf volant, plus haut que le mont Fuji

8.3.08

Ca y est...



J'ai reçu le bout de papier à entête. Je suis "officiellement" libérée et moralement satisfaite. Mais finir ainsi trente ans de vie commune, c'est triste. Prenons le avec humour, comme il se doit !

3.3.08

Hokusai et le mont Fuji, semaine 10

Bishû Fujimigahara (les champs de Fujimi dans la province d'Owari)



Il est là. Tout petit au loin. Mais il est là.

1.3.08

Tania de Montaigne 2 : les insectes


"Ce que je sais : les insectes meurent souvent de mort violente, mais c'est un peu de leur faute. Un insecte c'est moche, ça ne va avec rien. Les objectifs de l'insecte sont mal définis, parfois il déplace des boulettes de matière indéterminée pendant des heures avec ses petites mandibules. Il est là et il fait rouler sa boulette, il en chie, c'est visible, mais il continue. C'est le type qui n'a pas de bol, tout le monde a voté, et par 456 voix contre 222, c'est lui qu'on a désigné. On lui a dit : Gérard c'est toi qui va rouler la boulette. Et on le voit le cafard qui s'escrime à déplacer ce truc jusqu'à chez lui. Normalement, si tout se passe comme prévu, à un centimètre du but, un enfant accroupi, armé d'un râteau en plastique, visera maladroitement et empalera Gérard. Un bonne chose de faite, pensera l'enfant qui aura oublié l'incident en quelques secondes, alors que chez Gérard on pleurera et on votera en session extraordinaire pour savoir qui sera le prochain. Mort d'un cafard, c'est tragique et banal, il en reste tant d'autres, petites bêtes noires qui s'infiltrent et ne me lâchent pas. "
in Tokyo c'est loin

25.2.08

hokusai et le mont Fuji, semaine 9

kôshû inume-tôge (le col d'Inume dans la province de Kai)


Dans cette gravure, je me vois toujours à droite, sur la pente escarpée, sur un col du pays basque, tôt par un matin ensoleillé d'été. Je ne me souviens pas du nom de l'endroit. Il y avait des palombières sur la ligne du col, inoccupées, comme un rappel de la cruauté vaine des hommes en un si bel endroit.

21.2.08

le bonheur à la paille


La fenêtre est ouverte. Le soleil, la chaleur, entrent par cascades. On entend de petits oiseaux gazouiller. Tony est couché sur le tapis. Je repasse du linge. Il aide Léa à faire son algèbre. C'est une image d'Epinal, ou plutot Rossignol, comme celle que l'on peut en trouver dans la méthode Bocher. Tout ça pour en arriver là dirait un pilier du MLF. Un bonheur à pleurer dirait une autre. Oui, c'est vrai, les larmes me montent aux yeux. Mais je ne veux pas pleurer. Je bois le bonheur à la paille. Dans un grand verre.

19.2.08

Le mausolée Hanbury


C'est un bel endroit pour reposer. Paisible, tout près de la maison. Parmi les feuilles, une touche africaine parmi toute cette Italie. Ce jardin est une merveille. Un havre de lumière, de verdure, une atmosphère précieuse et simple. Mais pas intime comme à la serre de la Madone. Une impression d'immensité...

Un dragon italien


S'il vous plait, ne dites pas : encore ! Oui oui je sais ! Je suis allée me promener en Italie, à Vintimille, dans les jardins anglais d'Hanbury. Ce n'est pas ma faute ! Bien sûr, bien sûr, il y avait des choses plus italiennes. Bien sûr. Mais avouez qu'il est beau ce dragon !

hokusai et le mont Fuji, semaine 8


bushû tamagawa (la rivière Tama dans la province de Musashi)

16.2.08

Tania de Montaigne 1 : la langue maternelle

Tokyo c'est loin, de Tania de Montaigne, je l'ai acheté à cause du titre, et puis à cause du résumé de l'histoire qui me rappelait un peu la mienne. J'ai beaucoup aimé au début, mais ensuite, au Japon, l'histoire retombe comme un soufflé. Mais le plaisir de petits extraits reste délicieux, comme celui-ci :
"Je dis personne ne sait qui je suis, et c'est faux. Une personne sait, depuis toujours, avant moi peut-être. Ma mère me sait, avant que je parle, avant les mots, elle me savait déjà. C'est vers elle que je vais, sans réfléchir, avec mon sac sur l'épaule et mon tailleur de dame. Je vais vers la seule qui puisse faire mon mutisme sans trouver ça étrange. Une mère sait faire avec les mots, c'est par là qu'elle a commencé, avec les phrases qu'elle retire de sa bouche pour vous les donner à mâcher, à goûter. Elle vous a donné des mots, des tables, des arbres, des nuages. Votre table n'est pas celle du voisin et pourtant c'est la table de tout le monde, le mystère est là. Elle a donné la becquée un par un , mot par mot, des verbes, des adjectifs, des noms propres, des noms communs, un peu chaque jour. Elle a attendu qu'on les digère, elle a tapoté votre dos. Elle a expliqué l'abstrait et le concret. On n'a pas toujours compris, ona cherché la liberté dans les supermarchés, un pot de liberté, un rouleau. On n'en a pas trouvé et on a été déçu, comme quand on a appris que le père Noël n'existait pas. Elle vous a donné le père Noël, ce gros monsieur immortel qui circule en rennes. En y repensant aujourd'hui, on s'étonne d'avoir pu croire un truc pareil, le type de 200kg qui passe par des trous de cheminées de 50cm de diamètre. Le type habillé en rouge et blanc qui sort de la cheminée sans une tache. Mais à l'époque c'était impossible que ce soit faux puisque c'est elle qui vous le disait, bien sûr que c'était vrai. Et puis un jour elle vous l'a repris le père Noël, elle vous a dit bah oui, te voilà grand, tout ce qui nous entoure doit mourir, moi y compris. ... Ce que je sais : c'est triste quand le père Noël meurt."

15.2.08

Près du bassin du jardin de la Serre de la Madone


Ici dans mon pays, beaucoup de gens n'aiment pas les riches, et les maudissent.
Je me suis assise là, entre les deux fenêtres, sous la manivelle. C'est un très bel endroit. Paisible, précieux et simple. Empli de trésors botaniques qui n'ont l'air de rien. Tout cela était à un seul homme, qui y a mis tout son amour, et une partie de sa fortune. Heureusement, à sa mort, de petites gens se sont battus pour que tout ceci soit conservé. Maintenant, c'est aussi à moi, et je puis m'y promener à loisir. Et m'y asseoir près du bassin. Mais je regrette vraiment que plus personne n'y vive. Un paradis passager. Mais un vrai paradis.