31.12.25

Bye bye 2025 !

                                            
Dernier jour d'une drôle d'année. Il s'est passé tellement de choses mondialement et chez moi que je n'arrive pas à en faire un bilan véritable. En tout cas, j'ai bien affronté les (sacrées) tempêtes et ça, c'est déjà une véritable bataille gagnée. Pour maintenir le cap, quelques résolutions inévitables pour 2026. 
Ainsi, j'ai révisé mon carnet d'adresses : des personnes dont la ligne est vierge, inusitée, depuis des années, ou depuis peu,  pas de mon fait bien sûr ; c'est une des choses qui m'affectent le plus mais effectivement, c'est mieux d'appuyer sur "remove". Aller de l'avant, passer à autre chose. 

L'amour dure 3(0) ans comme dirait l'autre, presque. Ce fut la durée de mon premier mariage, pas si mal si on y pense. Pour le deuxième j'ai encore du temps lol. Ce fut aussi la durée de l'amour filial. J'ai pu enfin me faire à l'idée, c'est ainsi et qu'y faire ? Après avoir bataillé, fait des essais et sans doute des erreurs, je renonce. Dans l'imaginaire des êtres humains, ce n'est pas possible, mais pourtant dans la réalité c'est ainsi pour certains. J'ai décidé de redevenir "nullipare" (ne vous inquiétez pas, hier encore je ne connaissais pas ce mot moi non plus). Que dire sinon être lucide ? Il y a aussi l'usure du temps, à force de mordre ses lèvres, de verser des larmes, de stocker sa peine, le cœur s'use aussi. Je repense toujours à la chanson de Ferré tellement vraie "Le cœur, quand ça bat plus /C'est pas la peine d'aller chercher plus loin/Faut laisser faire, et c'est très bien" "Avec le temps, va, tout s'en va/On oublie les passions et l'on oublie les voix/Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens/Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid. "  Le monde est fait de parents et d'enfants, Charlotte Gainsbourg a des parents, Guy Georges aussi. Parfois ça marche, parfois non, et peut-être aussi parfois ça n'en vaut pas le coup. 

En tout cas, en 2025, ce fut la fin de ma famille : je n'ai plus d'ascendants depuis longtemps, et cette année j'ai perdu mon frère et ma belle-sœur sans an avoir eu connaissance, et c'est dans ma tête comme s'ils n'étaient pas vraiment morts, seulement "portés disparus" dans le silence complice des survivants. Je redeviens nullipare.  J'ai perdu aussi des proches vivants, qui se sont perdus tout seuls avec l'assèchement du cœur  et la non empathie. Par fatalité,  ils ont disparu de mon répertoire.

 Il reste les autres, les compagnons de cœur, et c'est très bien ainsi. Nous allons traverser ensemble 2026 en nous blottissant pour nous tenir chaud, et en vivant toujours de nouvelles aventures. La vie sera digne d'être vécue aussi en 2026. On la prendra au pas, au trot ou au galop, la nouvelle année du cheval ...


3.11.25

battements de cœur (2): naufrage encore

 "je crois qu'en devenant parent on s'embarque pour une sorte de naufrage annoncé. Si ce n'est pas à cause de la houle, ce sera à cause d'autre chose, du vent, d'une mauvaise rencontre. Ca me parait si compliqué que malgré tous nos efforts, toute l'attention qu'on y met, on finit tôt ou tard par tomber à l'eau. "
L'île des battements de cœur, Laura Imai Messina, p194, ed. 10-18

2.11.25

battements de cœur (1) : naufrages

 "La vie est une succession de naufrages.
L'île où nous accostons, l'état de notre bateau ou de notre radeau de fortune, nos bras, le seul objet conservé de notre vie passée : tout prend de l'importance. Parce qu'à notre arrivée sur la plage, quelle que soit l'existence qui l'a précédée, tour se transforme en souvenir.
Quelle que soit la somme de nos douleurs, il arrive que la vie recommence à zéro. "
L'île des battements de cœur, Laura Imai Messina, p37, ed. 10-18

8.10.25

Nous mourons tous par petits bouts : le frère que je n'ai jamais eu (1)

 Il pleut sur Nantes
Donne moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin


Voici comment avant-hier j'ai appris par un texto de ma belle-sœur que mon frère de Nantes a été malade, puis mourant, puis mort, puis enterré.
A tous les habitués de mon blog qui pourraient penser qu'il s'agit d'une nouvelle fiction ici des méandres de mon imagination, je leur affirme qu'il n'en est rien. C'est la  vérité vraie, la vérité toute nue.
A tous ceux qui pourraient penser que j'ai du bien mal agir pour mériter ce traitement, j'avoue sincèrement mon entière ignorance. 
Je n'avais pas de nouvelle de mon frère depuis plusieurs années, mais nous n'étions pas fâchés. Nous n'avions tout simplement plus rien à nous dire. Mais nous n'étions pas même vraiment en froid, puisque la dernière chose que je lui ai envoyée est un etegami de l'année du tigre.

