18.5.14

Le son du Japon (36) Mizubayashi comme à Aikawa

"Le Japonais est une langue fort musicale. En deçà ou au delà de l'art poétique ou dramatique qui opère une prodigieuse intensification musicale, les paroles sont empreintes d'un chant particulier jusque dans les zones les plus obscures de la vie quotidienne. Enfant, j'entendais dans les grandes gares comme Tokyo ou Uéno, à l'arrivée d'un train "grandes lignes", le nom de la gare dit par une voix masculine d'une manière si particulière et si éloignée de l'énonciation habituelle qu'il résonnait véritablement comme un fragment musical : U-éno---, u-éno---, shu-ten, u-éno---... En hiver, des marchands de yakiimo (patates douces cuites dans de petits cailloux brûlants) circulent en camionnette (autrefois c'était en charrette) en signalant leur passage sur une ligne mélodique immédiatement reconnaissable : yakiimo--,yakiimo--, i--shiyakiimo, yakiimo--; oimo, oimo, i--shiyakiimo, yakiimo--... Et dans tout cela, comment ne pas le souligner, il y a, ou il y avait quelque chose de profondément mélancolique comme dans les chants populaires traditionnels...

Akira Mizubayashi, Une langue venue d'ailleurs, ch.11

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