Peut-être est-ce pour cela, lui qui a toujours eu le sens de l'humour, que l'idée lui est venue de filer à l'anglaise ...
J'ai pensé tout d'abord à un spam, une mauvaise blague vu le contenu. Quelqu'un qui ne me/le connaissais/t pas bien. En effet, je n'ai jamais eu de frère Jacques. Le seul frère Jacques que j'ai connu était celui de la comptine. Mon frère, aux yeux de toute la famille, était Jacky. 
Peut-être est-ce pour cela que le seul sentiment que j'arrive à ressentir est la colère. Jacques est peut-être mort, qu'en est-il de Jacky ?

(à suivre)




3.10.25

passer une BONNE NUIT à TOKYO (3) : highball

 "Le highball était frais comme tout. Servir une préparation bien glacée était ce qui comptait le plus pour Maeda, quand il posait la boisson sur le comptoir, le gaz carbonique et la paroi glacée du petit verre s'associaient pour dégagerune fine brume.
"Voici ! "
D'une voix à peine audible, Maeda signala à Eiko qu'elle était servie. Elle tendit sa main droite qu'elle tenait repliée contre elle pour saisir le verre, à l'instant où ses doigts l'effleurèrent, elle eut un geste de recul, surprise par ce contact glacial.
D'un ambre presque noir, la boisson était surmontée d'un quartier de citron découpé en forme de croissant.
Charmée par ce parfum frais, Eiko rapprocha le verre pour le porter à sa bouche. Elle posa les lèvres sur le rebord glacé et but une première gorgée.
Ce n'était pas de l'alcool qu'elle buvait, non, elle avait l'impression d'avoir en bouche le temps même de ce bar paisible et désert dans la nuit.
"Comme c'est bon" dit-elle malgré elle, tout au bonheur de sentir la nuit de Tôkyô se propager en elle.   "

Bonne nuit Tokyo, YOSHIDA Atsuhiro, ed. Picquier Poche, chapitre La dernière pièce

2.10.25

passer une BONNE NUIT à TOKYO (2) : c'est beau, c'est bon !

  " "Que c'est bon !

 Elle songea naïvement que c'était super qu'il existe un mot aussi commode que bon. C'était grâce à lui qu'elle pouvait exprimer cette sensation ineffable.
Les professionnels des décors au cinéma n'arrêtaient pas de le répéter : "Surtout ne pas employer le mot beau à la légère."
Beau avait fini par devenir un signe qui ne véhiculait plus guère de sens. Idées, impressions, perceptions, étaient englouties par ce vocable fourre-tout, le plus important passait à la trappe.
Ainsi, quand on travaillait pour la section décors et accessoires, on se gardait d'employer beau à tout bout de champ. Ses aînés n'avaient cessé de le lui répeter.
Mais, d'après l'expérience de Mitsuki, certaines choses ne pouvaient se transmettre à grands renforts de mots, autrement dit, elle était persuadée que la plus habile des expressions pouvait avoir pour effet paradoxal de banaliser ce dont on parlait.
Dans ce cas-là, elle dérogeait à la règle d'or de ses aînés, et en y mettant tout son cœur, elle déclarait : "C'est une belle fleur", Il a un beau profil".
Dans le même ordre d'idée, elle se permettait de dire : "C'est bon.""

Bonne nuit Tokyo, YOSHIDA Atsuhiro, ed. Picquier Poche, chapitre Pluie de plumes la nuit

1.10.25

passer une BONNE NUIT à TOKYO (1) : whisky coca, recette

 " La préparation était la simplicité même.
("...)Remplir à ras bord le verre refroidi de glace grossièrement broyée, mélanger sans attendre avec un pilon. Vérifier que le verre est froid à s'en couper les lèvres, jeter la glace, verser la quantité d'un whisky si gelé qu'il s'écoulera à peine de la bouteille. Ajouter le double de coca, remuer rapidement...
Et c'est prêt ! " "

Bonne nuit Tokyo, YOSHIDA Atsuhiro, ed. Picquier Poche, chapitre Pluie de plumes la nuit